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2- Elle regarde la mer
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 Article publié le 14 juin 2015.

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Tous ces petits papiers et le dos noir des vagues smillées par l’embrun tous ces bonds qu’on dirait sous le souffle du ciel et les mouettes on dirait du plomb avec des ailes et ce qu’il me disait du plus léger que l’air ou peut-être l’inverse les lourdes paroles qui volent la voix plus un murmure mais un vent violent parfois et la douceur de ma propre peau imaginée s’imaginant sous sa chère main avec laquelle il m’écrivait souvent quand le lointain distordait le temps l’allongeait en faisait comme un drap humide de mes pleurs mêlés à l’air salin dans la chambre d’hôtel avec l’armoire à glace et le dédoublement qui stoppait la mémoire et rendait le présent rigide semblable à la barre d’appui où nos coudes pesaient sur la vision marine et la grande tension qui mêlait souvenirs et peur et tremblement que demain ne soit plus cette contemplation avec l’embarcation qui tire sur sa chaine son amarre à l’aspect solide comme ce ponton rigide et cependant mouvant selon le temps qui souvent se brouille et sur les pierres de rares passants mouillés par le brouillard des enfants coloriés par la distance et l’air avec ce cri des mouettes oh ce cri des mouettes comme le cri que je poussai quand et tous les sauveteurs ne vous affolez pas nous le ramènerons et elle avec ses vagues pourtant si tranquilles si rassurantes et tout et dégustant ses mouettes tenant oscillant au bout du fil à plomb de son intangible éternité qui l’a pourtant mêlé à elle et englouti comme je l’avais fait avant elle et c’est moi maintenant ce reflet dans la glace de la grande armoire ce dédoublement comme il disait j’ai maintenant deux amoureuses en une et ce grand cri que je poussai le cri des mouettes les affolements qui étaient comme un peu la mort qui avait envoyé ses figurants jouant la peur et l’empathie avec celui qui se perdait dans son giron et tout comme hier dans mon ventre et mes vagues qui frémissaient les draps plissés dans mes odeurs marines d’algues de chair ambrée par le désir ouverte et nue oscillant au bout du fil à plomb du lent sommeil et ses embruns qui retombaient comme une chevelure dans un poing délicat et puissant un poing qui me tenait pendant que je sombrais dans la brune fanfare de quelque tempête plus que rassurante qui me naufrageait loin des perturbations de la peur de le perdre et les pêcheurs au loin très loin du grand bonheur car ils ont de petits très petits hameçons pour reprendre à la mer un tout petit bonheur sous forme d’écailles qui brillent la bouche des petits poissons qui comme je criais en produisant un grand silence d’univers un grand bouillonnement de vie qui s’engloutit cherchant à m’accrocher à un bloc bleu un fil à plomb céleste au bras musclé de quelque dieu marin de musée d’art comme il aimait en visiter en m’expliquant le poing dans mes cheveux comme une touffe d’algues les flots les rivages pleins de signes par ci de sens et d’allusions savantes et mythologiques tes cheveux disait-il d’Amphitrite je l’entends m’entends la mer mon reflet vert avec les petits bonds joyeux de la souffrance de l’amour et le ponton rigide et flou dans la distance de l’éternité gluante et décorées de fallacieux reflets des enfants ironiquement pris dans les flots de la distance comme aussi je suis distante de moi-même dans la chambre avec ces odeurs de marée de souvenirs Cologne et feuille de tabac old space et le reflet parfois des fumées de bateaux dans la glace de l’armoire où j’ai pu retrouver un ticket de passage pour la traversée de quelque jour heureux les yeux dans le goudron des anciennes disputes remisées dans un hangar à souvenir un radoub plus ou moins durable avec le temps le temps couvert parfois la preuve aussi que reviendra le temps des grandes pêcheries du gros bonheur avec des hameçons géants qui brillent au soleil comme nos dents brillaient de baisers du matin comme des écailles des mots qu’on disait en faisant lofer nos langues dans leur saveur de sel qui maintenant est celle de ma tête où la marée fait son boucan de mouettes cormorans qui déchirent le ciel mauvais et peint a fresque par cette ironie de ne pas regarder le haut mais bien le bas du tableau me regarde affalée sur ma dévoration de son corps si gluant de ma propre sueur de mes propres remous et élans flux reflux mes deux mains coquillages vides de sa chair nacrée entre mes ongles qui frôlent parfois le sable en laissant de l’écume dure et effrontée entre les cailloux bleus et froids sur le rivage et prête à engloutir Glaucus dont il disait je suis Glaucus plongeant en toi et les odeurs marines de ton sexe et moi m’ouvrant de plus en plus je suis la mer je retourne à l’écume à mon latin rivage il me citait toujours le début du de natura de Lucrèce en me caressant toute m’engloutissant toute de son flot marin comme un dieu marin qui sentirait le blond tabac du Hollandais volant Amsterdamer pour pipe ou tabac à rouler dans un tangage appris par nous et corps à corps le pied marin à prendre comme nous le prîmes utilisant ce temps comme par ironie il semble que l’odeur se soit installée là dans cette chambre et de mon sexe aussi en soit toute imbibée le terme est incorrect plutôt imprégnée oui imprégnée plutôt il aimait me reprendre sur mes expressions et la mer et son orthographe ses accords de verbes ses nombreux et troublants barbarismes il aimait à me prendre en faute comme là à me prendre mon reflet la mer je vais gronder ce matin mouiller vos torses bruns velus et malvenus vos gros nichons trop roses fripés par les lampes noires et violettes qui viennent me violer le violer nous violer exception pour les beaux gamins aux genoux ronds oh mes galets petits galets tout ronds fillettes grêles comme les pattes de mes charmants oh charmants petits crabes fluets et charmants qui rentrent sous mes jupes où je sais que tu flaires glauque et ravissant et les bruits de la chambre avec les sons fruités et mûrs des ascenseurs comme des fils à plomb longent notre rivage leurs petits bruits furtifs et sournoisement mûrs pour un arrêt prochain ils me croient folle et vont tomber sur mon palier la mer est haute ce matin l’armoire grince et je flotte je flotte et je me noie te noie un oiseau mort sur le parquet c’est une mouette c’est un cormoran c’est une tête au loin qui dépasse de l’eau qui s’est posée sur l’eau un oiseau une tête ils me croient fou la chambre est occupée par ce paquet de mer qui vient buter contre le front de mer buter la bouche pleine d’eau comme un œil et les autres criant c’est quelqu’un une mouette plutôt la distance et les mots qui se noient un œil devenu mouette ou la moue qui éjecte le mot que prononce la comédienne dans la mouette elle jouait si bien ce soir où la tempête s’annonçait en moi me noyant dans ce ciel plein de cris et de vagues et d’oiseaux et sur la plage peinte ces corps ces seins affolés par un soleil piquant le crible de la mort bronzant les chimères connes de la mode et l’armoire de la chambre maintes fois la notre avec nos deux reflets le mien le sien les mots qui me qui nous la crue des mots c’est quelqu’un la bas très loin qui se noie qui s’affole au loin dans la glace l’armoire un ticket du jour où retrouvé comme le temps sur les galets butant sur les galets butant sur l’expression l’amour tout le sel de nos existences naufragées la barre d’appui où s’accouder nous accouder l’instant qui se noie dans le temps se perd dans les reflets les vagues tout ce lent mouvement murmurant et la barre d’appui pour voir un peu au loin la barre l’incipit où s’accouder les mots elle regarde la mer et la mouette le dernier regard et sur la vitre un feuil grisé d’humidité ou cette opacité où voir-imaginant la baie et regardant ses propres mains plongées dans la haie sombre flux traversant la feuille qui empêche de voir la mer la plage l’eau l’haleine de la chambre qui permet de voir la mer la plage l’eau et la bouche qui boit les paroles l’image la bouche qui dit : j’ai plongé.

 

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