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Sériatim 13 (Patrick Cintas)
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 Article publié le 12 mai 2019.

oOo

Qui aurait cette idée farfelue

D’installer une librairie

Dans un bois ou une savane ?

 

...l’essentiel n’est pas que l’artiste soit dominé, mais que depuis cinquante ans il choisisse de plus en plus ce qui le domine, qu’il ordonne en fonction de cela les moyens de son art.

 

Il ordonne en fonction de cela les moyens de son art

Ou il n’ordonne rien du tout et laisse ce soin

À celui qui se trouve devant l’écran.

L’artiste c’est celui qui lit

Et non plus celui (ou celle) qui écrit.

 

Alors qui suis-je si c’est ça que les autres pensent de moi ?

Se demandait ce type au bord du suicide, clé en main.

Il n’avait plus les moyens de faire le tour du propriétaire.

Son esprit refusait obstinément de se livrer à ce jeu.

Il ou elle. Il n’y a d’homme et de femme que dans l’acte sexuel.

Ce que les autres pensent de moi / cette idée folle que j’ai

Que les autres sont ceux qui pensent quelque chose de moi.

— Où c’est que j’ai piqué cette idée… ?

— Tu le sais trop bien… dit la fille.

— Je veux plus penser quoi ce soit des autres !

— Alors finis-en une bonne fois pour toutes !

 

« Ce qui me domine… pas difficile de le savoir… »

Encore faudrait-il d’abord essayer…

Voir ce que ça donne… des fois que…

On ne sait jamais avec ce que pense les autres…

La fille riait en montrant ses vilaines dents.

« Donnez-leur de l’argent

En échange de leurs élucubrations

Et ils deviendront aussi doux

Que les peluches de ma petite-fille. »

Vrai / c’est l’argent qui est recherché

Ce que l’argent permet à celui (ou celle)

Qui en possède sans être contraint(e)

De travailler comme les autres

Ou de risquer la prison ou la cavale.

« J’arrête pas de le dire !

De nos jours

(et c’était peut-être aussi le cas dans le passé :

j’en sais rien : j’y étais pas)

C’est l’argent qui motive le moindre poète.

Même s’il en a par rente ou par salaire.

Il en veut plus parce que cet argent là

N’est pas la conséquence logique

D’un héritage ou d’un labeur d’esclave :

C’est l’argent du commerce / un argent

Qui a valeur d’adoubement / chevaliers

Qu’ils (elles) veulent devenir ces poètes-là !

Et je ne dis rien de la montée en grade

Dans les coulisses de l’État et du Monde ! »

 

On s’approche de la rivière

Comme l’animal du troupeau

Qui paît un peu plus haut

Sur la pente qu’on vient

De descendre avec cette idée.

 

pescadores… et les autres /

Ceux qui ne le sont pas /

Nos filles / chronique du bien

/ Ce sont les mères qui chantent

/ Cousant derrière le rideau des portes

/ Pendant que les pères (Adam)

/ Roulent le filet ravaudé

/ L’œil sur les filles qui minaudent

(Ces autres adorent ça, la minauderie)

Les plus belles minaudent du bec

/ Les autres épouseront des pescadores.

 

Quel royaume veut sincèrement

Devenir une république… ?

 

Quel roman cette démocratie !

Et quel spectacle à ne rater

Sous aucun prétexte !

 

Dire que je ne vivrais pas assez longtemps

Pour assister au rideau final / dénouement

 : On ne pouvait pas rater ça / les nations

Qui ne se donnent pas corps et âme

À cette évolution ne seront pas

Les nations de demain / ou il faudra

Les détruire / bibliothèque d’Alexandrie

 

« Voulez-vous que je vous aide à monter tout ça… ? »

Disant : vénérable monsieur qui ne peut plus arquer.

Surtout quand ça monte ! Ce maudit ascenseur

Qui lui ne veut pas monter / ni descendre monsieur

 : ni descendre / il ne veut pas / tête de mule

 

Ensuite on n’a plus besoin de savoir monter

Ni d’accepter le bras d’un camé qui meurt

Lentement parce qu’il s’ennuie / sans le Mal

Ni le Bien d’ailleurs : pas besoin non plus d’inventer

Des salades / pour : trouver un public et profiter

Des saveurs de l’argent et de la reconnaissance /

 

Toi-même : vous : monsieur : avez-vous : trouvé ?

— Ni l’un ni l’autre… mais j’ai beaucoup travaillé.

Je peux vous montrer ça si vous voulez… oui… ?

Non. Je n’ai pas acheté grand-chose aujourd’hui.

Changeons le sujet de la conversation SVP / ()

 

Le suicide : non : l’accident : monsieur : toujours

L’accident. Alors j’attends et je me désespère.

Rien n’arrive : monsieur : je compose une chanson

Chaque jour / ça me fait du bien / je parle de vous :

De votre suicide : oui : mais rien n’est encore arrivé

Chez vous non plus. Un jour l’ascenseur ne tombera

Plus en panne et alors je n’aurai pas le plaisir

De vous inviter à partager : votre refus témoigne

Assez de notre proximité. Oui : mes économies…

Des bouts de chandelle, monsieur / pas de quoi

Éclairer mes nuits noires. Je ne m’ennuie pas mais

J’attends : ce qui revient au même : ah ce stream !

 

Nous avons besoin de cette liberté de penser

À autre chose qu’au travail qui nous alimente.

Des vacances à crédit moi aussi. Avec qui vous savez.

Le side de l’été. Elle et moi. Des kilomètres avalés

Dans la nuit et la voilà à poil sur la plage de rêve.

Non monsieur : elle n’est plus de ce monde : autre.

 

Mais tout ça c’est du passé : maintenant c’est demain.

Je descends chaque matin pour acheter les fruits

De mon repas quotidien / sans confession / ce repas

Qui me divertit / ivresse passagère / je n’abuse pas :

Moi aussi j’ai soigné des symptômes : puis ça passe

Et la page n’a pas changé d’orientation / ces personnages

Qui reviennent frapper à ma porte : je vous dis ça

En vrac / n’hésitez pas à m’asséner vos vérités si

Ça peut vous faire du bien : je connais 2 ou 3 trucs

Pour améliorer la rythmique du vers sans passer

Par les contraintes de la gamme / nous voici arrivés

/ Palier des rencontres si brèves que je suis incapable

De me souvenir de ce que je vous ai révélé hier /

À la même heure : voyez-vous : vous et moi

À l’heure fixée par je ne sais quelle puissance

Supérieure / Comme il est facile de se tromper !

 

Ah tout ça ne mérite pas le prix Nobel !

Beau navire

Je chantais

Et la mer

Revenait

Ah c’est l’heure

De partir !

Qu’est-ce que ça peut me foutre

Si je ne suis pas là pour en profiter ?

Grâces des corps sortant

De l’eau seins nus au soleil

Moi cherchant à ne pas oublier

Que je suis venu pour ça

Si j’ai des fois conçu un vers

Qui vaille la peine d’être lu ?

Les dalles de terre cuite

Absorbant l’eau des chairs

De la surface de ces chairs

Quel que soit leur âge.

Il m’est arrivé d’en être plutôt content…

Puis j’ai connu un malheur ou un autre

Et je me suis mis à refaire exactement

Ce que je m’étais promis de ne plus faire.

C’est la mer

Qui revient

Et ses vagues

Surmontées

De joueurs

De mon âge.

Je collectionne les oublis et leurs créatures.

Pour ça faut que j’écrive et que je me relise.

Voulez-vous svp me servir un verre de ça ?

 

Faudrait pouvoir en extraire l’essentiel…

Mais c’est pas facile après tant de temps.

Ou bien presser le tout pour pouvoir

Jeter l’écorce et la pulpe. J’ai cette idée.

 

Amenez-vous un soir et on en parlera.

 

Gravissant des escaliers interminables

Dans les tours bornant le rivage estival.

Et là-haut un ouvrier me parla du vertige.

 

« Pour qui travaillez-vous le dimanche ? »

 

On aime les symétries, les circularités, les angles

Qui n’échappent pas à notre attention / ce texte

Demande trop d’appétit / jouez sur la transparence

Des pages / vous avez la possibilité de ne rien lire.

 

Vous verrez comme je suis facile à déchiffrer.

Et puis qu’est-ce qui vous prend de vouloir

Tout savoir de moi ? De ce que je veux dire.

 

Là-bas le décor

Était celui d’une forêt.

Il y avait des chevaux sur la plage.

Et ces filles aux longs cheveux

Que le vent agitait

Comme autant de mauvais présages.

La puanteur d’une cheminée

Descendait sur la ville.

Des signes invitaient le passant

À rejoindre la troupe.

« Venez revendiquer avec nous !

Vous n’êtes pas si différents. »

Il fallait descendre une pente de sable

Fin et blanc

Et l’océan était peuplé de mouettes criardes.

« Je vous assure que je l’ai vécu comme ça ! »

Descendant devant moi mais plus vite.

Je me souviens des griffures environnantes.

Qui descendait derrière moi ?

« S’ils nous payaient comme nous le méritons ! »

Je n’avais jamais envisagé la question sous cet angle.

Je ne travaillais pas.

Je n’écrivais pas non plus en ce moment.

J’avais des idées noires.

Mais je ne pensais pas à la mort.

L’argent me rendait imprévisible.

Cette bagnole sous les figuiers du désert.

Ce cuir brûlant nos fesses nues.

Les créneaux blancs de notre petite forteresse.

Éclaboussures d’une piscine

Dont l’horizon se confondait

Avec celui de l’océan.

Une goutte de cette eau dans la verte.

Cristaux scintillant sur l’argent d’une cuillère.

« Voulez-vous d’autres souvenirs ? »

Des choses que je ne connaîtrais pas.

« Vous connaissez… ? Oui ? Bon alors autre chose. »

La vie consistant à posséder

De que l’autre possède déjà,

Quitte à le déposséder.

Cette forêt n’étant qu’un vulgaire décor de papier.

Un sapin de Noël en son milieu.

Des mamans Noël se promenaient nues entre les arbres.

« Faites comme si je vous avais invité, cher voisin. »

Bon début pour un roman.

Les manifestants ne cherchaient pas à entrer.

Le portail monumental était resté ouvert.

« On se regarde en chiens de faïence.

— Un hasard si leur révolte se tient juste à notre porte. »

Des flics portant sur eux l’indigence de leur intellect.

Des mouchards entre les lignes.

« Vous n’êtes jamais venu… ?

Quelles belles soirées nous passons ici !

Vous deviendrez un fidèle vous aussi, vous verrez ! »

Moi qui n’ai jamais suivi personne

Sur les traces du bonheur imaginé

Par les organisateurs du désir.

Je la suivais comme un petit chien

Qui a horreur de se perdre dans la foule.

Des pancartes prenaient la place des nuages.

« Ils ont raison, après tout !

— Avec eux, jamais ! »

Et on s’est envoyé en l’air

Sous les trembles de la propriété voisine

Qui n’était plus habitée depuis longtemps.

 

D’accord si vous ne vous laissez pas aller

À commettre les excès de cette modernité

Qui n’est en fait rien d’autre que n’importe quoi !

 

Anything. Vous ne reviendrez pas sur vos pas

Après tant d’années à visiter les monuments

Que d’autres civilisations ont élevés dans le ciel

De la Connaissance de l’Autre / dernier rappel

 

Des mots inconnus finiront par obscurcir ce ciel.

De nouvelles conjugaisons, parfaitement inconnues

Elles aussi, changeront la chronologie des faits.

Vous verrez que ces personnages vous seront

Parfaitement étrangers et que l’identification

Sera tout aussi impossible. Un autre monde aura

Pénétré le nôtre / créant une Lune nouvelle /

Nouvelle attraction à laquelle les océans

Se soumettront / bref : tout est possible / ici

 

Vers-planètes en constellation sur la page.

Avec les cartes de vœux rédigées par des enfants

Sur le modèle imposé par leurs géniteurs.

 

Ce besoin impérieux d’envoyer la chose en l’air

Qui nous environne / hologramme des intentions

Que seul le plan a reçu de nous / palais d’hormones

 

Voulait que je vomisse avec lui après les rituels.

Voir : oui mais quoi : si la nuit est la seule parente ?

Expansion imaginable mais incalculable sérieusement.

 

Avez-vous lu ce que je n’ai pas écrit ? / petit malin

Parasitant une fête donnée à des fous que la joie

A transformés en vers-planètes jusqu’à l’aurore.

 

Ce n’est pas que je tourne en rond / mais je reviens

Sans doute à intervalle régulier / sur ces lieux imaginaires

Autant que réellement visités / au cours d’une enfance

 

Qui ne se doutait pas de ce qui allait arriver à son futur.

Analectic Songs. Les répliques descendaient du ciel.

Le personnage (comédien) ouvre la bouche et avale

 

Avant de régurgiter le contenu de ce qui peut être papier

Ou matière optique ou magnétique / ou autre chose

Qui peut toujours arriver pour ne changer que le détail

 

De la pratique / ce qu’il convient de savoir impérativement

Avant de se mettre à écrire des vers / si ce sont des vers

Qui sortent de votre cerveau et non pas de ces propositions

 

Qui n’ont pas leur place sur la scène poétique / vomissait

Sans moi / ne camouflant plus la seringue ni le mode d’emploi.

« Voulez-vous que nous écrivions ensemble ? Moi l’inspiration

 

Et vous le métal qui subit ces contraintes extérieures que

Le commun des mortels (euphémisme pour dire les crétins)

Ne peut même pas espérer comprendre pour allumer sa lanterne.

 

Trou creusé sous la maison / prenant la précaution de ne pas

Fragiliser les fondations / consultez le plan géologique /

Et dites-moi si vous sentez quelque chose de particulier…

 

Les uns sont doués pour le stream, les autres pas /

Qu’est-ce qu’on peut y faire ma bonne dame hein ?

Automatique ou prémédité / vous ne le saurez pas !

 

Les vers-planètes ne vous diront rien si vous n’êtes

Rien / le vers-planétisme (notez le changement d’accent)

N’est pas jouable par tout le monde / alors se pose //

 

La question de la démocratie qui veut que ce qui

Ne peut être compris par la majorité ne doit pas

Jouer avec les enfants à la pédophilie ni à chat

 

Nos plaisanteries ne sont plus aussi courtes

Maintenant que l’âge nous a pris par la main

Pour nous aider à franchir le seuil de l’existence.

 

Vous voulez faire plus et mieux que Sade… ?

Je vous souhaite du bon pain sur la planche !

Et aussi une tranche de Poe

/ et du vin de Rousseau

 


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