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Dialogue sur la poésie
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 Article publié le 22 octobre 2017.

oOo

« Pour le coup je n’ai rien à boire, dit-il comme si pour y croire il fallait que quelqu’un soit là.

— On reboira et puis voilà ! Pourquoi se biler avant l’âge ? Je suis l’idiot de mon village. Comme de juste c’est Léon qui te cause d’accordéon, sans l’accordéon je t’accorde, mais tu as fait vibrer ma corde. Toi tu as bu, moi j’ai tué. Nos instruments faut accorder sinon on joue la différence et on se voit des préférences. Pour trucider je bois beaucoup. Deux ou trois fois j’ai fait le coup. Plutôt trois mais peut-être quatre. On verra avec le psychiatre. J’ai la série dedans la peau. La nature fait les cadeaux. On ne choisit pas de les rendre. Pour en finir il faut attendre que le hasard y mette un point. Tu en es où du popotin ?

— Pour en avoir comme le monde il faut jouer dedans l’immonde. J’ai trouvé un truc par hasard et je m’y tiens comme césar.

— Tu es cultivé dans l’histoire ! Je m’en tiens à l’exécutoire. Tout est devant et même après. On voit ça dans tous les procès. C’est vite fait et pour la place ça n’en prend pas et ça décrasse. Tu verras un jour le couteau en photo dans tous les journaux. Du pur Bowie mais sans le manche, avec une lame qui tranche des deux côtés du trou qu’on fait. Le rouge est du plus bel effet. La douleur n’est pas mon affaire. Avec la main je la fais taire. S’il y a des mots je me fais fort d’être le premier à l’effort. Toi tu te donnes en spectacle. Tu dois croire un peu aux miracles. Je suis d’un réalisme obtus. La scène est réduite au fœtus. Toi tu es comme le vers libre, ne tuant rien de l’équilibre et surtout pas la voix du mort qui veut paraître dans l’effort. Moi j’ai la rime léonine, à la perfection je m’échine. La plaie est nette comme un fil. Je soigne même le sourcil si la victime est une femme et je connais toute la gamme, en huit, en douze et même plus. Je la tisse dans le byssus. Du viol je ne peux rien en dire car si je joins sans m’interdire au geste l’acte du climax, je m’en tiens toujours à l’hapax.

— Je dois dire que la culotte à côté c’est de la gnognotte. Car la nature de ce sang ne doit rien à ce que je sens à force d’y penser et même d’en retrouver le théorème. Ce sang n’a pas la même odeur. Aucune plaie pour mon bonheur ne le produit ni ne l’étale. D’Isabelle j’ai la fringale. Pas un cheveu ne toucherai sur cette tête qu’il est vrai j’adore aussi pour son enfance. C’est là toute la différence.

— Ah ! Mais là tu parles d’amour ! Et des façons qu’on met autour pour que ça ressemble à la femme. J’en connais l’usage et m’affame plutôt que d’y céder de go. Et j’en épargne mon ego dans d’incroyables perspectives ! Je ne veux point d’alternative, car mon chemin est tout tracé. Certes je suis bien arrêté et si donc rien on ne me coupe je serai exact à la soupe et même au lit pour en rêver. Je ne mourrai pas sans passé. La consolation est poussive mais dans ces cas on se motive.

— Alors merci pour la leçon ! Il faut connaître la chanson avant de faire le mariole. Maintenant je connais mon rôle. Je fais des vers comme on en rit. Au matin je serai sorti avec le papier d’une amende et les mots d’une réprimande. Et puis je recommencerai. Ainsi je ne me suis pas fait. On m’a fait et je me supporte. Voyez comme je me comporte. Une culotte, un peu de sang, et dans la rue je me descends à la bouteille et à la blanche. C’est peu de chose dans ma branche.

— Chacun son poème et son vers. En une fois le fait divers détermine toute une vie. Tu recommences, je convie. Ton casier bouffe du papier. Le mien en un mot tient entier. Ta fête dure et on m’enferme à peu près dans les mêmes termes. Mais n’en pleurons, car au final dans le cagot municipal ni toi ni moi tombés ne sommes. Ce qui s’appelle être des hommes et non Vercey ou bien Fournier qui ont le cul bien mal léché. Nous les ferons, dedans l’histoire, entrer comme suppositoires afin que dans le grand colon ils trouvent le temps un peu long. »

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