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La renarde
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 Article publié le 8 décembre 2013.

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La disposition poétique demande un flair particulier : il s’agit de trouver dans le réel qui nous importe - ce petit coin de réalité qui nous sourit - les traces d’un passage qui n’aura lieu que bien plus tard, une fois le texte achevé.

On ne relate rien, ni une quête qui se prétend incessante ni des péripéties plus ou moins radieuses ou sordides : pas de morale, pas de conte à dormir debout.

Disposition d’esprit, n’en déplaise aux chantres mous de la spontanéité.

Il n’empêche que la vision, sans être immédiate - c’est impossible : elle se déroule à la manière d’une scène très serrée - est prenante à souhaits : elle concentre en elle un espoir ou un désespoir, une énergie en tous cas qui rayonne, se perd dans les pores insoupçonnés d’une réalité qui se découvre des élans de fleurs, des solidités de pierre, des sursauts de chair vive.

Le tout est vivant bel et bien, un tout qui a toutes les audaces d’un objet bien concret, une personne de chair et de sang qui vit dans une montagne, un galet, un rayon de lune, une brise marine.

Où que j’aille, où que je porte mon regard, je ne flaire que de l’humain en suspension dans l’air. C’est alors que tout bascule réellement, à la recherche d’un équilibre heureux entre l’animalité foncière de ma démarche et la célébration douce de la vie humaine.

D’une femme, il est bien trop aisé, avec un peu de métier tout de même, de faire une statue, un mausolée, une pièce de bois ou de pierre, un monument petit ou grand qui fige sa pensée en acte et son corps animé de désirs qui nous ignorent ou nous emportent.

A cette mort, je préfère l’haleine chaude de la renarde qui chasse, haleine absolument inapprochable, mais que j’imagine : je suis sa proie, je palpite entre ses dents. Une fois qu’elle m’a avalé, c’est moi qui m’empare d’elle. Je parcours les bois en elle, je sens et respire comme elle, et bientôt, je régurgite le poème par sa gueule devenue la mienne autant que la sienne.

 

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