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A une blancheur sans égale
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 Article publié le 17 décembre 2017.

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Il est des êtres que la page blanche emporte.

C’est une tourmente sans fin aux confins du non-être.

Y pulse une lumière si douce que l’aveuglement ne saurait nuire ni dire l’entière vérité d’une vérité par nature aussi intermittente.

Telle cette femme allongée sur le dos, une plage se sable fin pour tout écrin, et dont les rares atours renforcent les beautés.

Seins lourds, mamelles ardentes et sexe lisse offert au regard, jambes élancées habillées de soie noire, et peau de nacre, une amulette runique posée sur son ventre plat.

Entièrement vêtue, elle ne serait que la femme d’un autre et d’un autre encore au gré des ans. Libre ou corsetée, bardée de principes, dénuée de scrupules ou bien encore

Dénudée, la voilà unique en son genre, offerte aux yeux de qui veut s’emparer de son image, sans espoir aucun de la rejoindre.

Complicité des yeux qui ne se souriront jamais, faute de pouvoir se rencontrer.

Ainsi de la page blanche qui échappe à l’emprise, même couverte de signes radieux.

Des signes posés là pour faire tache et œuvre, afin d’en exalter toute la blancheur.

Le vélin vêle les signes nouveaux que l’avide lecteur mâche et remâche, reconstituant en son sein toute la magnificence du bovin qui en fut le prime support.

Viscérale démarche.

Echappe alors aux signes coureurs jusqu’au grain de la page blanche.

Comme suspendus entre main et blancheur, ils flottent dans la mer houleuse des yeux.

Qu’une fine couche de poussière vienne à se poser sur elle, là, dans l’antique bibliothèque endormie, et c’est une marée de fantômes qui s’ébrouent dans les palimpsestes illuminés.

Les éveiller n’est pas mon fort.

A la page blanche l’hommage, aux signes le temps de lire, à la poussière la sagesse des ans.

Que tant de tourments sommeillent précisément là dans cet espace ouvert à tous les vents contraires, décille les yeux projetés sur une blancheur de neige immaculée antérieure à tout écrit.

De cette prime blancheur, tirer un principe tangible : que la main ne cesse de s’affairer à sa surface dans le but explicite d’en sonder les profondeurs par les écrits impeccables qu’elle y dépose tout à loisir, afin qu’indéfiniment, sa blancheur restant sauve, elle ne cesse d’attirer le regard comme le fait cette belle inconnue aux charmes pervers qui, lascive, s’abîme en elle-même dans les vagues d’une jouissance intramondaine.

Délicieuse césure de l’être intime, déchiré comme son sexe ouvert-offert aux caresses infimes, balançant inexorablement entre douceur d’être dans la présence à soi la plus jouissive qui soit et absence rieuse antérieure à toute advenue dans le pur apparoir d’une perte de soi si délicieuse.

 

Jean-Michel Guyot

6 décembre 2017

 

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