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 Article publié le 4 septembre 2016.

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Il fut un temps où, impressionné par la peinture de Vassili Kandinsky, j’avais entrepris d’écrire un cycle poétique en référence à l’une de ses toiles les plus fameuses. Il ne s’agissait ni de décrire, ni d’extrapoler, mais de rendre l’impact d’une peinture particulière sur un "esprit de sombre" (moi, et qui encore ?) Un tableau, une vignette magique, une icône presque. Un peu - toutes proportions gardées - comme cette représentation de la Madeleine à la veilleuse que gardait près de lui René Char, du temps de la Résistance. En un temps inhumain, elle condensait beaucoup de cette chose à la fois fragile et indestructible, incompréhensible et évidente, qu’on appelle humanité. Ce temps n’est pas le mien (même si notre époque a sa façon aussi atroce d’être inhumaine) ; le courage de René Char surtout n’est pas ma lâcheté. Reste l’image, qui est plus qu’une image, presque une bouée à laquelle on se raccroche, en haute mer, pour ne pas se noyer, sans savoir combien de temps l’on aura encore à tenir, ni même si l’on en sera.

Autour de l’impression laissée par le tableau sont venus se greffer les éléments d’une oraison jardinale. Ce qui était un jardin très réel mutait en s’approfondissant en une réalité symbolique, et donc opaque. L’arc noir du tableau de Kandinsky se matérialisa dans toute une série de formes jardinales, qui se lièrent entre elles jusqu’à l’heure de leur extinction : de l’arc ne devait plus rester que le pli qui, répété encore et encore, se fit repli. A l’heure de son expansion, pourtant, l’arc se comporta comme un mot-maître, ralliant à sa loi (ou absorbant) tout ce qui entrait dans ses parages : de la marche à la barque, du car (absent chez René Char) à Icare (fait roi), etc.

Le Jardin de l’Eden double ne résume aucunement cette expérience, mais en offre une vue particulière, d’où le reste découle. On pourrait ainsi jouer sur l’anglais abstract ("résumé" en français) pour envisager ce cycle comme une ultime abstraction de l’arc.

 

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