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Notes rétrospectives - 2. Dans l'hypermétatexte
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 Article publié le 4 septembre 2017.

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 On peut s’interroger longuement sur les visions quasi extralucides qu’on pu avoir, chacun à leur façon, Mallarmé, Barthes ou Baudrillard. Ces trois auteurs nous fascinent en ce qu’ils ont eu une intuition très approfondie des problèmes que nous rencontrerions, un siècle et demi ou un demi-siècle après eux. Mallarmé en dynamitant l’espace de la page – et, plus subtilement, le Livre avec ; Barthes en enterrant l’auteur, ce dont on a alors mal perçu les incidences réelles, peut-être ; Baudrillard en pensant le simulacre à travers l’hyperréalisme. On peut encore être charmé aujourd’hui de la justesse de leurs vues, de la prédiction spéciale qui naît sans doute de l’observation et qui détermine ce que devient une réalité. On notera qu’ils ne répondent aucunement aux questions que nous pouvons nous poser. Ils nous aident plutôt à les reformuler, ce qui n’est pas si mal.

La question de la spécularité du texte a beaucoup occupé la critique littéraire de la seconde moitié du XXe siècle. On peut lui reprocher d’avoir fait montre d’une médiocre connaissance de l’histoire du livre, d’avoir développé une vision immanente du texte pour en faire une réalité atemporelle et autonome dans son fonctionnement. Mais l’acte de dématérialiser le texte dans la pensée qu’on en a – ce que essayé de multiples façons le structuralisme en ses nombreuses branchules – était contemporaine du développement du texte numérique, du questionnement de l’articulation entre langage et informatique : Shannon et Weaver, Jakobson, etc. Peu ont eu conscience que toutes les cloisons de l’écriture s’effritaient. Pourtant, la mutation s’opérait bel et bien dans le même temps. Les claviers produisaient non plus de la feuille imprimée mais de la mémoire. L’existence matérielle du texte devenait à la fois plurielle et seconde.

Tout ceci peut paraître bien abstrait et éloigné des préoccupations d’un qui écrit, lequel a comme préoccupation première, normalement, de « dire » en écrivant, d’exprimer une idée, de raconter une histoire, de participer à un « universel reportage » qui s’est considérablement amplifié, si l’on considère la masse de texte réel de toute sorte produit et publié, relevant de cette catégorie toute mallarméenne, du fait de la propagation du texte numérique sous toutes ses formes – fichier bureautique, email, page web, post...

 Sauf qu’on est sans cesse confronté à des détails pratiques de cette évolution sans bornes. On est confronté un jour à l’immédiateté de la publication, avec ses joies et ses aléas, inexpugnable divulgation de l’oeuvre de l’esprit d’un côté et invitation à la profanation du texte par le commentaire de l’autre... La publication numérique est un univers auquel auquel auteur n’était préparé. De toute évidence, c’est un univers avec lequel l’autorat établi (éditorialement parlant) reste mal à son aise. Un autre jour, c’est la capacité de stockage qui a si fortement évolué qu’on doit abandonner la distinction pourtant indépassable a priori entre texte, son, image, image animée...

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