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 Article publié le 7 février 2016.

oOo

Mon frère s’est suicidé. Pierrot est venu exprès m’apporter la nouvelle. Bonne ou mauvaise. Des années que je n’avais pas vu Clément. J’en entendais parler, ça oui. Mais on ne se voyait plus. Il réussissait dans l’administration. Je végétais dans l’attente. Il s’était marié avec une petite bourgeoise de son espèce. Je vivais seul, sans amour et sans fric. Par contre, lui, il en avait de l’amour. La preuve, c’est que Viviane lui avait donné trois gosses. Pour le fric, il était bien placé et ils en profitaient si j’en jugeais par ce qu’on en disait. J’avais toutes les raisons de le jalouser, mais je n’ai jamais sombré à ce point dans l’hypocrisie. Je suis entier. Et je suppose, maintenant qu’il n’est plus là pour en parler, que mon frère était en morceaux alors que je le croyais solide comme un roc planté au milieu du sable familial. Papa aussi s’est suicidé. Mais il n’était pas riche, loin de là. Et Maman n’a jamais abordé le sujet. Alors on a quitté la maison, l’un pour construire sa vie, et moi pour voyager. Mais je n’ai pas voyagé. Je veux dire que je n’ai pas été loin ou, si vous préférez, je suis revenu. Heureusement, la maison familiale est un taudis que Clément et Viviane fuyait comme la peste. J’étais donc dedans et, à défaut de m’y plaire, j’y existais aussi pour les autres. Je suis le type qui rend service à tout le monde et que personne ne laisse tomber.

Remarquez que si Pierrot ne m’avait pas interpelé sur le trottoir tandis que j’allais à mon rendez-vous avec Ricard, j’aurais lu ça dans le journal. Je vais aussi chez Tintin pour le journal. Vous savez… les bruits qui courent, le programme de la télé, la république en danger et la reconquête des Colonies. La photo de Clément était en pages locales. Clément O* s’est donné la mort. Il est vrai que c’est la seule chose qu’on peut se donner sans rien devoir à personne. L’article ne disait rien sur les raisons. Clément et Viviane était un couple tranquille qui avaient élevé soigneusement trois gosses aujourd’hui casés et planqués comme Papa et Maman.

Pierrot m’avait suivi. Il lisait aussi, le menton sur mon épaule. À cette heure, les employés municipaux ne font que passer. Un petit rhum les réchauffe durablement. Ensuite ils reviennent pour l’apéro et chacun s’en va partager le repas familial. Ensuite, je ne sais pas. Je suis tellement bourré que je retourne chez moi pour me coucher. On ne me revoit que sur le coup de six heures. Toutes les bagnoles sont dans leurs garages respectifs. On traîne encore, mais sans excès. Chez Tintin, on retrouve les attardés du matin. Il est dix heures quand Lucette baisse le rideau. Je ne dors pas de la nuit.

Pierrot avait hâte de savoir si j’allais à l’enterrement, mais j’y étais pas invité.

« Tu penses ! me dit Pierrot. Un enterrement, c’est pas comme un mariage ou une communion. Tu y vas sans être invité. Et puis t’es son unique frère. Les gens se poseraient des questions si t’y allais pas. Pense à ta réputation.

— Je sais pas… Ya tellement d’années… !

— T’as jamais été à un enterrement ?

— Ben oui… Papa…

— Merde ! J’y pensais plus… Et y a eu du monde ? »

Lucette m’a présenté ses condoléances et une tournée. Pierrot a voulu payer la sienne et, de fil en aiguille, on s’est retrouvé sur le chemin de G*. À pied, parce que Pierrot ne pouvait pas monter sur son vélo. Il le poussait en ânonnant.

« C’est loin ? répétait-il à chaque borne hectométrique.

— J’en sais rien ! T’y vas jamais à G* ?

— Pour quoi faire ?

— Pourquoi elle a pas le téléphone, Lucette ? Il y a un téléphone dans tous les bistrots de France…

— Sauf chez Lucette… ! »

On y est arrivé, mais la Poste était fermée. On en profité pour essayer le Ricard chez Paulette. C’était le même. Et pas plus cher. Ce qui fait qu’à la deux, on est entré dans la Poste en se demandant ce qu’on venait y faire. On n’avait rien dans la poche à part ce qui nous restait de menue monnaie. Heureusement, la préposée a l’habitude. Quand un habitant de R* se déplace à G*, c’est pour téléphoner. C’est ce qu’on a fait. Mais il n’y avait personne au bout du fil. Et on est retourné à R*. Sans un sou. Pierrot a callé le vélo contre un mur et, au radar, on a retrouvé le bistrot de Lucette. Et bien vous savez quoi ? Elle avait un portable. Et elle me l’aurait prêté dans ces circonstances tragiques. Deux choses que j’ignorais de Lucette. On en apprend tous les jours. La vie se complique dans la campagne française.

*

Je suis arrivé à M* en train. Ah c’est cossu, M* ! La gare est pimpante comme une communiante. Des gens bien habillés, propres. Des bagnoles rutilantes comme des casseroles. Et des fleurs tout le long des trottoirs. Avec de loin en loin des portails vernis avec des ferrures forgées artistement. Comme il était tôt, il y avait des lumières dans les jardins. Quelques volets ouverts, avec de la lumière à l’intérieur. Des rideaux, des haies, des allées, des jouets dans le gazon. Il avait gelé légèrement. J’avais emporté une valise. Je devais avoir l’air d’un voyageur. On ne pouvait pas se tromper sur mon compte. Mais je n’ai croisé personne. Et je ne suis entré nulle part. Tout était fermé. On était dimanche.

C’était le lendemain de l’annonce de la nouvelle par Pierrot. On avait été vite. Pierrot avait l’habitude des enterrements. Il a pris le temps de m’expliquer. Pour Papa, j’étais trop petit. Je ne me suis pas rendu compte de la complexité en jeu. Je me rappelle seulement que je jouais dans le jardin.

J’ai trouvé tout seul. On avait consulté Google. Et même imprimé le plan. On voyait, à la dimension de la toiture, que mon frère avait vécu à l’aise. Il y avait même une piscine et des arbres. On voyait deux bagnoles l’une à côté de l’autre. Tout ça, vu d’en haut. Pierrot avait surligné le chemin de la gare à la maison. Je ne pouvais pas me tromper. Et je n’avais besoin de personne. Pierrot avait insisté là-dessus. Il me connaissait bien.

Il était trop tôt pour frapper à la porte. Il n’y avait pas de porte. Et le portail, de trois mètres de haut, était fermé par un système domotique de haute sécurité citoyenne. Mais j’ai repéré la caméra. J’y sourirais le moment venu. Je suis retourné sur mes pas. Une chance, le bistrot du coin s’ouvrait tout juste. Le rideau s’est soulevé dans un silence religieux. On n’a pas ça chez nous.

Il avait du Ricard. La tenancière (je ne sais pas si cette appellation était acceptée ici) m’a regardé de travers. J’ai insisté. Elle m’a pris pour un étranger à cause de l’accent. Clément avait dû perdre le sien en gagnant sa vie. Je ne savais rien de l’accent de Viviane. Il paraît que tout le monde n’en a pas. Les gens sans accents sont les e. C’est avec eux que la république fait ses omelettes. Une blague de Pierrot.

Des gens sont entrés. Ils avaient l’habitude d’entrer et de s’asseoir. La tenancière lançait des bonjours joyeux. On aurait dit qu’elle soufflait dans un pipeau. Et les autres répondaient par un roulement de caisse claire ou par un ronflement de basson. J’en ai même vu un qui ressemblait à une contrebasse. Le bistrot s’est rempli comme une symphonie. Et ça s’est terminé par une débandade. Il était temps que je retourne à la maison de mon frère pour présenter ma face décomposée à la caméra et me faire reconnaître comme un membre de la famille. Je pouvais toujours essayer. Si ça ne marchait pas, m’avait dit Pierrot, tu reviens et on n’en parle plus. J’étais d’accord.

Devant la grille, personne. Derrière non plus. Je distinguais la façade de la maison entre les haies et les arbres déplumés de l’hiver. Un volet était ouvert. Les lumières de l’allée étaient éteintes maintenant. J’hésitais. Je n’aime pas les émotions fortes. Et je savais qu’en cas de problèmes, j’éprouverais, non pas de la colère, mais un chagrin destructeur. Je n’aurais pas aimé retourner chez moi dans cet état. J’ai un tempérament suicidaire moi aussi. On tient ça de Papa. Maman n’a jamais rien expliqué.

Comme il n’y avait qu’un bouton, j’ai appuyé dessus. Ça n’a pas sonné, mais je me suis dit que dans ce genre de baraque, la porte d’entrée est tellement éloignée de la sortie de la propriété qu’il faut être à l’intérieur pour entendre la sonnerie. J’ai donc attendu, la tête légèrement renversée en arrière pour sourire à la caméra. Si ça se faisait, ce n’était pas la bonne, mais je pouvais toujours essayer. Il y a eu un clic dans la grille. Elle s’est entrouverte. Une voix féminine m’a demandé gentiment de la refermer derrière moi. Ce que j’ai fait. Je ne me suis pas renseigné pour le ou les chiens. L’allée se présentait de face, droite et effeuillée. Pas un chat non plus. Vu d’en haut, je voyais autre chose. Maintenant que j’étais dedans et dans le bon sens, l’endroit m’apparaissait encore plus grand, presque labyrinthique. Je suis arrivé au bout sans rencontrer personne. En fait, Viviane m’attendait sous le porche, toute droite au-dessus de trois ou quatre marches de marbre blanc. On se connaissait par photos interposées. Elle n’avait pas vieilli. Moi non plus.

*

Je vous jure que ça m’a fait un choc de voir mon frère dans un lit, les mains croisées sur un crucifix, les yeux fermés, les narines bouchées et un nœud papillon sous le menton. La chambre était plongée dans une pénombre agitée par les lueurs dansantes des chandeliers. Les rideaux étaient tirés. Ça sentait l’encaustique. Pas une trace de sang. Draps pliés à angle droit. Tapis aspirés jusqu’à la trame. Et pas un miroir. On ne pouvait pas se voir. On se regardait. Viviane avait des yeux d’une profondeur hallucinante. L’effet du chagrin peut-être. De la tristesse. De quoi encore ?

Ensuite on s’est installé dans un salon. À vue de nez, il en avait plusieurs. Les volets étaient ouverts et la lumière du matin jouait dans les plis des rideaux. Pas une mouche. Une ampoule clignotait sous un abat-jour. Viviane m’a autorisé à fumer. Je n’ai pas répondu que je ne fume pas. Je ne savais pas de quoi parler. Et elle ne disait rien non plus. Sa bouche pulpeuse se limitait à la fumée, au café qui fumait aussi et au temps qu’il allait faire. Beau. Je n’arrêtais pas de me le répéter. Beau.

Comme je n’avais vu personne à part Viviane, je supposais que tout le monde dormait. Qui j’allais voir ? Ou revoir pour certains. J’en frémissais. Il y avait des sablés au beurre sur la table basse et un bol de cristal ciselé avec de la confiture dedans. Je n’avais pas faim. Elle comprenait. Elle non plus n’avait pas faim. Les autres se jetteraient sur cette nourriture sans nous demander notre avis sur la question de la faim que peuvent inspirer les enterrements, surtout après une bonne nuit de sommeil. Mais le regard de Viviane avait beau me fasciner, il était aussi cerné de bleu. Elle ne me demandait pas comment je faisais pour avoir les joues si roses alors que je n’avais pas trouvé le sommeil. Elle le savait. On en avait beaucoup parlé à un moment donné. Et ça n’était pas resté dans la famille. Au bout de cette patience, j’ai craqué et j’ai quitté ce petit monde moralisateur. Voilà comment ça c’était achevé. Viviane ne pouvait pas l’ignorer. Je n’ai pas assisté au mariage. J’étais loin à cette époque. Et déjà sur le chemin du retour.

*

« Comment ça… personne ? »

Il n’y avait pas un quart d’heure qu’on se regardait en chiens de faïence et elle m’apprenait qu’on était seul dans la maison, elle et moi. Personne ne dormait. Les petits sablés et la confiture, c’était pour moi.

« Vous m’attendiez ?

— Non, répondit-elle d’une voix si douce que j’en suis tombé amoureux. Mais je n’y touche jamais. Vous savez ce que c’est… J’habitude de servir le petit-déjeuner. J’oublierai… »

Elle avait l’air de le souhaiter en tout cas. Ce matin, elle s’était habillé léger. Noir, mais peu. Elle avait l’air d’être entrée dans un nuage. Ses extrémités seules dépassaient. Mains, pieds chaussées de mules, tête soigneusement coiffée. Elle sentait rose et noir. J’en concevais une impression de bonheur. La rougeur de mes joues s’expliquait aussi comme ça. Mais ce n’était plus l’heure de les arroser. Ou pas encore. On sonna.

C’étaient les employés des pompes funèbres. Deux types aux mines concernées pour la circonstance. Elle les conduisit dans la chambre où reposait le mort. Je les entendis travailler. Elle revint dans le salon pour me demander si je souhaitais le voir une dernière fois. Je n’ai pas osé refuser catégoriquement comme j’en avais la folle envie. Je me suis conduit en frère obligé. Devais-je embrasser ses joues cireuses ? Elle se tenait à l’entrée de la chambre, le regard vissé dans un tapis. Les deux croquemorts attendaient sagement que j’en finisse, mains croisées sur la braguette, épaules tombantes, tête inclinée, respiration discrète mais rythmée. J’ai marmonné quelque chose d’incompréhensible y compris pour moi-même. En reculant, je me demandais qui je croyais tromper de cette façon. J’ai entendu le drap se froisser, le corps glisser et je suis sorti avant la fermeture du couvercle. Elle m’a suivi.

Restait à savoir à quelle heure aurait lieu la cérémonie.

« Il n’y en aura pas, » dit-elle.

Et comme j’allais exprimer un étonnement relatif, elle m’interrompit.

« Personne ne viendra non plus, continua-t-elle sur le même ton.

— Personne…

— À part vous. Vous déjeunerez avec moi ?

— Où l’emmènent-ils ?

— À C*.

— Chez ma mère ? »

Je m’étais écrié. Il y avait de quoi. Je commençais à comprendre, mais mon esprit refusait encore cette facilité.

« Vous… balbutiai-je. Vous… n’y allez pas… ?

— Et vous ? »

*

On a déjeuné dans la cuisine. Je pouvais rester si je voulais. Je ne gênais pas. Au contraire. Elle s’ennuyait. Et pas seulement depuis la mort de mon frère. Ou devrais-je dire son suicide. Il serait inhumé le lendemain, dans le caveau familial de ma mère qui était encore de ce monde, je vous l’apprends. J’avais le temps d’y aller. Il y avait un train qui s’arrêtait à C*. Elle n’y allait pas. Elle n’était pas invitée. Et pas question de s’inviter comme je venais de le faire. Elle ne voulait pas provoquer un nouveau scandale. Il y en avait eu d’autres. Elle me parlait d’un monde que je n’avais pas connu. Et comme elle ne me considérait pas comme un étranger, elle m’épargnait le rappel des détails, ce qui me plongea dans une confusion telle qu’elle dut continuer sans moi d’évoquer les sources de son malheur.

Nous achevâmes le repas par un joyeux digestif dont je renouvelai plusieurs fois les bénéfices. Cette fois, j’acceptais de fumer. Ce n’était pas dans mes habitudes, mais je tenais à l’accompagner aussi sur ce terrain. Une promenade s’imposait.

Nous sortîmes dans l’air vif du jardin d’agrément. Le gazon descendait vers un plan d’eau. Une barque bleue en fendait la surface agitée par je ne savais quelle force sous-jacente. Je tenais son fragile coude dans ma paume humide. La laine épaisse m’interdisait toute mesure. Si Pierrot avait été là, il m’aurait encouragé à conclure. Mais j’étais gagné par une vague tristesse. Je ne souhaitais rien savoir. Je ne dis pas que je m’en fichais. Je pensais que c’était inutile, que je perdrais du temps. Que penserait ma mère de ma visite impromptue ? Elle en serait informée. Mais elle ne chercherait pas à se renseigner auprès de moi. Je m’étais détaché de cet arbre comme le fruit trop mûr pour espérer être cueilli par de bonnes mains. Viviane tombait plutôt comme une feuille, parce que c’était l’automne et que l’hiver allait arriver. Je ne pouvais m’empêcher d’approfondir ces coupables métaphores. Et je contemplais la propriété que mon frère avait acquise. La barque bleue nous invitait. Mais nous nous contentâmes de nous asseoir sur un banc. Je me pelotonnais contre sa laine.

*

Pierrot m’attendait chez Lucette, la veuve de Tintin. Il avait pris de l’avance. Sa peau brillait sous les yeux. Il était ébouriffé à force de se gratter le crâne pour tenter de comprendre ce qui m’arrivait. Mais pourquoi la revoir comme il me le conseillait ? Lucette haussait les épaules. Elle avait vécu un « truc dans le genre » quand elle était plus jeune. C’était même avant de connaître Tintin. Mais elle n’avait pas donné suite. J’avais raison de me méfier de ce genre de hasard. D’après elle, ça sentait le « malheur à plein nez ». Qu’est-ce que je savais de cette femme ? Ma mère n’en savait-elle pas assez pour m’apprendre à ne pas m’inviter sans invitation ? Voilà où j’en étais.

Il y a ceux qui avancent, ceux qui reculent et ceux qui ne bougent pas. La plupart de ceux-là ont avancé ou reculé avant de s’arrêter. Mais il y en a aussi qui, malgré de beaux voyages, n’ont jamais quitté l’endroit où ils ont vu le jour. C’était mon cas. Lucette avait raison et Pierrot n’avait pas tort, mais c’était à moi de décider. Or, je n’avais jamais rien décidé. Personne, dans cette maudite existence, n’avait jamais cherché à me pousser dans un sens ou dans l’autre. Et je ne me demandais pas pourquoi.

 

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