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 Article publié le 29 avril 2018.

oOo

— Veux-je vivre, oui ou non (inquisitoire) ?

— Est-ce que, par hasard, écrire ne pallierait pas ce qu’il faut bien considérer, à force d’esclavage, comme une connaissance de la douleur ?

 

Ce cher Patrick Cintas* nous pose là deux questions fondamentales. Hamlet n’est que le reflet de William. Tous les textes des écrivains, qu’ils soient fameux, connus du monde entier ou ignorés, croupissants dans des gazettes dominicales, posent leurs innombrables douleurs sur la page blanche.

L’écrivain rejette ses tripes, étale sa merde, le produit de sa terrible alimentation. Car il ne vit que de cannibalisme. Pire encore, de l’auto cannibalisme.

Manger ses pensées, ses émotions, ses idées qu’il a souvent la terrible prétention d’être les meilleures pouvant exister, mastiquer, digérer, péter afin que les mauvais gaz n’altèrent pas le produit final. Ces mots qui se suivent, s’assemblent, s’enroulent en des phrases qui se veulent au rythme du temps présent. Pardon, du temps présent de l’écrivain. Car ce (ou cette) manieur de plume n’a pas seulement mangé sa propre chair et ses innombrables neurones, il a aussi dévoré son temps passé. Pire, il mastique aujourd’hui l’instant que demain il caguera.

Poulette sans le savoir ? L’adorable volatile qui, quand il est bien nourri, flatte nos palais est lui aussi un esclave condamné à l’œuf. Tout comme l’écrivain, il pond.

Une question qui me vient à la plume. La ponte d’un œuf est elle plus nécessaire à la vie que la ponte d’un texte ?

Essayons-donc de battre des mots pour en faire une omelette. La nourriture apportée par tous les grands écrivains, et les plus petits, n’a pas fait avancer le schmilblick de la condition humaine. Seule la science a pu apporter un confort qui hélas n’est pas accessible à tous de forme égalitaire. Toutes les paroles se sont envolées et certains écrits sont restés. Bien sûr, pour qu’ils puissent servir de papier cul.

Les humains se torchent le fion des résultats de l’auto cannibalisme douloureux des pauvres bougres d’écrivains. Ces exceptionnels bipèdes coucheurs de mots pensent encore, certainement par égoïsme, qu’ils servent à quelque chose…Certes la littérature peut, éventuellement, expliquer la bêtise mais le jour où elle trouvera son remède, mes consœurs à plumes auront elles aussi des dents.

A quoi ca sert ? Ousqu’on va ?

— Tais-toi Henri et ponds !

 

Ouai, sauf que le Henri il en a marre de se dilater le trou du cul pour sa ponte ne serve pas même à torcher d’autres oignes. Lui aussi se pose alors des questions à la con, style masturbation mentale, questions qui aux fins des fins ne sont guère saines.

Pourquoi continuer de pédaler dans la semoule alors que de simples yeux ouverts sur les merveilles de l’Univers expliquent la perfection du moment présent ? Le seul qui existe vraiment.

 

Il y a eu les voyages où le toujours plus loin allait tout résoudre. Il y a eu les couleurs où chaque tableau était un report d’âme. Il y a eu les enfants qui projettent au lendemain.

Il y a la ponte. Et la douleur commence à m’emmerder….


* Beurk - Le salariat pue - chez Caméras animales [ICI]

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