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Vertus et limites de l'art - Benoît PIVERT
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 Article publié le 4 juillet 2006.

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Benoît PIVERT
VERTUS & LIMITES DE L’ART

Image : L’infini 15
Patrick CINTAS

En 1974, le professeur Tomatis, spécialiste en oto-rhino-laryngologie, créait la surprise en déclarant lors d’un colloque à Paris[1] que l’audition régulière de concertos pour violon de Mozart était propre à soulager troubles du sommeil et dépression. La voie était ouverte à « l’audio-psycho-phonologie ». Le professeur Tomatis affirmait, en effet, que la musique de Mozart comportait des fréquences extraordinairement aiguës, bénéfiques pour le cerveau humain et qu’elle reproduisait dans ses rythmes les battements du fœtus dans le ventre de sa mère. Se fondant sur ces études[2], des scientifiques ne tardèrent pas à s’engouffrer dans la brèche et c’est ainsi que virent le jour aussi bien le Mozart Brain Lab de Saint-Trond en Belgique que des unités de soins diffusant des concertos de Mozart aux patients dans le coma ou encore aux femmes enceintes. A côté de ces « sonates sur ordonnance »[3], il semble qu’il soit aujourd’hui possible de prescrire dans le registre des médecines alternatives des cures de peinture et sculpture à consommer en musée. En octobre 2005, une étude publiée par la scientifique suédoise Britt-Maj Wikström du Karolinska Institutet de Stockolm[4] révélait, en effet, que « la contemplation régulière d’œuvres d’art dans des musées et les discussions qui s’ensuivaient avaient eu pour effet chez un échantillon de femmes septuagénaires de diminuer notablement la constipation et l’hypertension artérielle. » Au fil des mois, « leur état d’esprit devenait plus positif, plus créatif, leur tension repartait dans la bonne direction et elles prenaient moins de laxatifs[5] ». A titre de comparaison, cet effet était absent chez un autre groupe de dames d’âge tout aussi respectable qui s’étaient contentées de discuter de leurs passe-temps, et la scientifique de constater admirative : « la différence entre les groupes est vraiment considérable[6]. » De quoi relancer la discussion sur les vertus thérapeutiques de l’art qui, si elle n’est pas aussi ancienne que l’art lui-même, peut néanmoins se flatter d’avoir accaparé des philosophes et penseurs de renom. Parce que la liste serait trop longue, nous avons décidé de nous arrêter ici à Schopenhauer et Cioran qui ont fait des vertus de l’art l’un de leurs sujets de méditation favoris.

Si l’on connaît surtout Schopenhauer comme parangon du pessimisme et auteur de formules accablantes comme « toute vie est une pathographie : car vivre, en règle générale, c’est épuiser une série de grands et petits malheurs[7] », on ignore souvent que, malgré sa légendaire et bien réelle misanthropie, Schopenhauer s’est efforcé de soulager les misères de ses congénères, en faisant de sa philosophie un « art de rendre la vie aussi agréable et heureuse que possible[8] », c’est-à-dire sous sa plume : la moins malheureuse possible. Certes, à l’en croire, la vie humaine oscille comme un pendule de la douleur à l’ennui. L’homme, prisonnier comme toute créature du vouloir-vivre, cette énergie vitale aveugle qui l’habite, expérimente tour à tour le désir qui est manque, donc souffrance puis l’ennui qui naît de l’assouvissement du désir, et c’est dans cette alternance infernale que s’écoulent imperceptiblement les jours et que se consume la chandelle de la vie.

Si cette philosophie mérite le nom de « pessimiste », c’est qu’elle n’envisage à aucun instant le bonheur comme état durable possible mais tout au plus comme un intervalle bref entre la satisfaction du désir et l’émergence de l’ennui. Pourtant, bien que « la douleur tienne à l’essence même de la vie[9] », cela n’exclut en rien toute idée de thérapie pour peu que l’on n’entende pas par therapeia un processus curatif ayant pour objet la guérison du malade, mais l’autre acception étymologique de traitement, laquelle ne préjuge en rien du résultat final. C’est dans cette optique plus modeste que Schopenhauer va proposer à l’homme de substituer à la contemplation permanente de sa propre misère la contemplation esthétique qui le détourne de sa détresse. Contempler une œuvre d’art, c’est se perdre dans l’objet jusqu’à en oublier son existence de sujet. A l’ennui qui est la pensée du vide, la contemplation va fournir un objet qui comble le vide et ce, non sur le mode de la connaissance qui, en faisant intervenir la volonté, peut conduire à de pénibles impasses. L’être doit abandonner la quête du sens pour se laisser emporter, soulever par une mélodie, s’abîmer dans la contemplation d’un tableau. La conscience absorbée par l’ouïe ou le regard, l’homme de la contemplation n’est plus douloureusement présent à lui-même.

Les larmes de la statue - photo Benoît Pivert©2006


Bien que Schopenhauer ait fréquenté aussi bien les musées et les bibliothèques que les salles de concert, il n’en affirme pas moins que tous les objets ne se prêtent pas avec un égal bonheur à la contemplation. Passant en revue les différentes catégories des beaux-arts, il finit par assigner à la musique le premier rang parmi les remèdes : « la musique est le remède à tous nos maux[10] ».

Certes, elle n’est qu’un remède, elle ne guérit pas car l’homme ne peut vivre dans un état permanent de contemplation esthétique. Sur le chemin de la libération telle que l’entend Schopenhauer, l’homme doit se déprendre progressivement de tous ses désirs pour atteindre au nirvana bouddhiste. Pourtant, il convient de ne pas sous-estimer les vertus thérapeutiques de l’art qui, s’il ne guérit pas, n’en contribue pas moins à rendre l’existence supportable. Schopenhauer est, du reste, de ces philosophes qui ne se contentent pas de philosopher. Joignant le geste à la parole, il s’emparait régulièrement l’après-midi de sa flûte sur laquelle il jouait avec prédilection ses maîtres en allégresse, Mozart et Rossini. C’est malgré toutes les réserves que lui inspirent la vie et certaines idées trop éthérées du philosophe, cette mise en pratique de sa théorie de l’art comme thérapie qui suffit à réconcilier Michel Onfray avec Schopenhauer : « Et si la leçon de Schopenhauer était là ? Dans cette idée que le monde n’est justifiable et souhaitable, praticable et aimable que sur le terrain des beaux-arts, transfiguré par l’esthétique ? Impossible religion du renoncement, improbable éthique de la compassion universelle, mais délectation artistique, bonheur véritable dans, par et pour la beauté quand elle se fait écriture et littérature, musique et esthétique. (...).Sur ce terrain le philosophe a été à la hauteur de son enseignement.[11] »

Plus près de nous, Cioran, le misanthrope des Carpates, auteur d’ouvrages aux titres rivalisant de noirceur tels que Sur les cimes du désespoir ou Précis de décomposition semble, lui, à première vue inconsolable car il a jeté aux orties jusqu’à la philosophie. Dans son monde désenchanté sur lequel plane l’ombre de la mort qui transforme chaque vie humaine en une lente agonie, l’ennui est le seul sentiment qui subsiste. Et pourtant quelle n’est pas la surprise du lecteur d’entendre soudain les soupirs entrecoupés d’accès d’enthousiasme à l’évocation d’un concerto ou d’une cantate. En dépit d’un titre qui pourrait mais ne doit pas porter à confusion, c’est surtout dans Le livre des leurres (Cartea Amagirilor,1936) que Cioran s’est penché sur les vertus de la musique et notamment l’état d’ « extase musicale » qui a donné son titre au premier chapitre[12]. L’écrivain y explique que, si les arts figuratifs renvoient trop souvent à un quotidien par trop connu, dans son abstraction, la musique permet la fuite. L’expérience musicale permet à l’homme déçu par le monde, par les limitations dans le temps et l’espace que la vie lui impose, de pénétrer dans un univers où s’abolissent ces frontières. En ravissant l’auditeur, l’extase musicale le soustrait à l’emprise de l’ici et maintenant. Naturellement, Cioran a conscience que l’expérience n’est pas sans danger. De même que l’usage de stupéfiants peut rendre définitivement inapte à affronter les exigences du monde réel, l’extase musicale peut créer un périlleux appel vers le gouffre d’un ailleurs séduisant dans son immatérialité. Cioran note avec justesse que « plus encore que la poésie, la musique mine la volonté de vivre et distend les ressorts vitaux »[13]. Ce n’est pas pour autant qu’il convient de négliger ses possibles bienfaits. Il s’agit bien plutôt d’ajuster habilement le choix des compositeurs aux nécessités du moment, de même que le choix d’un remède exige quelque discernement. C’est ainsi que Cioran le mélancolique ne tarit pas d’éloges sur les vertus revigorantes de la musique de Bach et de Mozart qu’il recommande comme antidotes au désespoir : « Autrefois inconsolables, voilà que vous poussent des ailes qui vous élancent dans un vol serein, accompagnés de souvenirs discrets et voilés, dans une éternité de charme évanescent et de transparences douces et caressantes. Comme si on évoluait dans un monde de résonances transcendantales et paradisiaques. Tout homme a en puissance quelque chose d’angélique, ne serait-ce que le regret d’une telle pureté et l’aspiration à la sérénité éternelle. La musique réveille le regret de ne pas être ce qu’il aurait fallu, mais sa magie nous charme un instant en nous transportant dans notre monde idéal, celui où il aurait fallu vivre. Après les fausses notes démentes de notre être, un désir de pureté angélique nous saisit, et nous fait espérer rejoindre un rêve de transcendance et de quiétude, loin du monde, naviguant dans un vol cosmique, les ailes étendues vers de vastes lointains. Et l’envie me prend d’étreindre les cieux qui ne me furent jamais ouverts. »[14]

Si Cioran et Schopenhauer se rejoignent dans la recommandation des bienfaits de la jouissance esthétique, leurs opinions divergent sur un point. Fidèle à sa théorie selon laquelle tout le malheur de l’homme découle des multiples formes du vouloir-vivre, Schopenhauer n’a jamais préconisé la création artistique comme remède au mal-être car toute création fait intervenir le désir, désir de beauté, désir d’originalité, désir d’absolu, qui à son tour engendre la douleur de l’insatisfaction et plonge le créateur dans les affres du vouloir-vivre dans sa version artistique.

La figure de Mallarmé pourrait apparaître comme l’incarnation de cette volonté obsédante, éreintante, anémiante de créer le Livre absolu. Chez Mallarmé, la volonté créatrice n’est pas soulagement mais potentialisation de la douleur et semble vouloir donner raison à Schopenhauer.

Inversement, Cioran ne s’embarrasse pas de ces considérations lorsqu’il s’agit d’apaiser la douleur d’exister. Sur les moyens, le Roumain est moins regardant que l’Allemand. Nul besoin de vouloir dans un délire mégalomaniaque atteindre à l’absolu ou à l’inédit ; à ses yeux, l’acte de créer, si modeste soit-il - comme quelques pages griffonnées - vide temporairement l’être d’un trop plein de douleur. On pourrait pour illustrer son propos se figurer un abcès que l’on crèverait et dont les sérosités viendraient couler sur la feuille de papier ou la toile. Lorsqu’il parle des vertus thérapeutiques de la création, Cioran le fait avec une modestie qui contraste étrangement avec son arrogance habituelle. Lui qui reproche si volontiers aux concierges et aux midinettes de discréditer le suicide par la futilité de leurs mobiles admet que l’on écrive simplement pour se soulager, indépendamment de toute considération esthétique. Ce qui prime, c’est l’acte créatif libérateur : « Ecrire est la grande ressource quand on n’est pas un habitué des pharmacies.(...) Formuler, c’est se sauver, même si on ne gribouille que des insanités, même si on n’a aucun talent. Dans les asiles d’aliénés, on devrait fournir à chaque pensionnaire des tonnes de papier à noircir[15] »

Sans qu’ils s’en doutent peut-être, les thérapeutes ayant placé l’art au centre de leur pratique, pourraient trouver chez Cioran une mine de formules propres à orner leurs salles d’attente. On

pourrait citer encore : « Produire est un extraordinaire soulagement [16] » ou « l’expression est perte de substance et libération. Elle vous vide, donc elle vous sauve[17]. » On pourrait sans trahir la pensée de Cioran élargir aux autres formes de création artistique les propos tenus sur l’écriture car ils sont dans leur formulation même (« produire », « l’expression ») suffisamment larges pour inclure la vaste palette des beaux-arts.

L’intérêt des textes cités, rédigés dans les années quatre-vingts tient aussi à leur publication tardive. Il ne s’agit pas là des déclarations exaltées d’un jeune littérateur persuadé que la création va le libérer de son malaise existentiel. Celui qui tient la plume est un vieil homme qui parle de remèdes éprouvés. Revenant sur sa propre expérience de l’écriture, il note à propos de son Précis de décomposition  : « Le Précis, je l’ai extrait de mes bas-fonds pour injurier la vie et pour m’injurier. Le résultat ? Je me suis mieux supporté, comme j’ai mieux supporté la vie[18]. »

Ce n’est toutefois pas sur Cioran qu’il faut compter pour élucider l’ambiguïté qui affecte le mot « thérapie ». S’il parle de « l’expression comme thérapeutique[19] », il semble accorder à ce mot tantôt le simple sens d’expédient (« On se soigne comme on peut[20] »), tantôt celui de remède curatif efficace (« écrire, c’est se guérir[21] »). Qu’importe au fond le flou, en dépit leur ambiguïté quant au succès provisoire ou définitif de la « thérapeutique », ces citations prouvent surtout que Cioran n’est pas le pessimiste inconsolable que suggèrent ses titres. Son œuvre recèle, au contraire, des consolations insoupçonnées parmi lesquelles la création n’est pas des moindres...   

Toutefois, même s’il convient de ne pas oublier tous ceux que l’art, à travers la création, modeste ou géniale, voire la simple jouissance esthétique a soulagés ou sauvés, impossible pour autant de passer sous silence tous ceux, artistes célèbres ou méconnus, écrivains, musiciens, peintres ou comédiens, chez qui l’Art, même avec une majuscule, s’est avéré impuissant à soulager les maux de l’existence. Malgré leur passion et leur talent, parfois même leurs succès, l’art n’a pas suffi à les empêcher de plonger au fond du gouffre. C’est à eux que nous aimerions dédier cet article et, à travers eux, à tous ceux que nous ne pouvons ici énumérer car la liste serait trop longue. Assurément, le triomphe de la mort ne signe pas toujours la défaite de l’Art mais tout suicide d’un artiste nous invite à la modestie quant aux vertus de l’art. Si l’art peut être un cataplasme sur la blessure, il a rarement guéri de sa plaie celui qui souffre durablement de « l’inconvénient d’être né[22] »...

Au nombre de ces « échecs thérapeutiques », nous aimerions citer quelques noms célèbres mais surtout d’autres que la postérité a oubliés et que cet article permettra peut-être de redécouvrir :

Richard Brautigan, écrivain américain né en 1935, représentant de la beat generation (La pêche à la truite en Amérique, 1967 ; Sucre de pastèque, 1968). Son corps a été retrouvé en 1984 en Californie à proximité d’une arme à feu et d’une bouteille d’alcool.

Paul Celan, écrivain juif de langue allemande, né à Czernowitz en Roumanie en 1920, « poète de la shoah ». S’est jeté dans la Seine à Paris en 1970.

Stig Dagerman, écrivain suédois né en 1923 (Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, 1952). S’est enfermé dans son garage et empoisonné au dioxyde de carbone à l’âge de 31 ans.

Jean Eustache, cinéaste né en 1938, proche dans l’esprit de la nouvelle vague ( La maman et la putain, 1973) s’est donné la mort en 1981.

Romain Gary, écrivain né à Vilnius en 1914, deux fois prix Goncourt, une première fois pour Les racines du ciel en 1956, une seconde pour le roman La vie devant soi, publié sous le pseudonyme d’Emile Ajar en 1975. S’est tiré une balle dans la bouche en décembre 1980 à Paris.

Sadegh Hedayat, premier suicidé de la littérature persane. Né à Téhéran en 1903. Célébré par André Breton, Henry Miller et Roger Caillois pour La chouette aveugle. S’est donné la mort à Paris en 1951 après avoir précédemment tenté de se suicider lors de ses années d’études en Europe.

Heinrich von Kleist (1777 - 1811), déçu par l’insuccès du Prince de Hombourg (1811), s’est suicidé à 34 ans sur l’Ile aux Paons près de Postdam après avoir tiré sur sa compagne Henriette Vogel.

Gherasim Luca, poète roumain ayant adopté la langue française, né à Bucarest en 1913, émigré à Paris, théoricien du surréalisme. S’est jeté en 1994 dans la Seine après avoir vécu 40 ans à Paris sans papiers.

Victor Mira, peintre et sculpteur né en 1949 à Saragosse, sacré en 2003 à l’ARCO de Madrid meilleur artiste espagnol vivant. S’est précipité la même année sous un train à Breitbrunn près de Munich.

Gérard de Nerval, poète romantique et mystique, né en 1808 (Les filles du feu, 1854). Il fut découvert pendu à une grille de la rue de la Vieille-Lanterne, près du Châtelet le 26 janvier 1855 après avoir erré dans Paris sous la neige, malade et abandonné.

Dazaï Osamu, écrivain japonais né en 1909, morphinomane, tuberculeux et alcoolique (La déchéance d’un homme, NRF, Gallimard), mort en se jetant dans les eaux du barrage Tamagawa à Tokyo. Son corps a été découvert le jour de son 39ème anniversaire.

Sylvia Plath, romancière et poétesse américaine née en 1932 près de Boston, épouse du poète Ted Hughes. Après avoir préparé le petit-déjeuner de ses enfants et calfeutré la porte pour qu’ils échappent à l’empoisonnement, elle ouvre le four de cuisinière et se suicide au gaz le 11 février 1963. Elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours dix ans auparavant à la suite d’un épisode dépressif raconté dans son œuvre la plus célèbre, La cloche de détresse, 1963.

Jean Seberg, actrice américaine née en 1938 à Marshalltown, Iowa (Bonjour Tristesse, 1958, A bout de souffle, 1959). Dépressive, alcoolique et droguée, elle fut retrouvée morte en 1979 à Paris à l’arrière de sa voiture après avoir succombé à une overdose d’alcool et de tranquillisants. Un an auparavant, elle s’était jetée sous une rame du métro parisien.

Hunter Stockton Thompson, reporter et écrivain américain né en 1937 à Louisville, Kentucky. Son œuvre la plus connue Fear and Loathing in Las Vegas : A Savage Journey to the Heart of the American Dream (1972) est portée au cinéma sous le titre Las Vegas Parano (1998). Thompston s’est suicidé sept ans plus tard avec son arme à feu à Aspen, Colorado.

Virginia Woolf, romancière anglaise née à Londres en 1882. Marquée par Proust et Joyce. A travers la technique du stream of consciousness, elle cherche à restituer dans ses récits toute la richesse, la complexité de l’instant appréhendé de manière subjective (Mrs Dalloway, 1925). Maniaco-dépressive, elle s’est jetée en 1941 dans les eaux de la rivière Ouse après avoir rempli ses poches de cailloux. Ses dernières lignes furent pour son mari : « « J’ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. »

Unica Zürn, peintre et romancière allemande, influencée par le surréalisme, née en 1916 à Grunewald. Son livre Hexentexte publié à Berlin en 1954 est illustré de dessins automatiques, l’écriture qualifiée d’écriture-sorcière. Unica Zürn devient la muse et la compagne du peintre Hans Bellmer. Dans ses deux livres les plus connus, Sombre printemps (1967) et L’Homme-Jasmin (publié en 1970 à Berlin), elle relate ses séjours dans les hôpitaux psychiatriques où l’ont conduite ses alternances d’épisodes dépressifs et d’exaltation mystique. Le 19 octobre 1970, elle s’est jetée par la fenêtre de l’appartement parisien qu’elle occupait aux côtés de Hans Bellmer.

Requiescant in pace !

 


[1] Paris, 1974, 1er congrès mondial de musicothérapie à la Pitié-Salpêtrière.

[2] Alfred Tomatis, Ecouter l’univers. Du Big Bang à Mozart, Paris, Robert Laffont.

[3] Paola Genone, Sonates sur ordonnance, L’express, Paris, 22 décembre 2005

[4] Source :science.orf.at/science/news/141467

[5] ibid.

[6] ibid.

[7] A. Schopenhauer, Le vouloir vivre, l’art et la sagesse, textes choisis par André Dez, Paris, PUF, 1956, p. 179.

[8] A. Schopenhauer, Introduction aux Aphorismes sur la sagesse dans la vie, cité d’après l’édition Quadrige, PUF, 1985, p. VII.

[9] A. Schopenhauer, Le vouloir vivre, l’art et la sagesse, textes choisis par André Dez, Paris, PUF, 1956, p. 179.

[10] Ibid., p. 127

[11] Michel Onfray, Bouddha, le chien et la flûte, Magazine littéraire, Paris, n° 328, janvier 1995.

[12] E. M. Cioran, Cartea Amagirilor, Bucarest, 1936, traduction française : Le livre des leurres de Grazyna Klewek et Thomas BazindansŒuvres,Quarto, Gallimard,1995

[13]E.M. Cioran, Œuvres, Quarto, Gallimard, 1995, p. 138.

[14] Ibid.

[15] Entretien avec Gerd Bergfleth, 1984, Œuvres, Quarto, Gallimard, 1995, p. 1746.

[16] E.M. Cioran, Exercices d’admiration, ibid. p. 1629.

[17] Ibid.

[18] ibid.

[19] Entretien avec Gerd Bergfleth, 1984, Œuvres, Quarto, Gallimard, 1995, p. 1746.

[20] E.M. Cioran, Exercices d’admiration, ibid. p. 1629.

[21] Entretien avec Gerd Bergfleth, 1984, Œuvres, Quarto, Gallimard, 1995, p. 1746.

[22] Allusion à Cioran, De l’inconvénient d’être né, Paris, 1973.

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