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 Article publié le 15 septembre 2019.

oOo

Filez encore, connaisseurs

De l’ordinaire existence

Qui est tombée sur nous

Comme le rideau sur la scène.

 

Là-bas la sagesse consiste

À jeter la poussière du chemin

Sur la robe des juges qui baissent

Leurs savantes têtes en priant.

 

Filez avec les défauts de la langue.

Jetez la poussière mais pas

N’importe laquelle : le chemin

Conduit à la sagesse et l’enfant

 

Ne connaît pas la haine : il sait

Ce qui convient au juste équilibre

Des forces sur quoi repose la vie

Libre et heureuse de l’homme fait

 

Pour exister : tissez puisque c’est

Encore possible / la robe des fonctions

Qu’il faut bien assumer si on veut

Vivre / et mourir en cours de balade

 

Et non pas sur un champ de bataille

Ou dans la rue au révolver : la pluie

A aussi son rôle à jouer / les orages

Jouent souvent / celui qui n’angoisse

 

Pas est un personnage de roman :

Réduisez l’orgueil des juges à néant

Afin de pouvoir entrer en philosophie :

De la connaissance à l’action il n’y a

 

Qu’un pas / portes cochères et portails

Des fils de fer barbelés : à cap Canaveral,

Un vaisseau s’est élancé vers un autre monde

Et John Wayne est passé à la télé (un Ford).

 

« vous verrez : la vie ne sera plus misérable / ici

/ mais vous vous ennuierez souvent : à moins de

zapper avec pertinence / » / rendez-vous utiles

Et profitez de votre salaire : ne dépassez pas

Les bornes de la critique ni du comportement :

« L’existence est une mer d’huile » / le fauteuil

D’osier craque sous lui / dehors tout lui ressemble

/ « un prix pour chaque chose : rien n’est gratuit

certes / mais chacun peut travailler dans le sens

de ses désirs : » / à la hora feliz la double dose

De plaisir liquide / une entrecôte grille sous la

Hôte noire et peuplée de chats doux comme des

Agneaux / « j’aime les chats aux fleurs si prégnantes

/ possibilités de rendez-vous avant la nuit : mixez

les sentiments communs et buvez ! » / doigts

De pieds strictement bronzés de sa femme /

J’imagine les couches successives : ils reviennent

Chaque année / « sans les enfants » / la télé

Pétarade en noir et blanc / « on attend le match »

 

Rien n’est moins magique que la beauté.

« je peux pas expliquer » / « je trouve pas

les mots » / ce désir de posséder / tentation

De l’expérience : les corps des jeunes filles

Au soleil / plus loin la roche aux éclats d’or

/ la mer qui rutile / beauté d’une goélette

Traversant le champ / sur le roof des beautés

Nues prenant lumière et soleil dans un seul

Embrasement de chair / des types satisfaits

De leur réussite / « c’est pas banal mais c’est

concret » / l’attention détournée par d’autres

Phénomènes tout aussi inexplicablement ()

Ressentis / nous cheminons sur le même

Chemin depuis tant d’années : nous n’attendons

Plus rien du chemin et tout de la beauté / qui

/ nous le savons / peut surgir comme le loup

Des bois / la question est de savoir qui nous

Empêche de changer : ou nous le savons trop

Et le compas est faussé après de longues

Études au cœur même du schloss (référence

nécessaire) / Qui ? Où ? Quand ? Comment ?

Étendu comme les autres sur le sable : « jouons

sinon je m’ennuie » / mais crayon en main il ne

Cessait de noter les détails de cette aventure

Si drôle et si tragique / « ce soir la Lune est pleine »

 

Ce que vous appelez beauté est un complexe.

Vous n’en viendrez pas à bout avec des paroles.

Fussent-elles les plus poétiques et les plus vraies

Que votre sacré cerveau peut concevoir encore :

Vos yeux ne regardent plus : ils reluquent / yeux

Comme médium et non plus comme outil / encore

Un peu et vous donnerez dans la confession :

Écueil du langage : vous prendrez l’eau avant

Longtemps / vous avez acquis le savoir-faire

/ comme un acteur (artiste) de music-hall /

Mais le reste… ? / les murs / ces maudits murs

Qui enferment… ? / ces murs percés au lieu

De contenir… ? / la beauté vient-elle ainsi de

La simplicité… ? / d’une simplicité originelle… ?

/ en tout cas elle n’est pas moins inaccessible

Que la plus proche des étoiles / point de magie

Dans l’athanor des doctes / quelle ode ! / à même

Cette terre qui ne vous a pas vu naître parce qu’elle

Est aveugle : réfléchissez…/ témoins de l’État civil :

Fonts baptismaux où l’eau n’est pas plus nouvelle

Que l’ancienne pratique du feu / ces murs ! /

Transpercés par l’écho de l’été / vous vous (vous !)

Suiciderez devant un parterre de personnages

Dont personne n’a entendu parler /

 

Anecdote :

« Le mort

N’était plus mort

Mais cela

Ne dura pas… »

 

Il y avait ce type qui désirait plus que tout

Parvenir à écrire quelque chose d’aussi

« réussi » que Les Fleurs du Mal / mais sans

Le Mal ni Satan ni « ces femmes qui n’en sont

pas » / il avait lui aussi une « histoire à vendre »

/ mais pas dans le genre « chou pourri sur un

sofa de velours » / l’histoire d’un type qui aime

Le Monde à tel point qu’il veut le changer : mais

Pas seulement sur le papier / l’engagement, me

Dit-il : tu devrais t’engager toi aussi : tu verras

Ta popularité augmenter à la mesure non pas

De ton talent (de ton génie) mais à la hauteur

De la vérité : « c’est mieux la vérité / versus /

la sincérité et tous ces « élans mystiques » et ces

« bizarreries de style » : tes choix ne t’honoreront

jamais » / Les Fleurs du Bien ? / « j’ai jamais

parlé de fleurs ! » / il parlait du tirage et du

Nombre des travaux : « tous ces esprits fleuris

penchés sur mon bouquin : mais alors : mec !

de mon vivant ! Ah ! je veux pas mourir avant ! »

Je n’avais jamais assisté à un pareil spectacle

De l’angoisse :

 

« la nuit je ne dors pas

 : à cause de la nuit

. Le jour je travaille

Parce que c’est le jour (,)

 

Étoiles des arbres nus

Aux carreaux de ma porte.

Je n’ose pas sortir

Avec les petits animaux

Qui peuplent ma solitude (,)

 

Avec ou sans Lune je m’ennuie

. Je ne m’aime plus : j’ai froid

Alors que cet été est le plus

Chaud depuis cent ans : la télé

En dit toujours plus sur le temps.

Un chat miaule mais ce n’est

Pas moi (,)

 

Je ne joue plus avec ta nuit :

Je ne te comprends plus : aussi

Bien qu’avant. Avant : tu jouais

Avec mes écrits tu : ne les comprends

Plus. Étoiles en nombre croissant

 

Depuis le début de l’été. Rien d’autre

Que cette alternance même : quand

Je ferme les yeux pour : ne pas te voir

 : endormie comme si plus rien n’existait

Que moi (.)

 » des saisons :

 

Toute transparence finit dans l’opacité.

 

Chaque fois que le poème s’approche de sa chanson,

Il périclite / avec moi il menace de tomber en ruines

/ vieilles pierres pas si anciennes que ça : été comme

Hiver : les manches retroussées du travailleur en nage

/ il construit sa maison et rêve d’un palais / à proximité

Des lieux où le repos impose sa croissance de cristal :

Retombé en enfance il croise sa guitare avec le fer des

Humbles / la la la : personnages pour figurer les apparences

/ à l’angle des deux rues la borne de granit écaillée

Comme le manche d’un couteau au travail de la viande

 : plus personne ne passe : pas même les Tristes / ruines

Dans l’intervalle : la langue française a perdu sa prosodie

À force de lois / mais la versifier ne lui rendra jamais

Sa liberté de femme facile : que la chanson tue le poème

Et qu’on n’en parle plus !

 

L’angoisse s’est éteinte avec

La promesse d’une nuit sans fin.

 

« Tu n’en sortiras jamais ! »

Bulle blanche formée par le drap.

 

L’appel (ou le cri solitaire)

D’un animal traverse la nuit.

 

Jusqu’où la traverse-t-il ?

Poème ajouté au poème :

 

À revisiter par transparence verticale :

Qu’est-ce que le ciel (dit-il

 

À la nuit) : sinon le début

De ma course folle ?

 

Personne ne l’écoutait.

On dort si bien la nuit

 

Si on n’a pas de raison

De s’éveiller pour l’achever.

 

Je suis… je suis… et si j’étais… ?

 

Quel beau début pour un poème… !

À moins que ce ne soit que le refrain

De la chanson :

 

Il n’y a rien à glaner

Dans les rues

Dans les champs /

Tu l’as toujours su :

Mais tu reviens toujours.

Là-haut à la fenêtre

Une belle t’attend /

Mais pour l’instant

C’est son mégot

Que tu reçois sur la tête !

 

« ya d’la friture sur les ondes de la poésie !

/ — c’est exactement ce que je voulais dire…

/ — ya pas qu’la langue qu’est morte…

/ — ça écornifle jusque dans les ministères /

— le mystique au prix de la cacahuète /

— et pan qu’elle m’envoie sa clope sur le museau !

/ — tu r’viendras plus ou c’est qu’t’es con…

/ — je m’pendrai pas sous son balcon…

/ — des fois j’y foutrai l’feu au cul !

/ — et des revues et des revues ! / papa

Tutur va pas êt’ content dans sa tombe

Pas creusée pour qu’il s’y retourne…

— c’est bien l’seul homme que j’connais pas

Qui y retourne comm’ s’yavait pas

assez de po

de poésie

dans ce pupu

dans ce putain

d’pays chrétien

et démogratte !

 

 » des saisons /

 

« faut-il que je m’enferme dans ma cuisine :

Brûlant les fonds de casserole de ce qui reste

De la prosodie / ? Poisson non encore écaillé

Dans l’évier

Ouvre un œil rouge

De mon côté :

— ces saloperies se couchent de telle manière

Qu’ils se privent de l’usage de l’autre œil !

/ ya pas d’poésie sans cet œil-là ! —

Non chéri / pas de poésie sous le couteau

Aux traces d’écailles / à midi retour de l’école

/ je n’arrive même plus à me mettre en colère :

Après quoi ? / des couvercles rouillés

Sous l’évier

Et leurs bocaux

Où la saumure

Fait voyager

Mes petites graines

J’en sème aussi sous l’armoire ancienne /

La tapisserie se décolle : fruits et légumes

Du bonheur de travailler comme Dieu le veut :

J’assassine un petit poète avec une feuille de chou

 : sectionnant ses glandes au ras du ventre :

Patates non pelées sur la table : qui suis-je

Pour demander qu’on me juge sur pièces ?

Tu me connais : je finirai aussi mal que toi

/ je ne me soucie pas de ma charogne

Comme Bubu qui aime sa femme /

Pour l’heure je cuisine avec la sauce tomate

Qui amuse l’enfant

Quand il joue au soldat

 

 » des saisons :

 

Qui aime mieux que moi

Le rivage des fleuves

Au pied de la montagne ?

 

J’y jette ma ligne

Et ma petite faim :

On se verra demain.

 

La barque qui s’avance

Vient me chercher /

J’ai encore de l’appât

 

Dans ma vieille ô vieille

Boîte de conserve rouillée :

Métal des armures, je crois.

 

Les mégots tombent des fenêtres :

Poésie sans poème

Des vierges folles.

 

Il y a longtemps maintenant

Que je n’attends plus : une carpe

En rut renvoie le soleil.

 

Plus de nuit désormais /

L’infinie lumière du jour :

À ne plus pouvoir fermer

Les yeux /

 

Le rêve éveillé du dernier témoin :

« j’ai dénaturé ce qu’il y avait de beau

En vous : » /

Passants des rues et des prés,

Ne réduisez pas le poème

À la rengaine qui vous trotte

Dans la tête depuis longtemps !

 

Ne soulevez pas vos pieds plus

Haut que le trottoir ou le talus :

Les girouettes ne chantent pas

Mais elles rouillent en silence

Jusqu’à ce que le vent les tourmente.

 

Sous ce toit j’habite enfin seul :

On a trop peur des copulations

En cas de cohabitation / selon

La nature du sol on devient momie

De cuir ou amalgame propice

À de nouvelles cultures / riez

 

Au lieu de vous inquiéter

Parce que vous finirez comme

Moi : la chanson n’est pas de

Saison sous terre / j’aimerais

Un poème ô pas long ni profond

 : mais obscène comme la vie

/ avec des reflets d’or SVP /

 


[...suite]

 

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