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Poésie
Sonnets de Polyphème
de François Olègue

Les sonnets réunis dans cet opuscule contiennent une interprétation moderne de la légende grecque sur un cyclope nommé Polyphème, artiste par vocation et « ogre infâme » par nature, qui serait tombé éperdument amoureux d’une belle nymphe.

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Dossier de presse

Elle est bien connue, cette légende érotique : Théocrite en fait une de ses délicieuses Idylles, traduite et paraphrasée, au milieu du XIXe siècle, par Leconte de Lisle ; Ovide l’introduit, perle étincelante, dans ses Métamorphoses ; Lucien la parodie dans ses ironiques Dialogues marins ; Gongora s’en inspire pour créer sa célèbre Fable dont on admire jusqu’aujourd’hui les méandres verbaux. François Olègue a tenté d’insérer cette légende dans un contexte actuel, voire atemporel, sans qu’elle se voie cependant privée de son charme millénaire. Comment s’aimeraient Polyphème et Galatée, sa « rousse aux yeux bleu-vert », s’ils vivaient aujourd’hui ; comment leur liaison tumultueuse serait-elle ? Tout en se posant ces quelques questions rhétoriques, l’auteur a donné libre cours à sa fantaisie masculine pour trouver ce point éphémère où le passé barbare s’entrelace avec le présent civilisé, tous les deux identiques en matière d’amour.

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François Olègue
Catalogue : Page de l'auteur

François Olègue est poète, essayiste et traducteur multilingue. Il habite au Brésil et écrit autant en français qu’en portugais. Sa personnalité cosmopolite se révèle dans ses tentatives de réconcilier les traditions littéraires de l’Amérique latine avec celles du monde francophone.

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Faisons connaissance avec François Olègue :

— l’écriture

Pouvez-vous nous dire quand avez-vous commencé à écrire, pourquoi et qu’est-ce qui vous a donné cette envie ? Je ne crois pas qu’on puisse en expliquer dûment le pourquoi. Qu’est-ce qui nous rend gais ou tristes en telle occasion, qu’est-ce qui nous fait sentir de la sympathie ou de l’aversion pour telle personne ? Peut-être serait-ce insolent de ma part d’affirmer qu’une envie impérieuse de m’exprimer par écrit est née avec moi, mais le fait est que je l’éprouve depuis toujours, cette envie, et qu’elle ne s’épuise pas à mesure que la vie s’écoule. J’ai commencé à écrire des vers quand j’avais environ 15 ans, et maintenant que j’en ai 45, je m’y plais autant, voire davantage, qu’alors. On dirait qu’un écrivain enthousiaste ressemble à un gourmand invétéré : plus il savoure la bonne chère que lui offre sa fantaisie, plus il s’en régale. Je suis un écrivain de ce type, moi, car je trouve du plaisir dans mon écriture.

La poésie est-elle votre unique domaine de prédilection ou avez-vous abordé d’autres genres ? J’ai rédigé une série d’essais et d’articles critiques, j’ai fait plusieurs traductions en prose... Néanmoins, la poésie est sans conteste mon genre préféré. Ce qui m’arrive quelquefois, comme à Ovide qui en parle dans un de ses Tristes, c’est de choisir une matière bien prosaïque, une de ces scènes triviales, par exemple, qu’on observe tous les jours dans la rue, et d’en faire ensuite un poème.

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant ? Dans mon enfance, j’étais un vrai dévorateur de livres ! Je lisais à peu près tout ce qui me tombait sous la main, depuis les aventures d’Ulysse jusqu’à celles du capitaine Nemo sans oublier le fascinant Livre de la jungle de Kipling ni les terrifiants Contes de fées de Hauff, d’où ma fâcheuse myopie, et toute une foule de personnages fabuleux et de thèmes hors du commun auxquels je porte encore un vif intérêt. Quant à la poésie proprement dite, je l’ai découverte à l’adolescence. Les romantiques (Hugo, Musset) sont venus les premiers, option inhérente à l’âge de puberté, suivis des maudits (Rimbaud, Nelligan, Verlaine), dont on admire l’esprit de rupture et la destinée tragique lorsqu’on se voit incompris au sein d’une famille patriarcale ou sur les bancs d’une école traditionnelle, et des modernistes (Apollinaire, Éluard, Fernando Pessoa avec ses bizarres hétéronymes). Omnivore dans mes lectures, je transitais lestement entre Méditations poétiques et Paroles en passant par Les Chants de Maldoror et Poèmes barbares... je ne citerai, d’ailleurs, qu’une dizaine de noms principaux et d’œuvres marquantes, sinon ma liste sera interminable. Aujourd’hui, je ne lis plus de la sorte : ma condition de professionnel libéral et d’homme marié me laissant trop peu de temps libre pour que j’en perde une demi-heure à lire quoique ce soit de superflu, mon goût s’avère plutôt conservateur qu’éclectique. Si je pouvais vous montrer l’étagère où sont rangés en ce moment mes livres favoris, vous y verriez Pensées de Pascal et LesFleurs du mal de Baudelaire avoisiner Trois contes de Flaubert, les anthologies de Catulle et de Pablo Neruda, quelques romans de Dostoïevski. On devient adulte, on gagne de l’expérience, puis on vieillit, et voilà que nos priorités littéraires changent avec nous.

Écrivez-vous uniquement en français ? Je vis au Brésil, et mon ambiance linguistique est naturellement lusophone. Je parle portugais au fil des jours, je traduis des tas de textes en portugais et au cas où je n’essaierais pas d’écrire dans cette langue congénère du français, ne serait-ce que par simple curiosité, je me priverais d’une excellente possibilité de diversifier mes écrits et d’augmenter le nombre de mes lecteurs. Cependant, les lauriers d’un auteur plurilingue, ceux de Nabokov, Beckett ou Przybyszewski, ne me siéent pas à coup sûr. J’avoue d’emblée que, si je n’avais pas écrit mes Sonnets de Polyphème en français, je ne les aurais pas écrits.

Que représente l’écriture pour vous ? Euh... Disons que pour moi c’est une espèce d’alcool capable de susciter d’intenses euphories sans abîmer mon foie. Le monde réel étant gris à crier au secours, la plupart des gens cherchent à le colorer un peu, et s’il y en a qui recourent aux « philtres les plus forts » afin de sortir de leur routine déprimante, la logique élémentaire veut qu’il y en ait aussi qui prennent au sérieux une autre sentence baudelairienne et s’enivrent à loisir de belles-lettres.

Pourquoi la poésie ? Vous savez... il me semble que cette question n’a pas non plus de réponses définitives. Je chante parce que l’instant existe Et que ma vie est complète ; Je ne suis ni gaie ni triste – Je suis poète...

comme le dit Cecilia Meireles, grande poétesse brésilienne presque inconnue en dehors de l’Amérique latine. À mon sens, la poésie a son côté métaphysique qu’on ne pourrait, ni ne devrait après tout, réduire à une poignée de formules exactes. On est poète parce qu’on est vivant, n’est-ce pas ?

— le livre

Pouvez-vous en quelques mots nous raconter « Les sonnets de Polyphème » ? Bon... il s’agit d’un homme éperdument amoureux d’une femme laquelle se laisse un instant emporter par sa passion sans toutefois la partager. Cette histoire d’amour et de frénésie qui remonte, selon la mythologie grecque, à « l’aube des siècles » paraît, au premier abord, tout à fait incroyable, et pourtant il suffit d’en remplacer les protagonistes, un monstrueux cyclope et une adorable nymphe, par un couple humain pour qu’elle rejoigne aussitôt la réalité. Je l’ai résumée dans mes Sonnets, puisque j’y avais cru.

Pourquoi avoir choisi le sonnet ? Ce choix a-t-il une référence historique, littéraire ? La théorie esthétique exige que la forme d’un ouvrage littéraire corresponde à son contenu. Ainsi, le thème cyclopéen que je me suis proposé d’explorer requiert un style non moins singulier, et le sonnet en soi, cultivé par les classiques, repris par les Parnassiens et tombé en désuétude à l’époque actuelle, s’harmonise à merveille avec ce thème-là. D’autre part, la tâche d’écrire un passable sonnet se révèle maintes fois si complexe sous son aspect technique qu’on la considère à juste titre comme un vigoureux exercice mental. Chaque fois que j’imagine toute l’immensité d’images éclatantes et d’idées enchanteresses que peuvent comporter ces 14 lignes suivant, de mille manières différentes, les vieux schémas de Ronsard et Boileau, je tranche en faveur de ce dernier : oui, assurément, « un sonnet sans défaut vaut seul un long poème ».

Polyphème est un mythe, mythe, entre autres, de l’amour non partagé qui conduit à la folie destructrice. Pourquoi raconter l’histoire de cet amour ? Parce que cette histoire n’a pas de repères temporels ni spatiaux, c’est-à-dire qu’elle aurait eu lieu en Grèce, bien avant l’ère chrétienne, mais pourrait se répéter, par le temps qui court, dans n’importe quel endroit du monde qui est le nôtre. Parce que les sentiments qui déclenchent nos folies amoureusesne dépendent ni de la perspective historique ni du contexte culturel, et qu’il y a un Polyphème latent en tout homme et une Galatée endormie en toute femme. Parce qu’en soutenant que rien de nouveau ne se passait sur la face de la terre le sage biblique ne s’est pas trompé.

Comment voyez-vous Polyphème aujourd’hui ? Et Galatée ? Je me figure un couple trentenaire : lui, « un gaillard aux jugements simplets » qui possède une ferme laitière située à l’intérieur d’un pays méridional, porte des jeans délavés et des bottes crottées, se délecte à écouter de la musique folk et s’enorgueillit de sa force masculine et de ses mœurs bucoliques ; elle, une jolie « rousse aux yeux bleu-vert » qui habite dans un quartier luxueux d’une grande métropole, travaille pour une compagnie multinationale, prône sa liberté personnelle en ce sens qu’aucun homme n’en viendrait à la dominer, et défie, tout au long de leur liaison, la nature machiste de son amant. Une rencontre fortuite, un coup d’œil jeté au hasard, un brin de causette à bâtons rompus provoquent chez eux deux un puissant désir érotique (personne n’ignore, en fin de compte, que les contraires s’attirent...),mais on craint, dès le début, que ce désir farouche ne s’éteigne aussi vite qu’il s’est allumé.

Racontez-nous vos références. Pourquoi ce choix ? Apparue au IIIe siècle av. J.-C. sous la plume du poète grec Théocrite, l’histoire de Polyphème et de Galatée a été plus tard évoquée, interprétée et même caricaturée par divers écrivains (Ovide que j’ai déjà nommé, Lucien, Luis de Gongora, Albert Samain), peintres (Nicolas Poussin, Maurice Denis) et musiciens (Jean Cras). Quelques-uns des textes littéraires dont elle fait le sujet constituent un petit dossier thématique annexé aux Sonnets de Polyphème. Je les ai réunis et transcrits en entier dans le but d’aider mes futurs lecteurs à mieux connaître cette histoire millénaire, à la revoir à travers les yeux de mes prédécesseurs, à poser leur propre regard critique sur mon œuvre... Mes références concrètes ou, si l’on use d’un langage moins raffiné, mes sources d’inspiration ? Eh bien, qu’on me taxe de dilettante, voire de graphomane, mais ce sont Leconte de Lisle et Pierre Louÿs qui m’ont influencé, avec leur indéniable maîtrise stylistique et surtout avec leur vision atemporelle de l’antiquité gréco-romaine. Le passé lointain qu’ils décrivent est en même temps notre présent à nous : il n’a rien d’anachronique, on l’entend respirer, on le touche de la main.

— le lecteur

Quel est pour vous le lecteur idéal pour votre livre ? On dit souvent que la poésie est difficile à comprendre, que rares sont les élus qui en apprécient la beauté. Moi, je ne suis pas d’accord avec cette opinion répandue : la poésie est à la portée de tous ! On n’a pas besoin d’un goût impeccable ni d’une sensibilité à fleur de peau pour lire ou, du moins, feuilleter un petit recueil de poèmes d’amour. En d’autres termes, quiconque n’aurait pas d’allergie à une composition mesurée, cadencée et rimée serait un lecteur idéal de mes sonnets.

À qui s’adresse votre poésie ? À tous ceux qui admettent la légitimité de la poésie comme telle dans notre monde pragmatique où la prose règne en souveraine, qui ne la jugent pas inutile ni fossile, qui lui reconnaissent enfin le droit d’exister.

Quels sont les mots que vous utiliseriez pour donner envie de lire vos sonnets ? Certes, il n’aimait pas à la façon des hommes... Il se peut bien que cette phrase de Leconte de Lisle, placée en épigraphe des Sonnets, incite un lecteur curieux à se demander de quelle façon extraordinaire Polyphème aura donc aimé sa Galatée et à lire mon opuscule jusqu’au bout.

Et de la poésie ? Attention : la poésie est une explosion contrôlée... J’aime beaucoup cette expression du poète brésilien Anderson Braga Horta qui se rapporte à l’essence même de l’art poétique : c’est une véritable explosion, vu la violence des émotionsqui jaillissent parfois d’un seul alexandrin magistral, mais une explosion contrôlée, ayant pour cible aussi bien la raison que le cœur des lecteurs.

— le traducteur

Sur la RAL,M, vous présentez des traductions de poètes. Pouvez-nous en dire plus ? Mes traductions des poèmes brésiliens, publiées avec une certaine régularité sur la RAL,M, font partie d’un projet ambitieux que je suis en train de développer. L’objectif majeur que je vise consiste à éditer une anthologie volumineuse, intitulée Antipodes poétiques et destinée au public francophone en vue d’élargir ses horizons culturels. Sans doute la poésie brésilienne demeure-t-elle peu connue au-dehors du Brésil, mais cela ne signifie pas qu’elle est secondaire, médiocre... en un mot, inférieure à la poésie européenne ou nord-américaine. Il y a de très bons écrivains dans cette contrée fertile où, d’après un fameux dicton, « tout pousse, une fois planté », et si je parviens à en rapprocher deux ou trois de leurs lecteurs potentiels, une lacune béante sera comblée.

Quels sont les poètes, les livres de poésie que vous conseillez au lecteur curieux de rentrer dans votre univers ? À qui se dispose, terminée la lecture de mon livre, à continuer la recherche de « ce point éphémère où le passé barbare s’entrelace avec le présent civilisé » que j’ai mentionné dans sa préface, à scruter les époques révolues en quête de leur symbolique universelle, je recommanderais volontiers La Tentation de saint Antoine de Flaubert, Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs et la lyrique méditerranéenne de D. H. Lawrence. Malgré toutes les différences qu’elles présentent l’une par rapport à l’autre, ces œuvres prouvent que l’héritage spirituel de l’Antiquité ne disparaît ni ne se dévalorise jamais, que la veine antique, adaptée aux préférences contemporaines, ne cesse de se prolonger dans la littérature mondiale.

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