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Facéties impériales
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 Article publié le 15 mai 2016.

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Le pouvoir, c’est bien connu, provoque l’effervescence des hormones féminines. Surtout si le puissant est un homme élégant, raffiné ou tout simplement athlétique.

Cet adjectif résume assez bien la physionomie de Commode, successeur de Marc-Aurèle qui, non content de pratiquer ouvertement la gladiature - une attitude inédite dans l’histoire de Rome - , fait montre d’une libido bicéphale débordante, ayant sous sa coupe six cents jeunes personnes, également réparties en filles et garçons.

Auguste, lui, ne craint pas la contradiction publique puisqu’il promulgue des lois anti-adulterines tout en assumant des relations extra-conjugales - essentiellement des servantes - choisies par son épouse Livie, à l’intérieur même du palais. Le modèle de Domitien est assez analogue, avec une organisation plus simple et sans intermédiaire : dans son palais, il fait aménager un appartement spécial réservé aux concubines.

Quant à Jules César, l’un des empereurs les plus novateurs et populaires, il mêle allègrement plaisir et stratégie d’alliance, consommant successivement des dames de la haute société, telles que Postumia, Lollia, Tertullia ou encore Murcia, une liste officielle. Il révèle un penchant, conjointement, pour les jeunes hommes … et d’inspirer ses propres soldats qui chantent en triomphe :

« Bourgeois, gardez vos femmes : nous ramenons le galant déplumé ».

La palme de la facétie revient sans nul doute à Caligula.

De 37 à 41, Caïus Germanicus Caligula, de la prestigieuse dynastie des Julio-claudiens, gouverne Rome et l’Empire avec, c’est le moins que l’on puisse dire, une certaine désinvolture. Pendant son règne, le divertissement bat son plein, pendant son règne, l’homme-empereur cherche sa place et tâche de remplir sa mission de la meilleure des façons, oui, il tâche de faire face à son destin ou fatum. Il aime profondément sa sœur, Drusilla, si profondément que l’Histoire le soupçonne fortement d’une tendresse interdite. Sa personnalité de plus en plus insaisissable conduit le personnel politique et la garde prétorienne à se méfier de lui, jusqu’à réellement se lasser. Et parallèlement, le Trésor de Rome est loin d’être opulent … C’est dans ce contexte qu’une probabilité plus qu’élevée et synonyme de scandale apparaît, concernant la mise en œuvre d’un projet entièrement personnel : la transformation du Palatin en lupanar de luxe, avec, dans le rôle des prostituées, des femmes de sénateurs, et dans le rôle des clients, le peuple de Rome. Ses raisons semblent au nombre de trois : humilier le Sénat, ouvrir le peuple au Palatin selon la tradition, remplir les caisses de l’État.

Dans le film magistral de Tinto Brass, où l’excès et la sobriété des personnages se disputent l’espace du plan et le cours de la narration, l’empereur lui-même déambule au sein de cet espace privé qui devient, en quelque sorte, public.

Oui, la silhouette élancée et dynamique du jeune homme et ses yeux brillants avancent tranquillement, oui, le sourire refermé - libre d’interprétation - se tourne par moments vers les divers amas de chairs nues ou largement dévêtues en pleine copulation, les prémices, les développements et les aboutissements s’opérant simultanément - , un véritable défilé d’organes en constant mouvement, mêlant et entremêlant croupes patriciennes et verges plébéiennes, dans une indolence qui semble sans fin ... Oui, sans fin, comme semble le souhaiter le surveillant, gardien ou voyeur qui continue de déambuler, au sein des agrégats ... fortement occupés ... " Au nom du Sénat et du peuple de Rome, au nom du Sénat et du peuple de Rome " , disait-il quelques heures auparavant, en apposant le cachet impérial sur de multiples documents tendus, songeant peut-être, déjà, à ce qu’il voit maintenant, ici, là ...

Quant aux rapports entre l’État et la pratique de la prostitution, ils prennent clairement une forme juridique d’abord sous Auguste, tant pour des raisons de moralité publique que d ’argent. Au début du principat, les prostituées sont enregistrées, ce qui assure une singulière notoriété à une certaine Vistillia qui se fait inscrire comme telle afin d’échapper à la loi sur l’adultère. Cette femme de bonne famille, entrée malgré elle dans l’Histoire, n’est pas la plus illustre. Celle qui suit, de par son rang d’une part et ses agissements d’autre part, est hautement célèbre ...

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