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Au-delà de l'espoir
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 Article publié le 18 mars 2013.

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Quand la parole dure, sa durée est à la mesure de l’espoir qu’elle suscite.

Cette phrase intimidante, comment la continuer, sans la démentir, sans chercher la faille qu’elle recèle, sans pour autant la contredire purement et simplement ?

L’ambiguïté de la réticence incluse dans le « sans » correspond à l’ambiguïté de l’incipit, elle traduit une ambivalence, mais toute pensée ambivalente n’a le choix qu’entre deux options exclusives l’une de l’autre : rechercher de manière plus ou moins forcenée une synthèse dans la création d’un troisième terme qui « relève » les termes antagonistes initiaux ou bien se maintenir résolument dans l’absence de résolution de la disharmonie. L’équivalence pure et simple entre parole et espoir, voilà qui est impossible pour qui désire maintenir vive la tension entre espoir et parole, précisément pour ne pas perdre espoir dans la parole, celle-ci fût-elle désespérée.

L’espoir serait donc le moteur, pour ainsi dire le principe actif de la parole.

Ce qui donne donc une parole tentée, tentante, constamment relancée par l’espoir en avant de la parole, sorte de carotte qui fait avancer l’âne, tandis que la trique, toujours en arrière, serait le présent et sa contingence, ses apories et ses impasses.

Le langage dans l’impasse, je l’ai connu à l’étranger, quand, malgré ma faconde, je ressentais constamment l’écart entre ma pensée vagabonde et ce que je pouvais en saisir dans des mots étrangers.

En revanche, dans la parole amoureuse de la parole adressée à l’ami, c’est proprement l’inverse qui survient : une surabondance de pensée heureuse.

Ce n’est ni une logorrhée qui assomme ni un flux volcanique qui en impose, mais une parole à l’écoute de toutes les suggestions que la présence de l’amie fait vivre en moi.

Tous les temps alors se conjuguent : le présent de la parole rejoint un certain passé proche vécu dans la proximité de l’amie, proximité et présence - c’est-à-dire aussi bien séparation, interruption d’être qui fonde la communauté humaine dans le partage de l’existence séparée qui nous est commune - qui appelle une parole encore à venir.

 

Jean-Michel Guyot

14 février 2013

 

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