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 Article publié le 21 février 2016.

oOo

La retraite. J’en ai entendu parler pendant toute ma vie. « Tu auras une bonne retraite. » Et j’avais une vie utile. Je ne dis pas qu’elle ne fut pas agréable. J’ai touché à des privilèges. J’ai bénéficié de coups de pouce. Et chaque fois que cette machine a donné des signes de fatigue, j’ai trouvé de quoi pallier aux insuccès, aux contradictions, déloyautés et autres principes de la propriété indivisible. J’ai été récompensé. On m’a élevé au-dessus de la moyenne. J’ai eu honte de moi quelquefois. Mais il m’est arrivé d’être fier, qu’il y eût ou non de quoi. Quelques passages dépressifs m’ont entrouvert la porte de l’enfer sur terre. Je ne l’ai pas refermée, faute de cran. On s’est toujours chargé de cette sorte de contrainte qui me servait aussi de leçon. Il n’est pas mauvais, dit-on, de rafraîchir l’esprit quand il s’endort. Ce qu’on vous supprime, c’est le rêve. Et du même coup, le cauchemar.

Juliette n’en profitera pas avec moi, de la retraite. Elle poursuit son existence de demi-vierge avec un autre, lequel est toujours en activité. Elle n’a jamais aimé l’idée même de retraite. Elle m’avait prévenu. « Pas avec toi ! »

Pour ne pas revenir, ni rester, je suis parti. On m’a demandé où. J’ai menti. Je ne sais pas si je veux être seul ou rencontrer pour ne plus l’être comme je l’ai été toute ma vie. On peut retrouver ma trace, certes, mais qui consacrera du temps à cette tâche ingrate ? Ma famille ? Mes enfants ? Maître Roussel les a rassurés : mon testament est écrit. Et il sera informé de ma mort. Voilà résolue la question de l’héritage. Et puis tout ce monde sait que je veux être seul ou en compagnie de l’inconnu. Ils s’en foutent.

La maison plonge ses racines dans la mer. La roche s’effrite doucement. On a calculé que je pourrais y vivre vingt et quelques ans. Elle ne vaut déjà plus grand-chose. Mais elle me convient. J’y ai aménagé en me promettant d’y vivre ce dont l’existence m’a privé. Ou ce dont je me suis privé moi-même pour exister. Voilà comment j’explique mon bonheur relatif. Et je conçois que d’autres ont trouvé dans cette philosophie tous les ingrédients de la joie et de la réussite. Je ne les traite pas de chiens. Nous sommes de drôles d’oiseaux.

Étant arrivé à la fin de l’hiver, j’ai attendu celle du printemps pour me mettre à l’ouvrage. J’écris depuis toujours. J’ai même publié. J’aurais choisi la peinture si j’avais été doué pour le dessin et la couleur. Mais n’est-il pas plus naturel de se satisfaire d’un crayon et d’une feuille de papier ? Vous allez me trouver suffisant, mais je passais pour un véritable écrivain. On vous le dira, malgré l’absence de reconnaissance officielle. On m’a bien adoubé quelquefois. Je n’ai pas emporté ces hochets avec moi. À quoi bon ?

Ici, on ne me trouve guère sympathique. Je limite ma conversation à des questions concernant ma nourriture, ma petite administration ménagère et ma connaissance des lieux, me limitant ici à la contrée, qui est étroite comme la côte. Je reçois des visites fonctionnelles. Et je ne donne aucun signe d’empathie, comme quoi je peux passer pour un égoïste. Ou au mieux pour un solitaire. On dit aussi qu’il m’arrivera de rencontrer quelqu’un, que je suis fait pour ça, que je m’y prépare peut-être.

On me voit écrire derrière ma fenêtre. Rien n’étant parfait, la route passe devant la maison, ou plus exactement entre la maison et la mer. La route disparaîtra aussi. On en trace déjà une plus loin. Il faudra deux cents ans pour la menacer d’écroulement dans le flot incessant. Ce temps ne me concerne pas. Je regarde l’horizon seulement pour me dire que je finirai avec lui. Que faire d’autre quand on a de quoi vivre tranquillement, qu’on est pour l’instant en bonne santé et que l’inspiration est au rendez-vous ?

Il n’y aurait d’ailleurs rien à dire de cette existence si je n’écrivais pas. Mais je suis le seul à en parler en connaissance de cause. Peut-être d’autres se mettront-ils à l’ouvrage de ma reconnaissance si la chance me sourit. Je vais parler de moi, de ce que je ne suis pas et de ce que j’ai rêvé d’être. Faut-il créer le personnage de ce nouveau récit ? Celui qui se retire parce que la somme de ses cotisations le lui permet. N’ai-je travaillé que pour parvenir à cet endroit de mon existence, celui où ce personnage m’attend ?

Ce n’est pas moi, bien sûr. Les grands personnages naissent du désir. Et l’imagination leur donne la parole. Si je souhaitais que ça m’arrive, je devais d’abord cesser de boire. Or, depuis que je vivais ici, j’avais augmenté cette nécessité au point d’alimenter déjà les récits et les jugements. Pour eux, j’étais un personnage. Mais ils ne m’avaient pas désiré. Et leur imagination fondait son authenticité sur mon allure. J’avais beau m’efforcer de maintenir la distance, ils se rapprochaient de moi. Je sentais qu’ils me craignaient. D’après eux, je finirais par poser un problème. S’il s’agissait de chuter de mon vélo pour me fracasser le crâne sur une pierre du chemin, c’était une bonne nouvelle. Mais les mauvaises, plus faciles encore à imaginer, leur faisaient craindre le pire. N’ai-je jamais souhaité les amuser au point de gagner leur amitié ?

Je ne voulais pas non plus me faire haïr. Je n’avais songé qu’à les réduire aux utilités nécessaires à ma tranquillité. Le pain, les services, l’indifférence. Le moins qu’on puisse dire maintenant, c’est que je n’y réussissais pas. J’étais devenu leur personnage. Et ce personnage n’était pas le produit de leur désir. Il s’était emparé de leur imagination. Ils en parlaient avec les gendarmes.

Regardez-les ralentir dans leurs autos. « Est-il encore en vie ? » « Il n’a toujours pas fermé ses volets. » Je ne voulais pas les aimer, mais de là à provoquer ce spectacle… L’été est arrivé.

*

J’ignorais que le coin fût à ce point touristique. Dans la foule qui animaient les rues, j’ai reconnu des professeurs, des ronds-de-cuir, des ouvriers proprement syndiqués, des commerçants abonnés à l’imposture, des délateurs, des juges, des… toute la domesticité sans laquelle la société ne connaît plus l’ordre ni par conséquent les bienfaits d’un pouvoir strictement appliqué. De futurs retraités sinon aisés, du moins tranquillisés par l’assurance de ne jamais tomber dans le caniveau.

La route s’est peuplée de voitures pressés mais lentes. On se garait devant la maison sans se préoccuper de l’utilité de son portail. Je n’ai jamais revendiqué mon droit à jouir sereinement de ma propriété. Je sortais en vélo. Je n’ai pas de voiture. Ils n’avaient pas besoin de le savoir. Cette population provisoire et renouvelable s’ajoutait à la communauté de mes voisins sans toutefois changer les paramètres ni les données de mon existence. Seule la durée de mes sorties était modifiée. Mais n’était-elle pas extensible par définition ? Jusqu’à quel point d’ailleurs. Je redoutais d’avoir à expérimenter cette perte d’un temps qui devenait précieux par la force des choses. J’écrivais moins.

Bien sûr, il y avait la nuit. Tard dans la nuit. Plus personne ne m’importunait. Cependant, étant tenu éveillé tout le jour à cause d’une surveillance qui me confisquait mon droit à l’observation, j’avais sommeil la nuit. Et je dormais. Rêveur obstiné. Panique des cauchemars. Aube mouillée.

Heureusement, je revenais avec le soleil. Il ne m’a pas fallu deux jours pour me rendre compte qu’à mon réveil je disposais d’une bonne heure pour profiter de la solitude à l’extérieur. Je me précipitais dehors, sans mon vélo. Je traversais la route en courant, m’engageais en trottant gaiment dans le sentier qui dévale vers la mer et ses roches vertes et grises et moins d’une minute (ou peu s’en fallait) après, j’avais les pieds dans l’eau et le nez à fleur de la marée. Une première voile, à la naissance des vagues, m’alertait. Et je remontais sans ménager mon effort, certain d’avoir à bousculer l’importun car je ne savais pas mesurer mon attente. Ou pas encore. Autrement dit, mon personnage s’éloignait lui aussi. Et une fois installé derrière ma fenêtre salée, les yeux sur l’horizon, je n’écrivais plus. Je savais qu’il ne m’arriverait plus d’écrire l’été. Et j’ignorais combien de temps serait nécessaire pour retrouver le fil de mon inspiration. Peut-être tout l’automne, saison des retraités. Réduire le temps de l’écriture à l’hiver avec la crainte d’un printemps préparatoire aux grandes migrations me rendait déjà amer et inconsolable. J’étais venu pour rien.

Tel était le sentiment qui m’envahissait. Et c’était le premier été. La première année. Sorte de première crêpe. On dit que les suivantes seront les bonnes. Mais je n’en savais rien. Et je n’étais pas convaincu. Ma popote sénioriale manquait de feu. Ou j’étais en train de condamner mes projets au bouillon. Ils finiraient par attacher au fond de la casserole. Je me voyais mal passant le reste de mes jours à récurer dans l’espoir de retrouver l’état initial de cette retraite préparée de longue date. J’allais devoir improviser. L’horreur !

Je me remis à boire. C’était inévitable. J’ai bu toute ma vie. Je n’ai pas tenu le coup autrement. Le cageot de douze bouteilles m’attendait deux fois par semaine chez l’épicier. Et comme je ne trouvais plus la force de cuisiner, je me suis mis aux conserves. L’épicier a vite compris qu’il était dans son intérêt d’en augmenter sa réserve. Fin professionnel. Je ne répondais pas à ses tentatives d’en savoir plus. J’exprimais plutôt ma satisfaction. Mon nouveau visage n’avait qu’une face, ce qui ne me changeait pas, mais j’alternais l’état d’ébriété avec les modalités de la joie. Pas de mélange. La joie s’insérait entre les intervalles d’oscillations. Ou l’inverse, selon le point de vue critique. Et la chute de mon vélo était la plus probable des fins imaginées. On ne parlait que d’elle. Les gendarmes me saluaient pour exprimer leur compassion. J’étais le plus malheureux des hommes. Et ça se voyait.

*

Je suis tombé sur Miranda. Littéralement. Elle était couchée en bas d’un escalier, celui qui descend du centre commercial. J’ai raté la première marche. En descendant. Elle a amorti ma chute, ce qui lui a valu un séjour de trois jours à l’hôpital. Les côtes avaient résisté, mais quelque chose s’était écrasé à l’intérieur et on craignait une hémorragie. Vous pensez si j’étais désolé d’avoir blessé quelqu’un. On m’a autorisé à lui rendre visite dès le troisième jour. Elle se préparait à retourner à ses occupations de retraitée estivale. Je n’avais pas bu depuis deux jours, car le premier, harcelé par le remords, je m’étais mis dans un sale état, incapable de me raisonner pour chercher à me faire pardonner.

Je ne la connaissais pas. Je ne me souvenais pas de l’avoir croisée. Pourtant, elle aussi montait à l’épicerie deux fois par semaine pour récupérer son cageot. C’est d’ailleurs mon cageot qui lui a fait le plus de mal. Comme elle montait, le sien était vide. C’est le principe de la consigne. Et mon cageot, fort de ses douze bouteilles pleines, s’est enfoncé par un coin dans son estomac tandis que son cageot, plein de bouteilles vides, s’en est allé dinguer dans les pieds des témoins dont deux ou trois ont souffert de coupures sans gravité.

Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite. Je n’ai pris conscience de la gravité de la situation qu’après avoir mesuré la casse me concernant. Le contenu de la moitié de mes bouteilles répandu sur les dalles glissantes du parvis où l’on s’accumulait 1) pour porter secours à la victime 2) pour me demander d’arrêter de me plaindre alors que je n’étais pas blessé. Au bout d’un temps de confusion extrême que je ne saurais décrire objectivement, Miranda a été emportée par une ambulance et moi-même par la fourgonnette de la gendarmerie. Mais peu importe ces détails inutiles à la progression narrative qui motive ici mon écriture.

Trois jours plus tard, sobre comme mon vélo, je suis entré dans la chambre que Miranda allait quitter pour entamer les démarches d’un procès. Elle ne me reconnut pas. Elle aussi était sobre, mais elle ne comptait pas le rester. Après quelques explications dont je vous prive de la confusion, on s’est mis d’accord pour commencer par arroser ça car, au fond, elle ne m’en voulait pas. Elle n’avait jamais fait de procès à personne et ne comptait pas commencer maintenant sous prétexte que j’avais moi aussi mauvaise réputation. C’était du moins ce qu’on lui avait dit. Et Louis-Philippe, son époux, avait consciencieusement pris note de ces éléments constitutifs d’une personnalité à risque. Ceci, dans l’intention de conduite le procès lui-même. Il était, me prévenait Miranda, d’un naturel têtu. Sinon, il se gavait de sildénafil tandis qu’elle entrait dans le lit en parfait état d’ivresse morbide. Pour le dire plus clairement, ils ne formaient pas un couple heureux. Et moi, se renseignait Miranda, est-ce que j’étais heureux en ménage ?

Je lui avouais que je l’avais été et que Juliette continuait de profiter de ce bonheur sans moi. Il n’y avait pas eu de procès. On s’entendait parfaitement. Et j’avais un avantage sur Louis-Philippe : je n’avais pas besoin de sildénafil pour bander. S’il fallait donc expliquer ma propension à corriger les défauts de la nature par l’absorption de vin, c’était ma nature intérieure seule qui était concernée par cette habitude tenace. Et j’avais conscience qu’elle finirait par me contraindre à user moi aussi d’un subterfuge pour bander comme les autres. À la différence que je vivais seul. Je bandais tout seul. Pourquoi ?

Miranda, qui avait conservé de son ancienne beauté une peau à l’épreuve de toute critique, répéta sa question sans se lasser : pourquoi bandais-je tout seul ? Il faut dire, à notre décharge, que nous n’étions plus en état de passer pour des jansénistes. Nous étions attablés à une terrasse devant la mer. Le soleil tapait dur sur la toile. Et malgré la ventilation des lieux, on crevait de chaleur, elle et moi. Et, de réplique en réplique, nous ne nous occupions que de nous, les autres ayant même disparu de notre champ de vision. Tout baignait. Il y avait longtemps que je n’avais pas touché à une femme. Elle constata avec joie que je ne racontais pas des histoires. Le seul problème qui restait à résoudre, c’était la jalousie de Louis-Philippe. Or, si je l’alimentais par une coucherie irréfléchie, j’apporterais de l’eau au moulin du procès qu’il préparait contre moi. Mon existence prenait un tournant. Le droit chemin que je m’étais tracé annonçait un défaut de conception qui allait, si je me montrais imprudent, renverser la vapeur de mes projets. Miranda me comprenait. Elle aussi était passée par là. Et il y avait longtemps qu’elle n’avait pas caressé une queue aussi naturellement érigée en promesse d’amour et de plaisir, l’un allant sans l’autre depuis qu’elle vivait avec Louis-Philippe.

Je suis rentré chez moi, dégrisé. Je n’ai même pas enfourché mon vélo pour aller plus vite. Je me suis mélangé à la foule des baigneurs qui revenaient de la plage pour se restaurer avant de se livrer aux aventures des pistes de danse et des coins sombres prévus à cet effet.

*

J’avais besoin d’un avocat. Mais personne ne pouvait m’en conseiller un qui eût de l’expérience dans le type de relation que j’entretenais désormais avec le couple formé par Miranda et Louis-Philippe. L’automne est arrivé. Miranda ne pouvait plus cacher qu’elle souffrait d’une intense douleur à l’abdomen. Louis-Philippe en profita pour lancer contre moi la machine qui allait me priver à jamais de tout ce qu’il me restait à aimer avant de quitter ce monde pour peut-être n’entrer nulle part. Cette idée de sortir, de ne plus pouvoir rentrer et de ne pas trouver un moyen d’entrer ailleurs me plongea dans le plus triste des désespoirs. J’étais fait. Comme un criminel. Le hasard ne plaiderait jamais en ma faveur. Il n’y a pas d’accident ici. Nous en sommes toujours la cause. Et j’étais tombé sur Miranda, avec mon lourd cageot, parce que je l’avais désiré. Je n’avais jamais rien voulu d’autre. Je l’avoue.

Elle est morte un dimanche. C’est le facteur qui m’a annoncé cette mauvaise nouvelle. Je me suis effondré devant lui. J’étais couché sur le paillasson, en position de fœtus, et il me regardait comme s’il n’était pas concerné par mon malheur. Je ne sais pas s’il réfléchissait à ce qu’il convenait de faire en pareil cas. J’étais peut-être nouveau pour lui. Il avait le droit de s’octroyer un temps de réflexion. Je comprenais cette attente, moi qui n’attendais plus rien, à part une sentence qui ferait de moi un sans-logis. Louis-Philippe, qui savait que je bandais naturellement, m’en voulait à ce point. Miranda m’en avait prévenu.

« Mais pourquoi lui en avoir parlé ? m’écriai-je un jour que nous dégustions des crustacés.

— Je n’ai pas pu m’en empêcher ! dit-elle. Je le hais !

— Mais je ne le hais pas, moi ! Et je t’aime…

— Pas assez. Personne ne m’aimera jamais comme je veux. D’ailleurs je vais arrêter de manger ces sales crustacés avec toi. J’ai mal au ventre. Je crois que ce cageot, ton cageot ! m’a écrasé quelque chose qui me tue maintenant. Je sais que j’ai raison ! »

Elle est morte quelques jours plus tard. Louis-Philippe convoqua l’hôpital devant la justice. Et pour achever son œuvre par un geste utile à tout le monde, il me désigna comme l’origine de son malheur et la cause de la mort de Miranda. Il était temps que j’en parle à Juliette.

Je revenais toujours vers elle. Elle coulait des jours heureux dans le moule d’un commerçant aisé qui l’adorait, disait-on. Elle ne refuserait pas de m’écouter. C’était tout ce que je lui demanderais. Ensuite, l’échine pliée à l’équerre, je me livrerais au verdict de la justice. Je savais bien comment cela se terminerait. On avait vécu ça cent fois, Juliette et moi. Mais, tandis que je sombrais dans mon malheur intrinsèque, elle profitait des plaisirs de l’existence. C’est ce qui nous a toujours séparés. Il fallait bien qu’un jour je disparaisse corps et âme sans laisser de traces. Elle n’a jamais suivi les miennes. Et elle a bien fait.

 

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