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Le rêve est une conséquence du sommeil comme la poésie se déduit de l'éveil
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 Article publié le 19 novembre 2017.

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Le rêve est une conséquence du sommeil comme la poésie se déduit de l’éveil.

Elle s’éloigna, belle ombre ralentie par les défauts de l’obscurité.

Elle agita le bras pour dédaigner les appels des camés. Femme saisie

 

Dans sa métamorphose. Combien de temps attendent-elles avant de se donner

La mort ? Il rentra. Petite froideur de l’air qui ne bougeait plus.

Sous les draps, il ralluma la lampe. Une page encore blanche. Appelez

 

Les démons dans ces circonstances. Les constructions de l’esprit

Ne demandent qu’à trouver le lit de l’expression. Ne pas mettre le feu

Par endormissement. Son corps se liquéfia. Camés ! Putains ! Christs

 

En tout genre ! Femme venue pour trouver la paix et repartie sans

Même en avoir deviné la présence tapie. Icônes à la place des idoles.

Après l’été, il participait au nettoyage des vitraux, juché sur une

 

Échelle. Poussière étrangement noire, boue de l’air respiré. Il descendait

En clopinant sur les barreaux à cause de sa décalcification lente.

Un quatuor imitait les voix célestes à quoi s’ajoutait l’ange trouvé

 

Chez les enfants. Dieu-famille. Le charpentier rabotait inlassablement

Les faces d’un lambris. Je ne serai pas ce père ! avait-il déclaré

À une enfance studieuse. Le reste n’était que l’afflux incontrôlable

 

Des effets. Puis tout se fragmentait dans l’âge adulte, tout devenait

Probable par éparpillement de ce qui avait été clair et parfaitement

Plan. Redouter l’espace. Mais le temps existe aussi dans l’infini

 

Des points. Heureusement, la vie est plus simple, plus coulante, claire

Par moments. Camés des nuits et baigneurs des jours. Je n’ouvrirai

Pas la fenêtre si j’étais sûr de regarder ailleurs. Elle demandait

 

Des nouvelles de son sommeil et lui cassait les pieds avec des apparitions

Prometteuses. Scène de l’échange des fruits dans son patio. Il connaissait

L’endroit. Fraîcheur des jets d’eau, lenteur des palmes, les murs

 

Exhibaient des coulures de la chaux. Aux angles, cette ombre plus

Descriptive que l’abondance de lumière à l’oblique des ouvertures.

Excès de perpendicularités. Le sol montait un peu au centre. Imaginez

 

La pluie dans ces circonstances topographiques. Une coursive sombre

Agrémentée de colonnes et d’arches induites. Les génoises se fendaient

D’un coup de crayon surpris dans un effort de parallélisme parfait.

 

Perfection ou irréprochabilité. Il exposait une toile blanche et traçait

Les aboutissants. Elle guettait la seconde de fragilité et il paniquait.

Voici les fruits des circonstances d’une rencontre. Panier dédoublé.

 

La flamme traversa le drap. Il surgit de cet embrasement retenu

Par l’exiguïté des lieux. Rien de tel n’arriverait si elle consentait

À m’accompagner au bout de la nuit. Il piétina consciencieusement

 

Les cendres. Les camés, attirés par la lueur et par son extinction

Subite, s’approchaient des limites imposées à leur présence. Le seuil

S’éclaira. Il ne les défiait pas. Portant le masque de sa nuit blanche,

 

Il niait toute trace de brûlure. Un chat ajoutait son passage aux malices

De la lune. Nuits comme un fil tendu entre soi et la pacotille. Christ.

Le panneau publicitaire semblait effectuer un vol immobile. Il caressa

 

Le chat comme pour démontrer l’innocuité du contexte. Ils retournèrent

Autour de leur feu de joie. Irisement des chevelures. Il trouva sa canne

Et entreprit d’arpenter les allées. Des cailloux blanchis à la chaux

 

Le guidaient. Les ombres pouvaient trahir sa vigilance. On ne s’enfonce pas

Dans la nuit sans prendre le risque d’une mauvaise rencontre. Dormez

Et rêvez. Ou bien ouvrez les yeux et écrivez. Mais surtout, évitez

 

Le somnambulisme. Préférez les cordes raides, les pentes glissantes,

Les virages dangereux. Le chat miaulait derrière lui. Il atteignit

L’emplacement de la future église. Des pieux numérotés bornaient

 

Cette croix démesurée. Il s’apaisait. La lune consentait à s’embraser

Un peu plus. Il distingua les gravats rapportés pour combler la pente.

Le chat ne franchissait jamais cette géométrie plane. Il disparaissait

 

Quelquefois et ne revenait que dans la nuit suivante. Chat hypothétique.

Le chapeau d’Ochoa était posé sur un piquet. Il dormait nu dans le sable.

Le walkman côtoyait une tête tranquille. Est-ce lui ? Il occupait

 

La place de l’autel futur. Vous ne pouvez pas dormir à cet endroit !

La bande magnétique se déroulait. Il perçut les chuchotements d’un concert.

Je ne dors pas. Cette nudité ! Au centre géométrique de la croix !

 

 

Extrait de La chanson d’Ochoa

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