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Les derniers jours (mots) de Pompeo
Les derniers jours (mots) de Pompeo 16 (Patrick Cintas)

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 Article publié le 14 juin 2020.

oOo

Secoue sa vareuse. Gouttes que la secrétaire essuie sur sa peau puis disparaît dans un placard où elle jure. Il trépigne sur la moquette, frotte ses mains l’une contre l’autre, cherche son paquet de cigarettes.

— Vous avez des aloufes, Pedro ?

Je fais signe que j’en ai pas. Mais je tapote ma poche pour signaler la présence des señoritas. Il secoue la main. Il préfère les clopes, referme la porte et vient s’asseoir.

— On en est où ? dit-il (observe sa braise)

— (coupable, tête basse) J’ai… digressé… euh… la dernière fois…

— (net) Vous avez bien fait. Continuez.

— De digresser ? (je constate qu’il a des aloufes mais je ne commente pas le fait qu’il m’a demandé d’en avoir… si j’en avais)

— Il pleut. À verse. Grosses gouttes jaunes. Pas de vent. Je n’ai croisé personne.

— « Il ne pleuvait pas. La brise du matin. Peu d’arbres pour l’apprécier. J’attendais que le moteur chauffe. Une voix synthétique me préviendrait. Ou papa. J’étais le seul voyageur et j’étais proche du terminus. Là-bas, d’autres voyageurs attendaient. Je fendrais leur groupe pas pressé avec mon bagage à la main. C’est comme ça qu’on arrive. Et c’est comme ça qu’on repart. À date fixe. Sauf conduite incompatible avec la liberté relative. »

— Bref, vous attendiez sous le parasol.

— Il n’était pas encore ouvert ! Aucun parasol n’était ouvert. Le barman serait à l’heure. Mais j’ignorais si j’aurais le temps de prendre un café avant de monter dans l’autocar.

— Vous aviez l’heure ?

— Au poignet ?

— Ou autrement. Un des cadrans numériques du tableau de bord…

— (fouillant dans ma mémoire) Je… Je n’avais pas anticipé ce détail… (souffrant de réfléchir à cette particularité) Si ça continue comme ça, je serai venu pour rien !

— Ce n’est pas ce que dit ce document… (lorgnant l’écrit avec délectation)

— (se reprenant) Excusez-moi ! (désespéré) Il y a des détails qui…

— Vous échappent ?

— (approuvant de la tête, sourire forcé de celui qui s’est fait attraper par la queue) Je pense qu’on ne peux pas se souvenir de tout. (attendantune réponse à cette question cachée)

— (négligent) Peu importe. Mais bien souvent, c’est le détail qui alerte l’esprit. (mimant) Attention ! Je suis là !

— Mais vous n’y étiez pas… (encore un cran dans la croissance impérieuse de l’angoisse)

— Qu’est-ce que vous en savez ?

— (soumis) Vous avez raison. (vaincu) Je ne sais pas tout.

Donne à constater que la pluie n’a pas cessé. Installe le silence comme système. Attend. Il enchaîne les clopes. Les écrase dans le cendrier de la veille. Nous nous connaissons depuis des années. Pompeo le surnomme mon Castrateur. Avant, votre prépuce se dégageait à l’érection. Depuis, vous avez un phimosis. (un temps) je suppose que vous ne bandez plus…

— Ce qu’on m’inflige n’est rien à côté de ce que j’ai fait subir à cette fille… Je mérite…

— Vous ne méritez plus rien, mon vieux ! Vous sortirez d’ici détruit et proche de la mort que vous ne chercherez pas longtemps. J’en ai connu…

La pluie têtue de nos conversations.

— Vous avez des aloufes ?

— Je regrette… Je suis venu sans… Je pensais… Mais j’ai mes... dans la poche…

— Je préfère les clopes. Continuez.

— Où en étions-nous ? J’ai perdu le fil…

— Le moteur ronronnait. Question de ne pas repartir à froid. Le parasol…

— (joignant mes genoux) Le barman n’allait pas tarder à arriver. Quelle heure pouvait-il être ?

— Si vous ne le savez pas… Ou si vous avez oublié… (geste d’impatience)

— (perdant ma contenance) Marre de vos didascalies à la Feydeau !

Ça lui en bouche un coin. Il écrit sous la lampe, le bloc de papier sur la cuisse, la cigarette pendante. Il me condamne ainsi à l’attente. La pluie têtue de nos conversations. Vous voulez sauver votre âme ? Vous êtes ici au bon endroit. Je suis à la fois le confesseur et le guérisseur. Deux en un. Janus des proies ! Vous en avez de la chance. Naguère, on vous aurait coupé la tête. On ne vous a même pas coupé la queue !

— C’est bon, dit-il. Il m’est venu un tas d’idées. (riant) J’ai tendance à les oublier. (cessant de rire) Mais celles-ci ne vous concernent pas. (seremémorant) C’est en venant ici. Sous la pluie. Je me suis abrité (avec d’autres) sous le porche d’une boutique de souvenirs. Certains de ces objets… (plongeant son regard d’aigle dans le mien) Ça ne vous est jamais arrivé… ? Vous savez ? (efforts en série) Mais ça n’a rien à voir avec vous ! Reprenons. (lesyeux à la fenêtre dont les vitres sont devenues opaques) Vous avez lu Feydeau (fils) ? (un doigt sur les lèvres) J’ai vu… une fois… Chevallier & Laspalès… Vous savez… ? (tapant sa cuisse du plat de la main) J’ai oublié le titre !

— La chasse.

— En parlant de chasse… Vous savez que Pompeo…

— Est chasseur. Oui, je sais. J’écris ses Mémoires.

— J’avais oublié ! (souriant bêtement) Ce n’était donc qu’une interruption

— La mort de Pompeo ? (étonné)

— Non ! Ce voyage… en autocar… finalement seul… imaginant le système… pour pallier le manque… d’imagination… Fancy. Continuez. Le barman est-il enfin arrivé ? Je veux dire : avant que l’autocar vous invite à monter à son bord… ?

— Peut-être que les choses étaient écrites. Je me demande parfois si elles ne le sont pas systématiquement.

— Vous y pensiez ? Je veux dire : en ce moment-même… ?

— Je ne peux pas vous dire… J’hésitais…

— Vous étiez sur le point de renoncer à la revoir, n’est-ce pas ?

— Tel était mon projet… initial. Mais ils ignoraient qu’elle était enfermée à l’endroit précis où je me rendais pour vous rencontrer…

— Dans le cadre de cette décision judiciaire d’obligation de soins… (soupirant) Nous ne le savions pas, en effet… Sinon… (se reprenant vivement) Mais ce genre de détail ne relève pas de ma responsabilité ! Je n’avais signé que la partie concernant votre aptitude à voyager sans accompagnement… quoique nullement sans contrainte…

— Je n’avais pas d’aloufes… du moins au départ… Vous connaissez la suite de l’histoire… C’est paru dans la Presse…

— Hélas ! Hélas pour l’Institution. Mais surtout hélas pour moi. (chuchotant, cigarette au bec) Vous savez peut-être que j’ai été inquiété… ?

— Je m’excuse…

— (reculant, la fumée suit son visage grimaçant) Ne vous excusez pas… mais vous m’avez joué un sale tour qui… (presque menaçant) qui aurait pu me coûter cher… très cher ! Heureusement… (par dépit) Ah et puis n’en parlons plus. Revenons plutôt à nos moutons.

— (inquiet) Je ne sais pas si je pourrais éviter le sujet… puisque ce voyage a réellement eu lieu…

— Je ne vous dis pas le contraire… (soupir) Mais passons sur votre ruse… (puis) Mais comment avez-vous appris qu’elle était enfermée ici… ? Pompeo ?

— (battant la vitre froide) Maintenant qu’il est mort… Quelle importance ? (silence, puis trois croches de toux nerveuse, sèche) Je n’écris plus ses Mémoires…

— Ah bon… ?

— Sa veuve… (impatient) Ah et puis parlons d’autre chose…

— (patient) Une autre fois…

— (définitif) Jamais ! (un temps, fumée, grattements phosphoriques, toux plus grasse que d’habitude, froissement d’une feuille qui entre en silence dans une corbeille) Le barman…

— Est enfin arrivé ! (jouant dans la lumière dansante de la fenêtre) Le parasol enfin ouvert. Car dès le matin, le soleil harcèle son client. Il propose un café et vous acceptez un petit supplément de viennoiserie. Le moteur tourne au ralenti. On sent la chaleur du diesel. La brise en est chargée. (constatant) On a tous vécu ce genre de chose. Un jour ou l’autre. Ces attentes. Sur le quai ou à la terrasse d’un café. La pluie qui vous force à vous insérer dans la foule des porches boutiquiers. On se promet que ça n’arrivera plus et ça arrive au moment où on s’en passerait !

— Mais je n’attendais pas le barman ! (réfléchissant au fond) Pas même l’autocar…

— (soudain alarmé) Vous renonciez à la revoir ! (il note, balançant sa cuisse, la chaussette est descendue sur la cheville)

— (énervé) « J’avais tout de même le droit de ne rien attendre ! Seul l’autocar m’en imposait. Mais pour l’instant, aucun signe d’embarquement immédiat. Et pas de barman à l’horizon. Le parasol était fermé. Pas de rosée à la surface du guéridon. Je n’avais plus d’aloufes. Personne n’en avait parce qu’il n’y avait personne. Les rideaux étaient fermés. Pas de tourniquet sur le trottoir. Des affiches, oui. Mais elles n’attiraient pas mon regard. »

— Parce que vous attendiez…

— Je vous dis que je n’attendais rien ! (poings fermés)

— (incrédule) Si vous le dites…

— C’est alors qu’elles sont descendues de l’autocar…

— Mince alors !

— « Je ne les avais pas vues y monter. J’en ai eu le souffle coupé. À quel moment sont-elles montées à bord ? me demandai-je en même temps. Autrement dit : que s’est-il passé sans moi ? »

— Bien dit* ! (*écrit)

— Elles approchaient. L’une contre l’autre.

— Mais bon sang qui étaient-elles ?

— Comment voulez-vous que je le sache ! Je ne les connaissais pas. La femme portait un léger manteau par-dessus sa robe d’été. Elle n’était pas coiffée. Ses cheveux dans la brise… Aaargh ! « Une blondeur que le soleil explorait jusqu’à la racine du cuir. Des jambes de rêves… jusqu’à mi-cuisse. Chaussées de sandalettes aux lanières d’un blanc parfait et verni. »

— Une vision érotique… Je vous connais. (en aparté) Depuis le temps… (envoyant la bouffée le plus loin possible dans ma direction) Et l’autre ? Comment était-elle ? Brune ? Noire ? En habit de soirée. (ironique)

— (haussant les épaules) Ce n’était pas une femme…

— Vous avez dit « elles » ! (après réflexion) Si ce n’était pas un homme, c’était donc… Oh !

— Une fillette en âge de se donner à Dieu pour la première fois. (revois la scène avec joie non dissimulée)

— Heureusement sa mère l’accompagnait ! (rectifiant) Je ne veux pas dire que… Sinon jamais je n’aurais contresigné cette autorisation de sortie… (comme s’adressant à sa hiérarchie) Vous pensez ? (enchaînant) Et ce barman qui n’arrive pas ! (inquiet) Il n’arrivera jamais, n’est-ce pas ?

— « C’est fermé ? me dit-elle. (la fillette regarde ailleurs)

— Je ne sais pas à quelle heure ça ouvre… Peut-être pas aujourd’hui…

— Ils ouvrent tous les jours l’été, dit la fillette.

— Je t’ai déjà dit qu’on n’est pas en été ! Ah ! Tu insistes !

— On est pourtant en vacances… (insiste-t-elle)

— Certes, dis-je sur un ton professoral. Mais ce ne sont pas là des vacances… d’été.

— Je devrais être en train d’étudier les maths en ce moment…

— Tu te rattraperas… Oh ! (à voix basse) Ce monsieur n’a pas besoin de savoir.

— (indiscrète) Il a un bracelet à la cheville.

— Asseyons-nous plus loin.

Elles traversent la terrasse et s’installent le plus loin possible de moi. La fillette veut savoir ce que j’ai fait de mal pour mériter ce bracelet. Elle aussi est connectée, mais elle se sait maîtresse de la communication. Ça la rend volubile. Comme si elle m’invitait à participer à leur conversation, si on peut appeler ça comme ça, vu que la femme ne parle pas, menaçant de fermer la bouche de la fillette si celle-ci ne se calme pas. Elle est excitée depuis le début du voyage, n’arrête pas d’importuner les gens, pose des questions que lui suggèrent les réseaux, « me met la honte » dit la femme en tournant la tête pour que je ne voie pas son visage. Elle consulte sa montre entre chacun de ses mouvements. La pipelette lui fait judicieusement remarquer que ce n’est pas comme ça qu’on accélère le temps.

— Tu m’agaces ! Cesse de te trémousser ! (jetant un regard autour) Il n’y a rien d’ouvert. Je ne sais même pas à quelle heure on démarre… (elle s’apprête à pleurer mais retient la larme et la secousse)

— L’horaire est dans ta poche… Je n’imagine pas un retard. Nous sommes en avance, c’est tout. Demande au monsieur… (se tourne vers moi et m’adresse un sourire)

— Laisse le monsieur tranquille !

— Sa montre est à l’heure, j’en suis sûre.

— Je n’ai pas l’heure, dis-je par-dessus les guéridons qui rutilent dans la lumière rasante.

— Ce n’est pas l’heure qu’il est qu’on vous demande, mais l’heure du départ. (ditla fillette)

— Ça dépend où vous allez…

— Il n’y a qu’un autocar… Vous en attendez un autre ? (secouant la manche du manteau) Maman, il y a peut-être un autre autocar… (à moi) Nous ne voudrions pas nous tromper de voyage…

— La route n’a que deux sens. (toujours professoral) D’où venez-vous ? (elle indique d’où je viens) Dans ce cas nous allons voyager ensemble.

— On ne se connaît pas. (la femme frémit) Mais qui se connaît en voyage ? Vous avez lu Le crime de l’Orient-Express ?

— Toi non plus, dit la femme. Tu ne sais pas lire assez bien pour…

— Mais c’est un homme ! Les hommes savent lire.

— Je ne l’ai pas lu. Mais j’ai vu le film.

— Moi aussi, avoue la fillette en rougissant.

— Tu vois, constate la femme. Je t’avais prévenue. Maintenant, cesse d’importuner ce monsieur et regarde ailleurs. (éblouie) Le soleil se lève… (elle ferme les yeux) Nous arriverons avant ce soir.

— (corrigeant) Avant midi, dis-je (sur le point de lui demander si elle a des aloufes.)

La fillette — J’aurais préféré voyager toute la journée…

La femme — Et bien tu voyageras jusqu’à midi, voilà tout !

La fillette — Tu m’avais promis…

La femme — Ne recommence pas, je te prie ! (se penchant, à voix basse) Et puis cesse de minauder devant ce monsieur ! Tu ne sais pas pourquoi il a un bracelet.

— Je finirai bien par le savoir !

Bizarre que juste à ce moment le moteur s’arrête. Il envoie une grosse bouffée de chaleur. La femme évente son visage. La fillette en profite pour me rejoindre, mais à une distance qu’elle estime raisonnable.

— Que se passe-t-il ? s’écrie la femme.

— Comment tu t’appelles ?

— Arthur Gordon Pym.

— Moi c’est Jenny.

— (sursautant) C’est impossible !

— C’est impossible quoi ? »

— Elle a raison, dit-il. (toujours la pluie)

— Dites plutôt que vous lui donnez raison !

— Qu’allez-vous imaginer ? Vous n’êtes pas Arthur Gordon Pym. Elle le sait.

— Elle n’a pas pu lire ma Narration ! Elle n’a pas fait sa première communion. Je ne m’adresse pas aux enfants tout juste bons à comprendre Potter (Beatrix).

— Pourtant… je la devine sur le point de déchiffrer le moindre de vos messages subliminaux… À cet âge, vous savez, ma sœur… (retourne dans le passé juste le temps de s’en dépêtrer, ce qui agite sa clope de haut en bas, puis décontenancé) Bon, bon ! Continuez.

« La femme s’est levée, les mains sur les hanches. Elle semble vouloir s’élancer vers l’autobus, mais elle ne bouge pas, appuyée contre le guéridon qui penche.

— Que se passe-t-il ? dit-elle d’une voix fluette. Nous ne partons plus ? (setourne vers moi) Vous en savez peut-être plus que moi ? (soudain dans le doute, ce qui paralyse ses joues roses) Je me suis peut-être trompée d’arrêt… On m’a pourtant dit, à l’agence… Qu’est-ce qu’ils vous ont dit, à vous… ?

La fillette est déjà assise près de moi, non pas de l’autre côté du guéridon, mais à ma droite, secouant ses jambes sous la chaise dont elle étreint les accoudoirs comme si elle craignait d’être emportée par la brise. La femme s’approche à son tour :

— Pourquoi font-ils tourner le moteur si on ne part pas ? Vous le savez… ?

— Je suppose qu’il a calé. Ça arrive. Le système doit être en train d’y penser.

— Ça défile dans sa tête, dit Jenny.

— Il m’a appelée Jenny.

— Tu t’appelles comment, petite gourde ?

— Jenny.

— Alors ne t’étonne pas qu’on t’appelle Jenny si ça n’est plus un secret ! (franchementirritée) Je ne comprendrai jamais rien à ces histoires de moteur !

Moi — Je ne sais pas quand on démarre. Je… (manque didascalie) Je me croyais seul et…

Elles — Vous ne l’êtes plus.

La femme s’assoit à ma gauche. Ham on Rye. Le soleil entame une oblique lente à travers les arbres et les structures métalliques d’un marché de plein air.

Moi — Je ne suis jamais venu ici.

Elles — C’est la première fois.

Moi — Je me demande si je ne vais pas attendre l’autocar du retour…

Elles — C’est le même.

La femme — Je serais seule alors…

La fillette — Je ne sais pas où je vais mettre les pieds…

La femme — C’est nécessaire.

La fillette — Et vous, Arthur… ? C’est nécessaire ?

Moi — Je n’en sais rien.

La fillette — Parce que si ça l’est, il faut remonter dans l’autocar avec nous. (triste) Mais je suppose que vous ne resterez pas. Comment s’appelle-t-elle ?

La femme (sursautant) — C’est peut-être un garçon !

Moi (rectifiant) — Non, non, madame ! Ce n’est pas mixte.

La fillette (déçue) — Qu’est-ce que je te disais ? (furieuse) Mais tu le savais déjà !

La femme croise ses bras sur le guéridon et y enfouit sa tête. Ce brasier d’or me donne le vertige. J’éprouve le besoin d’y fourrer ma main, mais je me retiens (sans doute grâce à vos soins, docteur). La fillette (Jenny) m’observe en silence, ayant cessé de balancer ses jambes. »

— Je constate que vous cherchez désespérément à ralentir le récit, Pedro. Voulez-vous que nous réfléchissions ensemble à cette tentative, selon moi, de donner un sens au moindre détail qui vous vient à l’esprit et une chance de paraître à ce qui se dissimule encore comme si ces contenus narratifs ne vous appartenaient pas ?

— Vous avancez plus vite que moi, docteur… Ou vous vous trompez de chemin.

— Nous verrons bien à l’arrivée…

— Il en était question ! Et ce satané moteur qui ne repartait pas ! Pas même une sollicitation du démarreur ! J’avais une sacrée envie de me mettre au volant à la place du système qui me tape sur les nerfs. J’aurais vécu à une autre époque… mais non. On ne peut pas empêcher ces fornications. Elles vous précèdent, par définition. Et ensuite vous passez votre temps à tenter de les imiter. Avec ce que ça suppose de perversion. Et de questions à ne pas poser pour savoir de qui l’impose à l’existence. Et maintenant cette tentation ! Forcément, sans queue ni couilles !

— (peut-être déçu, en tout cas attentif à ouvrir le parapluie si jamais) Vous me comprendrez, Pedro, si je me vois dans l’obligation de signaler ce comportement à vos gardiens…

— Pompeo savait. (avec une pointe de reconnaissance) Mais il n’en a jamais parlé à personne qu’à moi-même !

¡No me digas !

*

* *

 

 

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