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Le toucher de l' imaginaire - scénario
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 Article publié le 23 juin 2013.

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TEXTE D’ ORIGINE

A cet instant , le corps errait dans le monde.

Il se sentit soudain empoigné par l’autre : saisissement entraînant le dessaisissement de soi. L’autre a lancé un poignard. Il atteignit le cœur du corps. Ce dernier crucifia le corps.

Affectivité meurtrie , meurtrier de l’affectivité.

Le corps assiste au ralentissement des pulsations de son cœur : refroidissement du sentiment où seule demeure la satisfaction de la conservation de soi , où le désir cède sa place au besoin.

Un jour l’autre revint.

Visage méprisant qui engendre l’effroi , l’autre lança un second poignard. Il atteignit le cerveau du corps : s’éteignit alors la clarté de la conscience. Le cerveau , à chaque instant , cède à la réflexion une inconscience de l’existence : la saisie de l’environnement s’écrase , la faculté des sens s’écrase pour faire face à un dépérissement de la perception de la conscience.

 L’autre revint encore une fois.

Le corps frémit : serait-ce l’achèvement par le poignard de la mort ? Mais non. L’autre décrucifia le corps. Il pensa alors : viendrai-il sauver cet existant sans existence ? Lorsque le visage du corps se tourna vers l’autre , il sentit l’horreur s’immiscer par sa vision. L’autre se ruait à présent sur le corps , saisissant les poignards , les enfonçant toujours plus profondément. Des plaies béantes surgissaient par le déchirement de la matière.

 De ses mains , le corps creusa sa tombe , puis il roula dans sa fatale demeure. Il ferma les yeux et vit une image. Un étranger se baissait vers la tombe du corps. Il souleva le corps et le tint dans ses bras. Doucement , il retira les poignards blessants : contre son sein , le corps buvait le lait de l’affectivité. Chaque parole était telle une berceuse où l’enfant sommeille paisiblement , gagne le monde du rêve charmant. Le cœur , jadis glacial , retrouvait la chaleur de l’affectivité. Le cerveau , à moitié mort , redevenait cohérent et équilibré. Le monde auparavant teinté de couleurs sombres et sales , apparaissait sous un jour nouveau où régnait la clarté aveuglante de couleurs vivantes et chatoyantes.

Le corps rouvrit les yeux mais personne ne vint .

Synopsis

Le personnage est assis là , fumant une cigarette. Il entre dans un monde imaginaire et voit une scène.

Il est empoigné par un autre homme qui lui plante un poignard dans le cœur , puis le crucifie. Plus tard , il revient et lui plante un poignard dans le cerveau. Notre personnage nage dans l’angoisse et la peur de l’autre. Il souffre atrocement. Puis , l’autre homme revient une fois encore : il s’acharne sur lui , saisissant les poignards pour les enfoncer encore plus profondément.

Alors , notre personnage creuse sa tombe. Puis , il voit une image : quelqu’un vient le sauver et lui retire les poignards , le berce et lui parle pour le réconforter : le cœur et le cerveau de notre personnage retrouvent petit à petit un équilibre nouveau. Il rouvre les yeux mais personne n’est là pour lui.

Le personnage est toujours assis là mai sa cigarette finit de se consumer. Seule une profonde tristesse envahit son visage. Il se lève et marche jusqu’à son lit , puis s’allonge et se recroqueville. Il reste ainsi immobile.

Note d’ intention

Ce court métrage est une fiction entièrement symbolique. Il est basé sur une représentation imaginative du personnage qui conçoit dans son esprit une scène. Cette scène est certes un symbole , mais elle est aussi une métaphore exprimant la souffrance du personnage se représentant la scène.

Ce court métrage a pour but de montrer la douleur du personnage à travers une représentation imaginative : montrer l’angoisse dans laquelle il vit vis-à vis du monde extérieur et des individus ; montrer la recherche d’une aide venant de l’extérieur et que l’on ne trouve jamais , sauf justement dans un monde imaginaire.

Voici donc l’histoire d’un être différent , hanté par des images violentes et torturantes , hanté par un bouillonnement intérieur destructeur.

Lorsque l’imaginaire rejoint la réalité pour la supprimer , notre personnage est transpercé par une sorte d’apathie maladive.

Ce court métrage a pour but de mettre en évidence une souffrance silencieuse vécu par le personnage. Introverti , il ne peut s’exprimer que par son imagination débordante sans possibilité de communication avec le monde extérieur.

Voici l’histoire d’un repli : celle de l’Etranger.

Scénario 

Intérieur/Nuit/Chambre

 

Le personnage est assis de dos à son bureau. Seuls objets du décor : une bougie et un cendrier. Il fume une cigarette , le regard fixe , l’air triste , il est immobile.Blancs sont les murs de la chambre , noirs sont les meubles qui l’emplissent (une bibliothèque , un bureau et un lit à baldaquin)

Extérieur/ Jour / Grand Champ

 

Notre personnage marche et s’approche de plus en plus.

VOIX OFF : A cet instant , le corps errait dans le monde. (plan 7 , 7A , 7B)

Il est de dos , le visage à moitié retourné. Il se retourne complètement , d’un air effrayé. Mais qui a engendré cette peur ?

Un autre homme s’avance vers lui. Il marche rapidement , d’un pas décidé. Notre personnage se sent soudain empoigné par l’autre : Saisissement entraînant le dessaisissement de soi , l’autre homme lui plante un poignard dans le cœur. Notre personnage est allongé à terre , immobile. L’agresseur le traîne par terre et le crucifie. Notre personnage penche sa tête en avant , comme par désespoir.

VOIX OFF : Affectivité meurtrie , meurtrier de l’affectivité , le corps assiste au ralentissement des pulsations de son cœur : refroidissement du sentiment où seule demeure la satisfaction de la conservation de soi ,où le désir cède la place au besoin. (plan 22 , 22A)

Un jour l’autre revint. Il penche sa tête en avant et regarde sa victime d’un air haineux. Visage méprisant qui engendre l’effroi , l’agresseur plante un second poignard , cette fois-ci , dans le cœur du personnage. Il pousse un cri.

LA VICTIME :

Aaaaaah !!!!

VOIX OFF :

S’éteignit alors la clarté de la conscience. Le cerveau à chaque instant , cède à la réflexion une inconscience de l’existence : la saisie de l’environnement s’écrase pour faire place à un dépérissement de la perception de la conscience. ( plan 28 à 30f)

L’autre revint encore une fois. Il s’avance vers sa victime crucifiée.

VOIX OFF : Le corps frémit : serait-ce l’achèvement par le poignard de la mort ? ( plan 32 a)

L’agresseur décrucifie sa victime.

VOIX OFF : Viendrait-il sauver cet existant sans existence ? ( plan 33 , 34)

Lorsque le visage de notre personnage se tourne vers l’autre homme , il sent l’horreur s’immiscer par sa vision. L’agresseur sourit d’un air pervers et se baisse vers sa victime. Il est à genoux et empoigne les poignards.

VOIX OFF : L’autre se ruait à présent sur le corps , saisissant les poignards , les enfonçant toujours plus profondément. Des plaies béantes surgissaient par le déchirement de la matière. (plan 36 , 37 , 38)

L’agresseur se lève et part. Sa victime est étendu à terre. Il se met à ramper et s’approche d’un arbre en forme de main. Il creuse sa tombe , puis roule dans sa demeure fatale demeure. Il ferme les yeux et voit une image : un homme marche et s’avance vers la tombe du corps malade. Il se baisse et s’agenouille. Il prend la victime au creux de ses bras. Doucement , li retire le poignard planté dans le cœur , puis celui planté dans le cerveau.

VOIX OFF :

Contre son sein le corps buvait le lait de l’affectivité. (plan 58)

Les deux hommes se regardent.

VOIX OFF :

Chaque parole était telle une berceuse où l’enfant sommeille paisiblement , gagne le monde du rêve charment. Le cœur jadis glacial , retrouvait la chaleur de l’affectivité . Le cerveau , à moitié mort , redevenait cohérent et équilibré. Le monde , auparavant teinté de couleurs sombres et sales , apparaissait sous un jour nouveau où régnait la clarté aveuglante de couleurs vives et chatoyantes. (plan 59 à 62A)

L’homme allongé dans la tombe revient à lui et ouvre les yeux.

VOIX OFF : Le corps rouvrit les yeux , mais personne ne vint. ( plan 64 , 64A)

 

INTERIEUR / NUIT / CHAMBRE

Notre personnage est toujours assit à son bureau. Nous pouvons cependant remarquer que sa cigarette finit maintenant de se consumer. Son visage est empreint d’une immense tristesse. Il incline sa tête en avant. Il éteint sa cigarette , se lève et marche jusqu’à son lit.Il s’allonge et se recroqueville sur son lit. Il reste ainsi immobile.

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