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![]() oOo Le lac de l’orage retient l’Ophélie, par les pinces givrées de son glacial reflet que desserrent les mots engrainés de frissons, tout comme la paupière d’un songe qui sauve en volant dans un ciel ourlé de cendres blanches et qui promet un sol, dont le cours est le gué à passer comme on fuit ses propres enjambées ;
les pages de la chambre sont cette pelisse qu’endosse l’oubli pour s’évader du lieu, afin de le créer, marelle de blancheur où le mutisme à vif du cri s’empaume et gicle en vitrail lumineux d’un monde qui jaillit, dressant un arbre au vent qui s’attarde à la vue sans yeux sur ses contours,
mais avec le regard brûlé d’une écriture éparpillant la neige irisée du réel, lequel se tient plus droit que l’amandier de l’air où se tenir debout dans le chant de l’oiseau, cet astre nidifié dans le souffle intérieur et qui n’a rien à dire que ses ailes nues silencieuses d’envol d’une fissure vers ce qui ne cherche rien qu’une aube répétée, sans attente et légère
comme un pas d’enfant. |
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Le lac s’ouvre comme une blessure d’eau où l’orage s’est replié. C’est là qu’Ophélie s’attarde, saisie par les pinces de glace, silhouette suspendue entre reflet et effacement. Les mots, eux, sont les seuls à savoir desserrer la main du froid : ils frémissent, ils vibrent, ils grelottent, mais leur tremblement est passage. Alors la paupière d’un songe se soulève, fragile, délivrant un ciel ourlé de cendres claires, et dans ce ciel s’invente un gué — non pas à franchir, mais à fuir, comme on échappe à ses propres pas.
Les chambres intérieures, feuilletées d’ombre, deviennent alors pelisses d’oubli. On les endosse pour mieux s’éloigner, mais cet éloignement n’est jamais une perte. C’est une marelle de blancheur, un espace enfantin où le cri se déchire pour mieux se transformer en vitrail. Dans l’éclat de ce vitrail, un arbre se dresse, offert au vent, sans contour ni regard, mais tout entier traversé par l’écriture — brûlure dispersée en neige irisée.
Ce réel qui s’érige là, plus ferme qu’un amandier de lumière, est la promesse d’un appui. L’oiseau y niche son souffle, astre du dedans, astre sans verbe, qui n’a d’autre langage que celui de ses ailes. Dans l’élan du vol, une fissure s’ouvre, non vers un but, mais vers une aube répétée, infiniment recommencée. Une aube sans attente, transparente, légère, qui s’avance comme le pas d’un enfant — et ce pas contient le monde, dans son innocence nue, dans son éternité fragile.