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L'envol
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 Article publié le 4 septembre 2016.

oOo

La figure, non plus que le tableau dans son ensemble, n’auront raison de toi, paysage.

Tous deux se fondent sur toi, immobiles, s’absorbent dans la contemplation de tes matières à la manière légère d’une ombre aérienne de bonne augure.

Ombre vite dissipée par l’envol qui préside à toute la scène allant se répétant à l’envi pour le bonheur de nos yeux.

Figure et tableau ne s’effacent pas, ne s’imposent pas, rayonnent en ta présence aimable.

Une brise légère souffle, assez puissante pour soulever la jupe de la figure.

Un vertige monte du lac aisé.

Un souffle te prend, femme à la noble stature.

La figure, c’est toi, tournée vers l’infini, absorbée que tu es par la majesté souriante des lieux.

Une pudeur t’interdit de laisser aller le vent à sa guise caresser tes cuisses et ton ventre.

Il te faut sentir et respirer cette pure présence enjôleuse qui fouette ta pudeur de femme qui sait que le moment de se dénuder, malgré l’envie qui t’en prend, n’est pas encore venu.

Un vertige monte du lac aisé.

Ses reflets n’aveuglent pas, piquent un peu tes yeux que décille le vent. Vent et lumière en avant de l’image vivante qui se compose sous tes yeux passent en toi. 

Tu te figures être celle par qui l’envol devient possible.

Tu retiens ton souffle, ta poitrine se soulève, emporte les lieux dans le saint des saints de ta pudeur naissante.

Tu t’agrippes à la grâce du lieu qui s’immisce en toi, te prend au cœur, remue en toi la terre de tes désirs voilés.

Comme lavée, purifiée par les lieux, tu n’en restes pas moins ce toi-même ferme et stable, figure de proue d’un langage de tous et de toutes qu’en secret tu murmures pour parler à cette image de toi tombée amoureuse des lieux.

La chute est vertige qui monte en toi.

A la déchéance toujours possible tu réponds par un élan fécond.

Non, tu ne tomberas pas dans les bras du vent, tu seras sa compagne des jours de lumière dans le souvenir ému de cette journée ensoleillée que tu savoures à l’instant.

Pour un peu tu t’envolerais, n’étaient tes jambes sous le vent qui te disent de rester là dans le frisson de la pure présence.

Enjôleuse, radieuse tu deviens dans l’image vivante pour celui ou celle qui te regarde de loin t’unir aux lieux.

Ainsi te rejoindre dans la lumière, devenir la caresse du vent qui soulève ta jupe, voilà ce que l’image vivante souffle à l’oreille de l’homme que je suis, ne fuis pas, épris de danse que je suis.

Dans la pleine lumière du jour radieux, sous le regard aimable du paysage, ainsi rêver à ce qui dépasse jusqu’aux mots pour le dire, ainsi frôler l’indicible qui dépasse en compagnie de ton image vivante, voilà ce qui s’offre à moi par-delà le temps présent, présent qu’à ma manière je savoure avec toi.

 

 

Jean-Michel Guyot

27 juillet 2016

 

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