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 Article publié le 16 octobre 2016.

oOo

Où en est-on ? Eh bien… pour ce qui est de notre citoyenneté, ya qu’à jeter un œil dans ce qu’en dit la Loi. C’est presque clair, mais on a encore besoin du cerveau étriqué d’un magistrat pour boucher les trous. À moins que ce soit de l’intellect d’un flic. Paraît que le vieux Baudelaire considérait qu’il y a que trois catégories d’hommes estimables : le soldat, le prêtre et le poète. Ce qui exclut le politicien, le philosophe, le scientifique, le fonctionnaire, le rentier et le capitaine d’industrie. Mais à quant à savoir qui est soldat, qui est prêtre et qui est poète, c’est pas demain la veille qu’on nous mettra entre les mains, à nous qui ne sommes rien, les outils de reconnaissance nécessaires. Crois-je. Il ne nous reste plus qu’à observer les hommes de l’extérieur. C’est ce que je fais depuis vingt ans de chômage et de petites misères. J’ai une fenêtre. Au troisième étage de notre petit immeuble qui en compte trois avec le rez-de-chaussée. Douze mètres carrés avec l’eau et l’électricité. Et une porte pour entrer et sortir. Je peux pas espérer mieux de l’Arrêt public. Et pourtant je suis pas jacobin.

Le troisième, c’est la hauteur de mes observations. Je peux voir par-dessus la haie de lauriers jusqu’au bout de la rue et même un bout de place publique où gicle une fontaine avec une baigneuse à poil dedans, symbole de ceux qui sont pas morts pour la fratrie. Ici, on a du mal à crever pour la liberté et on voit bien que pour le reste, c’est quand les poules auront des dents tellement longues qu’on sera des caves. Ah quelle misère que j’ai pas été ratichon, pioupiou ni songe-creux. Rien que j’ai été. Après avoir été pas grand-chose et précédemment enfant sans avenir. Dieu ne m’est pas apparu aussi évident que ça. Les combats à mort ne m’inspirent pas. Et pour rimer, j’ai mal aux chevilles parce que je suis mal chaussé.

Est-ce que je me fais chier ? C’est la question à m’mett’. Je peux pas dire que je m’ennuie au point de me voir mort de ma propre main. Je traverse jamais sans prévenir. Et comme un train peut en cacher un autre, j’y regarde à deux fois. Les gens qui possèdent de quoi voyager sont tellement sûrs de savoir conduire ! Et comme je monte sur personne pour aller loin, je reste ici et je regarde. Je vois toujours les mêmes choses, on s’en doute. Même depuis l’installation des feux au bout de la rue. Les enfants d’hier sont devenus des cons ou ils sont plus là pour le faire savoir. Les morts ne reviennent pas. C’est comme ça qu’on se sent de plus en plus seul. Même qu’à une certaine période de ma pauvre existence j’ai cru que j’étais unique. Et personne pour me remercier. Heureusement que j’étais pas poète, que je revenais pas de la guerre et que j’avais toujours pas appris de source sûre comment le fils de Dieu est entré dans sa mère avant d’en sortir plus savant et plus tragique que les autres.

On est six dans l’immeuble. Mais je m’intéresse pas aux autres. J’ai un voisin de palier qui sait pas que je suis son voisin de palier. On se croise sans conséquences. Dehors, l’herbe pousse. Et les enfants jouent dans le gravier. Des femmes montrent comment qu’elles sont belles. Et quelques types reviennent du boulot. Ya que le facteur qui en revient pas.

Je salue sans oublier personne. Je suis pas chien. Le jeudi je vais jusqu’à la place pour récupérer un peu de fric à la poste. Ils m’en donnent que j’ai le droit de dépenser comme j’ai envie. Je bois pas trop. Et jamais avec les autres. Je dépense pour ma pomme. Et je mets rien dedans. Je crains les poisons que la société met à notre disposition avec la complicité de la Justice. Ils savent peut-être doser, mais moi je me méfie.

Je suis pas mécontent de pas être ce que Baudelaire exclut de la grandeur, tous ces enfoirés d’élus, de ronds-de-cuir et de profiteurs en tout genre. Je regrette d’avoir pas mieux fait, mais j’en suis pas et ça me rassure d’être ce que je suis. Comme on dit : je mourrai la tête haute. Sans médaille pour me torcher le cul, mais pas peu fier de déposer ma merde sur les paillassons de la domesticité.

Et pas violent avec ça. Même que je me fais battre des fois. Quand c’est pas le gendarme, c’est le redresseur de torts. Ça vote fasciste pour donner des leçons de maintien à ceux qui n’ont pas compris que c’est en servant qu’on devient chevalier. Mais sinon, on m’ignore du coin de l’œil. C’est mieux que de se faire lyncher à chaque sortie pour aller se ravitailler chez l’épicier.

Pour les femmes, je baise. Pas du premier choix. Elles arrivent par la route. Il y en a de plus en plus. Et elles n’ont qu’une chose à vendre. C’est pas aussi facile de gagner de quoi vivre quand on est un homme. Des fois je me dis que j’ai un sacré pot d’habiter quelque part. Même que j’arrive pas à m’en arracher. Et c’est pas l’envie de voyager qui me manque. J’en rêve. Comme je rêve d’une femme à la maison. J’y ai eu un mec, mais on baisait pas. Il faisait même pas la cuisine. Il faisait rien. Et il a disparu comme il était venu. Il m’a laissé des bouquins impossible à lire plus de la première page et encore sans rien comprendre. D’ailleurs si je comprenais, je serais baudelairien. Et lui qui comprenait, il était quoi sans moi ?

Comme vous voyez, la vie se la coulait entre les gouttes. J’avais mal nulle part et personne me devait rien. C’est pas si dur de ne rien faire. Encore que je faisais, au fond. Je connaissais tout le monde ici. De l’extérieur. Je m’intéresse pas aux nationalités, aux cultures, aux migrations et toutes ces raisons d’emmerder le monde. Et j’aime personne. Ils peuvent crever, devenir riche ou sombrer dans la folie, ça m’intéresse pas. Ils sont ce qu’ils sont. Mais quand je les vois, je leur donne un nom. Et des fois, à la fin de la journée, je me suis raconté une histoire. Il n’y manque que la poésie. Ah c’est dommage que je sache pas comment on fait pour approfondir, pour voir dedans, pour donner à penser, à aimer ! J’ai jamais rencontré personne capable de ça. Et ma foi, les poètes sont illisibles. Et me dites pas que j’ai qu’à écouter de la chanson ! Les rimailleurs me donnent la chiasse et j’en mets sur les murs que c’est les miens alors que je devrais sortir pour tirer moi aussi au hasard dans la foule.

J’en étais là. Pas épuisé. Pas en forme non plus. Lent, mais pas patient. Plutôt rongé par de secrètes impatiences. Et je me mettais à la fenêtre pour regarder. Qu’il pleuve, qu’il vente ou autre chose dans le genre. Il y avait toujours quelque chose à voir.

La rue n’est pas bordée de maisons. Elle sort de la ville pour entrer dans les champs. Et à cinq cents mètres, ils ont construit cet immeuble pour les gendarmes de l’époque. Aujourd’hui, leurs descendants légitimes crèchent dans des duplex en bordure des beaux quartiers. Et nous on paye un loyer à la mesure de nos ambitions. Bref, on est sur la gauche en sortant, après un champ où paissent des animaux. Et de l’autre côté, à droite en sortant, rien jusqu’à l’horizon. Il paraît que cette rue devient une route après chez nous. Et qu’alors on va quelque part. Mais j’y suis jamais allé.

Autrement dit, ce que je vois est limité par la cour de l’immeuble. Elle est bordée, côté rue, par une haie de lauriers. Je sais pas ce qui se passe de l’autre côté où j’ai pas de fenêtre. Et puis j’y vais jamais quand je descends. Alors s’il se passe quelque chose, c’est ici, alentour. Plus loin, les animaux ne font rien. Et de l’autre côté de la rue, le soleil se couche. Au bout de la rue, les feux provoquent des animations bruyantes. Je vois pas tout à cause de l’éloignement. Et je me garde bien d’en rajouter.

Sauf que ce matin-là, il y avait un monde fou à la hauteur des feux. Des bagnoles, des gens et tout ce qui arrive quand quelque chose a changé au point que ça devient un évènement. Vous croyez tout de même pas que je me crève le cul à écrire cette histoire uniquement pour me plaindre ! Il était arrivé quelque chose. Et c’était pas commun.

*

Ah j’y vais ! Je peux pas me retenir. J’enfile, je me coiffe, j’allume une clope et je descends. Ça alors ! On est tous descendu ! On a tous regardé par la fenêtre. Ou alors ils ont le téléphone. Je me mets à courir. Je veux arriver le premier. Les gosses me suivent. Les parents braillent. Et les chiens aboient. Mais on est pas seul. On dirait l’exode, sauf qu’on a l’air de rentrer, le nez en l’air, sur la pointe des pieds pour mieux voix. On voit plus les feux. Je sue comme une bête au travail de la terre. Qu’est-ce que j’ai toujours fait d’autre, sinon tirer le soc sans savoir à quoi ça sert de se crever la santé de cette façon inhumaine faite pour les animaux ?

« Dis donc, Rougniole ? me fait quelqu’un dans mon dos. Je savais pas que t’étais champion à la course à pied !

— Si on n’y arrive pas, haletai-je, il en restera plus !

— Bah ! On sait même pas où qu’on va ! »

C’est l’exacte vérité. Les feux étaient au rouge fixe depuis le début de cette cohue. La rumeur enflait. On la sentait sous les pompes, que j’en avais mis des fois que j’en ai besoin pour me défendre. Je gardais les mains dans les poches. Une fois, dans une manif, on m’a mis quelque chose dedans et si les flics l’avaient pas trouvé, j’aurais rien su et je serais parti en fumée avec. Je sais que ça me donne une drôle d’allure de filer comme ça sur la pointe des pieds, les mains dans les poches et la gueule grand ouverte pour crier avec les autres. Qu’est-ce qu’ils veulent ?

Puis ça s’est tassé. On se touchait. On se sentait. J’avais le bide contre un gros cul qui disait pas si je le faisais exprès. Mais on avançait. Je marchais comme un crabe parce que je m’étais laissé écraser un pied, juste sur les orteils. Et j’ai pas pu sortir les mains des poches pour engager une conversation sur le sujet. Avec l’autre pied, j’en écrasais d’autres. Même qu’à un moment, je marchais que sur des pieds. J’avais la tête hors de ce flot, le pif dans une chevelure parfumée au cuir. Et je voyais qu’on avançait vers les fourgons blindés. Les canons dépassaient des grillages. Et je pouvais pas plonger parce que des épaules me soulevaient encore. Quand on s’est collé à la carrosserie, j’étais carrément assis sur les épaules. Le bout d’un canon sur la tempe et deux yeux qui me regardaient derrière le grillage. Ah si ça avait été les miens, je me serais pas reconnu ! Et je sais pas comment le coup est parti.

*

Six mois plus tard, j’étais assis sur une chaise roulante sous les pommiers en fleurs d’un beau verger jouxtant les bâtiments blancs de l’établissement où je me remettais lentement de mes blessures. On y mangeait bien d’ailleurs. Et j’avais pris du bide au-dessus de la ceinture. Parce qu’au-dessous, j’étais pas beau à voir. Pas squelettique, mais genre pantin qui attend que quelqu’un lui explique comment on fait pour redevenir ce qu’on a été du temps où on se laissait aimer par les femmes. Celles-là s’asseyaient sur le banc en face et se faisaient la conversation tout l’après-midi, les jambes croisées et décroisées cent fois alors que je me tournais les pouces. Y avait plus d’espoir. Si on me poussait pas, je demeurais. Et j’avais pas les moyens de me payer un véhicule avec un moteur dedans. Celui qu’on me donnait marchait avec les bras. Et tous les matins j’empoignais cet acier froid et lisse qui me filait la chair des poules qui pondraient plus dans mon lit. Ah on s’était excusé ! Mais pourquoi que vous avez manifesté avec des gens violents ? qu’on m’avait demandé pour que je m’explique moi aussi. Leur explication était beaucoup plus simple. J’avais le canon sur la tempe. Alors vous pensez si le flic, tout juste sorti de l’éducation de l’échec scolaire, a pensé qu’il fallait tirer s’il voulait profiter des vacances offertes après la bagarre ! La balle a traversé mon crâne. Seulement ce que savait pas ce con de flic, c’est que moi j’ai cerveau dedans. Un miracle, m’a dit le croquemort. Si y a avait pas eu un miracle juste à ce moment-là, j’étais foutu et je serais maintenant en train de jouer aux osselets. Non, le flic savait pas que j’avais un cerveau, sinon il aurait pas tiré. Il aurait fait autre chose. Et j’aurais continué de me laisser porter par la foule pour savoir pourquoi les feux étaient au rouge. Y avait une raison et je la savais pas. Le flic non plus savait pas. Il pensait lui aussi, mais pas avec le cerveau. C’était bien payé. Et pas aussi risqué que d’aller emmerder les musulmans sur leurs terres ancestrales.

C’était l’printemps au moment que je vous parle. Les pommiers fleurissaient et on était content. On était plusieurs comme ça, les jambes pliées à l’équerre sous la ceinture. Et les yeux rivés sur les genoux de ces dames qui jacassaient en attendant d’aller chercher les gosses à l’école. Le soleil tapait dur. On avait envie de jouer, mais on pouvait pas. On se parlait même pas. Et puis j’étais le seul à avoir pris une balle dans la tête. J’exhibais plus mes deux trous miraculeux. J’avais commandé un chapeau sur l’internet. Et je m’étais pas trompé de taille. Tout le monde disait qu’il m’allait comme un gant. On est con quand on a rien à dire et qu’on sait que ça va continuer. Heureusement, la nature est bien foutue : ça s’arrête un jour. Et tout disparaît.

Ils avaient pas retrouvé la balle. Soi-disant. Mais ont-ils cherché seulement ? La foule était compacte comme dedans un saucisson. J’ai rien compris. J’ai perdu connaissance et je me suis retrouvé plus tard dans un lit qu’était pas le mien. Il était beaucoup mieux. Qu’est-ce que j’ai joué avec la commande ! Et puis j’en ai eu marre de jouer et j’ai voulu voir ce que je sentais plus avec mon cerveau. Ça va vous faire un choc, qu’ils disaient. J’en ai vomi. Ensuite ils m’ont remonté le moral. À l’heure où je vous parle, je l’avais sur la langue. J’aurais presque pu en parler. Mais je me taisais. On se taisait tous. Et à quatre heures et des poussières, elles disparaissaient. On entendait leurs petites voitures quitter les lieux. Dix bonnes minutes de manœuvres. Et le silence s’abattait sur nous. Il commençait à cailler. Le soleil clignotait derrière les pommiers.

Je suis rentré chez moi pour y rester. Je chiais dans ma chaise mais, comme j’avais de la chance, une paysanne à la peau dure venait tous les matins pour que je puisse recommencer. Elle posait le plateau à bouffer sur la table, ramassait ce que j’avais laissé traîner ici et là et claquait la porte sans me souhaiter d’être encore là demain pour me plaindre de la police. Son mari était flic. Ils allaient en vacances à l’étranger. Et ils construisaient. Ils construiraient encore. Quelle leçon républicaine !

J’en étais venu à me dire que j’avais plus rien à faire ici. Déjà, avant que ça commence, je faisais rien, comme vous le savez. Mais rien faire parce qu’on peut pas le faire, c’est autrement compliqué comme solution sans problème. Tout le monde peut pas se permettre le luxe de tirer une balle dans un cerveau sans s’émouvoir le bourrichon. Faut l’avoir dans les pieds. Faut avoir tout raté. Et n’avoir rien d’autre à faire.

Vous me direz que c’est la faute du cerveau. S’il avait pas été là, je serais peut-être flic à cette heure. Qui sait ce qu’on devient quand on est con ?

À la fenêtre, rien n’avait changé. C’était tout exactement comme je l’ai expliqué plus haut. Mais ça patrouillait plus. On les voyait s’arrêter le soir dans leur bagnole blindée. Et ils s’attendaient. C’est comme ça qu’on voit rien venir. À force de pas étudier les bonnes matières, on s’attend au pire et on tire avant que ça arrive. Ça fait des trous dans la société. Et dans les trous, ça réfléchit. Et plus on en fait, à cause des cons qui savent faire que ça et des salauds qui en profitent, la société se ramollit. Moi, chaque fois que je touche quelque chose, je sens que c’est mou. Un jour je mettrai le doigt dans un trou. C’est ce qui peut arriver de pire à un homme normalement constitué : mettre le doigt dans un trou fait par un flic. Ah je le souhaite à personne ! Et surtout pas à moi !

Mais le seul trou qui compte maintenant, c’est celui que j’ai dans le cerveau. Je sais pas de quoi ça m’empêche de penser, mais je marcherai plus sur mes deux pattes. Quand je pense que j’étais que curieux ! Ah je voulais savoir ! On était tous à vouloir savoir. On pensait à un jeu, à l’arrivée d’un cirque, une réunion publicitaire, un accident avec des morts. Mais de là à s’imaginer que la république était en danger… Ah on en était loin. Et le plus étrange, c’est qu’on en parle pas. On vit exactement comme avant. Et personne me demande si je vais bien ou mal. Ou si j’ai bien bouffé le repas municipal. Ou si je regarde encore la télé pour me tenir au courant. Ou si des fois j’aurais pas envie de m’amuser avec les autres. Rien. J’ouvre même pas ma porte. La paysanne fait ça très bien. Et elle la ferme pareil. Y a que la fenêtre que j’ouvre et que je ferme moi-même. Si je me sens, un de ces jours, je change les rideaux. Je les commande sur l’internet, le facteur pose le paquet en bas aux boîtes aux lettres, la paysanne le monte en rouspétant. Et je m’y mets. Foi d’animal !

 

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