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 Article publié le 14 juillet 2008.

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Impromptu
Amour et vérité
Jean-Michel GUYOT

— Qu’entends-tu exactement par « morsure du temps » ?

— Par exemple : quand j’écoute « All Along the Watchtower » joué par qui tu sais, et bien tout s’arrête, plus rien n’a d’importance que cette musique qui me porte. C’est cela que j’appelle la morsure du temps. Elle intervient essentiellement quand je suis désireux d’échapper au morcellement du temps dispersé dans des tâches qui s’annulent au fur et à mesure qu’elles s’accomplissent.

— Si je comprends bien, tu n’as jamais le temps de t’ennuyer ?!

— L’ennui avec le temps, c’est qu’il n’existe pas d’un seul bloc : je puis vouloir rester indéfiniment sur un instant heureux et cette volonté se brise sur la réalité de l’instant par nature discontinu. Je veux dire : le temps est discontinu et les instants eux-mêmes n’ont pas la même intensité. Quand leur perception devient « molle », on commence à s’ennuyer, il faut faire quelque chose, agir par exemple. Mais l’action n’est pas l’acte ! Que de temps passé à réfléchir à l’action à mener ! Le temps de l’acte, c’est l’instant du commencement qu’il nous faut réitérer dans un grand effort d’intellection ou de perception pour qu’une action digne de ce nom s’inscrive dans ce que nous appelons la durée…

— Alors, la musique, dans tout ça, de la durée ou une file d’instants ?

— La musique, c’est pour le musicien une série d’actes qui aboutit , sur scène, à ce qu’on appelle en américain une « performance » ; ce mot dit simplement qu’il faut traverser le temps sans vouloir durer pour durer. Le temps musical est fait d’instants qui se chevauchent, se superposent ou s’accompagnent ; l’intrication qui en résulte, à effet linéaire ou non, c’est le temps vécu de la composition qui se décompose et se recompose à tout instant. La musique vit de sa propre mort…

— Et le musicien que tu écoutes jouer, crois-tu qu’il perçoive les choses comme toi ? 

— Oui et non ! Oui, parce que, comme tout auditeur – le musicien est son premier auditeur ! – il perçoit la musique comme une suite d’instants qui se chassent et non, parce que lui, le musicien, il développe un « discours » plus ou moins complexe ; non seulement il tient compte des autres musiciens en gardant le tempo et le rythme désirés mais en plus il doit constamment penser « en avant », c’est-à-dire anticiper l’acte nouveau qui va faire jaillir les notes condensées en instants musicaux dont il a, comme nous, une perception à la fois verticale et horizontale : verticale, c’est-à-dire harmonique et horizontale en ce sens qu’il perçoit comme nous le continuum musical qu’il crée d’instant en instant. Le flux musical qui résulte des coups d’archet ou de médiator, quelque soit le mode d’exposition : pizzicato, legato, en arpèges, etc. est toujours perçu comme un instant décisif, un son est choisi en fonction des autres déjà choisis. Tout cela, bien sûr, quand il improvise… Cette composition spontanée qu’on appelle l’improvisation réclame une science consommée de l’harmonie, on ne peut pas faire n’importe quoi n’importe comment sous peine de jouer n’importe quoi !

— Tu deviens compliqué !

— Pas tant que ça, il n’y a qu’à écouter, et tout devient clair ! « All Along the Watchtower », pour revenir à cette pièce, à ce morceau comme on disait à l’époque où il a été créé, est un moment exaltant pour moi. Tu entends d’entrée de jeu ce rythme foudroyant et dans le même temps, dans le même instant, entre les notes, il y a cette caresse, cette douceur qui incline à la mélancolie. Tu sens comme moi cette « énergie du désespoir » qui soulève constamment le morceau et cette douceur mélancolique qui l’accompagne : deux sentiments contradictoires dans un seul instant musical, un tour de force ! L’envie de tout lâcher, de tout « planter là » immédiatement contredite ou plutôt l’affirmation tout aussi véhémente de continuer la route, de continuer à vivre malgré tout ! Deux affirmations contradictoires ? Deux affirmations conjointes plutôt dans un ni oui ni non où transparaît le neutre… Mais, en jouant comme il joue, Hendrix ne reste pas neutre : il prend partie pour la vie ; son affirmation n’est pas paralysée par l’indécision ; son jeu est incisif, on a l’impression qu’il tranche dans le vif !

— On pourrait dire ça de presque tous les morceaux de Jimi Hendrix, non ?

— En fait, je crois que c’est le propre de tout grand musicien, quelque soit son style et le « genre » de musique qu’il joue, de faire place dans son discours à une dualité qu’il « résout » dans l’instant de jouer comme si la mort et la vie ne faisaient qu’un au moment de jouer… Et jouer, c’est vivre à cent à l’heure ; il suffit d’écouter Hendrix pour se dire, parfois, dans les moments les plus intenses, qu’écouter ne suffit pas. On a envie de trépigner, de crier, de danser tant on est impuissant à déboucher sur autre chose que le discours musical qui nous déchire. Hendrix donnait aussi cette impression quand il jouait de chercher un autre monde… J’ai dit un autre monde, pas un au-delà métaphysico-religieux ! Et puis, en tout état de cause, il n’y a que la musique, encore et encore car il ne s’agit que de cela au fond : jouer pour affirmer la conjonction de la vie et de la mort. Un journaliste avait eu cette intuition à son propos, il y a longtemps déjà, et qui m’avait sauté aux yeux quand je l’avais lu : il parlait de « la négation de l’effort au moment même où il s’accomplit. » En écoutant Jimi au fil des années, j’ai ressenti la même chose tout en nuançant ce propos : on peut parler de négation et aussi de lassitude, celle qui lui venait quand il était las de jouer devant un trop large public toujours les mêmes morceaux d’où son désir d’improvisation en concert et le besoin qu’il manifestait constamment de renouveler son répertoire au risque de décevoir son public de la première heure. Voilà pour la lassitude. La négation c’est autre chose, autrement plus complexe. La négation de l’effort au moment même où il l’accomplit, écrivait ce journaliste. Il faut insister sur toute la charge de sens contenue dans ce au moment même. On est dans une contradiction vivante ; l’effort est accompli malgré sa négation. Le morceau joué ne peut aboutir que dans cette tension. Jouer était tout ce qui lui importait, on le sait bien. Le bonheur de jouer est presque tangible quand on l’écoute tant sa musique s’imprègne en nous. C’est cette imprégnation qui me fascine. Sa musique laisse une trace en nous ; on en rêve, on ne la fredonne jamais ! On la porte en soi, elle nous traverse dans une réminiscence heureuse. Elle nous soutient aussi dans les moments difficiles. Je me souviens avoir été un jour comme lavé de tout mon chagrin après avoir écouté « Electric Ladyland » ! Je venais de comprendre que je n’étais pas aimé par quelqu’un qui comptait beaucoup pour moi… Cette impression pénible n’avait plus aucune importance. J’étais comme rajeuni, « renouvelé ». Sa musique avait effacé les heures pénibles où j’avais touché le fond. Elle me disait ce qu’il affirme haut et fort dans « Straight Ahead ! » : “The best love to have is the love of life !” S’accrocher à la vie, oui, mais pas à n’importe quel prix, au prix et pour l’amour de la liberté la plus grande, assurément, et quel courage il faut pour se battre contre les préjugés raciaux et autres qui empoisonnent notre existence de tous les jours ! Les donneurs de leçons son innombrables !

— Je ressens les choses comme toi sans y avoir pensé plus que ça !

— Je reviens, si tu veux bien, à cette idée d’imprégnation ! C’est une musique qui s’adresse au corps. Il faut toujours avoir en tête cette donnée quand on parle d’Hendrix : c’était un compositeur qui jouait sa propre musique ce qui n’est pas si courant que cela ! Son corps était le lieu même d’une grâce ; les vibrations sonores, il était les premiers à les ressentir derrière son mur d’enceintes. Cette impression, souvent, à l’écouter que le corps éclate au devant du monde pour se perdre au fin fond de l’univers… Il n’y à qu’à écouter « Voodoo Chile » pour ressentir ça ! Au moment où je l’écoute, sa musique est une jubilation triste, jamais une tristesse jubilatoire, attention, l’oxymore ne fonctionne pas dans les deux sens ! La tristesse, elle provient de la solitude, du désir de partager, de faire passer cette joie qui lui venait dans l’acte de jouer et qu’il désespérait parfois – parfois seulement ? – de communiquer à ses auditeurs. Et quand j’étais plus jeune, je me désolais moi aussi – moins maintenant ! – de l’incompréhension qui entourait cette musique. Il est vrai que les choses de ce côté-là ont évolué dans le bon sens. Je me souviens de ses deux concerts donnés à Stockholm en janvier 69, le premier calamiteux et l’autre, un des meilleurs qu’il ait jamais donné ! L’envie de jouer ne lui venait que lorsqu’il pouvait jouer pour quelqu’un… Une conversation heureuse, quelques mots d’encouragement sur lesquels je passe – tu peux les retrouver dans la mémorable biographie écrite par Caesar Glebeek et Harry Shapiro – et il était « métamorphosé ». Tu l’entends plaisanter avec le public… Et une fois n’est pas coutume, il commence le concert par « I Don’t Live Today ! », tu te rends compte ! un morceau qu’il dédiait souvent aux Indiens d’Amérique. Dans ce concert, et dans bien d’autres, une flamboyance de tous les instants, certes, mais en définitive, cher payée en termes de santé physique et mentale ! Alors, jouer ? Pour soi avec d’autres, d’abord, bien sûr ! Mais aussi pour le public. L’impression, au fond, qui devait être la sienne, c’était – peut-être ! – de ne pas pouvoir effacer durablement le monde dans lequel il vivait. Tant d’efforts, de travail acharné pour aboutir à ces quelques instants d’extase, de sortie hors de soi dans la communication avec les autres !… Le débat incessant de la durée et de l’instant « résolu » - mais au double sens du terme ! – par et dans la durée musicale faite d’instants contrastés… Une autre contradiction, sous-jacente au discours musical… « Communication is coming on strong !”, tu te souviens ? C’est peut-être ce qui arrive aux musiciens qui accordent trop d’importance au « message » qu’ils veulent faire passer ; un manque de détachement, sûrement, qui coûte cher… Il y avait chez lui des instants de repli salvateur où la musique était tout ce qui comptait, indépendamment du public, car on joue et l’on compose d’abord pour soi, pour entendre ce que « ça donne », en toute simplicité ; c’est un jeu, une féerie qui enchante celui qui la produit d’instant en instant. C’est le plaisir de l’enfant de Hegel qui lance des pierres dans l’eau et qui, ce faisant, prend conscience de lui-même, de la force qu’il porte en lui et qui le porte jusqu’à le transporter de joie parfois ! Il suffit de regarder un enfant jouer pour comprendre un musicien ! Alors, jouer pour effacer le monde, oui, quitte à s’enfermer dans ce qu’un autre journaliste avait appelé joliment « son cocon électronique » et jouer aussi pour partager une vision positive du monde, c’était l’enjeu que charriait avec elle cette musique unique. Encore une fois, il y a là une contradiction dans les termes. La musique comme refuge contre la brutalité et la vulgarité des « squares », des gens « straight », tous ces affairistes contents d’eux-mêmes et durs avec les autres… La musique comme valeur refuge, un havre de paix : “Waterfall, nothing can harm me at all with my waterfall… I can hear my rainbow calling me through the misty breeze of my waterfall…” Mais la musique aussi comme l’affirmation véhémente et vibrante qu’un autre monde est possible. Une tension presque politique dans cette musique qui se devait néanmoins de rester musique « pure » sans jamais servir aucune cause précise sauf à basculer dans la servilité, l’art « soviétique » ou nazi, l’impensable même quand on songe à lui ! Il y avait bien les allusions en concert au « Black Panthers » par laquelle il témoignait de sa solidarité, mais on sait bien qu’il était au fond plus proche de Martin Luther King… Ni enjolivement de la réalité : le culte bourgeois du beau qui doit être agréable ni art asservi à une politique plus ou moins messianique et toujours meurtrière…Un certain nihilisme, c’est-à-dire en l’occurrence, le désir d’aller jusqu’au bout des possibles jusqu’à l’épuisement et dans le même temps une dépense d’énergie physique et psychique considérable, sans souci d’économie de soi. En l’écoutant, immanquablement, je pense à Georges Bataille… Une musique révolutionnaire à tous égards, indifférente aux modes, au « beau son » mais ouverte oh combien sur l’air du temps. On peut affirmer qu’il a révolutionné la musique en dessinant une révolution autour du fait musical. Il faut maîtriser à fond toutes les techniques et avoir derrière soi un répertoire, une mémoire aussi, considérables ! Une connaissance expérimentale de toutes les ressources de l’amplification moderne avec, en arrière-fond une connaissance tout aussi profonde du blues, du jazz et de la musique classique de Bach à Wagner ! Un musicien contemporain hors des sentiers battus, en somme… Hendrix, c’est aussi un tour d’horizon d’un certain état de la musique telle qu’elle pouvait être perçue par un jeune noir américain, par la force des choses condamné à l’autodidactie. Un bien et un mal tout autant. Combien de fois ne s’est-il pas plaint de ne pouvoir écrire ce qui passait dans son esprit et qu’il désespérait de pourvoir exprimer sur sa seule guitare ! En même temps, quelle liberté, une liberté souveraine avec l’instrument, apprise d’abord à l’école du blues où le plaisir de jouer est si évident, un bouillonnement gestuel qui s’exerçait parfois – mais il le savait ! – au détriment de la rigueur musicale. Il lui fallait parfois s’amuser, se faire plaisir en faisant plaisir au public ce qui n’était pas du goût de tout le monde, comme par exemple lors du premier concert avec le Band of Gypsies à l’issue duquel il s’était « accroché » avec Bill Graham qui lui reprochait assez justement d’en avoir « trop fait » et d’avoir ainsi fait passer au second plan la musique ! Je te cite Graham, tu m’excuseras, c’est un peu long, mais très significatif ! : « That’s the point, Jimi. You’re so big, you’re Jimi Hendrix. In my opinion you are the world’s greatest exponent of the electric guitar and what can be done with it. You’re a genius. You humped the guitar, you stuck it behind your back, you picked it with your teeth, with your toes, with your knees. You did everything except one thing. You forgot to play !” Et Graham s’explique, enfonce encore un peu plus le clou : « You didn’t play. I don’t know if you know it, but you could walk on the stage and play « Yankee Doodle Dandy » and do push-ups and they would love you, because you are Jimi Hendrix. But being Jimi Hendrix and having that power – wouldn’t it be good to tell them – this is what can be done. And that’s who you are – you’re so powerful… You are a very powerful person – musically, politically, socially, anyway you want to look at it…” Contradiction mineure en apparence entre l’envie de s’amuser pour oublier la pression et le besoin de jouer sans fioritures, les yeux fermés comme il lui arrivait souvent à partir de 69… Pas de cabrioles et de pyrotechnie quand il jouait Red House ! Bill Graham rappelait Hendrix à sa responsabilité de musicien, soulignant l’impact social et politique qu’il avait sur son public. Sa musique vivait de cela aussi, je veux dire de l’air du temps ; « Machine Gun » est l’illustration parfaite lors même des concerts avec le Band of Gypsies de ce fait, sans parler de son traitement peu orthodoxe de l’hymne américain qui mérite une analyse à lui tout seul ! Il n’est pas sûr par ailleurs que savoir écrire la musique l’aurait aidé à composer ; il lui aurait sûrement fallu faire un compromis entre l’écriture qui est d’abord un gain de temps et l’improvisation, l’expérimentation autour d’un thème, parfois d’un simple « riff », un motif rythmique avec une couleur harmonique… Les idées lui venaient seul mais aussi en compagnie de ses musiciens. Cette contradiction-là, la vie ne lui a pas laissé le temps de la vivre et de l’explorer… Bien sûr, en parlant de contradiction vivante et motrice, cette « négation de l’effort au moment même où il s’accomplit », je vais au fond des choses ; on pourrait prendre des exemples précis de sensations ou de sentiments contradictoires en musique exprimés simultanément : la tristesse et la joie, le malheur d’être seul et d’en jouer, d’en faire de la musique, ce bonheur qui explose parfois sur fond de malheur… Le blues, quoi ! Chaque musicien a comme ça sa « palette » ou sa gamme, c’est le cas de le dire ! de sentiments ressentis par nous et par lui comme contradictoires mais conciliés dans l’instant musical. Je ressens la même chose en écoutant Schumann… Est-ce à dire que la musique, de manière générale, propose une réconciliation avec la vie quand celle-ci est menacée par le désespoir, l’acedia, le ras le bol, appelle ça comme tu veux ?! Il y a parfois un constat terrible qui est fait : il faut se maintenir à hauteur de la mort pour rester en vie, l’intensité vitale est à ce prix. Excuse-moi, je crois que j’ai été un peu long ! 

— Là, tu me rappelles Hegel ! Un long exposé pour « dérouler » tous les moments d’une idée ! Vois-tu une dialectique à l’œuvre dans toute musique ?

— Dieu non ! C’est peut-être valable pour le classicisme beethovénien si l’on suit Adorno dans ses analyses… Ce que je ressens, il n’y a pas d’autre mot pour moi ! c’est que, pour reprendre la formule célèbre de Hegel la musique est « la vie qui porte la mort et se maintient en elle. »

— Il faudrait développer tout ça, presque à l’infini.

— Tu as raison : les étapes de la conscience de soi décrites par Hegel dans sa Phénoménologie sont une aide précieuse. Pour l’heure, je n’en suis qu’aux intuitions… Mais j’ai l’impression aussi d’être déjà au cœur du problème quand j’écoute de la musique et singulièrement celle de Jimi Hendrix !

 

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