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 Article publié le 19 mai 2019.

oOo

Ça joue beaucoup aux entournures de l’existence.

Ça se cherche un aspect / et qu’est-ce que ça trouve ?

 

L’humanité, en tous cas celle qui peut te lire,

C’est toi et toi seul / et quand je dis seul…

 

On aime la trouvaille / l’écaille qui se détache

Sous l’effet de la lumière / on a l’impression

D’avoir trouvé soi-même / on se reconnaît

 

Le texte a vite fait

De secouer ses manches de prophète.

Il y a toujours un dieu

Derrière la prise de parole.

 

Le poème comme excrément

Après l’ingurgitation poétique.

Qui veut lire ces déjections

Devant tout le monde ?

 

Moi j’ai un bison et vous n’en avez pas.

Vous n’en aurez jamais.

Vous aurez autre chose

Mais pas un bison®

 

(Un bison séminole)

 

Le même arbre dans le ciel

En toutes saisons le même

Avec ou sans ses feuilles

Le même et jamais un autre.

 

Le soleil par intermittence

Parce que le ciel est couvert

Et que le vent en altitude

Joue avec mes nuages gris.

 

Je franchirai une clôture

Pour traverser le champ

Et croiser les animaux,

Frères des clochers.

 

Terre d’avant le printemps,

Lourde aux pieds qui la foulent.

Je ne sais pas où je vais.

Je sais où je veux aller.

 

Quelle ode ! Quelle érudition

Qui ne dit pas son nom !

Les toitures de mon village,

Autant de chapeaux sur ma tête.

 

Le bois se consume lentement,

Comme la chair de nos aïeux.

Nous ne sommes plus cousins.

La capitale a son langage.

 

Tu ne t’évaderas plus désormais.

Tu promèneras ton chien d’enfer

Parmi les canards sédentarisés.

Un pêcheur saluera tes exploits.

 

Sinon la ville est loin d’être un enfer, l’ami.

On s’y déplace à grand-peine, on y sue

Sous l’imperméable ou dans sa chemise.

La conversation se laisse aller en métropolitain.

Une cigarette accompagne d’autres plaisirs

Petits. On voit beaucoup de vieux qui peinent.

Leurs filets aux commissions sont bien ronds.

Les voilà au pied de leur immeuble, indécis.

Ont-ils tous connu la campagne immobile ?

 

Quel chemin que l’attente au travail, l’ami !

Le soir tu te demandes

Comment les uns trouvent

Et les autres pas.

À ce rythme la vie sera courte comme celle

Des papillons. Mais qui a sa chenille en secret ?

Guettant le moment où la nymphe (en principe)

Annonce des nuits prometteuses de joies

Créatives. Au guet l’employé de l’emploi !

Mais la nuit attend.

Elle ne rêve plus.

Elle se réveille

Avant même

D’avoir trouvé le sommeil.

Quelle misère ces longues cigarettes de l’ennui !

 

Qui n’écrit pas, s’il veut écrire, s’ennuie.

Qui écrit trop se demande s’il écrit

Ou si c’est autre chose qui lui arrive.

 

Le poète est celui qui cherche le langage

De ses observations.

Et s’il ne le trouve pas, tant mieux !

 

Le sentiment est une idée de soi.

Et l’idée, le sentiment que ce sont les autres

Qui empêchent d’écrire.

 

Misère des pots de chambre qu’on n’utilise plus

Parce que c’est plus facile d’ouvrir une porte

Que de glisser sa main sous son lit.

 

Oh ces glissements sous les choses !

Ça vaut mieux que le scalpel.

Rien n’est ouvert et tout arrive.

Ainsi se recueille la poussière des parquets.

 

Poussières, moisissures, coulures, entailles,

Réponses des surfaces, aveuglement tangent.

Si possible la nuit quand le monde est endormi.

Caressant les corps incertains de l’obscurité.

Le poème peut naître aussi de ça. Que dis-je ?

Il naît de cette exploration aveugle et sourde.

Tu es celui qui cherche le langage des choses

Nues. Les choses qui ne contiennent rien.

Toute surface qu’elles sont ces choses dues

À celui qui traverse le temps de cette manière.

Bien sûr, tu voudras savoir qui t’accompagne.

Qui donne un sens à ta solitude de caresseur

D’objets ? Si ce n’est pas Dieu c’est donc

Forcément mon double ! t’écris-tu dans

La nuit. Et tu as parfaitement raison

De le croire et de crier pour le faire savoir.

 

Cette obscurité de machine à tuer le temps

N’est en rien un mystère ! Et tu cries dehors

Ce que d’autres regrettent dedans. Honnête

Et sincère poète, voilà ce que tu es au fond.

 

Alors au diable leurs raisons de croire !

Caressons le dessous des choses.

Recueillons les produits de surface

Sans nous soucier de savoir qui a raison

Et qui a tort. Jouir est un devoir citoyen (rires).

 

Qui a le stream a la poésie.

Moi j’ai le bison séminole.

Je te salue, vecino.

 

Politique ? Mais oui que j’en fais !

Et même tous les jours.

J’emmerde le bourgeois et ses larbins.

J’ai des petites joies de temps en temps.

Mais bon : si j’en avais l’occasion :

J’hésiterais tellement à me servir de mon couteau

Que je ne couperais rien /

Je veux bien / à l’occasion / voler qui en a /

/ Mais voler une vie /

/Même si elle colle à l’existence

Au point qu’on ne sait plus quels chats fouetter /

/ Non / c’est trop difficile /

« C’est au-dessus de mes forces. »

Ce que j’aime ces temps gris / ciel bas /

La tramontane s’est assoupie enfin :

On peut sortir sans se les geler /

Ça inspire la balade / mon chien

Est heureux comme une femme

Qui a obtenu ce qu’elle veut /

Les jardins ne sont pas encore fleuris

Les piquets se mouillent contre la haie.

La brouette retournée abrite un petit animal.

Sautant la clôture, j’aperçois des oiseaux migrateurs

Traversant le ciel entre les nuages ces oiseaux

Qui ne font plus rêver personne.

« On y va en avion et pourtant on n’est pas riche ! »

Vent à peine dans les feuillages presque nus.

Mais la nudité n’appartient-elle pas plutôt

À ces branches ruisselantes qu’un oiseau secoue

Au rythme de sa poésie personnelle.

« Tous poètes ! »

Je ne me suis jamais autant ennuyé que cet hiver.

Les flics sont toujours aussi minables.

Beau métier pourtant mais qu’espérer de pauvres types

Qui ont raté l’expérience scolaire promise par la République ?

Qui ne se vend pas se condamne à la solitude.

« Nous aurons des poètes au conseil municipal.

Rien ne vaut la poésie quand tout va mal.

Entretenez ce goût de la Beauté

Dans l’esprit de vos enfants.

Ne donnez rien qui ne vous soit payé. »

 

Beau ciel gris des matins tranquilles de l’hiver.

« Je me demande où nous allons avec toi… »

Le chien cherche son enfer et ne le trouve pas.

Il aboie au lieu de se laisser charmer voire instruire.

 

Pensez bison si vous n’avez

Pas le stream / pensez

Aux côtes de la Florida

/ Elle vous le rendra

 

« Est-ce qu’on peut avoir envie de vivre le matin

(comme ce matin tranquille gris d’hiver)

Et se donner la mort en fin d’après-midi ?

Je pose la question parce qu’on me l’a posée… »

 

La mort en fin d’après-midi / alors

Qu’on n’y pensait même pas ce matin /

Je veux dire : se donner la mort

Parce que c’est tout ce qu’on possède vraiment

Avec cette vie qui nous a été donnée.

 

« Prenez le café avec moi et on en parlera. »

On parlait de tellement de choses

Entre le matin (tôt) et la fin

De l’après-midi juste avant

Que le soir devienne totalement

Nuit / même ciel que ce matin

 

La question de l’argent qu’on a

Ou qu’on n’a pas / l’argent utile

Si on veut continuer d’exister

Sans se soucier de la faim

Ni du froid / Sur le Noël, morte saison,

Que les loups se vivent du vent,

Et qu’on se tient en sa maison,

Pour le frimas, près du tison

Comme c’est beau la poésie

Quand c’est bien fait !

 

Toutes ces choses si utiles !

Mais on n’a pas le choix.

Malgré la philosophie

Qui prétend le contraire.

Le seul choix c’est la mort :

Tuer ou être tué / se tuer

« À la balle ou au boulot »

 

Misère de l’esprit mal nourri.

« La faim n’est pas une bonne discipline. »

Poésies. J’en retournerai comme ça tous les jours.

Mais à quoi bon : Arthur avait ses colonies / pas moi !

 

C’est le refrain de la journée.

Arthur avait ses colonies / tsoin tsoin

Ce ciel gris que je me mets à aimer

Comme j’aime ses arbres presque nus.

Pas vraiment envie de quitter ce monde.

Je le possède autant que ma mort.

Et cheminant avec les Solitudes

Dans la poche et un chien qui

Cherche toujours son enfer

J’aime l’hiver que je hais

Autre refrain / essayez donc :

Arthur avait ses colonies

J’aime l’hiver que je hais

 

Vous devriez travailler ça aujourd’hui

Puisque vous n’avez rien d’autre à faire /

 

rien d’autre à faire / tra la la

Arthur l’hiver et le travail du jour

Le cul au sec sous la feuillée.

Le chien s’est endormi dans son enfer.

Quel rapport entretenir avec l’hiver ?

Les bourgeons croissent sur les branches.

La pluie de la nuit ruisselle encore.

La tramontane s’est endormie dans son enfer.

 

Si vous m’invitiez à partager avec vous

Un repas 3 étoiles et que vous me promettiez

De ne pas me lâcher avant l’aube… ?

On voit la neige

Uniquement si le ciel est dégagé.

Ce qui s’est perdu n’est-il pas oublié ?

…Tiens le ciel est bleu maintenant…

On dirait que les nuages fuient.

Par effraction dans une de ces maisons

Où le touriste se paie de notre tête.

Les nuages se poursuivent maintenant !

Fuyant et revenant à l’assaut du bleu.

J’ai toujours aimé vivre de vent.

Hiver comme été le vent

Dieu de la joie et des idées noires.

 

En ville les places sont occupées.

Il n’y a pas de « citoyens ».

Ce sont des habitants.

 

Moutons de Panurge des bateaux rentrant au port.

Le même quai depuis des générations.

Les chats sortent de leurs trous.

Chaque sillage a son vol de mouettes.

Moutons en route pour l’horizon.

Ils habitent chez leurs parents.

Ils reviendront toujours

À l’heure des rites familiaux.

Travail, famille, patrie :

Pétain avait donc raison :

C’est ce qui leur convient

Le mieux : habiter sur terre

Plutôt que d’en rêver.

Et comme je rentrais au port

À cheval (si je puis dire)

Sur mon bison séminole /

J’ai rencontré l’amour

Ô filles d’Adam / rêveuses

De capitales et de vacances !

 

« Entre les flics et les fils de famille

Ah je vous le dis : on est mal partis ! »

 

« Auriez-vous raison contre tout le monde… ?

Nous sommes un seul et même cerveau ! »

 

« L’effet d’un chou pourri sur un sofa de soie.

Bon… d’accord… Mais ce n’est pas que ça… »

 

« J’ai appris hi-er… J’ai appris hiver. »

 

La tramontane profite du ciel bleu

Pour revenir hanter nos cheminées.

N’assourdissez pas le vieux

Qui n’entend que ce qu’il veut.

« Il y a tellement de belles choses à voir ! »

Et : justement : je revenais d’un long voyage

Au pays où le chant peut vous mener loin.

« C’est en ville qu’on se sent le mieux.

Prenez pour exemple les illuminations.

C’est la Cité qui hante ces campagnes.

Je suis. Donc vous n’êtes pas. Ah ! Ah ! »

 

Tristesse d’un passage où le forçat ne passe plus.

Nous avons connu ça dans tous les ports.

Pourquoi condamner celui ou celle

Qui ne fait rien comme les autres ?

Ces oiseaux migrateurs qui n’attirent plus le regard.

L’écran multiplie les vitrines. Si vous voulez m’aimer

Ne prenez pas cet air supérieur. Je ne suis pas que belle.

Ce qu’elle pouvait être douce à cet endroit-là !

La différence entre vous et, disons, un criminel… ?

Non… Je ne vois pas. Vous inspirez le crime.

Après vous avoir lu, on ressent ce besoin

De commettre ce qu’il est interdit de commettre !

Arrêtez-vous au bord de la rivière un jour d’hiver.

Les galets ont acquis cette matité impressionniste…

Bien sûr vous ne connaissez ces peintures

Que sous le verre

Qui les protège des outrages de la lumière.

Éclats d’écailles dans l’opacité où plongent

Les racines. Avec un peu d’expérience vous

Les aurez pour rien. Conseil suivi dans l’après-midi

Avant de songer à la mort en termes de poésie.

Virginia au fil de l’eau

Virginia ma maîtresse

En poésie solitaire

Il commençait (malgré lui) à organiser le poème

Sur chaque page / se soumettant au format

Comme lorsqu’il peignait sur des toiles achetées

Par paresse / Virginia aux poches lourdes

Dégoulinant dans l’herbe de la rive / les truites

Étaient excellentes / et vous tenez là l’opinion

De quelqu’un qu’on a élevé (façon de parler)

Au bord de la mer / cercueil de Queequeg

Vous sauve un narrateur qui sinon… / poésie

Des coulures de rivière dans l’herbe haute

Où le corps fut déposé / pourquoi se suicide-t-on ?


[...suite]

 

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