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 Article publié le 9 septembre 2018.

oOo

1

Et donc, cette nuit-là, comme de juste, j’ai dormi comme une souche. Pas ouvert l’œil, ni même pour aller pisser. Quand je me suis réveillée, le jour perçait les volets, rayures d’ombre. J’avais mal nulle part. Je sentais bon la lavande. J’ai toujours aimé l’odeur de la lavande. Mon père me parfumait à la lavande. Peut-être que Jacky avait été attiré par l’odeur de ma culotte. Qui sait ce qui peut se passer dans la tête d’un homme qui ne reconnaît pas sa perversité ? Sujet philosophique. Je me fous des jubilations judiciaires. Et des emballements poétiques. Pour moi, le grand art, c’est la Narration. Avec Majuscule. C’est l’art de conter associé à l’art d’écrire. Et c’est pas donné à tout le monde. En principe, c’est l’un ou l’autre. La lavande de mon enfance revenait avec l’enfant. Ce matin-là. Je venais d’arriver la veille. On s’était couché chacun de son côté. Et Jacky me gonflait la tête avec sa vision du travail rémunérateur et source de bonheur partagé. J’avais même pas vécu ça avec papa.

J’étais à poil dans des draps sirupeux, invitée à la caresse, mais je me suis contentée d’ouvrir la fenêtre et les volets. Dessous, un parking avec de jolies bagnoles. Des poubelles avec un couvercle dessus. Des arbustes, du gazon, des emplacements, des abris penchés sur l’ombre. De l’autre côté, une route tout ce qu’il y a de naturel, avec des bagnoles qui passent, des camions qui se traînent et même un clodo qui me salue parce que j’ai les seins à l’air. Il fait le geste de me lancer un collier. Je connais ça moi aussi. Je lui rends son signe, mais sans ambigüité. On sait jamais avec ces mecs.

Derrière la porte, Jacky s’active. Le petit-déjeuner sans doute, mais quand j’ouvre, il est plutôt assis dans le canapé où il a passé la nuit et il feuillette un magazine où je suis. Pas en photo, ce serait trop beau : juste une histoire que j’avais oubliée.

« Salut ô luce, dit-il sans plus de manières. J’ai relu cette histoire. Celle où…

— Pas maintenant, Jacky… (J’ai un geste de fatigue.)

— T’as pas dormi… ?

— J’ai jamais autant dormi, mec… Faut-il que je m’habitue… ?

— On dort bien ici. Le travail te fait rêver. Et puis on s’entend bien.

— Tu parles des autres… ?

— Je te les présenterai. Bobby, Tommy, Tintin…

¡ Vale ! ¡ Vale ! On prendra ce temps… même ce temps… y avait longtemps…

— Tu ne connais que la solitude. C’est mauvais pour ce que t’as…

— Je connais des mecs plus intelligents que toi. »

Je voulais pas le vexer. Et il s’est pas formalisé. Il reconnaissait qu’il avait pas atteint la plus haute marche. Il en avait jamais eu envie. Il en avait grimpé quelques-unes et, alors qu’il n’était pas en reste, il s’était arrêté. Disant cela, il devint aussi blanc que la chemise qu’il venait de changer. Qu’est-ce que ça voulait dire : arrêter : pour lui ? Qu’est-ce que ma lavande infantile avait à voir avec ça ? Je me suis servi du café. Il était fort et agréable. Il me tendit l’assiette contenant les toasts. J’aime pas les toasts. Y avait pas d’œufs. Rien que des toasts et de la confiture. Et plein de petites cuillers que si j’avais été Bender je les aurais tordues.

« Tu travailles pas aujourd’hui ? demandai-je en croquant (Je comptais là-dessus pour filer…)

— C’est dimanche, ma sœur… Les amis, les histoires à régler, les ribs…

— Chouette dimanche ! Je devrais dire : chouettes dimanches !

— Quelques-uns se souviendront de toi ô luce. Ah ! cette odeur de lavande ! Ça me projette pas mal d’années en arrière !

— Arrête de me vieillir, mec…

— Pas mec… m…

— M… »

Je lui ai croisé deux jambes en porcelaine exactement sous les yeux. Et sans culotte dans l’interstice. D’ailleurs j’en portais pas. Je pouvais vivre libre ce jour-là. J’étais coincée. Mais si je lui sacrifiais un jour ou deux, il m’emmènerait chez maman en bagnole et j’étais enfin arrivée. Quel voyage depuis New Dream ! Mais la nuit m’avait porté conseil. J’avais retrouvé mes huit pattes qui valent toujours mieux que les neuf vies d’un chat. Il a fait la vaisselle et on est descendu. On est monté dans sa bagnole.

« On va pas voir tes copains ? dis-je la gorge serrée.

— Il est trop tôt. On les verra plus tard. C’est dimanche… »

Je savais pas où on allait. J’ai pas demandé. On est passé pas loin de l’embranchement qui mène chez maman après deux ou trois détours incompréhensibles. J’ai jamais compris le réseau routier du coin. Papa conduisait vite et maman gueulait comme une morte-vivante sur son siège de devant. Ces choses du passé me revenaient tandis que Jacky soignait le passage des vitesses. On était déjà en quatrième et on allait quelque part je savais pas où. Rien. Pas un début de conversation. Il respectait mon silence. Mais pourquoi ?

Puis il a viré de bord et la bagnole s’est engagée dans un chemin où on risquait de rencontrer des vaches. Le profil de Jacky souriait, mais le reflet de son visage dans le pare-brise avait un drôle d’air : je savais pas quoi. Au bout d’un certain temps que je peux pas vous en donner la dimension maintenant que je l’ai vécu sans savoir que j’allais un jour le raconter, une cabane est apparue. Deux pentes, un grand porche et des pots de fleurs autour avec des herbes sauvages dedans. Un p’tit coin d’paradis. La bagnole a pilé sec sur une petite étende de graviers noirs. Jacky a tourné sa tête. Je le voyais de face maintenant, sans tourner la mienne pour voir ce que valait son profil dans ces circonstances. J’avalais plus ma salive parce que ma bouche était sèche comme un vagin pas préparé.

« C’est ma cabane du dimanche, dit-il en ouvrant sa portière, m’invitant à faire de même de mon côté.

— T’as pas tant de copains que ça, constatai-je sans vouloir le vexer.

— Des tas que j’en ai ! Mais ils viendront pas tous. En attendant…

— En attendant… ?

— On va préparer le terrain. J’ai stocké ya deux jours. Faut décongeler. »

Y avait l’électricité, des fois que j’en ai besoin pour m’épiler. Quelle clé ! De l’ancien bien patiné ! Et c’était mignon à l’intérieur. Fait pour se réunir. Je me demandais s’il y aurait des gosses. Je n’ai pas posé la question. Je ferais sans doute usage de mes guiboles. Y avait de sacrés fauteuils pour ça, avec des accoudoirs tellement distants que ça promettait des écartements de jambes et de fesses à la hauteur de l’attente.

2

Mais au lieu de ça, on est allé à la pêche. Y avait deux types avant nous sur le rivage, un rouquin décharné et un noir de toute beauté.

« J’ai mis à décongeler, dit Jacky en me poussant tellement que les herbes s’en prenaient à mes jambes sans me demander mon avis.

— C’est elle ? » fit le noir.

Le rouquin me fit un petit signe amical ou autre chose. J’avançais. Sans culotte, j’en avais plein les poils, de la rosée. Jacky est passé devant. Il s’est tourné vers moi :

« Je les ai appelés hier soir, dit-il sans frein. Bobby t’a pas connu. Il est trop jeune. (Il désigna le noir qui se léchait les babines parce qu’il venait d’avaler une gorgée de sa bière en pot.) Et lui c’est Johnny qu’on s’est connu alors qu’il était gosse et toi aussi…

— Jacky était un déjà un vieux à l’époque, ricana Johnny.

— J’ai toujours été vieux, » regretta Jacky.

Il était sincère. Je captais pas toute l’ampleur de sa douleur, mais je compatissais. J’ai toujours compatis avant d’être violée. On verra après, pensai-je. Je serais mardi chez maman. Rêve toujours…

« Zavez attrapé quelque chose ? dis-je en secouant ma chevelure pleine de lavande.

— Des poissons-chats, dit Bobby.

— Ça se mange pas, dit Johnny. C’est pour l’appât.

— On revient cet après-midi après bouffer, expliqua Jacky.

— Chouette ! »

J’allais sans doute un peu loin en évoquant cet oiseau de malheur. Mais je me sentais comme une truite dans son trou avec une main à la surface de l’eau.

« Mets-toi à l’aise, me dit Bobby.

— Ouais, fit Johnny. Te gêne pas. Ici les filles se baignent à poil… »

J’étais plus tout à fait une fille, mais je me suis sentie flattée. Je me suis contenté de m’asseoir sur un arbre couché. Je leur tournais le dos, comme ça je ne verrais rien arriver. Ils débouchaient des cannettes. L’une d’elle me tapota l’épaule, fraîche et dure. Je fis non de la main. Jacky avait l’air déçu. C’était pas une bonne méthode de commencer par décevoir. Je le savais d’expérience. Mais j’avais vraiment pas envie de me plonger dans le cirage.

3

Vous voulez que je vous déçoive ? Et ben ya pas eu viol. Ni viol ni rien. La pêche jusqu’à plus de midi. Et plus de cannettes dans la glacière. Les poissons-chats agonisaient dans un seau. Je n’avais plus envie d’agonir, mais j’étais sur mes gardes. Je devais avoir les fesses marquées à force de rester sur l’écorce de cet arbre mort. Et j’avais perdu un peu de ma lavande. J’avais frotté ma jupe plissée à l’endroit des fesses avant de remonter dans la bagnole de Jacky. On retournait à la cabane où la bidoche achevait de décongeler. Y avait d’autres bières au frais.

« Qui c’est qui vient ? demanda Bobby.

— Personne d’autre, fit Jacky en refermant un couvercle.

— Tout va bien ! » dit Johnny.

Je savais pas que lui et Bobby… Un sacré veinard ce Johnny. Bobby avait un corps de rêve. Et noir avec ça. La perfection selon luce. Les deux tantes soufflaient sur les braises pendant que Jacky et moi on évoquait mon enfance. Il avait pas eu d’enfance, lui.

« Comment ce serait possible ? dis-je en remontant ma jupette.

— J’ai toujours été adulte, dit-il.

— C’est ce que tu crois.

— Je le dis comme je le ressens.

— Comme tu le ressens maintenant, m…

— Je dis ça parce que tu as écrit une histoire là-dessus…

— J’ai écrit tellement d’histoires que tout est possible, m… »

Il rit. Il savait pas qu’il avait l’air enfant quand il riait. C’était le genre de mec qui se connaît pas bien. Pas à fond. Pas assez quoi !

« Et les poissons-chats ? dis-je pour changer de conversation.

— On va en faire de l’appât. On retournera à la rivière tout à l’heure.

— Et on en fera quoi de ces truites ?

— On les bouffera, merde !

— Ouais mais quand ? »

Des truites en hiver… Ce qu’on peut parler de rien quand on attend ! Jacky me regarda comme si j’avais raté mon diplôme.

« Qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse ? continua-t-il sur sa lancée avant que je l’ouvre pour continuer moi aussi.

— J’ai pas dit comment ! grognai-je. J’ai dit quand !

— Ben ce soir…

— Ce soir ici… ?

— Où veux-tu… ? »

J’avais pas prévu.

« Mais tu bosses pas demain ? dis-je comme si je m’accrochais à quelque chose qu’il connaissait mieux que moi.

— Bien sûr que je bosse demain ! On bosse tous le lundi. C’est la journée des livraisons, alors… On se lèvera tôt. »

Oh la nuit ! Avec deux pédés douloureux et un mec qui ne sait pas ce qu’il veut. Je m’y voyais pas. J’en avais les yeux humides. Qu’est-ce que je foutais là, en milieu productif ?

« J’aurais bien aimé voir maman avant ce soir… dis-je en minaudant (Qu’est-ce que je pouvais tenter… ?)

— Tu la verras demain.

— Et dans quelle bagnole, hein ? Si tu bosses…

— Je quitte à six…

— Du soir ?

— Quel six veux-tu ? »

Ça devenait obscur, à croire qu’on parlait pas le même langage. La même langue, oui, à peu près. Mais le langage, mec ! Il me regardait comme si je l’avais inventé.

« Ça me dérange pas, dit-il. Je pourrais coucher chez ta mère… C’est déjà arrivé…

— Hé ? »

Il me regardait en souriant. Il venait de marquer un point. Et je savais pas lequel. J’avais la mâchoire bloquée en ouverture maxi et la langue peut-être bien pendante. Qu’est-ce que je faisais de mes yeux ? J’avais oublié mes jambes.

« Ta mère et moi… commença-t-il tandis que les deux tantes faisaient un sacré boucan avec leur charbon de bois.

— C’est pas ma mère !... C’est maman…

— Ok ô luce… maman… et ben maman et moi on a eu des choses et ça pourrait bien recommencer si…

— Parce que tu comptes te servir de moi… pour… »

Ça allait trop vite. Quand j’écris une histoire, j’avance sur un plan. J’en ai tracé les grandes lignes. Je me réserve le plaisir des petites inventions au passage des conversations et même des descriptions. Mais là… en vrai… avec un mec que je connais pas mais qui m’a connue quand il avait des désirs d’enfant et que j’en étais une. Lavande et tout et tout… J’en avais la jupette trop courte.

« C’est le hasard, » conclut-il.

Mais j’en avais rien à foutre de ses conclusions ! C’est moi qui voulais conclure !... Et j’en avais pas les moyens… Qu’il s’explique !... Qu’il le dise !...

« Ah… murmura-t-il même si c’était pas un secret pour les deux tantes, la noire et la blanche. Ça remonte pas à Jésus-Christ… (De l’humour maintenant ! Ça me faisait pas rire !) maman et moi on s’est comme qui dirait aimé… Une femme seule… Un ouvrier à l’aise… Pas riche mais franchement à l’aise… On s’est croisé dans un bar où elle picolait depuis des années…

— maman picole… ?

— Je veux ! Moi aussi je picolais. Dans le même bar, mais depuis pas aussi longtemps…

— Moins responsable quoi…

— Tu sais ce que c’est…

— Ouais je sais ce que c’est ! J’ai des guiboles. Et pas que des guiboles.

— Ça je le sais. Même que j’ai bandé quand je t’ai trouvée dans ton sac de couchage…

— Tu m’as trouvée… ? Toi… ?

— Pourquoi pas moi… ?

— Tu y as pensé, salaud ! Avant même de te mettre dans la tête que je pouvais te servir à quelque chose… »

Je suais. Doigts crispés. Vibration des paupières.

« Voilà pourquoi tu m’as pas touchée, mec ! Pendant que je préparais mon lecteur à te sucer ou autre chose, tu planifiais !

— Ça m’est venu tout de suite ô luce ! Là, toi dans ton sac…

— Mais je te faisais bander !

— Pas toi ! maman ! »

J’avais pas vu cette scène. Je dormais, les jambes à l’air malgré la fraîcheur. Ce mec passe dans sa bagnole d’ouvrier et il se met à bander en pensant à maman parce que c’est moi qui est dans le sac ! Jamais j’aurais inventé un truc pareil.

« Moi non plus ! s’écrie-t-il, ce qui immobilise les deux tantes dans une attitude nonchalante mais expectative.

— Ah ! elle va être coton la pêche à la truite ! Même que je pourrai pas avaler ce que ces deux tantes sont en train de cramer sur leur putain de charbon de bois ! Et ce soir… ? Avec maman qui tremblera comme une feuille pour retenir ses larmes de cochonne prise sur le fait…

— Pas sur le fait ô luce…

— C’est du tout comme ! Je peux pas écrire de pareilles inepties !

— Mais c’en est pas ô luce des inepsies…

— Surveille ton orthographe !

— Je t’en laisse le soin, merde ! »

Il s’est pris la tête dans les mains qu’il a comme des raquettes et qu’il peut plier. Il pleurait peut-être. Il avait construit une baraque, en plus de sa minable cabane de pêcheur, et je prétendais la démolir sans comprendre qu’il ne m’avait fait aucun mal. Oh le temps qu’il me faudrait pour comprendre ! (C’est ce que signifiaient ses larmes.) Alors pourquoi j’avais mal, mec ? Il ouvrit ses raquettes sans menacer de m’en mettre une sur la gueule :

« Ne m’appelle pas mec ô luce ! Je te l’ai déjà dit. Réfléchissons… »

Il disait ça comme le prêtre lâche « prions ». Il me voyait à genoux, genre pleureuse qui s’accuse d’avoir malmené l’existence du mort qu’on enterre. Mais j’y pouvais rien : je souffrais. Les deux tantes étaient d’accord avec moi sur le sujet : j’avais le droit de souffrir.

« Je dis pas le contraire ! rugit Jacky en me prenant le visage dans ses raquettes.

— Oh ! Oh ! » firent les deux tantes en même temps.

Et les voilà dans le dos de Jacky, prêtes à intervenir si je cède pas. Je n’avais pas le choix. Ou je cédais et il ne se passait rien d’autre que ce que Jacky avait calculé dès la première seconde de ma réapparition dans son existence. Ou je m’entêtais dans la douleur et il l’augmentait. La bagarre qui s’ensuivrait finirait dans les annales judiciaires du comté sans que je puisse en écrire quelque chose de vendable ou à mettre à la poubelle.

« OK, finis-je par baver sur la peau de mon décolleté. On ira voir maman toi et moi. Quand est-ce que tu dis… ?

— Demain soir…

— Pourquoi pas aujourd’hui… ?

— Ça te donne le temps de réfléchir. Et d’en parler. Moi j’ai tout dans la tête…

— Je m’en doute, mec… »

Il grimaça presque avec douleur. Qu’est-ce que maman avait foutu avec un type pareil ?

 

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