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 Article publié le 27 janvier 2019.

oOo

je t’ai aimée

comme une source pure

dont l’eau tarit les ombres

dans les hautes quiétudes

aimée

comme une étoile vive

aux accents secrets

et à l’impertinence bleue

aimée comme une poésie

à laquelle se lier

d’un seul reflet

d’une seule déroute

une poésie couleur de silence

où se fait lente la nuit furtive

une poésie comme une vigne

au goût de solitude meurtrie

 

je t’ai aimée le long des livres

et le long des rivières grimées

comme un soleil d’absolu

priant les yeux fermés

je t’ai aimée

comme une ombre illusoire

sur le chemin de la vie

une ombre à la mémoire fauve

qui pâlit

hors des frontières.

 

*

ce jour n’est qu’un oiseau

dont les ailes déliées

s’emmurent

dans le silence

un oiseau de ciel pourpre

et de soleil brisé

qui s’élance du nid

pour trouver une cage

où vivre ses secrets

 

ce n’est qu’un oiseau de capture

une aile d’éternité

qui rôde sur la terre

avec un regard embrassant son royaume

un oiseau de souffrance

à l’envol égaré

qui se pose sur les branches

d’une saison d’amour.

 

*

je suis entré dans la nuit

et la nuit est entrée en moi

j’y ai laissé mes rêves

que d’autres ont pris dans leur sommeil

elle a laissé en moi son encre

et de cette encre

est né l’imaginaire.

 

*

quand j’écris ce baiser sur tes lèvres

j’ose à peine suivre

le chemin de ton souffle

l’hiver se pose sur ta bouche

et tu le dis

si doucement

que le froid me pénètre

la neige nous environne

et pourtant le feu brûle en nous

d’un brasier plus pur

que l’aurore solitaire.

 

*

les nervures de ton corps

disparaissent

le temps sur ta peau

est appelé à vivre

tel un frisson

 

déjà la caresse perpétuelle

poursuit ce dieu nomade

qui écrit l’horizon

sur le livre de la nuit

déjà le vent discret

reprend souffle

en ton instinct

déjà la fleur insensible

s’enlise dans le pressoir

du jour

et tes rimes s’allongent

au-devant de la misère

tout contre la mémoire qui passe

comme une infamie

entre le gris et l’ambre

 

tes yeux acheminent l’errance

et ton regard

s’abrite

aux portes de l’inconnu

derrière ce qui nous glace

à l’incandescence du blé

tu gardes le rêve

entrebâillé en toi

comme l’ineffable chant

qui meurt d’être lumière.

 

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