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![]() oOo Hotel by the river ou au bord d’un néant très blanc des deux côtés on se plaint des rapports de couple mais chez les femmes c’est plus violent, elle a été brûlée, porte brûlure au poignet sous une gaze fine chez les hommes il est question de divorce d’un frère qui se méfie des femmes pour ne pas souffrir
les artistes évoluent dans ce monde en noir et blanc le père poète a écrit un recueil et comble de l’invraisemblance le personnel de l’hôtel le reconnaît en tant que poète telle une star médiatique le fils cinéaste n’est qu’un double du cinéaste, il commence à prendre son envol mais le poète aussi est un double du cinéaste, car Hong Sang-soo porte son cinéma à une telle épure qu’il flirte bien plus avec la poésie qu’avec le roman la neige dans tout ce noir et blanc est un viatique nostalgique une possibilité de la paix la quête d’un monde blanc avec silhouettes humaines noires par-dessus comme des taches ou des points d’interrogation suspects
de toute manière la mort dans l’encadrement de la porte, le suicide incongru comme une non-réponse de l’art pendant ce temps les filles dorment toutes deux dans les bras l’une de l’autre elles sont habillées de blanc les draps du lit sont blancs comme la neige tombée d’un coup l’homme pourtant a trouvé les filles tellement belles ne les rencontrera pas l’homme appartient simultanément à la terre et au ciel comme les deux frères que le père accueille visiblement après longue absence pourquoi le poète se suicide-t-il la visualisation stylisée de la mort contemporaine cette blancheur de cinéma, contredisant l’obscurité de la salle synthétisant toute lumière stylisant toute réalité trop sombre trop déviante
alors la neige ce sur quoi se pose la réalité (les silhouettes noires stylisées) la lumière sculptée ce que l’écran révèle hors la couleur le visage simplifié du cinéma
la blancheur n’est pas la non-culpabilité juste la possibilité de la conscience de |
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Hôtel au bord du néant blanc
Certains films sont des respirations gelées. Hotel by the river de Hong Sang-soo, que capte magnifiquement Anne Barbusse dans son poème, est de ceux-là : un monde suspendu entre le noir et le blanc, où les silhouettes humaines glissent, s’effleurent, sans jamais se rejoindre.
D’un côté les hommes, de l’autre les femmes : non pas une simple séparation, mais un écart d’affects, de blessures, de récits. L’homme admire, mais reste au seuil. La femme souffre, brûle, porte sous une fine gaze le signe d’une violence enfouie. Entre eux : la neige, omniprésente, plus qu’un décor — une lumière levée contre l’obscurité, une matière fragile où se poser, une surface blanche où le cinéma, déjà, devient poésie.
Anne Barbusse explore les doubles, les reflets : le père poète, le fils cinéaste, le cinéaste réel. Qui écrit qui, qui suicide qui, qui regarde qui ?? À ces questions, le poème ne donne pas de réponse, il les laisse ouvertes, flottantes, comme les silhouettes noires sur l’écran, comme les SUV noirs sous la neige, comme cet hôtel muet et moderne, traversé de vitres vierges.
Car la force du film — et du poème — est là : dans l’épuration, dans l’absence de résolution, dans l’art qui effleure la douleur sans l’expliquer. La blancheur n’est pas l’innocence, elle est la possibilité d’une conscience nue, le lieu d’un regard qui sait ne pas tout dire. Sous les draps blancs des filles endormies, sous l’ombre blanche de la mort, il reste ce soupir ténu : écrire, filmer, tracer du doigt sur la vitre givrée le contour fragile d’un monde trop sombre pour se dire tout entier.
Anne Barbusse, avec sa plume, incarne ce vacillement, cette beauté inquiète. Elle nous laisse, nous lecteurs, au bord du néant très blanc, contempler l’épiphanie silencieuse d’un art évaporé.