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Un poème fleuve
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 Article publié le 12 décembre 2007.

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Poème des grandes villes.

 

Je veux que tes larmes bâtissent la merde des grandes villes 
et des vieux paradoxes
avec un soleil mongole pour la soif
des sirènes pour la lessive de tes pieds nus
sur mon front de mers caduques
des arbres fougueux dans les sables lourds de gestes posthumes
et des rivières lices à la hauteur vive de ton nombril
comme une réserve de pollens sauvages

ton attente sera la mousse des pierres molles
que les enfants prendront pour des cerceaux
nous jouerons aux billes avec nos yeux
pour croire que les nuits venues ainsi faites sont éternelles
travailleuses
les fourmis jailliront de nos songes les plus barbares
et tu n’auras plus de cafards sur ton foulard

je veux connaître ta langue et l’étirement de tes déboires jaunes
comme on rêve de la mer et du grand large
je veux que tu me parles de scandales
du vent qui soutient le bleu des mers passagères
et ce bleu que tu as dans les yeux
je veux t’entendre parler des grandes choses du monde
du classicisme et de la révolution
de la Paque ou de la résurrection
des fleurs qui jaunissent et des chandelles qui saignent

je veux que t’entendre parler de moi
comme des rondes dans les cours de récréation
je veux que tu me parles aussi des poissons
des oiseaux de ta dérive
et des joies rouges que tu chausses la nuit
je veux que tu me parles de grandes choses
je veux que tu me parles d’amour mon amour.

 

 

Partance

 

Je m’en vais nu
comme des vagues qui meurent
sur la face nuisible des joies éphémères 
la vie dans cette ville est fermée à double tour
comme pour se moquer du Bon Dieu
drôle dis-tu ?

Port-au-Prince
ville d’espoirs cassés par le ressac et le pain quotidien
ici la vie s’égoutte mal dans le poème
les visages se referment dans leurs propres ombres
dans la merde on fait les plis noirs de sa cravate
et on va chez soi comme à la morgue

vitré moi je m’en vais
dans l’ombre de cette ville qui pue
et qui tue. 

 

 

A l’envers de la nuit *
à Emmanuella Guerrier.

 


Mon amour
si les lumières s’écrasent sous les pieds de la ville
prête donc tes yeux à l’amour pour la soif du poème
tu es cette porte qui mène à la vie
j’exige de ta bouche les couleurs souples
qui construisent les arcs-en-ciel des mois de mai
c’est ainsi dit-on que Dieu a créé le monde.

 

 

* Extrait d’un poème fleuve traduit du créole.

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