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 Article publié le 12 mars 2019.

oOo

Ô nuage des rêveurs d’oubliette ! La nuit est noire

Autant dire sans étoiles et les draps sont si anciens

Qu’il est inutile de songer à les nouer / farce

Rejouée devant un public de rebelles salariés.

 

Entre la chansonnette poussée comme dans un berceau

Et ces photographies du souterrain évolutif et noir

La main ne passe pas ni le cœur pas même une idée

 

La bibliothèque universelle sera biotique

Ou ne sera pas / j’en sais quelque chose !

Laissez-les venir / ma semence aime les culs

 

CHANSON POUR BILITIS

 

Entre le moule définitif

Et la coulée en fusion

Il ne se passe rien

Que l’attente de l’ouvrier

 

Je suis cette machine / écrivant

Pour suivre le fil et non pas

Déroulant la bobine

Au hasard du festin

Ou de l’odyssée / selon

 

Ah ! qu’est-ce que j’ai aimé

Croquer vos os charmants

Sans briser la vitre / toutefois

Du reliquaire familial

 

Rien n’est plus facile

Que l’amour sans l’amour

Que la haine sans la haine

Que le poème sans poésie

 

Je reviendrai vous hanter

Dans la chambre vous aimer

Le soir après l’heure

Du couvre-feu

 

(blanca)

 

Le chien semblait (était) séduit par toute cette poésie.

 

Ces esprits convaincus. Où est la sincérité

Du débat télévisé ? « Je vais faire un tour

Avec les copains : signifiant : tu m’emmerdes ! »

En plan la gamine encore pas bien épousée.

Le mioche au nez gluant comme la bouffe

Qu’il ingurgite « entre latrines et… » / ici

 

Item trois bocaux contenant les déchets

De trois opérations subies à l’hôpital.

Carabas en fera ce qu’il voudra en faire.

Je ne serais plus là (par sainte définition)

Pour le critiquer. Il sait ce que j’en pense.

 

Item mon paletot des jours de tristesse.

Les boutons (de la corne véritable)

Iront à mon épouse qui en fera

Ce qu’elle voudra. Mais que pourrait-elle

En faire sinon tenter d’en négocier le prix

Avec Carabas qui est mauvais en affaires ?

 

Item le langage contenu dans une des poches.

Il ira au passant qui le premier foutra le feu

Au reste de mes biens. Par décret d’en haut.

Pas autrement. Sinon je redescends, Christ ou Vierge,

Et je règle son compte à ce beau couple.

 

Je possède tellement depuis que je suis !

Qu’on me permette d’en rêver au lieu

D’aller travailler au service de la société.

Quelle belle matinée ! La dernière… ici.

 

Après Charybde ou Scylla (je ne sais plus)

J’ai fait un somme sur le trottoir / ici

Seul dans mon paletot avec dans la poche

Un langage bien à moi / incompréhensible

S’il ne m’appartient plus / que cela soit clair !

Quel moment ! Quel beau cauchemar en ode !

Et je n’en suis pas mort. La terre est dure

À la nudité. Mais je n’étais pas nu car

Je dormais tout habillé / ou / je dormais

(je ne sais plus) (je fais tellement de choses)

(je les fais en même temps) (et je m’y perds)

(voulez-vous me suivre ?) l’été c’est l’automne

Et l’automne c’est le printemps / j’enjambe

Toujours l’hiver à la fin de la strophe /

 

Chaque fois que ça veut dire quelque chose

Je prends la poudre d’escampette. Au large

Moussaillon ! Sus à la baleine ! Je me nomme !

Ces discours de pot-au-feu n’entrent pas

Dans ma poche. L’aventure a sa science

Et ses observations. Le travail n’a rien à voir

Avec la poésie. La poésie n’est pas le fruit

D’un travail. Pourquoi dire ce qui n’est pas dit ?

 

Je fous ici ce que j’y fous. Travaillez pour moi.

Nourrissez-moi. Entretenez ma saine activité.

Baignez-moi dans vos baignoires. Montrez-moi

Vos cuisses ô phénomérides ! Crevez déjà morts

Dans vos démocraties, vos corporations, vos lois !

Et laissez-moi vivre dans les marges de la société

Qui est tout ce que je sais de l’humanité.

 

N’est-ce pas, mon chien ? Dire ô dire

Qu’elle n’est plus là ou qu’elle n’est

Nulle part ! Toi et moi sur le chemin,

Caminantes, surtout moi, car tu n’es

Que ce que je ne suis pas : charmé

D’entendre de si justes propos.

 

XXe / la Rhétorique et la Pléiade

En collections éditoriales

À la place de la Poésie

Savantes émulations / et sincères !

Pound et Williams retrouvés !

La Tradition revient / la modernité

S’éloigne / s’éloigne / s’éloigne

Ô princes qui fréquentez les princes !

Que de poésie dans le Poème !

Oh que le Poème manque de Poète !

Didakticos de droite et de gauche.

Période de gelée blanche

Ô rayonnement nocturne

De la Connaissance / Moralistes

De la Forme / Sur le Noël, morte saison,

Que les loups se vivent du vent,

Et qu’on se tient en sa maison,

Pour le frimas, près du tison

Qui dit mieux dit TSE / pauvre poésie

Des municipalités et des facultés !

Que vienne la seule démocratie !

N’en déplaise à l’ami Baudelaire

Qui s’inventa une terrible histoire

Pour retrouver le sens de la poésie

Sans en venir aux mains universitaires

Ni aux pieds des parasites électoraux.

 

Et ainsi de suite / sachant que toutes ces collections

N’appartiennent qu’au Dépôt / que l’historien

En nourrira les marges de sa propre invention

/ Si Dieu le veut / ou tout autre pirate

Du Mérite et de l’Honneur / on ne fabrique pas

La poésie avec les moyens de la poésie /

 

Voilà ce que je sais / et tous ces livres

Que j’ai lu pour ne pas les lire /

Toute cette « profondeur » littorale

De coquillages vides et d’algues mortes /

J’observais d’autres nageurs / plongeurs

Benthiques / artistes sûrs / loin des châteaux

Des princes de l’édition vassaux des clubs

Sur le rocher assis tu contempleras

Le rivage touristique et national

Tandis que les attroupements

Tourneront les pages de sable

Et d’écume / si nous parlions d’amour ?

 

Rien n’est plus beau qu’un défaut de versification

 

Maintenant je sais où est la beauté

Non pas dans la désobéissance

Mais dans l’erreur inévitable /

Quelle différence d’avec

L’imposture post-moderne !

Quelle ode ! Quel aède ! Quel cul

Dont personne ne possèdera la merde

Au bout de sa queue ni de son index !

 

Je l’ai toujours su / cabane dans l’arbre

Que détruisit l’entreprise chargée

De la construction du nouvel ensemble

Immobilier à vocation touristique

 

Ligne droite des points qu’on aligne

Pour ne pas s’attirer des ennuis

Et quand je dis ennui je dis douleur

Sans alchimie ni personnage emprunté

À la chronique la mieux partagée /

Bon sens ne saurait mentir / déclin

De tout ce qui n’est pas inventé /

Chaque matin je mets le nez dehors

Pour « trouver du nouveau » mais

Tu as toujours le nez au milieu de la tronche !

 

L’existence est le seul poème

/ dommage qu’on ne connaisse pas

Le moyen d’en traduire la quotidienneté

Sans être forcé d’en faire le roman /

 

Si je t’aimais comme tu mens

Je serais ton seul assassin

 

Voyez comme la plage noircit

De loin ce n’est plus le rivage

Qui s’impose au regard

Mais à force de ciel

L’invention de la seule comète

 

Chacun peut se croire

Poète de sa propre poésie /

Ô la belle définition de la démocratie !

Mais si j’en crois le vent

Il ne s’agit pas de gouverner

Mais de ne pas se laisser faire

 

Soulignement d’une manière ou d’une autre.

À l’écrit comme à l’oral. Ce vent qui nourrit

Malgré les trompettes de la saison.

Ce qui reste se reforme sans cesse.

L’intermédiaire est élu. Trahisons en vue.

Vous apprendrez à vous fier à anything.

Mais avec talent. Sinon vos besognes

Éditoriales et ministérielles finiront

Dans les myosotis. Avec votre nom.

 

Italiques ou modulations particulières de la voix.

Reconnaissance de ces terrains inaccessibles

Autrement. Drone survolant les limites sans

En franchir les dents de scie. Revenir avec

Toutes sortes de métaphores historiques

Et même nouvelles. Des charretées de tropes.

Vous m’en direz des nouvelles ! Bien sûr le ciel

Les ciels d’autres ciels et cette couleur qui est ciel

Celle de la profondeur. Des plongeurs heureux

De remonter avec des coquillages comestibles.

Ce ne sont pas les charmes de l’ivresse. L’ivresse

Est aussi utile que l’art et même lui ressemble.

 

Chaque matin l’hiver comme l’été se souvenant

De l’endroit où on a enterré son angoisse.

 

Seule une mort inopinée t’en délivrera.

 

Rôdant autour de ce lieu nécessairement construit

À un moment ou à un autre de l’existence.

 

Je hais vos revendications de parasites du pouvoir.

 

En attendant tu ne creuses pas la question.

Cette terre a de la patine maintenant.

Donne-lui la versification de sa langue.

Ou retrouve-toi dans un autre pays

Ô voyageur qui ne voyage pas si loin !

 

Hébétement garanti dès l’entrée en matière.

Des vieux assis. Ils ne meurent pas de faim.

Pas même eu besoin de déterrer une angoisse

Qu’ils n’ont pas enfouie sous terre faute de sens.

L’égoïsme des jaloux et des hypocrites.

Avec pour seuls prétextes des enfants et la patrie.

Chacun se croit magistrat, mais seuls les élus

(fonctionnaires et édiles) le sont aux yeux de tous.

Ce regard finalement porté sur les autres.

 

Moi, ici, et tant que j’y suis,

Je ne suis pas difficile à déchiffrer

Je porte ma solution en exergue.

Comme qui s’en irait nu acheter

La nourriture de sa journée

Avec les sous de sa descendance.

 

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Vous voulez dire « tuer » ?

Je n’ai jamais tué personne

Pas même blessé (cœur à part)

Mais je veux bien essayer

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Mon voisin a des dents d’or

J’ai moi-même de vieux souvenirs

À revendre avec leurs cadres

Au fond du puits j’irai baigner !

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Misez plutôt sur la poésie

Que tout être sachant dire

Peut donner à qui le cherche

Ô le joli quatrain pacifiste !

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Quel bon moment que le moment !

Tout le monde n’a pas le moment

J’ai hérité la belle impatience

Du dormeur qui se réveille enfin

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Ma voisine a des grâces d’aurore

Je gratte le papier tous les matins

Fenêtre ouverte et le balcon

En forme de coquillage vide

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Le carré de gazon et ses chiens

Je reluque l’or de mon voisin

Quand il ouvrira la bouche pour

Me renseigner sur son passé

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Que voulez-vous que je vous dise… ?

Ces voyages avec le retour des bancs

De thon au large de Dakar / je suis

« ravi d’entendre de si justes propos »

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

Le vent et le soleil sur ces éclats

D’une écorce qui est toute ma vie :

Jamais je n’ai autant chanté !

Je ne suis rien si je suis tout.

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

« Ce qui reste d’un métier quand

On a renoncé à l’exercer pour vivre.

Pas même un camarade mort

D’avoir avalé cette saloperie ! »

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile »

L’animal tantôt furieux tantôt si proche.

Jamais indifférent au moment de revivre

Les pires moments de cette courte existence.

Restes que les chats reniflent sans y toucher.

 

« Dites donc… Vous n’êtes pas facile à déchiffrer…

J’en ai lu assez pour en penser quelque chose

Mais pour ce qui est du sens, j’y reviens pas ! »

 

Ils voulaient foutre Beckett à la poubelle.

Au feu ! précisa l’un d’eux. Tête d’abruti.

Il porte sur lui la « tragédie » de l’imbécillité.

Colosse qui se donne en spectacle bras en croix.

Le sang est factice. Du sirop ou de la confiture.

Une vierge (prétendue telle) secoue sa chevelure

Baignée de soleil et de larmes gouttes de verre

De pacotille. Un gosse exhibe sa boule de cire

Plus grosse que celle des autres gosses. Christ.

 

Zapping à tous les étages. Mort dans l’ascenseur.

Le bout du cercueil se met à râcler la paroi de béton.

« Quand vous aurez le temps, pensez à ramener

Les fleurs… » Les fleurs… J’y pensais en revenant.

Le même bouquet déposé sur son paillasson

Un an plus tôt. Qu’est-ce qu’on s’est aimé(s) !

 

Quel mal y-a-t-il à tuer un flic ?

Vivement qu’on robotise la profession !

On numérisera la nôtre qui consiste à…

 


[...suite]

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