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 Article publié le 29 mai 2016.

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Au plus mal, au plus bas, me voilà réduit à n’être que la somme de mes déplaisirs. Je compte les points que le mal me fait et j’assume le mal que je me fais à travers ce décompte morbide. Tenir le mal à distance par le décompte de ses progrès en nous est pure illusion, pas plus qu’un détachement stoïcien n’endigue la progression du mal qu’il est impossible d’ignorer.

C’est que le moi est distendu, mais pas encore dissous. Le danger veille sur le sauf, ile couve pour mieux le recouvrir, puis le désintégrer en l’intégrant à sa dynamique mortifère.

Le saufflotte longtemps entre deux eaux indécises polluées toutes deux par les progrès du mourir.

Assez fort encore pour faire le décompte morose des déplaisirs qui s’accumulent, le moi est déjà assez faible pour se limiter à l’observation de maux nombreux en train de faire œuvre de destruction.

Radieux, extatique, je ne suis rien.

J’emporte le sauf et le danger qui couve en luijusqu’au point de rupture où tous deux m’emportent dans l’indistinct de leur mise réciproque, d’où quelques jours émanera, jaillira, éruptif, dissolvant, corrosif à souhait, le point de non-retour, ce néant en acte que nous serons devenus pour, hélas, y disparaître corps et biens, sans jamais pouvoir y maintenir ne serait-ce qu’une étincelle de conscience.

Ce moment de la disparition est approché au plus près dans la dissolution du moi opéré par la jouissance qui se moque et du sauf et du danger qui l’abrite.

C’est un moment de pureté qui en passe par les failles puis les béances d’un corps ouvert totalement à son immanence ni heureuse ni malheureuse.

Du sauf au danger, des maux à l’extase, nul pont, mais des cycles de plus en plus courts. Entropie !

Ni stoïcien ni sybarite aguerri, ni libertin ni pieux croyant en la résurrection de la chair, nous voilà mots et choses, pensée dans un corps, corps pensant qui s’octroie le droit de ne plus penser quand les circonstances érotiques l’exigent.

Potion bienfaisante et poison, pharmakon, l’Eros.

Désir de vie et de mort et mort du désir se livrent à une guerre asymétrique en perpétuelle évolution jusqu’au jour où tous deux, au même instant, rendront les armes, dissous l’un dans l’autre.

Entre temps auront dialogué vie du désir et désir de vivre. Le vif du sujet est ce point nomade qui danse entre sauf et danger, mute en mots agiles, maintient la force motrice de l’écart qui ne sauve pas.

 

 

Jean-Michel Guyot

21 mai 2016

 

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