Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
nouveauté : N3
roman in progress

En ligne : cliquez
Un dernier mot avant de te quitter
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 5 février 2018.

oOo

je n’ai pas assez aimé
j’aurais dû aimer dix fois plus
j’aurais aimé les bergères les serveuses
les balayeuses du métro
les vendeuses de beignets
les vendeuses de charmes
les pompistes dans les stations d’essence
les femmes des pêcheurs
les femmes des présentateurs de télé
les filles des présidents de sociétés commerciales
il manque tellement d’amour à mon amour
et j’ai si peur de mourir tout seul
je veux que tu sois là quand je mourrai
je serai dans mon lit
maigre et pâle comme il convient
et je te prendrai la main
et je la serrerai contre mon cœur
je ne penserai pas à mon sexe
je n’aurai plus de sexe
et je penserai à ton sexe
et tu ne me le montreras pas
on ne montre pas son sexe à un mourrant
tu le sais bien
ce n’est pas ce qu’il faut montrer
mais en te penchant un peu
pour m’embrasser sur le front
je verrai tes deux seins magnifiques
je verrai l’ombre qu’ils dessinent sur ta poitrine
et je saurai qu’ils sont gonflés d’amour
d’amour de moi et de ma vie qui fout le camp
et j’aurai envie de t’embrasser sur les seins
et je ne penserai même pas à t’embrasser entre les cuisses
comme j’ai toujours fait
pour te demander de l’amour
et pour te remercier de me le donner
chaque fois avec autant de plaisir
mais je ne dirai rien
tu n’ouvriras pas ta robe
je ne toucherai pas la pointe de tes seins
je fermerai les yeux sous ton baiser
et je serrerai un peu plus ta main
et je te dirai : chérie je t’ai menti
je t’ai menti je t’ai toujours menti
et tu te relèveras et tu me regarderas
en me pardonnant d’avance mes mensonges
toi aussi tu as menti et je te pardonne
et tu veux bien me pardonner
mais je regarderai tes seins avec frayeur
et tu liras ma terreur d’homme qui va mourir
et je crierai : je t’ai menti je t’ai menti
et tu me diras que ce n’est pas grave
tu penseras que c’est le délire
parce qu’à l’approche de la mort
le délire calme un peu la peur
mais ma peur sera intacte
mon esprit parfaitement mesuré
seule mon âme fera une tache sur tes seins
une tache que tu n’effaceras pas
je ne veux pas que tu l’effaces
ce sont les seins que j’ai caressés
je n’ai plus de sexe à mettre dans le tien
mais je peux embrasser tes seins
les lécher de toute ma force
et te crier dans la poitrine
je t’ai menti chérie je t’ai menti
je t’ai menti toute la vie
et tu ne me croiras pas
tu te ficheras de ce mensonge
tu veux te souvenir de l’amour
tu veux garder cette mémoire pour ta mort
et dans un dernier soupir
dans un râle qui est le premier et le dernier
je crierai : Je ne t’ai jamais aimée !

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

 

Site officiel [>>

 

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2019 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -