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 Article publié le 29 avril 2018.

oOo

L’annonce était alléchante. Un demi-million de dollars pour cinq ans de travail. Justement, du travail, je n’en avais pas. Il y en avait, ça oui. Mais je n’avais aucune envie de perdre la santé et ce qui me restait de raison dans des projets qui ne me concernaient pas. Vous savez ce que c’est quand le fric vient à manquer : on commence par accepter les aumônes de l’État puis, de fil en aiguille, toujours suivant le même raisonnement, on grappille ici et là et, de maraude en extorsion, on en vient à la cambriole et aux appropriations de circonstance. J’ai même été à deux doigts d’en tuer un. Il résistait. Et comme il était plus costaud que moi, j’ai dû faire appel à l’outil. Enfin, d’après la télé, il n’en est pas mort. Je me voyais déjà à genoux devant un bourreau. Et voilà que je tombe sur cette annonce. Tambours et trompettes ! Une gonzesse vantait les mérites de la SUM, la Société Universelle de quelque chose qui commençait par M. Un demi-million ! Je me dis : il y a anguille sous roche. On te donne pas un pareil trésor rien que pour perdre cinq ans de ton existence à ne rien faire. Alors je téléphone.

Une voix, peut-être celle de la présentatrice (je suis déjà en train de me flatter le jonc), me renseigne : « Si, si, monsieur ! Vous avez bien entendu. Cinq ans et un demi-million de dollars…

— J’avais compris ça. Mais cinq ans à faire quoi ?

— Quatre ans de voyage et un an à bord de SUM XIII.

— On est combien à voyager ? C’est long, quatre ans…

— Vous serez seul à bord. Et ensuite, une fois en poste, vous n’aurez plus aucun contact avec l’Humanité. C’est parce que la face cachée…

— Épargnez-moi les explications calées ! Donc, si j’ai bien saisi : je voyage deux ans seul à bord d’un vaisseau à ma taille. Ensuite je glande pendant un an dans SUM XIII. Et je reviens en deux autres années. Cinq ans de solitude.

— C’est pas beaucoup…

— Et vous avez beaucoup de candidats… ?

— Des tas ! »

Je ne sais pas ce qu’elle entendait par tas, mais au centre de recrutement, je me suis senti seul. On aurait dit qu’il avait été fait juste pour moi. À l’entrée, une gonzesse en jupette m’accueillit avec des sourires vaginaux. Je l’ai suivie. On a pris un ascenseur qui descendait. Vous connaissez le truc : il y en a qui descendent et d’autres qui montent. Ça commençait comme ça. Elle m’a fait asseoir dans une espèce de salon avec tout le confort télévisuel et même de quoi boire en attendant. J’en étais au troisième verre quand le mur s’est entrouvert. C’était une autre gonzesse. Pas la même, mais en jupette. Je l’ai suivie. Si c’était ça qu’ils appelaient voyager, je finirais par laisser parler mes instincts les plus naturels. Et en effet, une troisième gonzesse a pris le relai et on a continué de descendre à pied, sautillant de temps en temps sur des escaliers métalliques. On ne voyait plus la lumière du jour qui jusque-là descendait elle aussi le long des puits. Le plafond était noir, sans profondeur.

C’est comme ça qu’on est arrivé sur l’aire de lancement. Le lanceur fumait déjà. J’ai eu un coup au cœur. J’en ai presque perdu l’équilibre. La énième fille en jupette était tournée vers moi, comme si elle allait me proposer de tirer un coup avant de m’envoler pour je ne savais pas trop où. C’est que j’étais venu pour me renseigner, moi. Je n’avais rien décidé. On ne balance pas dans l’espace cinq ans de sa précieuse existence sans s’être renseigné à fond sur les conséquences de l’opération. Il devait y en avoir. D’autres pouvaient en témoigner, je ne voulais pas être le premier. La fille entrouvrit son corsage en secouant sa main pour l’éventer.

« Vous trouverez toutes les instructions à l’intérieur, dit-elle d’une voix mécanique. Mais je dois vous prévenir que le vol ne sera pas automatique. Nous avons dû utiliser le vaisseau prévu à une autre mission. Vous savez comme sont les Chinois…

— Imprévisibles…

— Voilà. Et donc ce vaisseau-là sera piloté par l’humain…

— Ah mais c’est que je ne sais pas piloter, moi, madame !

— Vous n’aurez pas à le faire. Il y a un pilote expérimenté à bord.

— Bonne nouvelle ! »

C’en était une. Je n’allais pas voyager seul. Mais il était de quel sexe, ce pilote ?

« Vous n’aurez aucun contact avec lui. Le poste de pilotage est hermétique.

— On peut même pas savoir s’il est du sexe opposé ou autre… ?

— Je n’en sais pas plus, monsieur O’Hall…

— Et en attendant, qu’est-ce qu’on fait… vous et moi… ? »

On n’a rien fait. Elle m’a poussé à l’intérieur et pas plus de dix secondes de panique plus tard, j’ai senti la poussée dans mes modestes guiboles. Je me suis assis dans un fauteuil sans doute prévu à cet effet. Ça n’arrêtait pas de pousser. Je commençais à suffoquer. J’ai demandé si ça allait durer longtemps. Et, en effet, pas de réponse. J’ai collé mon oreille sur la paroi qui jouxtait le fauteuil. C’était dehors de l’autre côté. J’entendais ce silence éternel. Mon angoisse naturelle n’allait pas s’arranger. Je ressemblerais à quoi dans deux ans ? Et ensuite ? Je n’avais même pas payé le voyage. On ne m’avait rien demandé. C’était inclus. Et j’ignorais totalement ce que j’allais faire sur SUM XIII.

Enfin, la gravité s’est allégée d’au moins mon poids. Je flottais dans un espace exigu, mais j’y tenais debout, autant en long qu’en large. J’ai sondé toutes les parois. Il y en avait six d’exactes dimensions. Pas un hublot. De la peinture métallisée, entre le blanc et le noir. Un fauteuil (j’en ai déjà parlé), une table avec un verre dessus (mais pas de bouteille), un lit à tiroir et d’autres tiroirs dans les murs. J’ai écouté. Pas un bruit. Pas un grattement. Alors j’ai gratté, puis j’ai tapoté et j’ai fini par hurler.

J’étais envahi par un grave sentiment d’injustice. Et je n’avais aucun moyen de m’en sortir. Tout était fermé. Je me suis dit qu’on se foutait de moi, qu’il n’y avait pas eu décollage et que j’étais un sujet d’expérience. Cinq ans dans ces conditions et je devenais fou à lier. J’ai regagné le fauteuil, comme si c’était le seul endroit où je pouvais m’accrocher à la raison. Le lit ne m’inspirait pas confiance. Ils n’avaient pas prévu de draps. Par contre, un écran s’alluma. Il y était écrit : « Quittez vos vêtements et enfilez la combinaison S63 que vous trouverez dans le tiroir 63. » Alors je me suis mis à parler :

« Est-ce que je peux savoir ce que vous fabriquez ? Si c’est un test, je n’en vois pas l’intérêt. J’étais juste venu pour savoir, pas pour partir sans savoir. Est-ce que vous comprenez qu’un type qui ne sait pas pourquoi il voyage est en train de devenir fou dès la première minute ? Si c’est votre intention, sachez que je me plaindrais aux autorités compétentes… » Etc. Je crois que j’ai parlé pendant une heure au moins. Je n’avais aucun moyen de mesurer le temps. Je ne saurais jamais à quel moment du voyage je me trouverais chaque fois que j’y penserais. Cette idée me plongea dans un profond silence, celui qui précède les suicides les moins raffinés.

Enfin… je n’étais pas seul. Je pouvais toujours espérer cette rencontre. Qui sait ? me dis-je. Une panne… qui contraindrait le pilote à passer par ma cabine. Je saurais enfin s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Mais au point où j’en étais, un homme m’irait aussi bien. Y avait-il un moyen de changer les conditions du voyage ? Au moins, il y avait une voix dans le haut-parleur. Je me suis déshabillé et j’ai enfilé la combinaison S63. Elle m’allait parfaitement. J’étais donc attendu. Et pourtant, je n’avais parlé à personne de mon possible projet. D’ailleurs, je ne connaissais personne à qui confier quoi que ce soit. Et quand bien même, je m’en serais bien gardé. Ce sont toujours les amis qui vous trahissent. Les autres ne sont que vos ennemis.

« La nourriture se trouve dans le compartiment 87…

— Compartiment… ? Je ne vois que des tiroirs…

— Vous ne regardez pas où il faut. Tournez-vous… »

Un truc que je n’avais pas osé faire… J’avais déduit la forme de la cellule de ce que je voyais devant moi, trois parois de dimensions égales qui formaient deux angles de 60º. Mais une fois tourné, j’ai constaté que je m’étais induit en erreur. Ce que je voyais ressemblait à un vaste et confortable appartement comme on en voit à la télé dans les séries où la bourgeoisie se repose pour mieux posséder, un peu comme nous, populo, reculons pour mieux sauter. Même qu’on ne saute jamais, sauf le ruisseau si on a choisi de courir pour satisfaire les exigences des chiens de garde. Bref, on m’avait mis à l’aise. Vous pensez si je l’ai trouvé, le compartiment 87 ! Il contenait tous les ingrédients d’un repas de fête, vin compris. Et la voix m’expliqua qu’une fois refermé, il se régénérait automatiquement et comme par magie. Mais je ne pouvais l’ouvrir qu’aux heures des repas.

« Mais je l’ai pas l’heure ! Vous pensez s’il y a longtemps que je l’ai fourguée, ma tocante !

— Vous serez attentif aux signaux…

— Des signaux ! Mais c’est pas un voyage ! On a jamais parlé de signaux !

— Je sais, je sais ! Vous allez vous plaindre aux autorités. Mais ici, vous obéirez aux signaux.

— J’ai jamais obéi à personne !

— C’est la raison pour laquelle vous êtes ici.

— Mais je voulais pas y être ! Et vous ne m’avez pas renseigné !

— Que croyez-vous que je suis en train de faire… ?

— Vous êtes le pilote… ?

— Son second.

— Vous êtes deux !

— Je ne sais pas combien nous sommes. C’est un grand vaisseau.

— Mais comment voulez-vous que je le sache si je ne peux pas sortir !

— Sortir ? Mais pour aller où ? Il n’y a rien dehors…

— C’est dedans que je veux sortir. »

Elle avait un joli rire, la voix. Il était trop tôt pour lui demander son nom. Mais il y avait un tas de questions que je pouvais poser en attendant de plus intimes rapports.

« Vous sauriez pas pourquoi on me fait ça, des fois ?

— Vous l’ignorez ?

— Non ! Je le sais !

— Et bien pourquoi me poser la question ? »

Clic ! Le haut-parleur se tut. Pas un souffle. Je visitai alors l’appart. Pas une fenêtre. Et pas de portes non plus. Il y avait de tout là-dedans, de tous ces trucs que je n’ai jamais possédés. Des objets de décors télévisuels. Je promenai ma caméra (je veux dire mes yeux) dans cet espace conçu pour me plaire. Rien d’utile, à part les compartiments et les tiroirs. Mais ils étaient fermés. J’avais compris le truc des signaux. Je finirais par m’y habituer. Il ne devait pas y en avoir trente-six. Toilette, vêtements, besoins naturels, nourriture, sommeil, télé. Il ne manquait plus qu’une jolie poupée pour m’halluciner. Il y en avait une, en plastique genre mousse couleur chair. Si c’est pas une honte ! À l’heure des robots ! Me refiler une vieillerie du temps où les hommes rêvaient de se faire servir par des non-êtres doués de sentiments et de réflexion. Mais elle se laissait caresser, tellement que je me suis mis à bander comme un taureau. Je n’ai pas mis longtemps à décharger. Qui c’est qui faisait le ménage ? J’en verrais peut-être un, de robot, si je salissais encore les coussins. Sur ce, je me suis endormi.

*

Je ne me souviens plus à quoi j’ai rêvé (cette nuit-là ?), mais quand je me suis réveillé, j’ai cru que je dormais encore. J’étais toujours dans cet appartement, léger comme une plume et ma petite amie de mousse flottait à mes côtés, souriant au plafond, bras et jambes en extase. Je lui ai redonné de l’amour. Et à peine avais-je éjaculé qu’un signal a, non pas retenti, mais illuminé le plafond. Comme j’en ignorais le sens, j’ai attendu que la voix me renseigne. Elle n’a pas tardé à se manifester :

« Qu’est-ce qu’on fait le matin en se réveillant ?

— Je viens de le faire, mais si j’avais eu à choisir, c’est avec vous que je l’aurais fait.

— Vous me flattez. Maintenant, sautez du lit et ouvrez le tiroir 99. Vous y trouverez de quoi vous laver des pieds à la tête. Ensuite, vous ouvrirez le compartiment 66 et enfilerez la combinaison T45. Vous êtes attendu au Grand Salon…

— Au Grand Salon ? Il y a du monde… ?

— Suivez mes instructions. »

Je ne me suis pas fait prier. La perspective de voir du monde, et particulièrement des semblables, m’activa au point que j’avalai mon petit-déjeuner sans y goûter et que je me retrouvai dans ma combinaison de jour en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je sautai à pied joint sur ce qui me sembla constituer la partie intérieure d’un palier. Une porte allait s’ouvrir. Et une fille en jupette apparaîtrait pour me donner envie de suivre la ligne de ses fesses transparentes. On n’a pas tous les jours l’occasion de bander pour de bonnes et saines raisons.

Mais rien ne s’ouvrit. La voix se taisait. J’étais seul. Pas un bruit. Pas un moteur. Aucun pas derrière le mur dont je surveillais l’état. Je sortis ma queue pour enculer un vase de Chine. La voix m’arrêta :

« Malheureux ! Ce vase a son prix ! Faites ça avec la poupée !

— Mais c’est un vieux truc de chez Toys ‘R’ Us ! Ça n’existe plus de nos jours !

— Et alors, tous ces meubles, ça vient pas de chez Ikea ? Ça existe peut-être, de nos jours, Ikea ? Veuillez laisser ce vase et vous caresser !

— Je veux savoir ce qu’on me veut ! »

C’était peut-être trop demander. J’avais tout bien fait ce matin. J’étais dans ma combinaison T45, la queue bien bandée en dehors, et je la caressais alors que l’angoisse commençait à faire des ravages à l’intérieur. Ça ne se voyait pas encore, mais j’étais sur la mauvaise pente. Je me connaissais. Des années que je me pratiquais sans rien changer à mes habitudes bonnes ou mauvaises. Et qu’est-ce qui me tombait dessus ? Des nouvelles. Des nouvelles en veux-tu en voilà. Des mauvaises. Comment survivre à cette épopée du malheur ? Ah il y en avait, des solutions ! Et sous l’autorité de l’État. On pouvait lui faire confiance question autorité. Mais quand on ne sait pas pourquoi on n’a aucune envie de se soumettre à sa weltanschauung, on devient poète. Et pas du genre à chanter sous les balcons de la renommée. On a plutôt la tête pleine de nouvelles, les bonnes et les mauvaises s’annulant par effet d’addition. Voilà comment on invente le néant.

« On sort plus… ? dis-je une fois que j’eus retrouvé mon calme naturel.

— Personne n’a dit qu’on sortait.

— Et le Grand Salon alors ?

— Il est dans votre tête.

— Je ne suis pas encore fou ! J’ai juste besoin d’un peu d’argent. Je suis pas du genre à le dépenser au jeu…

— Je sais comment vous le dépensez. Mais avez-vous idée de ce que ça représente, un demi-million de dollar, pour un type comme vous… ?

— Je connais le prix des voitures… Celui des femmes aussi. Je connais un tas de choses parce que j’ai vécu, figurez-vous. Allez-vous enfin me dire si nous sommes partis ou si tout ceci n’est qu’un test ?

— Vous ne voulez plus voir les autres ?

— On est en concurrence ? Il y aura un gagnant ? Il faut gagner le droit de gagner un demi-million à voyager et à rien branler sauf sa queue ?

— Vous êtes grossier, monsieur O’Hall !

— J’essaie de comprendre… ce que je fous ici. Je ne savais pas que ça existait. Ce n’était peut-être qu’une fiction. Et je me suis laissé faire. Je me demande si ça ne m’est pas déjà arrivé…

— Vous commencez à vous souvenir…

— Souvenir de quoi ? Aidez-moi !

— Allons voir les autres plutôt. »

*

La voix m’accompagnait. Cet appartement était beaucoup plus grand que ce que j’en avais vu au premier coup d’œil. Cependant, j’étais persuadé que je me faisais avoir. C’est toujours ce qu’ils font à la télé : ils vous trompent ; commerçants, politiciens, religieux, penseurs, acteurs, chanteurs, médecins, poètes… ils vous trompent parce que c’est leur métier. C’est comme ça qu’ils gagnent leur vie. Ça ne doit pas être désagréable. Tandis que les types comme moi ne peuvent pas s’amuser et gagner leur croûte en même temps. C’est une chose après l’autre. Travail, loisir. Et entretemps, il faut s’occuper de soi, manger, dormir, se muscler, se cultiver… Moi, je ne suis arrivé à rien. Et l’existence m’a refusé le bonheur de travailler et de m’amuser en même temps. Je crois que j’ai gueulé trop fort. Et cette fois, j’ai été entendu.

Voilà ce que je pensais en avançant. Tout ça, c’était de la foutaise. Et ça durerait cinq ans. Après quoi je toucherais le pactole promis. Je n’avais jamais entendu parler des morts. Je veux dire : les morts dans ces circonstances. Ça devait bien arriver de temps en temps : maladie, suicide, exécution. Mais quand ça n’arrivait pas, on revenait et alors on touchait le gros lot : un demi-million de dollar : de quoi s’amuser sans travailler. Exactement ce que je voulais. Et j’étais là en train de me poser des questions sur la validité de cette promesse. J’avais tort de ne pas profiter, car après tout : qu’est-ce que je faisais ? Rien. La voix me le suggérait (voix de fille en jupette avec la raie du cul qui suinte) : amuse-toi, O’Hall. Après, il sera trop tard. Cinq ans, c’est long et c’est court. Exactement ce qu’il me fallait. Et je la suivais, de haut-parleur en haut-parleur, entre les meubles d’un autre temps. Ce n’était pas un labyrinthe, ni un manège. C’était facile à suivre. Aucune force ne s’appliquait à moi. C’était fou ce que je bandais ! De temps en temps, un jouet de l’ancien temps s’ouvrait et je la mettais dedans. Tantôt il fallait que je m’active, tantôt c’était à l’intérieur que ça s’activait et je n’avais rien à faire qu’à attendre d’éjaculer. Un demi-million de dollars en cinq ans : cinquante mille dollars par an. Mille dollars par semaine. Approximativement. À cette époque bénie, on vivait bien avec deux dollars par jour. Tu imagines ?

« Ils sont où, les autres ?

— Suivez-moi.

— Avant, je suivais un petit cul de quinze ans…

— Vous aimez les petits culs ?

— Je veux ! Et je les suivais. Je m’en souviens.

— Que disaient les autres ?

— Cinq ans ! C’est pas cher payé, nom de Dieu ! »

C’est comme ça depuis que les jugements servent de publicité à la télé.

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