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![]() oOo Je t’ai aimé comme on affronte une mer levée, sans rame, les bras en croix et la bouche pleine de sel.
Tu étais le vent qui saigne les paupières, le cheval d’écume qui charge sans nom, l’éclat de bronze dans la pupille des orages.
Je t’ai vu venir d’un bout du monde sans rive, poussière d’étoile dans les cheveux, les mains pleines d’oiseaux morts.
Tu avais l’allure d’un dieu fendu, bancal, mais debout sur mes tempes. Et chaque mot que tu disais était une flèche trempée dans l’huile.
J’ai ouvert les cuisses aux rivières, j’ai laissé les crues me traverser comme on laisse le feu reprendre une forêt.
Dans la chambre, le vent nous dénudait mieux que les mains. Tes reins cognaient comme des marteaux célestes, et je hurlais sans langue, dans une musique d’avant le langage.
Tu étais la terre chaude sous la cendre, la vague repliée sur son secret, le ciel bas, chargé de décisions irréversibles.
Je ne t’ai jamais possédé. Tu étais ce qu’on invoque quand le monde ne suffit plus.
Et moi, je suis restée nue avec le feu entre les jambes, la mer dans la gorge, et la nuit pour témoin. |
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Lecture et musique électro acoustique. https://youtu.be/gHO5r8__eJo?si=t0qoyt-DbygMZ__C