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 Article publié le 10 juillet 2016.

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 C’est un pelage, une couleur, c’est une morphologie, ce sont aussi des pattes bien campées sur le sol, plus ou moins enracinées. Cette matière vivante, c’est également une tête ou plutôt un museau, d’une certaine longueur, d’une certaine largeur, un museau souvent ouvert à partir duquel des crocs montrent leur luisance. Et au-dessus de ce museau, ce sont deux yeux qui délivrent un regard, déjà, plein de fidélité, un regard précis, net, un regard qui n’en est pas moins mystérieux.
 Le cadre est particulier et il le sera pour toujours. Ce peut être une institution, celle par exemple qui est connue de tous et qui abrite en son sein le spécimen cité plus haut, une institution qui accueille, qui protège, qui est un vecteur entre le canidé et l’homme. Ce peut être un inconnu ou une inconnue qui, pour des motifs divers, souhaite confier la suite de la fidélité à un autre ou une autre inconnue, pour que l’histoire continue. Ce peut être un ami ou une amie dont le nombre d’animaux domestiques devient excessif et qui propose d’en léguer une partie. Ce peut être la contingence ou l’inattendu, comme l’interaction avec un chien et son errance, en bord de route, dans le parc d’une ville ou dans un endroit insolite.
 La matière domestique, maintenant, contemple et scrute son responsable. Son regard se pose, son regard fait le tour, son regard soutient celui de l’homme et reste dans le sien aussi longtemps que ce dernier fait de même. Puis, la main s’approprie les reliefs de l’animal, les doigts glissent le long du pelage, s’enfouissent dans son épaisseur, se conforment à la densité des muscles, aux contours du squelette. Le canidé, quant à lui, aime souvent à bondir ou courir autour de celui ou celle qui a décidé de l’apprivoiser, de créer une relation avec lui.
 Maintenant, c’est la voix qui prononce un nom inventé, un nom qui appartiendra pour toujours à cette matière vivante, à ce fidèle quadrupède qui entend le grain, la tessiture, qui perçoit le ton et ses variations, qui mémorise tout cela avec porosité. En retour, c’est un jappement ou un aboiement qui s’exprime, qui retentit dans l’air, qui répond à cette voix.

 

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