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Un vecteur entre soi et la nature
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 Article publié le 18 septembre 2016.

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Quelque temps plus tard, c’est un nouveau museau, un nouveau pelage, une nouvelle race qui aura non pas remplacé ou suppléé l’ancien canidé - chaque spécimen, plus largement chaque matière vivante est unique - mais investi les lieux, cette même habitation, car l’assèchement du coeur a ses limites que seule la conscience du mouvement perpétuel finit par dominer, par dépasser.
 De nouvelles prémices, un autre apprentissage, de nouveaux codes et bientôt de nouvelles habitudes, tout recommence ou plutôt, tout reprend.
 Le chien, cette matière organique dont la fidélité peut être précise comme une horloge, est bien un maillon dans la chaîne du vivant, et pas n’importe lequel puisqu’il est à lui seul le monde animal. Entre l’homme et la nature, entre la parole et le silence végétal, il y a donc l’animal, cette forme de vie instinctive et mystérieuse régie par ses propres codes, désireuse, pour la classe domestique, d’accompagner l’homme, d’être son complice, son gardien, et peut-être plus encore : d’être là, avec lui, d’être unis dans un même but : la confrontation avec le quotidien.
 Dans la forêt, dans la clairière, les muscles du quadrupède s’en donnent à coeur joie, ils se tendent de manière combinée et homogène afin de donner leur pleine mesure, provoquant un bruit saccadé et dense qui fait voler le tapis de feuilles, qui le rend encore plus épars. Le maître, lui, marche tranquillement, sans se presser. C’est le contraste entre la lenteur et la mobilité, entre deux mondes fortement reliés.
 Les enfants ont appris à connaître ou pressentir les réflexes, le comportement et les besoins du canidé, ils ont appris aussi à regarder la nature, à ausculter - sans même le vouloir - , ses formes, ses reliefs, sa présence.
 De loin, maintenant, le squelette du chien réapparaît, après plusieurs kilomètres de course ou d’errance, sans qu’il fût possible de le rappeler, sans qu’il fût pensable, même, de le faire. Le sol, à nouveau, produit un bruit familier, cette fois-ci moins rapide, de la course de l’animal qui signifie son retour. Le maître, pendant ce temps, a simplement écouté le bruit du vent, a contemplé l’évolution du ciel et la formation de ses nuages, s’est nourri du silence de la nature, un silence à nouveau empli par la présence progressive et accentuée du chien.
 Maintenant, le visage du maître et la tête du chien se regardent avec chaleur, placidité, avec évidence. Même si cette évidence, aux yeux de l’homme, reste objectivement mystérieuse …

 

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