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 Article publié le 28 avril 2019.

oOo

Quelle confession ! J’occupais le confessionnal

Aux heures de la branlette. « Comment ?

Monsieur le Curé ! Vous ? » Pas plus tard

Qu’hier, ma douce paroissienne déflorée

Et même usée jusqu’à la corde. Au point

De n’être plus en mesure de concevoir.

 

Qui sera le premier à s’en plaindre, ô ville ?

Ici le poète est un héraut.

Il ne porte pas les armes

Mais il a l’œil sur le blason.

 

Entre le bourgeois et l’homme libre :

La race délétère des larbins

Pose la question de savoir

Comment vivre en homme libre ?

Nous sommes tous nés

Dans cette antichambre

caractère provisoire de cette situation

Si le moyen de vivre libre

Est une réalité ou une fiction.

Encore que la fiction

Naisse des apparences ou du rêve

Ce qui n’est pas la même chose

Oh non mon maître pas la même du tout !

Palamèmedutou / résonnance éprouvée plus d’une fois

Au contact des eaux vives de l’Hers à l’endroit où

Le moulin qui servit autrefois à moudre le grain

Sert aujourd’hui de générateur d’électricité /

[…]

Palamèmedutou / cette chose qu’il est question d’observer

À travers le prisme des arcs-en-ciel que la fin de la pluie

Impose au ciel où la nuée a perdu son sens métaphorique

À cause d’une explication / nous étions sur le balcon

Et nos verres ruisselaient d’intentions ce qui n’est

Palamèmedutou / renseignez-vous avant de critiquer !

Pensant aussi à la femme qui a perdu sa beauté

Ou qui n’a jamais été assez belle pour inspirer

Le désir de la posséder au moins le temps d’en jouir

De quel langage me parlez-vous ? La langue française

A perdu le sien dans le monarchique classicisme

Qui s’est imposé (arc-en-ciel) au Droit comme à l’Art.

Les tropes ne manquent pas si on prend le temps

De discuter avec cette engeance dont l’esprit

N’est pas fait ni construit pour apprécier le temps

Qu’il faut à un homme pour trouver enfin son style.

Palamèmedutou / […] / « suffit de prendre le temps, mec /

Alors tout s’éclaire et tu éteins pour retrouver la chaleur

Du lit et peut-être de celui ou celle qui se donne en spectacle.

Belle ou bonne chanson des choses qu’on connaît

Comme si on les avait fabriquées soi-même.

À la télé et surtout sur l’internet il y en a encore

Plus / des choses qui naissent partout où on met

Nos pieds d’être doué de la parole / cette curiosité

De conquérant que le larbin sert avec fidélité /

La trahison est le nœud de la réussite : acceptez

Le joug et secouez-le s’il vous meurtrit les épaules.

Palamèmedutou / je lègue mes crayons aux mines cassées

À cause de trop de chutes / ces feuilles que le vent

N’emporte pas / tout ce gaspillage de temps : ne plus

Chercher ailleurs ce qui s’est toujours trouvé ici, mec !

Quelle dent dure au malheureux qui ne sait pas

S’il a raison ou tort / traçant la grille d’un poème

Faute de pouvoir en concevoir le plan / parties

D’un tout qui va prendre un sens : et pas que pour soi !

Des années à ruminer dans l’herbe rase des hivers

Et les catapultes du printemps / l’été est si charmant

Si l’automne promet une douceur propre à revisiter

Les lieux cette fois en touriste appliqué : une femme

Ou un homme / pourquoi pas un enfant ou l’ancienne

Façon de dire bonjour au jour qui n’est pas encore né.

La grille n’est pas faite pour être ouverte ou fermée :

Vous passerez devant en remontant la rue où j’habite

Depuis si longtemps maintenant / pas d’architecte ici

Mais un homme muni d’une feuille et d’un crayon.

À la fin (c’est comme ça qu’on appelle ou qu’on nomme

Le dernier segment de temps : allez savoir sur la base

De quelle unité !) à la fin la grille réclame son inachevé.

La voilà bien scellée à ses piliers à l’entrée du royaume,

Mais on éprouve encore le besoin non pas de parfaire

Mais d’ajouter / Rien n’est plus achevé que l’inachevé.

Essayez si vous en avez encore le temps et vous verrez !

Palamèmedutou / Vous habitez avec les autres mais cette grille

(du moins en rêve ou selon les apparences du jour) qui

Ne s’ouvre ni ne se ferme continue de hanter ces minutes

De notaire enfin plié en deux hommes par le temps qui

Lui / s’achève : j’ai toujours aimé lire et c’est pour ça que

J’écris / ne passez pas devant chez moi (chez nous) sans

Consulter l’heure au cadran solaire de mes nuits blanches.

 

Pistes suivies à la fin de l’été […]

« Tu passeras pas l’hiver, dit-il

Mais je n’avais pas entendu

Le « sans moi » / et j’ai eu mal.

 

« Des fois je me demande si tu écris

Ou autre chose. Anything. Moi quand

J’écris c’est à quelqu’un et je sais

Pourquoi j’écris. Je trouve les mots.

J’ai un pouvoir de conviction

Que j’ai maintenant envie

D’exercer sur toi. Ça fera peut-être

De moi une écrivaine. Tu as

Toujours rêvé de vivre avec

Ce genre de femme. Mais tout ceci

N’a d’intérêt que si tu écris

Et pas autre chose, ô mon amour ! »

 

La jalousie borne l’égoïsme tout comme l’hypocrisie.

Fêtez l’anniversaire de votre bison

Si vous en avez un à disposition

« J’ai pas tellement envie de vivre avec les autres.

Mais si tu sers à quelque chose, pourquoi ne pas

Habiter dans ma rue. J’aime pas les déplacements

En commun. Faudrait que tout m’arrive par la rue,

Celle que je connais parce que j’y suis né, mec.

Je ferais bien un voyage avec toi si tu l’organises.

Qu’est-ce qu’un beau vers au milieu du poème

Qui se fiche de ses vers comme le macchabée

Qu’on ramène chez soi après le boulot ? / je

N’ai pas l’esprit à la domesticité. Je fais ce que

Je peux pour ruser avec cette maudite situation.

Pas trouvé d’autre solution aux exigences vitales.

Et puis j’ai pas les épaules d’un voleur / toi non

Plus. Viens habiter chez moi si t’es dans la rue

Ou partageons nos impressions dans l’une ou

L’autre de nos maisons / ça nous fera du bien. »

 

Marre de chercher à écrire

Pour dire quelque chose

De pas trop con. Signé.

 

Qu’est-ce que je fous ici

Restera la seule question

À poser au voisin qui jardine

En attendant de fleurir

Le cimetière de ses rêves.

 

Admirez le coucher du soleil

Sur l’horizon des vacances

Passées à chercher encore

Et toujours la même raison

De ne plus chercher ici

Ni dans aucun endroit

Où le rêve ne croit plus

En lui-même ni en soi.

 

Si c’est passer le temps que tu veux,

Abandonne-toi dans n’importe quel

Recoin de ce rivage rocheux à souhait.

J’enduirai ton corps de l’essence des algues

Et je le purifierai dans la spirale des coquillages.

Je ne connais pas d’autre langage

Que celui de l’abandon.

Je ne suis pas un fan

Des recherches étymologiques.

On n’explique pas le choix des mots

Par ce qu’ils sont devenus

Dans la bouche des autres.

Laisse la mer revenir sous tes pieds.

Six heures de patience

Et de silence vocal.

La nuit tombera sur ta mort.

Et je prendrai la fuite

Pour ne pas tomber entre leurs mains.

 

Bizarre instant du poème cette épode.

J’ai écrit ça après être revenu seul.

La nuit est claire comme son eau.

Je vais la passer sur la terrasse.

Des fois je trouve l’inspiration

Et des fois pas.

Je guette le jour alors.

Le jour est ma proie de chasseur déçu.

Vous habitez le même jour et ça me console.

Qu’est-ce que ce cœur que vous brandissez

Comme s’il s’agissait d’un trophée

Alors que c’est le vôtre ?

Vous ne saurez jamais ce qu’est la poésie

Parce que vous ne savez rien du poème.

Mais pourquoi vous en parler… ?

Songeons plutôt à quelque orgasme

Sans vraiment se mettre à l’abri des regards.

Le soleil a patiné votre beau.

Vous ressemblez de plus en plus à une statue.

C’est pour ça que je rêve de vous tuer.

 

Ne cherchez pas le refrain

Qui conduit la ballade.

Ne cherchez pas à m’échapper.

Vos parfums me rendent fou ou savant.

Votre duvet poli par le soleil appelle mes lèvres.

Pissons ensemble dans la vague.

Croisons nos jambes sous cette eau.

Je vous achèterai un bikini et un chapeau de paille.

Et un voile diaphane pour les jours de vent.

Je ne rêve de rien d’autre en ce moment.

Et si je rêve c’est parce que j’ai accès à la réalité.

Comme il est agréable de glisser

De l’exigence du poème

À la paresse du roman !

 

N’exigez rien de moi que le plaisir.

Signé : votre.

 

Cette race de larbins qui exige un « meilleur salaire. »

J’en suis et je m’en veux. / éclairez ma lanterne ô

Partisan de l’effort produit au service de cette communauté

Particulière qu’on appelle nation faute de lui appartenir

Corps et âme / arracheurs de dents d’un côté et de l’autre /

Celui qui vend est un voleur / celle qui se vend une pute /

Vous n’avez pas le choix ô domestiques nés l’un de l’autre !

Mes rues sont vos rues / ou l’inverse : je ne sais plus

// Ponctuez le temps consacré à gagner votre croûte //

Nous sommes parce que je n’est pas / ces arbres nus

De l’hiver : cette humidité de vent et d’animal chassé.

La Terre (la terre) est à tout le monde : bienvenue

Au voyageur qui cherche à se sédentariser : je lui demande

S’il veut prendre ma place / mais je ne prendrai pas la sienne.

Le voyage est un suicide donc : il faut le planifier avec soin.

Rien à foutre qu’on augmente mon salaire ! Mais je vis

Et je suis donc des vôtres ô buveurs de psittacismes !

 

Ils auront vite fait d’oublier l’aspect de mon cadavre.

Je ne leur laisserai pas une histoire policière

Ni même une tragédie personnelle.

On vide les maisons des morts

Pour en partager ce qui peut encore servir

Ou ce qui a quelque valeur marchande :

Peu de souvenirs sur leurs étagères.

 

Mignonne, allons voir si je bande encore.

Les plis de ton corps sont bons pour l’inspiration.

Quel que soit ton âge et ta situation sociale.

Il y a longtemps que le corps sait cacher ses défauts.

Avec art quelquefois, non sans naïveté.

Allons voir si la beauté a conservé son pouvoir.

Pourquoi pas si la solitude ne dit pas le contraire…

 

Ne plus se réveiller, même sans en rêver.

L’homme n’est pas la Cité mais la Cité est l’homme.

Se nourrir des rencontres devant les vitrines.

On appelle aventure ce qui relève de la circonstance.

« Le salaire est bon si on sait servir. »

Elle ne se souviendra pas de moi

Comme je me souviens d’elle.

Le corps pas même jeté en pâture

Aux animaux de la surface.

Enfouir ou brûler, comme assassins.

Ou est la préméditation dans tout ça ?

Je suis convaincu que c’est la préméditation

Qui ouvre le chemin des cimetières

De nos tranquilles villages

Et de nos villes tourmentées

Par la même tranquillité de silence.

 

Vous serez payé si vous travaillez.

Sinon on vous donnera quelque chose.

Pourquoi anything ?

Ainsi vous ne salirez pas nos paillassons.

 

Belles demeures de ceux qui travaillent pour être payés.

Misère du reste du monde

Et de l’humanité qui s’ensommeille

Dans les refrains de la religion et de la politique.

« Je passais par là et j’ai vu ces filles à moitié à poil…

— Qu’est-ce que vous voulez dire par « à moitié à poil » ? Elles étaient à poil ou pas ? Précisez votre pensée.

— C’est pas une pensée ! Juste une impression…

— Vous ne rendez pas service à la justice en vous exprimant de la sorte… »

Moi aussi je passais et je les ai vues,

À poil / je veux dire : en slip et soutif.

Le reste, monsieur le juge (ou madame)

J’en sais pas plus que vous sur la nudité

Des jeunes filles qui présentent tous les signes

De la sexualité mise à nu par l’inspiration.

Herméneutique et rhéologie :

« Vous m’en mettrez deux tranches,

Une de chaque / j’ai de quoi payer. »

 

Insertion des nouvelles du jour.

Et quand je dis « nouvelles… »

Je dis pas autre chose du genre

J’ai pas le temps revenez demain

Ma fille a chopé un rhume

Quelle idée d’utiliser la piscine

Quand l’autan est noir !

« Utiliser » et ce type s’étonne

De ne pas avoir le même point de vue

Sur la nudité des filles et des garçons

En âge de participer aux réjouissances

De l’été offert par le patronat.

 

Facile mise en page des glissements

Opéré par ce qu’il convient d’appeler

Education de la jeunesse en vue

Du mariage, de la religion et de la mort.

Autrement dit (dans le désordre)

Travail, famille, patrie : idéal

Que ne réussira pas à contester

La trilogie mise en exergue

Au fronton de la nation.

 

La question est de savoir si la terreur

Consécutive au viol

Est due à nos conceptions éducatives

Ou à la nature.

 

La loi dite naturelle

(qui ne l’est peut-être pas)

Contre le droit pensé

Et appliqué par souci

De rendre possible

La vie ensemble

Et le progrès social.

 

Coq à l’âne cocaïne […]

« Blanc ou Noir c’est pareil :

Yen a pas un meilleur que l’autre.

Je propose à l’Assemblée

De laisser tomber ce débat. »

Tous les prétextes bons

Pour prendre la place de l’autre

Et ramasser la mise sans lui.

Ce monde n’est pas le mien.

J’y fous ce que j’y fous. Point.

À la ligne si ça vous chante.

J’ai une de ces envies d’aller pêcher

Au large de nos frontières comme autrefois !

Te souvient-il ? Titi grillant l’éperlan

Entre les rochers de la plage d’hiver.

Ce gosse de riche qui nous observait

Penché sur la balustrade de son balcon.

« La chance qu’il a ce con ! »

Comme si on en manquait

Alors que le banc d’éperlans

Faisait bouillir cette eau.

Et que toujours le même boiteux

Arrivait avec sa canne en nous engueulant

Parce que soi-disant c’était son coin.

Comme s’il l’avait hérité.

De qui un pareil inutile avait hérité ?

La dragueuse revenait du canal à marée haute.

« Les Noirs c’est des Blancs

Et les Blancs c’est des Noirs !

J’en ai marre de me laisser avoir

Par les idées qui courent les rues ! »

Gosse au balcon pas invité

A nous rejoindre et à recevoir

La leçon du futur à notre place.

 

Les fils et le tissu lui-même :

C’est pas la même chose.

 

Cette copla :

No son todos pescadores

Los que a la playa van

.

Unos pescan los jureles,

Otros, las hijas de Adán.

 

Autre :

Y a-t-il vraiment des idées

Dans les choses que tout le monde

Peut voir toucher changer… ?

Ou faut-il les chercher

Dans le rêve scientifique ?

Pour répondre à cette question

Pratiquez la poésie

Aux antipodes de la réalité :

Chant intermédiaire.

Ou préférez le poème

Qui se passe de tout ça.

 

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