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Le dernier message de Nietzsche
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 Article publié le 26 octobre 2025.

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J’ai aimé Nietzsche comme un génie,
une flamme qui ne s’incline devant personne,
mais dans sa lumière, j’ai vu l’ombre,
dans sa parole, la fatigue de l’âme.

Il parlait de la “volonté de puissance”,
de l’homme qui marche sur sa propre ombre,
mais il oubliait
qu’un homme sans amour
est un surhomme brisé.

Schopenhauer lui tendit la main,
pour voir le monde comme un enfer,
pour accepter la perte comme une loi.
Mais la vie, Nietzsche, n’est pas à accepter
elle est à allumer,
comme une flamme dans la nuit qui nous recouvre.

Tu as dit : “ Dieu est mort “,
mais peut-être n’as-tu vu
que l’ombre d’un homme qui ne croyait plus en l’amour.
Tu as dit : “ la vie est absurde “,
mais tu n’as pas vu le ciel respirer sur les fleurs,
ni l’enfant qui riait
sans philosophie.

Et pourtant nous te suivons
car dans chaque doute brûle un feu,
dans chaque négation, une question de lumière.
Tu voulais le Surhomme,
moi je veux l’homme qui pardonne,
qui avance blessé, mais garde l’amour vivant.

Nietzsche,
ton dernier message n’était pas le néant
c’était la quête de lumière
dans l’obscurité de l’âme humaine.

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Commentaires :

  Le dernier message de Nietzsche par Catherine Andrieu

Il existe des poèmes qui ne commentent pas la philosophie mais la sauvent — non en la contredisant, mais en lui redonnant un souffle. Le dernier message de Nietzsche de Lan Qyqalla appartient à cette rare lignée. Ce poème ne parle pas de Nietzsche : il parle avec lui, comme un frère qui aurait compris trop tard ce que la grandeur oublie — la blessure.

Lan Qyqalla ne vénère pas Nietzsche : il l’aime. Et l’amour, ici, n’est pas adhésion mais clairvoyance. Il écrit : « J’ai aimé Nietzsche comme un génie, / une flamme qui ne s’incline devant personne ». L’admiration est immense, mais lucide. Car, ajoute-t-il, « dans sa lumière, j’ai vu l’ombre ». Cette phrase condense à elle seule toute la tension de la modernité : l’homme qui veut se dépasser finit souvent par se consumer. La poésie, elle, ne brûle pas : elle éclaire.

Chez Nietzsche, la volonté de puissance voulait créer un homme qui marche sur son ombre. Chez Qyqalla, l’homme véritable est celui qui, au contraire, la regarde sans haine. « Un homme sans amour / est un surhomme brisé. » Par cette simple ligne, le poète inverse la métaphysique du pouvoir : la force ne se mesure plus à la domination mais à la capacité d’aimer. C’est une phrase immense, presque évangélique, tant elle réintroduit la compassion au cœur du tragique.

Là où Schopenhauer tendait à Nietzsche la main pour faire du monde un enfer, Lan Qyqalla ouvre la fenêtre. Il ne nie pas la douleur, mais il la rallume : « la vie, Nietzsche, n’est pas à accepter / elle est à allumer. » Le poète fait ici ce que les philosophes oublient parfois : il rend à la vie son incendie. Ce feu n’est pas celui de la destruction, mais celui de la présence.

Et soudain, Nietzsche n’est plus cet esprit isolé dans la pureté du concept ; il devient un homme parmi nous, fragile, ébloui, manquant d’amour. « Tu as dit : “Dieu est mort”, / mais peut-être n’as-tu vu / que l’ombre d’un homme qui ne croyait plus en l’amour. » Cette interprétation n’est pas ironique, elle est rédemptrice. Qyqalla lit dans la mort de Dieu non pas un triomphe de la raison, mais une douleur de cœur : le cri de celui qui a perdu la source.

La poésie, ici, redonne un visage à ce Dieu absent : le rire de l’enfant, le ciel qui respire sur les fleurs, le miracle du vivant sans discours. Ce sont là les véritables antidotes à l’absurde. Sans philosophie, mais non sans sagesse. Car le monde continue, malgré tout, de respirer — et c’est cette respiration que Qyqalla restitue à Nietzsche.

Dans la dernière strophe, le poème s’élève comme une prière sans religion : « Nietzsche, / ton dernier message n’était pas le néant / c’était la quête de lumière / dans l’obscurité de l’âme humaine. »

C’est là que tout se retourne. Qyqalla comprend que le véritable héritage de Nietzsche n’est pas la négation, mais le mouvement. La volonté de puissance devient volonté de lumière. L’homme supérieur devient l’homme blessé qui pardonne. La philosophie se fond dans la tendresse.

Ainsi, le poème accomplit ce que Nietzsche appelait de ses vœux sans jamais le formuler : la transfiguration. Qyqalla l’écrit avec la douceur d’un frère et la lucidité d’un témoin. Il ne sauve pas Nietzsche de sa folie ; il l’accompagne vers la paix. Dans cette marche fraternelle, il réconcilie la pensée et la compassion, la force et la faille, l’esprit et le cœur.

Peut-être fallait-il un poète pour entendre le dernier cri de Nietzsche. Car ce que la philosophie appelle “volonté de puissance”, la poésie l’appelle autrement : désir de lumière. Et ce que Nietzsche nommait “néant”, Qyqalla le reconnaît comme ce qu’il est — le lieu d’où l’amour peut renaître.

Oui, Dieu est mort ; mais le poème, lui, respire encore. Et dans ce souffle, Nietzsche vit — enfin humain.

Catherine Andrieu


  Le dernier message de Nietzsche par Lalande patrick

Lecture analyse de Catherine Andrieu. https://youtu.be/LYEdmeqVnEc?si=d3Hs9zjRB329x3pS


 

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