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Un tambourin, une Concierge, un Inspecteur Légal, un Âne... et tous les Autres
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 Article publié le 10 octobre 2005.

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Un tambourin,

Une Concierge,

Un Inspecteur Légal, 

Un Âne

...et tous les Autres

 

 

Le Tambourin :

Faîtes Que j’ai soif !

Je boirais mon père et ma mère à la force du Souffle ; en apnée.

 

La Concierge :

Qu’est-ce qui se passe donc au 5e ??

Encore Eux ? Dire qu’on a fait 14 pour appeler le 22 toutes les 2 minutes.

 

L’Inspecteur Légal :

Ce ne sont pas des Boches. Dieu leur sera comptable !

Vive la Révolution !

 

Le Tambourin :

Pardon. Je sèche.

 

La Flûte :

Moi je suis réglo. Je stationne. Suis une tête pensante que je m’étire tout du long. Moi mêmement. Que l’Ordre règne en Conscience !

 

La Concierge :

J’en ai vu passer avec des tas de sourires à rallonge. Espionnage, Complotage.

 

Le Légionnaire :

Dégoût-age...Une chambre, s’il vous plaît.

 

La Flûte :

Je nettoierais tout ça avec des paquets d’eau et une giclée de Monsieur Propre. La vermine. La pourriture.

Vive Monsieur Propre...en-bras de-flûtes-croisées ! Si c’est un Monde tout de même !!

 

Le Légionnaire :

Sans douche ni Télévision Incluses.

À exclure. Pas de taxes inutiles.

 

Le Tambourin :

Même pas une petite gâterie que ça ne coûtera pas une cigarette au bout non filtré ?

 

L’Inspecteur Légal :

Qu’il fait chaud ici ! Je commence à m’y faire à vos mines d’Enterrés Vivement les RTT. Tout le monde a chaud à mon Approche.

Qu’advienne le changement Radical !

 

La Flûte :

Dire pour dire. J’aime les vins cuits et les grains de maïs croustillants. Le manioc, quelquefois et les ignames, comme i dizent. Je sonnerai Mythe. Moi l’Africaine.

 

La Concierge :

Le Syndic est trop laxiste.

Hier j’ai fait le guet. J’ai comme ça attrapé des mots au passage.

 

Le Légionnaire :

Ce Que le Temps passe au galop ! Une chambre sans vue s’il vous plaît.

Pas de taxes inutiles.

Au Galop : mon cheval de bataille.

 

Le Tambourin :

Je bois ensuite je ne raisonne guère.

Il a plu des saveurs aromatiques susurrées jusqu’à l’ivresse extatique.

 

La Concierge :

Il s’est arrêté une camionnette et il est descendu du monde. I zont laissé les phares allumés. Des « Warriors » i disent.

 

La Flûte :

Flûte alors !

Moi l’harmattan.

 

La Concierge :

C’était à midi. Visez-moi cette chaleur du Midi ! À faire fuir mêmes les cigales. Bon que je ne vous dise pas...par exemple que ce fut louche.

Mistral.

 

Le Légionnaire :

Je lave mes chemises à l’orangeade merci. Habitude de Sahara et de Roumi du bled.

 

Le Tambourin :

Tam-tam Y a quelqu’un ?

 

L’Inspecteur Légal :

Quand j’étais petit mon père faisait des additions.

De quoi avez-vous donc peur ?

 

L’Âne :

Comme il vous plaira.

 

La Concierge :

Tous des Conscrits.

 

L’Inspecteur Légal :

Le Temps des Colonies ; ah !...Mon doux capitaine ! J’ai inspecté toutes les pièces de notre Chambre. C’est par là que le métier rentre. Habitude des razzias chez les Troncs-de-figuier.

 

La Concierge :

Qu’y avez-vous trouvé ?

Inutile de répondre ; je ne veux pas savoir puisque je sais.

 

L’Âne :

Qui pose des questions par réflexe...

 

Le Tambourin :

Et a toutes les réponses qui au crépuscule du soir le rongent. Les termites sur l’écorce cramponnées.

Je sonne le Tocsin. La forêt tremble avec ces loups partis boire au buisson des aurores.

 

La Concierge :

Moi j’ ne suis ni Tambourin ni flûte mais ai fait l’école buissonnière. Dans l’escalier du 6e. La pelouse en jachère qui regorge de seringues comme des mamelles de venin.

 

L’Âne :

Vous n’êtes p’Âne malheureusement.

 

Un Voisin 

Non Anne-Marie qu’elle dit s’appeler une fois ; elle qui n’est jamais en panne de rouspétances.

 

Le Soleil :

Où sommes-nous ?

 

L’Inspecteur Légal :

À midi si mes calculs contredisent les vôtres. Pour le débat, vous voyez ?

 

Le Tambourin :

Moi je dis qu’il faudra perdre notre Temps jusqu’à perdre la perte elle-même.

 

Le Légionnaire :

Pari gagné.

Bataille Perdue

Pour un Vrai Soldat.

Je ne supporte pas les fenêtres.

 

La Concierge :

Paris-Château-Rouge. Je vois.

 

L’Âne :

Puisqu’il vous dit...

 

Le Soleil :

Qu’il ne veut pas être...

 

La Flûte :

Vu.

J’irais bien au Château.

 

La Concierge :

(...)

Sans Souci

 

L’Inspecteur Légal :

Midi moins le quart.

Pourquoi rire du malheur des autres ?

 

La Flûte :

Laissez-moi au moins rire une dernière fois.

Il se porte comme un Charme !

 

Le Soleil :

S’il y a un Charme Ici C’est Moi.

C’est mon Rayon de l’Enfer qui vous fait humains ! Point de vacances exotiques ; mon ardeur vous consumera sous les aisselles qu’il en sortira une vapeur incandescente. En bons Apôtres, vous rôtiriez d’aise pour vous montrer digne de ma terrible Sentence. Soleil d’Orient.

 

La Concierge :

Moi je vous dis qu’i sont si Charmants ; on s’y tromperait avec leurs chapeaux feutre. I s’épongent avé des mouchoirs qui sentent le prop’ sur leurs faces sirupeuses. Le courrier i peut attendre avant de monter.

 

L’Âne :

Contrairement à ma réputation, je descends du Singe. Je supporte votre Soleil et parlerai bien Haut un Jour. Qui viendra.

L’Inspecteur Légal :

Voilà qui est étrange « Chambre Sans Vue »...

 

La Concierge :

Moi aussi.

 

Le Tambourin :

Vive la Révolution à la Campagne. Sous l’Ombre des Chênes !

Euuuh...en brousse pour convier les hyènes affamées.

 

La Flûte :

Sifflez ! Sifflez les Trains !

À l’ombre du miroir.

Sans Témoin gênant.

Et un saucisson à l’ail que ça lui gratouille les couilles...

Authentiquement, Infiniment

 

Le Légionnaire :

Je veux la Paix. Qu’i zaillent tous se f...

 

La Concierge :

Fâchez-vous pas.

J’y suis allée un jour. Dans le tiroir de la table de chevet, une bible qui dort.

J’ai voulu l’ouvrir mais les pages étaient collées. Cela sentait le renfermé que j’vous dis pas.

 

Un Voisin :

Ouvrir les Saintes Écritures avec un coupe-papier ? Quelle drôle d’époque !

Les Cerises sont couvertes de boue cette année. Elles ne sont pas même foutues d’être Rouges.

 

L’Âne :

Je vaux bien un Char en Place Rouge quand je milite. Du sans qui gicle ; une fontaine publique en sang et sueur, une poussière d’amabilité !!

Les loups s’en vont boire le sang frais au buisson.

 

L’Inspecteur Légal :

La facture sera lourde pour les Restants.

 

Le Soleil :

Partons de ce principe. Je Commande aux Vivants.

 

La Concierge :

Leur voiture était habillée d’un drapeau rouge.

 

L’Âne :

Là, c’est Officiel : je braie. Mon parfum est une Odeur de bouc.

 

Un Voisin :

Il est tard aujourd’hui.

 

La Flûte :

Un Tambourin pour la Veuve.

 

L’Âne :

Où sommes-nous ?

 

Un Voisin :

Dire que j’ai préparé des Œufs au plat.

 

L’Inspecteur Légal :

Il y a anguille sous Roche.

 

L’Âne :

On est donc au bord du Vice.

 

La Flûte :

Et de la Vertu.

Tous les Lieux se Valent.

 

L’Inspecteur Légal :

Pardon ? Pas de télévision ?

 

Un Passant :

Ça me fige. Vraiment !

 

L’Âne :

Alors passez votre Chemin !

La fenêtre sans vue passe encore...

 

La Flûte :

Où sommes-nous ?

 

Un voisin :

Peut-être a-t-il quelque chose à cacher ?

 

La Concierge :

Avec un lit pour se glisser en dessous.

Un lit qui n’est même pas en sus du Prix à payer.

 

Le Légionnaire :

Désert d’incompréhension.

Sans télévision.

 

Le Tambourin :

Déserteur ?

 

L’Âne :

Tout le Monde déserte quelque Chose. Même le Soleil a honte la Nuit.

 

Un Passant :

Moi je rentre. La tête haute.

 

La Concierge :

Ils croient comme ça que je Collabore.

 

Le Soleil :

On me fait de l’ombre maintenant ?

 

La Flûte :

Va savoir.

 

Le Soldat :

Où sommes-nous ?

 

La Concierge :

Vous aussi.

 

Un Voisin :

Vous aussi.

 

Un Passant :

Ça alors !

 

Le Tambourin :

Les cerises sont couvertes de boue cette année. Elles ne rougiront plus à vous attendre.

 

L’Âne :

Tous phares éteints, ils ont avancé. Leurs feutres ont l’air de poser des questions tellement vicieuses. Qu’elles ont l’air vertueuses.

 

Le Légionnaire :

C’est mon Cercle Vertueux ; ils me cherchent pour me désoler. J’ai voyagé à dos d’Âne pour être à l’abri du Soleil bourgeois. Pas l’Africain. Le Four de Rédemption. Non. De ma besace est sorti le Cri de la Flûte que voici. J’ai argué à la Concierge et j’ai eu droit à l’Inspecteur Légal en Sinistre Tambourin. Ils accourent de partout et la cérémonie sacrificiel...comme au bled, au milieu des lucioles et des Djounouns.

 

Un Voisin :

Ben dites donc ! Vous êtes venu avec tout ce monde ?

 

L’Âne :

Chouette ! Nous sommes tous ses personnages et il oublie qu’on est à tout hasard vivants.

On est sorti du théâtre. On s’est Libérés de nos Chaînes.

Mort au Metteur en Scène ! Mort au Metteur en Scène !

Des couvertures de survie.

 

La Flûte :

Il est digne de foi ; je lui Pardonne ses Offensives.

Soyons ses témoins.

 

Un Passant :

Nous avons faim. Où sommes-nous ?

 

L’Inspecteur Légal :

Vive l’Aventure. Je le dénonce séance tenante.

 

L’Âne :

C’est un métier.

 

La Flûte :

Les cerises sont couvertes de boue cette année.

 

La Concierge :

J’ai été voir et il y avait un dépliant de Voyages.

C’est écrit « Voyages Au Soleil ».

 

Le Soleil :

Une imitation, une vulgaire contrefaçon. Tout ce qui brille fait toujours de l’ombre en deçà.

 

L’Âne :

S’embrasser de lumière pour s’étourdir de sable fin.

Le temps n’est-il pas doux ce soir.

 

L’Inspecteur Légal :

Fin de session. Faisons les comptes.

 

Le Légionnaire :

Je ne veux pas de chambre en Enfer. Moi.

 

La Flûte :

À cause du prix ?

Moi je chante là où l’on m’apprécie.

 

L’Âne :

En somme, de votre Enfer naîtra mon Paradis.

 

Le Soleil :

Mêmes vos cerises, je les fais Rouges de honte.

Faisons l’Amour à l’Ingratitude.

 

La Concierge :

L’Enfer, c’est à quel étage déjà ?

 

Un Métayer :

Moi je creuse sans être fossoyeur.

Un par un mes morts survivent à mon coup de langue.

Hier les hirondelles ont suivi mon sillon.

Hier les vers ont servi d’appât

Il est passé une traînée de soldats...

Un par un mes morts n’ont pas survécu

 

Un Passant :

Peut-on passer par l’Enfer simplement en passant ?

 

Le Légionnaire :

J’ai creusé mon sillon et me suis terré.

Demain, je veux rentrer chez Moi.

 

L’Âne :

Le chien n’aboie pas quand il ronge son Os.

Il jouit.

De ce désastre.

 

La Concierge :

Pas de quoi mériter la légion avec ses airs de déterré.

 

La flûte :

Merci.

 

Un Métayer :

Mercenaires ils affichaient.

 

Le Tambourin :

Sonnent les Cloches !

 

La Concierge :

Gouverner la Multitude...

 

Le Légionnaire :

Mutinerie. On a le pays qu’on mérite.

 

Un Métayer :

Mes envies de propriétaire foncier.

 

L’Âne :

Ce pays à brader. Document animalier pour la populace. Les taupes visitent les terriers du Pouvoir.

 

TOUS (ensemble) :

Ce pays sous scellés, tel un bail après le Crime !

 

Le Légionnaire (à part soi) :

Je voudrais une chambre.

Aux dimensions de ma peine.

Sans télévision.

Ni douche.

Pas de taxes inutiles...

 

L’Âne :

Qui veut rire dans ses excréments, veut toucher le fond.

 

TOUS (ensemble) :

Renaître de Tout.

Puis lacérer l’onde

D’un coup de hache.

 

(Pause)

 

TOUS (sauf le légionnaire exclu du groupe) :

Nous : Temps d’hier et d’aujourd’hui

Une chambre ? Mais à quoi bon, quand on a le Monde !

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