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Nouveauté mars

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Choix de poèmes (Patrick Cintas)
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- La nuit est un moment mal choisi
la mort est possible tous les jours
il paraît qu’elle arrive même la nuit
la nuit est un moment mal choisi
on ne devrait pas choisir ce  [...]

- Cela fait vraiment beaucoup d'inquiétude
cela fait vraiment beaucoup d’inquiétude
mais enfin c’est comme cela la mort
c’est inquiétant un point c’est tout
on est là suspendu à son ballon  [...]

- Quand je serai une femme
Ce n’est rien, dit l’enfant, ce n’est rien
rien qu’un peu d’amitié, simplement de l’amitié
je suis heureux de savoir
que désormais tu pourras me  [...]

- L'énorme chose
et soudain il vit l’énorme chose
qui apparaissait entre les jambes de Pierre
— Ça alors, fit-il sans cacher son étonnement
je ne sais pas si c’est  [...]

- La géométrie des larmes
il pouvait toujours se consacrer
à la géométrie des larmes
et trouver les mots pour le dire
ce qui revient à faire de la poésie
mais à quoi bon  [...]

- La bouche et le désir
c’est comme ça quand on a envie
d’une glace à la fraise ou d’une pastèque juteuse
on pose des questions sur les sujets graves
et comme on n’a pas  [...]

- Le petit garçon avait la fièvre
Le petit garçon avait la fièvre
la terrible fièvre qui fait mal aux yeux
à ce point que tout devient trouble
et qu’on ne se demande pas pourquoi  [...]

- Le monde est plus petit la nuit que le jour
le monde est plus petit la nuit que le jour
c’est une idée terrifiante
c’est pour ça que je l’ai vérifiée
on ne s’amuse pas avec la peur
il vaut  [...]

- Façon d'écrire
chaque œuvre nouvelle doit écraser la précédente
jusqu’au jour où tout s’arrête en forme d’échec
c’est une chose que les oiseaux ne savent pas
ce qui  [...]

- Façon d'être
Qu’est-ce qui existe après la question ?
qu’est-ce qui meurt après la réponse ?
c’est la bouche qui parle qui parle qui parle
elle n’arrête  [...]

- Façon de falloir
quel temps faut-il aujourd’hui ?
c’est la question à poser à une passante
elle ne passait pas elle tapinait
et la question ne fut pas comprise  [...]

- Ma saucisse
Étant donné que ma saucisse
renferme une quantité A de gaz hélium
et que le robinet à un débit B
calculer la vitesse de la descente dans le ciel
et  [...]

- Je pense que j'ai tout dit
voilà je pense que j’ai tout dit
j’espère n’avoir déçu personne
ça m’ennuierait beaucoup mais si c’est le cas tant pis
que les ennuyés se rassurent  [...]

- Etre ou ne plus être
Le petit garçon connaissait la réponse
les petites filles aussi et ça les faisait rire
ce qui n’enlevait rien à leur innocence
on peut être  [...]

- Par le moyen de l'écriture
Kateb avait encore crié très haut
mais cette fois les oiseaux ne s’envolèrent pas
ils marchaient entre les petites filles
ils les regardaient des  [...]

- Jeu des questions
C’est amusant de se poser les questions
que les hommes futurs se poseront
on est en avance sur son temps
on est un précurseur des temps futurs  [...]

- Robinet
il y avait beaucoup d’amour dans son cœur
maintenant qu’il finissait de vivre
il s’arrêtait avant la mort
ce n’était pas du tout comme il avait  [...]

- Comme Ulysse il avait le cœur serré
et maintenant qu’il n’existait plus que dans la mémoire
on attendait que ça recommence
que sa bouche s’ouvre entre les yeux
qu’elle écarte la  [...]

- C'est un problème mathématique
Le petit garçon se fichait complètement
de la question des miracles en mathématiques
il y en avait eu de nombreux au cours des siècles
et ça  [...]

- A la télé...
on se demande pourquoi on n’écrit pas plus souvent
il est si facile de croquer des pastilles vertes
quand on a faim
on mange ce qu’on trouve  [...]

- Façon d'écrire
il y en a qui croient que pour écrire un livre
il suffit de se trancher la main
et de la donner à manger aux oiseaux
la main ne veut pas se  [...]

- C'est comme ça qu'on écrit des livres
la télé n’était plus ce qu’elle avait été
on reconnaissait les mêmes chansons
mais le maquillage ne trompait personne
il y avait un nouveau  [...]

- Se faire remarquer...
Qu’il est dur de ne pas pouvoir applaudir
quand on en a envie
et quand c’est mérité -
Vive la fin de la grève !
Vive les oiseaux et vive le ciel  [...]

- Zéro !
il se contenta d’ouvrir de grands yeux étonnés
sa bouche ne dit rien ni lui non plus
les petites filles gloussaient sous l’aile des oiseaux  [...]

- Ça change tout...
y a-t-il quelque chose que vous ne sachiez pas
et que ce petit garçon devrait savoir ?
est-ce la question que vous me posez ?
ce n’est pas  [...]

- Un autre jour
et puis des questions des questions des questions
des questions à propos de tout et de rien
à propos de la peau informe et du désordre des os
à  [...]

- Mécanique interne
Ça alors, dit Kateb tout haut
mon corps est à l’image de ma pensée
il va falloir que j’achète un vélo
je récupérerai les roues
et j’en fixerai une à  [...]

- Place !
il en faut de la place pour une nouveauté
et puis on n’a pas toujours le temps
on a quelquefois l’amour bien sûr
c’est bien l’amour quand ça  [...]

- Rapports sexuels
on doit pouvoir poser le problème
de manière à le résoudre justement
remarquez bien que les problèmes
qui comme dit l’adage populaire
n’arrivent  [...]

- Le nom des personnages, pas facile !
l’oiseau se gratta le bec
il ne connaissait pas le nom de ces personnages
il en avait vaguement entendu parler
mais personne ne l’avait  [...]

- De l'amitié, pas facile !
les amis ne répondent pas à toutes les questions
d’abord parce qu’ils ne connaissent pas toutes les réponses
ensuite parce qu’il y a des réponses  [...]

- Écrire des romans, pas facile !
écrire des romans que personne ne lit
Nicolas est papa et Pernelle est si belle
en voilà deux beaux alexandrins
je devrais me mettre à compter  [...]

- Nature profonde de la solution, pas facile !
le sable est riche en coquillages
on dit même qu’il s’en nourrit
et que ça lui réussit très bien alors -
si ça lui réussit pourquoi pas à moi
je ne  [...]

- A propos de tortues, pas facile !
qu’est-ce que je dis à propos de tortues ?
ce que je dis ne changera rien à votre décision
ni aux conséquences de votre décision
oui on voit bien  [...]

- Des coupures
Mais coupez ! coupez ! coupez !
ce n’est pas le décor que j’avais demandé
il fallait des paillettes des femmes nues
des bottes de sept lieues  [...]

- Histoire d'os
La petite dame entra toute nue
il observa son beau derrière qui remuait
il avait deux yeux pour ça
et pas d’os pour aimer
il l’aima quand même  [...]

- Lettre d'amour
l’amour c’est simple comme l’eau
on voit à travers
pas très bien mais on voit
non on ne boit pas on voit
je te dis qu’on ne voit pas très bien  [...]

- Il faut changer les noms
Elle était assise et elle attendait
je ne dirai pas son nom
qui est-ce ?
je ne le dirai pas non plus
on ne dit pas ces choses-là
on dit  [...]

- Gnafron fait des siennes
et patati et patata et bla bla bla
pensa Gnafron en entrant dans le joli
il avait oublié son livre d’anatomie
et il ne se rappelait pas tous  [...]

- Voilà pourquoi je vous tue
Vous ne savez pas ce que c’est une enfance studieuse
c’est délicieux
et je l’ai aimée d’un bout à l’autre
je l’aime encore
et j’en mesure toute  [...]

- Motifs plus graves que la littérature
Oiseau moqueur Oiseau rieur
oiseau avec un O
ne te moque pas de moi
je ne l’ai pas fait exprès
c’est arrivé comme ça
je ne l’ai pas voulu pas  [...]

- Méfiez-vous des mains du soleil
Vous comptez bien
dit l’homme qui marchait sur les mains
mais vous ne savez pas calculer
votre tête est trop près du soleil
et le soleil est un  [...]

- Tant pis pour cette fois
et le petit garçon trouva le coquillage
un coquillage en forme d’escalier
un coquillage noir et blanc et or
un coquillage avec une porte  [...]

- Ode à une comédienne
chaque fois que je te pose une question
il se trouve que tu oublies le texte
dans ces conditions on ne fera jamais l’amour
et le public est  [...]

- Je ne sais plus ce que je dis
Je ne sais plus ce que je dis
d’ailleurs il est trop tard
je ne volerai plus
à moi le temps de la cicatrisation
j’ai mal
pas trop
moins que  [...]

- Río Jauto
« Vous chantez tous par ma propre bouche. »
Se souvenir de toi, Cézanne, dans le canyon
Du rio Jauto que des promeneurs infatigables  [...]

- La palabra brota
La palabra es sangre. La palabra brota
Como el tiempo de los relojes. Viene
De lejos y no dice nada del futuro.
Palabra de sangre, palabra de  [...]

- Ascendance du pin sur l'olivier
Je pensais à toi en constatant l’ascendance
Du pin sur l’olivier. Leur obliquité
Les rejoint quelque part dans la complexité
Du bleu. Après la  [...]

- Ode aux autres
L’odeur d’un homme
qui a l’air d’un arbre
au bord du chemin
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
L’herbe du talus
glisse  [...]

- Je tue petit, en miniature, sans importance
Je ne fuis pas si je ne parle pas, je ne tue pas si je m’arrête,
Vous avez raison au fond. Un peu de cohérence c’est un
Peu de ressemblance. Il  [...]

- Cuivre sonnant l'épouvante
mais Tydée gronde déjà à la Porte Poitride
ne franchis pas le gué de l’Isménos
les entrailles des victimes ne sont pas favorables
Et Tydée,  [...]

- La terrible individualité du créateur
la terrible individualité du créateur
il est dit deux en un
il n’est pas dit
on se cache de dire
le mensonge est une pratique courante chez  [...]

- Adieu, mon faux ami
Adieu, mon faux ami
mon cheveu sur la langue
mon erreur de syntaxe
adieu ou bien à la prochaine
les voyages forment la jeunesse
je ne ferai  [...]

- Un rêve ! à qui le dis-tu !
Un rêve ! à qui le dis-tu !
je suis jaloux de ton sommeil
et je n’ai pas envie de dormir
Faire l’amour à la bonne heure !
mais il faudrait te  [...]

- Vis-à-vis du pas qui s'y risque
là-bas et c’est ailleurs
plus loin que le regard ne porte
au-delà de tes yeux
semblable sœur dorée par ces rayons
la ligne vague du soleil
comme  [...]

- De si justes propos
charmé d’entendre
de si justes propos
mais pourquoi les ensevelir
sous ce brusque silence
n’est-il que de t’étreindre
avec ma voix de  [...]

- Syllepse dit : anakolouthon
le plus court chemin
de la mort au génie
est là
dans la prose
il prononce le symbole réducteur de son moi
fleurs et grimoire
signe résumé  [...]

- Coquillage de sang
morts
beaux morts
morts exsangues
morts tus là-bas
au moment de la première semaille
et le vent remue les tiges sanglantes
et dorme  [...]

- Errance mot à mot
je recrée le pacte diabolique
mon chant procède de cette vertu
et l’aurore est plus virginale
ma main s’isole
et recrée l’acte vide du coup  [...]

- Blanchir tout l'épi
je suis la branche torse
émanée du sein de Déméter
et comme je sens ton lait
blanchir tout l’épi
chaque semaille dans cette terre
est toujours  [...]

- Chemins de feuilles
marche
ton pas régale l’ancolie au cœur saignant
l’arbre
est-il tombé après ton passage
l’arbre
n’est pas tombé
l’oiseau
a cessé de voler ou de  [...]

- Per anum peccatum
au moins si tu te retournes
le futur comme hagard ici
même au cri que lance un seul présent
avance jusqu’au trône
mais qu’ai-je à présenter  [...]

- Deux serpents se médusant
deux serpents se médusant
dans l’eau des scories
au couchant que dore l’épaule des femmes blanches
blanches et noires
au bord de la rivière  [...]

- Sourire vertical
le sourire vertical d’une femme la tête sur l’épaule
qui regarde ce qui passe à travers mes yeux
qui regarde et sourit
les visiteurs venus de  [...]

- La terre devenait parfaitement circulaire
Extrait du Cancionero español.
Seuls ? se demande Cayetano. Cette nuit, la femme lui a fendu
Le prépuce d’un coup de dent sur la langue  [...]

- Christ en croix sur le corps de la femme
Extrait du Cancionero español.
Comment imaginer cette morsure et la répétition des griefs ? Comment
Mesurer dès maintenant la durée conditionnée  [...]

- Cette infime différence
Extrait du Cancionero español.
Ils ne l’avaient pas poursuivi longtemps. Il avait atteint la limite
De leur propriété et ils n’avaient pas  [...]

- L'insolence d'une jeunesse éternelle
Extrait du Cancionero español.
Nuit nue ! Mes mains s’accrochaient à des réalités furtives dont mes yeux
Voyaient la profondeur verbale. Je  [...]

- Salué par des filles rugueuses
Extrait du Cancionero español.
L’enfant croissait dans les eucalyptus et les pins, découvrait du haut
Des murs, éprouvait sa vitesse au contact  [...]

- Quand les camés remontent vers le Nord...
Extrait du Cancionero español.
Quand les camés remontent vers le Nord. L’hiver,
Je ne suis plus seul et la vie me sourit. Tandis que
Le  [...]

- Fuir et parler, parler et tuer tant que c'est possible
Extrait du Cancionero español.
Je vais vite, je vais bien, je vais mon petit bonhomme
De chemin. Je vais sans vous, devant vous, par désir,  [...]

- Et Dieu dans tout ça ?
Extrait du Cancionero español.
Et Dieu dans tout ça ? - Dieu courait lui aussi, mais parce qu’
Il était dans l’Homme. Il ne l’aurait pas suivi,  [...]

- Afin que nous sachions
Extrait du Cancionero español.
Ô Dieu
Qui aimez les hommes qui se reproduisent comme
Les animaux (car si les animaux sont mangés par  [...]

- Au bord d'autre chose que le signe
Extrait du Cancionero español.
J’ai cru à une tranquillité dans la vitesse d’exécution.
Trop vite j’allais et mieux je me portais. Puis  [...]

- Ode aux flics et autres domestiques
On a le temps dans la fonction
de satisfaire l’addiction,
et du plus grand au moins insigne.
Je suis jaloux et je souligne
des fois que ça  [...]

- Ode à la Taule
« La métaphore, c’est bien beau,
mais ça ne vaut pas le tricot,
d’autant que le lecteur s’habille,
même si dedans ça frétille,
et ne s’apprête  [...]

- A propos du silence
charmé d’entendre
de si justes propos
mais pourquoi les ensevelir
sous ce brusque silence
n’est-il que de t’étreindre
avec ma voix de  [...]

- Rivière de femmes
deux serpents se médusant
dans l’eau des scories
au couchant que dore l’épaule des femmes blanches
blanches et noires
au bord de la rivière  [...]

- Dents
les murs n’ont pas
toute la blancheur
de ton regard hélas
l’aïeule est toujours la plus vierge
dans le nacre des dents qu’on sème
pas  [...]

- Un déserteur
Ici, le soleil a gagné
le point le plus haut de son éclat,
dans l’angle d’un acier que la pensée humaine
a forgé à force de mathématiques.
On  [...]

- À l'encontre de bien des gens
Un à un, ou deux par deux,
mais l’enthousiasme ne dure pas,
ayant tous accepté la nécessité du secret,
la morose délectation qu’elle suppose.
Un  [...]

- Sur le chemin, des voyages
Notre monde a mis sur le chemin des voyages et nous avons écrit et lu des récits d’aventures pour remplacer l’immobilité passionnelle de nos  [...]

- Cracheur !
Il crachait dans le feu toutes les deux minutes malgré ce que venait de lui dire ma femme au sujet des vapeurs et de l’air qu’on respire.
— Nous  [...]

- Elle a une théorie
Rêve de ce matin : je poursuis un personnage que je ne reconnais pas. Il se jette dans l’eau d’un canal. Je m’arrête et le menace pendant qu’il  [...]

- Chauves souris
Des gosses jouaient au tison avec des chauves-souris. Nous étions à la fenêtre et elle me demandait si c’était une manière de les capturer. Je n’en  [...]

- Oiseaux !
Témoins, les statues. Violées par les oiseaux.

- Serpent !
Le serpent avait l’air d’une statue. Je savais qu’il était bel et bien vivant et qu’il pouvait devenir dangereux, mais la statue s’imposait et je  [...]

- Promeneurs du fil
Une femme nous montra le chemin. En passant devant la carcasse d’un camion, je lui demandai ce qui était arrivé. Elle se lança dans une explication  [...]

- Motus !
Un homme vint nous avertir que la route était coupée.
— Coupée par quoi ? demandai-je.
Son orteil traça une croix dans la  [...]

- Théâtre d'ombre
Des marionnettes. Le théâtre est un drap vertical.
— Voulez-vous jouer ?
Le dé qu’il avait jeté donnait le chiffre de mon jeton. Je fis un pas en  [...]

- Conasse !
Les insectes la terrorisaient s’ils n’étaient pas ailés. Ou bien elle leur arrachait les ailes pour expliquer sa peur.

- Ode à Françoise Hàn
A l’occasion de Ce pli ouvert/Sans fragment de bleu
Chez Brémond - Encres de Jean-Michel Marchetti.
Longtemps, je me suis demandé
Pourquoi  [...]

- Une rêveuse
Elle parlerait
à la manière des femmes
souvent pour ne rien dire
pour occuper le temps
à d’autres jeux
que les jeux de l’ennui
qu’elle redoute  [...]

- Oisive
Oisive, elle l’était
inutile peut-être
sauf pour l’amour
et encore !
au moment de l’amour
et seulement à ce moment.
Elle allait d’un pas  [...]

- Dans ma cage dorée dorée
Dans ma cage dorée dorée
à l’or fin
j’écris en secret
un roman d’amour
un roman d’amour cela veut dire
que l’amour en est le sujet
et que le  [...]

- Pour le moment
Pour le moment
je n’ai inventé aucun autre personnage
je n’en ai pas senti la nécessité
j’ai aussi supprimé les événements
ils ne veulent pas dire  [...]

- Saluons nos passants
— Qui sommes-nous ? avais-je demandé.
Les uns pensaient que nous n’étions rien et il le disait avec des précautions qui me brisaient. Les autres se  [...]

- Entre savants
Nous étions au milieu du lac.
Vous feriez bien de mettre votre chapeau, dit le marinier à ma femme.
Elle mit le chapeau et passa une bonne  [...]

- Ils sont multicolores
Le chemin montait vers le temple. Un homme multicolore interdisait l’accès. Il était en armes. Des armes désuètes. Je souris. Mon nom ne lui disait  [...]

- La question d'un bonheur
La maison où j’ai vécu est visible à travers le feuillage épaissi depuis des frênes menacés par la ronce aux feuilles rouges à cette époque de l’année.  [...]

- La fin de la saison des pluies
Réfléchissez encore un peu et vous en arriverez à la conclusion que ce que vous êtes aujourd’hui n’est que la parodie de ce que vous avez été pour  [...]

- Trois sonnés
I
Et d’un fort coup de pied il le fit reculer
L’autre retint son ventre et cracha des injures :
« Espèce de marsouin ! Décrocheur de galure !
Tu  [...]

- La trajectoire
La trajectoire n’est pas un banal problème
de balistique ni de criminologie.
Il n’y a plus de bûchers sur la place publique ;
il y a des pigeons  [...]

- La chance
la chance n’a souri qu’aux jeteurs de sort
la chance est reluquée de tous côtés
la chance n’a souri qu’aux joueurs de cartes
la chance  [...]

- Houm delecta
le soleil s’est à peine levé
il y aura longtemps
si longtemps
pffft que le pas réveille
hâtons-nous de rentrer
il fait à peine jour
houm  [...]

- Les chiens de sable
les chiens de sable ont l’honneur de mourir
ont l’honneur de crier avant que de mourir
ont l’honneur de tuer avant que de crier
ont  [...]

- Saluons nos passants
Nous n’étions pas encore partis, mais j’avais pris l’habitude de regarder le quai en passant. Nous ne prendrions pas le train. Je ne me souvenais  [...]

- Serons-nous compris ?
Notre monde a mis sur le chemin des voyages et nous avons écrit et lu des récits d’aventures pour remplacer l’immobilité passionnelle de nos  [...]

- Un parapluie pour deux
L’homme qui nous attendait sous la pluie se signala par l’agitation de son parapluie. Il avait l’air heureux d’en avoir fini avec cette attente.  [...]

- Laissez-moi passer !
Surtout ne deviens pas obscur par abondance de reflets !
Le chemin montait vers le temple. Un homme multicolore interdisait l’accès. Il était  [...]

- Galop sans musique
Facile existence des maîtresses. — À force de ne pas dormir dans le même lit, ou le sien seulement. — Ça vous rend nostalgique. — Et elles reviennent  [...]

- Mais Tydée gronde déjà...
mais Tydée gronde déjà à la Porte Poitride
ne franchis pas le gué de l’Isménos
les entrailles des victimes ne sont pas favorables
Et Tydée,  [...]

- Capanée contre la porte d'Électre...
Capanée contre la porte d’Électre
Polyphonte et Artémis est-ce stupra
qu’elle voulait dire « n’isole pas »
le guerrier semé Mégaréus fils de Créon  [...]

- Rieuse et passante rêveuse
il dit : « o toi rieuse et passante rêveuse
marche au-delà de l’écume nacrée
la silice inaugure le sol passées les amours
l’algue océane
mouette  [...]

- Atroce anesthésie
la mort
rien que l’atroce anesthésie
du sens de la vie et de l’élément
rien que la dernière fois
quand j’ai parcouru le chemin à l’envers
jour  [...]

- Morts gisants
quels étaient les morts gisants par ce sol
évoqués plus loin dans la pierre noire
des pensées et de l’infortune au cœur de sel
un serpent entre  [...]

- Tout a commencé par cette lumière
Nous étions enclins à des injections
Dont nous ne connaissions pas toutes
Les hypothèses. Comment ne pas enfin
Absorber les cristaux liquides
De  [...]

- Saut périlleux
Quel musicien, sinon par tempérament,
A exécuté ce saut périlleux dans l’air
Que nous respirons en même temps que la langue ?
Quel poète, dépourvu  [...]

- Cézanne à Polopos
Et me voici une fois de plus sous le soleil
De Polopos, montant pour aller chercher
Le vin de mon ennui, pensant à toi
Comme si je n’avais  [...]

- L'animal indésirable
Une hirondelle brise les lois chimiques
De l’air saturé de cris d’enfants et l’eau
Éclabousse le visage de la fille rieuse
Qui se mouille comme  [...]

- Vieillards conseillés par des vieilles
Je me souvenais du moindre détail
Avec cette application qui fit de moi
Un enfant prometteur. Mais je n’avais rien dit.
Ils écoutaient leurs  [...]

- On ne joue pas avec les mots
On ne joue pas
avec les mots
comme on s’inspire
des petits corps
qui s’accrochent
à notre imagination
comme les gouttes
de pluie
aux  [...]

- Le lendemain est si proche
Le lendemain
est si proche
que j’ai l’impression
de toucher
son duvet
de petit oiseau
tombé du nid
Demain
en commençant par le matin -
Le  [...]

- Vieux, malgré le peu de temps
A los niños no les gusta la muerte
Les enfants n’aiment pas la mort
Vieux
malgré le peu de temps
qui s’est écoulé
dans mes pauvres mains
faites  [...]

- La maison de mon père
La maison de mon père
Arrue l’a peinte
un matin de printemps
et Jammes l’a chantée
un soir de veillée
à une époque
que je n’ai pas connue
mais  [...]

- Huit fois j'ai enfanté
Huit fois j’ai enfanté.
Les portes sont fermées.
Je suis vieille et passée
Comme le riz de ma platée
Neuf fois j’ai connu la douleur
Et dix fois  [...]

- Jeunes et jolies
Jeunes et jolies
À défaut d’être belles...

- J'ai de la soupe sur le feu
Par ici les petits
J’ai de la soupe sur le feu
Par ici mes amants
Il fait nuit

- Petite fée de mes surfaces
Petite fée de mes surfaces
Je voudrais avoir un enfant de toi
Mais s’il te plaît, o magicienne,
Ne lui donne pas le silence d’or
Qui tombe après  [...]

- Je me souviens de tout
Je me souviens de tout
comme si c’était hier,
la chaleur,
la lumière
si intense,
la surface de l’eau
avec ses insectes
qui formaient des  [...]

- C'était ce petit oiseau
L’oiseau,
c’était ce petit oiseau
qui s’est envolé
sans achever
ce qu’il avait commencé.
Je suis
l’air
que tu respires,
l’eau
que tu bois,  [...]

- Il n'y a rien de plus atroce que le pouvoir des mots sur la caresse
Il n’y a rien
de plus atroce
que le pouvoir des mots
sur la caresse.
Mais le corps n’a pas changé. Voici les mêmes exigences, une géographie de  [...]

- J'en connais de plus forts
J’en connais de plus forts mais c’est avec un autre
Qui se nourrit de l’air comme l’oiseau suspend
La géométrie de mon lit solitaire.
Rivière de  [...]

- L'odeur d'un homme
L’odeur d’un homme
qui a l’air d’un arbre
au bord du chemin
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
L’herbe du talus
glisse  [...]

- Ne cachons rien maintenant
Ne cachons rien maintenant
mais ne soulevons pas le voile
à la place de ceux qui restent
Personne n’arrive, personne
ne sait ce qui est caché  [...]

- Je suis
Je suis
je suis l’arbre
je ne raisonne pas
je n’avance pas

- L'été à Polopos
L’été
à Polopos
les oiseaux
produisent des cigales
sur les troncs
des eucalyptus
et des oliviers
Je dors
à l’abri
de ton feu
universel  [...]

- Les choses, les pays, l'infini
Les choses
les pays
l’infini
ce qu’on en pense
comment on résout
la division par zéro
pourquoi on ne part pas
et le plaisir
qu’on trouve  [...]

- Ce n'est pas que nous soyons discrets
Ce n’est pas que nous soyons discrets
ni indifférents
mais la femme
nous amène
l’orage
en pleine sécheresse
Nous préférons trouver de l’eau  [...]

- Il n'y a pas de commencement
Il n’y a pas
de commencement
à ce qui ne s’achève pas
La femme traverse
la vie
en ligne droite
La femme segmente
notre temps passé
à  [...]

- Quel poète...
Quel poète,
qui ne serait pas
le reflet exact
de son semblable,
est lu
ici-bas ?
Quel poète,
à défaut
de bonheur
proposant la langue,
est  [...]

- Grenouille ! Grenouille !
La grenouille connaissait
Un coin de terre et de gazon
Mais le soleil l’envahissait
Elle perdait la raison
Grenouille ! Grenouille !
Pourquoi  [...]

- On ne joue pas
On ne joue pas
avec les mots
comme on s’inspire
des petits corps
qui s’accrochent
à notre imagination
comme les gouttes
de pluie
aux  [...]

- Le lendemain est si proche
Le lendemain
est si proche
que j’ai l’impression
de toucher
son duvet
de petit oiseau
tombé du nid
Demain
en commençant par le matin -
Le  [...]

- Grenouille ! Grenouille ! (2)
Grenouille ! Grenouille !
N’oublie pas tes amants,
Les beaux jours de l’enfance
Et le sourire des aïeux.
La mort est entrée par la bouche,
Par  [...]

- Gouttes de rosée
Gouttes de rosée
qu’on recueille
du bout du doigt
sur les toiles d’araignée
de nos murs
et de nos charpentes
ou pire sur les carreaux
de la  [...]

- Il y a un rythme
Il y a un rythme
et ici
je différencie
la prose
du vers
la prose est féminine
et le vers est l’homme
en proie
au vertige
Je reconnais
la  [...]

- O ma fille
« Je lui dois une hostie
o ma fille
et c’est vous ! »
Qui
ne voyant arriver
l’ombre d’une promesse
se soucie
du temps qui  [...]

- L'arbre de justice
Pendu par les poignets à votre arbre de justice, j’ai attendu.
Heureusement, l’ombre était rafraîchie par l’arrosage
Automatique de vos  [...]

- Nuit nue, me voilà !
Nuit nue, me voilà ! Je n’appartiens plus à la terre. Voici mes bêtes
Dans un enclos, silencieuses les bêtes héritées de l’habitude
Et de la  [...]

- Popular antiquities
Nous ne savions pas grand-chose les uns des autres. Nous ne savions rien
De la capacité de chacun à reproduire l’autre avec une fidélité de miroir.  [...]

- Hommes dans l'homme à la place de Dieu
Si je n’étais pas cet homme qui reçoit les montagnes
En héritage, je serais cet autre qui me poursuit à la place
De Dieu. Nous n’avons guère le  [...]

- Ode au vin
Le vin
n’a pas raison
mais il n’a pas tort non plus
Pas de verre
pour le boire
juste le soleil
et l’attente
sous un chêne
où la pierre
est  [...]

- Un poème de Manuel Machado
Tant que le peuple ne les a pas chantées
Les chansons ne sont pas des chansons ;
Et quand enfin on les chante
Personne ne se souvient de leur  [...]

- L'amour et son pied
personne n’avait envie de dessiner un pied
l’anatomie est une science passionnante
quand elle permet d’expliquer l’amour
et de vérifier si on l’a  [...]

- Amourologie
mon corps n’existe que par le sexe
et à part une bouche pour parler
deux yeux pour regarder
un tas d’os pour faire du bruit
et une peau pour les  [...]

- Le fils de personne
si les femmes veulent me donner du lait
en échange de mon sperme
je les aimerai plus que les autres
et elles s’en rendront compte
pour les  [...]

- Cosmogonies
je ne compte pas les femmes
et elles comptent sur moi
pour repeupler le monde
d’une manière impeccable
c’est peut-être comme ça
que naissent les  [...]

- Pensez-y...
si je dois être dieu un jour
les prêtres seront des femmes
et les hommes des paysans
les femmes seront poètes
et les hommes chasseurs
tout le  [...]

- Genesis
le premier chapitre expliquerait la création
il fallait toujours commencer par là
les hommes ne comprennent rien
si on ne leur explique pas tout  [...]

- Non, rien de rien !
on ne dessine rien dans la tête des femmes
et on n’efface rien non plus
on ajoute de nouveaux souvenirs
et tout meurt avec elle comme c’est venu  [...]

- On joue ou on joue pas
Qu’est-ce que c’est chouette
de jouer la comédie
en tournant le dos au public !
s’écria la comédienne en riant
ce qui fit rire tout le monde
tout  [...]

- L'amour à la télé
pas de l’amour ? pas de l’amour ?
un peu que c’est de l’amour
et pas n’importe lequel
il y a amour et amour
celui-là c’est de l’amour
pas de  [...]

- Je n'irai plus jamais au théâtre
Je n’irai plus jamais au théâtre
je l’ai déjà dit mais je le répète
on ne peut pas me demander
d’acheter un billet à l’entrée
et une télé à la sortie  [...]

- Jet d'eau
les songes que l’hiver
a parés de la dernière odeur
aussi bien que les mots
qu’elle a chantés
la mort dans les ronds
dans l’eau
du soleil
au  [...]

- Ho !
tu m’entoures de flammes et moi
je pétille comme un sarment
buvant à ta bouche le vin chaud
maintenant de ton sang
o je t’aime comme la  [...]

- L'or
n’attend que l’or à
même de s’y brûler le cœur
elle n’est pas moins seule
avec l’autre attente
tout le feu répandu
à sa gorge qui triomphe
même  [...]

- Histoires
o ce cœur
qui me sépare
de ne rencontrer
que l’instant
dans l’instant
d’autres vieux
sophismes chinois
à la clé
d’autres vieilles  [...]

- M'escargot
mais le temps n’a pas été bon pour nous
tout le long de ce périple à travers les âges
et je pouvais voir des masques se répéter
sur l’envers des  [...]

- Se souvenir
ce n’est pas une autobiographie
ce ne sont pas des dates
c’est un temps qui a toujours été
aussi vrai qu’Ulysses par Nékuia
ou l’idylle de mon  [...]

- Infierno
pour ceux qui ont commis des lâchetés
puis les incontinents
les non-baptisés
luxurieux
gourmands
avares
prodigues
coléreux
moroses  [...]

- Chant et esprit
le chant ne se brisera pas
au pied des œuvres d’art
le chant n’est pas une flatterie
le chant sans doute brisera le cœur
de ne pas le flatter  [...]

- Ce que je suis
mes mains ont donné la terre
à la forme de tes formes
mes yeux ont donné le soleil
à l’ombre de tes lumières
ma chair a donné l’eau
au  [...]

- Aliène
les maisons seules
sur la colline désertée
et les arbres plus beaux
dans ma solitude
Toukaram
sur le bord de la route
et Sophros
bourrant  [...]

- Vraoum ! Les pneus sur les ratiches !
Extrait de [La trilogie française...]
Vraoum ! Les pneus sur les ratiches ! Sa tête explose et sa barbiche met ses poils entre les ailettes. Ça  [...]

- Tu vas encore me maudire…
Extrait de [La trilogie française...]
« On est arrivé, ma femelle, disait-il à son haridelle. C’est toujours au bout du chemin qu’on pense à se laver  [...]

- Dans la fente un sou neuf mettez
Extrait de [La trilogie française...]
« Suivez-moi, petits personnages, scande-t-il pour de ce verbiage conclure la démonstration. Vous serez  [...]

- Le slip de l'audace
Extrait de [La trilogie française...]
« Vous faites chier avec vos odes ! dit Alice que la méthode n’a pas convaincu aisément. Virgile sur l’os fait  [...]

- Paroles de citoyen moyen
Extrait de [La trilogie française...]
« Je ne suis pas un policier. Je me contente d’observer. Quant à juger, je me défausse, laissant ce soin aux  [...]

- En Harley-Davidson
Extrait de [La trilogie française...]
« Mais ce ne sont pas mes affaires ! dis-je soudain dans un accès d’une étrange sincérité. Je suis ravi de vous  [...]

- Ah ! Quel plaisir d'éjaculer pendant qu'on se fait enculer !
Extrait de [La trilogie française...]
« Si tu as besoin de lunettes, me dit Engeli le poète, j’en ai qu’avec on voit au poil. Ah ! Ce roman n’est pas  [...]

- L'autofiction en librairie c'est le top de la connerie !
Extrait de [La trilogie française...]
« Quand on connaît pas, on s’installe, disait-il tout en se branlant. Après on voit si c’est marrant et surtout  [...]

- Lessiver la crasse de la société avec le savon des poètes
Extrait de [La trilogie française...]
« Et puis d’abord laisse ce mioche ! Tu ne sais pas à qui il est et tu voudrais te l’enfiler sans rien devoir  [...]

- Le drapeau est une grimace
Extrait de [La trilogie française...]
« Avec la mort, les rendez-vous qu’un jour sans pain sont plus sinistres, surtout quand ses tristes ministres  [...]

- Finalement
Comme ce vieux, très vieux,
lequel avait cassé sa pipe,
condamné à la mauvaise fumée
pour le restant de ses jours,
à coup sûr comme ce vieux-là,  [...]

- Je m'explique...
Et à midi, midi au soleil,
il ferme les yeux,
elle ferme les yeux,
et je joue.
Je joue à la pipe,
à la pipe qui ne fume pas.
Je fume la fumée de mes  [...]

- Je serai po... poète (j'hésite...)
Je suis rarement seul
quand je joue seul.
Je suis un enfant,
c’est-à-dire que je n’ai pas de souvenir.
Je remplis ma mémoire,
je ne m’en sers pas ;  [...]

- Je t'explique...
Nous aurons même le temps d’aimer
ce que le corps permet,
entre nous deux,
pour nous deux.
Nous aurons ce temps-là pour jalouser les morts,
là où la  [...]

- Jouons...
La pluie pleut.
Papa peut.
Maman meut.
Je jeu.

- Conversation avec une momie
Mais vas-tu parler à la fin ?
Vas-tu me dire ce que tu viens chercher ?
C’est l’heure de dormir,
pas de fouiller dans l’intimité des gens.
Et je  [...]

- Soudain, là
Et soudain un grand écœurement me soulève l’estomac,
comme ça même,
comme une fumée épaisse de trop de bruyère,
trop de bruyère, à jamais !
C’est à dire  [...]

- ¡Viva la muerte !
Tant il est vrai que le crêpe
se vend mieux qu’une poignée de main,
sur la couverture d’un livre
beaucoup mieux qu’une franche poignée de main.
Avec  [...]

- Haïku du plaisir
Sans parler de la beauté,
toujours froide parce que son plaisir est d’être
alors que le plaisir des humbles est de  [...]

- Quatrain du cadavre
Vrai aussi qu’un cadavre vaut mieux
que l’idée qu’on se fait de la mort
quand elle se porte assez bien
pour paraître dans les œuvres  [...]

- La confession de Stavroguine (4)
Tuez la marchande de pommes d’amour !
tuez-la sans la faire souffrir
ça ne servirait à rien de lui faire mal
mais tuez-la pour qu’elle comprenne  [...]

- Paroles de croyant !
— Je mangerais bien une pomme
dit le curé en songeant à l’amour
un amour de pomme me ferait plaisir
si on partageait cet amour hein ma mie
je  [...]

- La confession de Stavroguine (3)
— Je ne peux pas faire l’amour aux filles
sans dévorer d’abord leurs vêtements
je suis un grand mangeur
de fibres et d’élastiques
ça ne me donne  [...]

- Entendons-nous !
— J’en ai marre d’être mort
dit-il pour expliquer son ascension
je m’embête depuis plus de vingt ans
sans femme ni plaisir
et je n’ai rien pour  [...]

- L'apprenti sorcier
vous entrerez donc en fraude
dans le royaume des morts
où la fraude est punie de mort
je ne devrais pas vous le dire
mais tant pis je l’ai dit  [...]

- La confession de Stavroguine (2)
— Tu dois m’embrasser sur la bouche,
dit le mort en montrant ses affreuses dents blanches
et tu ne dois pas être dégoûtée
tu me diras que ma bouche  [...]

- La confession de Stavroguine (1)
la prochaine fois que tu veux faire l’amour
ne demande pas ses papiers
à la fille que tu veux culbuter
écris-lui une lettre d’amour
elle fera  [...]

- Des mots ! Des mots ! Des mots !
— Quand je fais l’amour
je ne le fais pas à moitié
et quand je fais la guerre
c’est pareil
sauf que ce n’est pas la même chose
l’amour procure du  [...]

- Là-haut dans le Michigan
— C’est trop gros, fit-elle, je n’en veux pas.
ce n’est pas un sexe, ce n’est pas pour moi
d’ailleurs je ne suis pas encore une femme
et quand je le  [...]

- Ce qu'on dit au poète à propos d'oiseaux
— Les oiseaux sont de stupides bavards
ne les entends-tu pas jacasser ?
ce qu’ils disent de ta peau, de tes yeux
ce qu’ils disent de ton superbe  [...]

- Cage dorée à l'or fin
Dans ma cage dorée dorée
à l’or fin
j’écris en secret
un roman d’amour
un roman d’amour cela veut dire
que l’amour en est le sujet
et que le  [...]

- Tandis que le soleil se lève
c’était noir
dans sa tête
tout en ombre sa pensée
nulle lumière
et pas de feu
et sa tête était prête
au pire
la nuit n’en finissait pas
il  [...]

- Ce que c'est
Je rêve à toi pour toi sans toi
l’amour est un olivier noir et blanc
Je le connais sans toi pour toi
l’amour est la branche fleurie d’un  [...]

- Dieu persiste et signe
— Existe, dieu, existe autant que tu veux
les hommes qui réussissent dans la vie
deviennent ministres du gouvernement
ils font des sourires à  [...]

- L'enfant est l'avenir de la femme
— Dieu ou pas Dieu, dit un enfant
je ferai ce je pourrai
sans doute pas grand-chose
comme la plupart des hommes
qui sont tous des êtres humains  [...]

- Aïe coucou !
pour les uns j’existe
et pour les autres je suis l’erreur des uns
qui autrement auraient raison

- Rond-de-cuir dans l'eau de l'existence
il fit des paquets de cent
il fit des paquets de mille
il fit des paquets de dix mille
il fit des paquets de cent mille
il fit des paquets  [...]

- Évidence poétique
Il faut bien s’arrêter quelque part
mais où s’arrête-t-on ?
Nulle part
se dit-il pour interrompre son inspiration
j’écris deux vers
et ça me  [...]

- Chaque chose à sa place
Qu’est-ce qui est donné à tout le monde ?
c’est l’esprit qui est donné à tout le monde
et le corps pour le ranger
quand on ne s’en sert plus  [...]

- Arbitre des Élégances
— Arbitre des Élégances, dit l’homme
qui venait de recevoir son premier salaire
c’est bien payé
et puis on n’est pas obligé de porter l’uniforme
ce  [...]

- Cercueils sans guerre
il n’y avait pas de guerre
enfin pas encore
on n’enterrait que les malades et les vieux
et aussi les accidentés de la route
la route était très  [...]

- Noms d'être
ce qui est important
c’est le nom de l’homme
l’homme qui était une fois
il y a aussi un nom de femme
on s’en doutait un peu
un nom de femme  [...]

- Ode au vin
Le vin
n’a pas raison
mais il n’a pas tort non plus
Pas de verre
pour le boire
juste le soleil
et l’attente
sous un chêne
où la pierre
est  [...]

- Se souvenir d'Hortense
Nous sommes à Polopos, à l’équerre
De la montagne Sainte-Geneviève
Et du chemin de bois du Château-Noir
(1895-1900). Ta lenteur légendaire
Trouve  [...]

- Ce que je vois de cette clarté qui m'aveugle...
Ce que je vois de cette clarté qui m’aveugle
au moment que je ne sais plus qui se bat et pourquoi,
c’est l’athanor toujours secret de ceux
que  [...]

- Un mauvais moment à passer
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
elle est seule à la fenêtre
le ragoût glougloute derrière
elle appuie sa  [...]

- No more...
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
plus rien n’existe
tout a disparu
il tourne de l’œil
il voit les choses  [...]

- Celle qui existe mieux que les autres
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
il y en a une qui parle mieux que les autres
elle sait ce qu’elle dit  [...]

- Ça va ! Je pars !
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
du linge propre et parfumé
une cuisine bien épicée comme il faut
le lit  [...]

- Encore elle !
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
et puis soudain c’était des ombres qui s’éparpillaient
le soleil rasait  [...]

- Le barde
Ainsi chantait le barde de Polopos
portant à sa sainte bouche
les débris de figues que l’autre venait d’arracher
au soleil
vous voudrez bien  [...]

- Politiques de l'attente
pourrissement des politiques
de l’attente de tout ce qui a un sens
à force d’immobilité
et de paralysie acquise par l’outil
le barde de Polopos  [...]

- Personæ
il inventa son premier personnage
à l’heure où les autres enfants
choisissent de ne rien inventer
vous connaissez la suite
la solitude l’aimait  [...]

- Un peu avant la révolution
On fournit les explications demandées
sur un ton confidentiel
parce que de l’autre côté
du côté du lecteur
on n’est pas très sûr non plus
Même
on  [...]

- ­« Je suis vivant et vous êtes mort ! »
je ne vois pas comment arriver sans vous
sans votre facilité à retrouver ce qui est perdu
depuis si longtemps que les mots manquent au récit  [...]

- Ochoa est mon nom
Extrait de la [Chanson d’Ochoa]
Avec mes écouteurs bien au fond des oreilles,
J’arrivai à la mer tant désirée depuis :
Des oiseaux y traçaient  [...]

- Exemple de votre bonheur :
Extrait de la [Chanson d’Ochoa]
Exemple de votre bonheur : Je cueillais des olives
Dans l’espoir de séjourner assez longtemps près du bocal
Où  [...]

- Ode à Doña Flores Mejillas Galvez
Extrait de la [Chanson d’Ochoa]
Doña Flores Mejillas Galvez ne dort pas la nuit. Les autres
Ne couchent pas dans son lit. Elle n’éteint pas la  [...]

- Le poème à faire...
Extrait de la [Chanson d’Ochoa]
Le poème à faire appartenait à cette surface d’existence
Plus précaire qu’éphémère. Écrire n’était plus le moment  [...]

- La queue d'Ochoa est une offense à la chair
Extrait de la [Chanson d’Ochoa]
Une nuit, il entend le rire d’Ochoa. Il met le nez
À la fenêtre et voit nettement qu’il s’agit d’une fellation.  [...]

- New York
Extrait de la [Chanson de Lorenzo]
— Je regardai mes pieds
6856 Ils étaient encore chaussés des sandales de cuir qu’on m’avait données à la  [...]

- Un truc qu'a rien à voir ni avec l'infini ni avec l'idée qu'on peut s'en faire pour s'en aller tranquille le jour du jugement dernier
Extrait de la [Chanson de Lorenzo]
— Et dans le dos avec ça ! Comme font toujours les femmes elles ne savent pas tuer autrement
5722 Et quand  [...]

- Browning
Extrait de la [Chanson de Lorenzo]
4461 Tiens regarde ! — Il me montra alors l’objet de son délire car le pauvre n’en croyait pas ses yeux
4462  [...]

- Zapillo
Extrait de la [Chanson de Lorenzo]
3469 Des barques crevées gisent sur le côté à sec réduites à l’ombre qui les détruit entre le sable gros et  [...]

- Sierra Nevada
Extrait de la [Chanson de Lorenzo]
12 Il y a toujours une raison de sortir dans la nuit et de courir dans la montagne pour traquer des ombres  [...]

- Si peu de temps
le lézard perd sa queue en plein soleil
des fruits jonchent l’herbe plus loin
il faut renoncer à ces jeux sous peine
de ne plus comprendre ce qui  [...]

- L'échine claire du Jaïzquibel
vous prenez un poisson pêché le matin
l’oeil comme s’il était encore vivant
vous le videz sous le robinet
il revient d’Espagne avec le sel
l’aïl  [...]

- Hérité du silence
tu verras ô mon amour pour toujours cours cours cours
je ne suis pas celle que tu penses que je suis non mais ô
mon amour à qui je vais tout  [...]

- Au contraire le vent
nous ne voyagions pas au contraire le vent
s’acharnait contre la maison parce que
les arbres avait fini dans la cheminée
ce qui donne un sens au  [...]

- Pindare
La statue de Pindare retrouvée
dans une décharge publique à Thèbes
la vache folle
quatre mortes
ce sont des étrangères au corps halé
on a trouvé  [...]

- Rien n'est plus accessible...
rien n’est plus accessible
que ces chemins de feuilles
au saut des carpes vertes
et du battement d’ailes
croisant d’autres facilités
comme  [...]

- La fiction du langage
La langue est la fiction du langage
Amène-toi, j’ai quelque chose à te dire
Allons-nous coucher avant le soleil
Le cabo de Gata étincelait
Peins  [...]

- Vin + sable recueilli
Nous voguions nous aussi
à distance
comptant les goélettes
qui traçaient les signes
de retour au bercail
le sel volait en éclat
autour du phare  [...]

- Cimetières historiques
jamais vous ne me convraincrez
imaginez mon ascension oblique
au-dessus de vos murs de terre
et de vos femmes qui n’en croient pas
leurs yeux  [...]

- Nous les cinglés du mouvement
Tout ceci n’a jamais, jamais existé
On avait le mensonge cloué dans le cerveau
et on établissait mentalement les connexions
avec ce monde qui ne  [...]


- Promenoirs
sur les promenoirs alambiqués
ombres qui ne faites que passer
pour que je ne me souvienne pas
des noms que vous me donniez
pour m’offenser et  [...]

- L'insecte transparent des coins d'ombre
une explosion de joie m’attire
comme la lumière l’insecte
et je virevolte dans l’air sucré
saturant les conversations
sujets sans consistance  [...]

- Petite chanson, jarcha
ici une petite chanson une jarcha
arrachée à la peau de Vingt-cinq pésètes
qui vendait la sucette la sucette la sucette
à maints petits garçons qui  [...]

- Petits êtres sans défense
mettre enfin le pied sur la terre ferme
et apercevoir le visage d’une nouvelle
qui arrive dit-on de si loin
qu’elle ne parle pas notre langue  [...]

- Vous reviendrez
Vous reviendrez
en habit de fête
pour mesurer
la différence qui sépare
l’enfant qui s’apprête
à consommer la vie
dans un jardin
et celui qui sait  [...]

- Que crois-tu que je cherchais ? La Ville, l'Invention...
[... Une Ville une Invention une Langue une Histoire
il n’en fallait pas plus pour que l’imagination
s’en prenne aux effets des conversations
—  [...]

- Vous n'avez pas la preuve du temps
vous n’avez pas la preuve du temps
effilocheurs bredouilles des quais
vos têtes ont le prix qu’on leur donne
et ce n’est pas donné d’avance
voyez  [...]

- Revenez sur les lieux de votre agilité
revenez sur les lieux de votre agilité
la maison rouge aux volets clos l’hiver
vous inspirait des haines en même temps
que les graphismes verts  [...]

- Que ce couteau me traverse
que ce couteau me traverse
si j’ai aimé une autre femme
que tes yeux me mentent
si c’est cette femme qui ment
que tes mains acceptent
ce que je  [...]

- Mettre enfin le pied sur la terre ferme...
mettre enfin le pied sur la terre ferme
et apercevoir le visage d’une nouvelle
qui arrive dit-on de si loin
qu’elle ne parle pas notre langue  [...]

- L'esprit social
Le Monde ne finissait pas en Enfer
ce n’était pas l’Enfer non plus
J’avançais vers la Mort
me demandant comment j’allais mourir
et comment je  [...]

- A ceux qui n'ont jamais éprouvé le vertige
rien n’est plus accessible
que ces chemins de feuilles
au saut des carpes vertes
et du battement d’ailes
croisant d’autres facilités
comme  [...]

- Couchés dans leurs lits
La statue de Pindare retrouvée
dans une décharge publique à Thèbes
la vache folle
quatre mortes
ce sont des étrangères au corps halé
on a trouvé  [...]

- Jaïzquibel
vous prenez un poisson pêché le matin
l’oeil comme s’il était encore vivant
vous le videz sous le robinet
il revient d’Espagne avec le sel
l’aïl  [...]

- La poésie n'aime pas
Extrait de [L’oiseau aux oiseaux...]
C’est que je ne m’attendais pas
à une telle douleur
quelle douleur que cette douleur
Arrête de chanter !  [...]

- Je ne sais même plus si je suis homme ou femme
Extrait de [L’oiseau aux oiseaux...]
Quelle autre chose que l’amour ?
avec toutes ces histoires
je ne sais même plus
si je suis homme ou  [...]

- Moi je ne mange que les vivants
Extrait de [L’oiseau aux oiseaux...]
Moi je ne mange que les vivants
les vrais vivants qui vivent
pas les noyés qui n’en finissent pas de  [...]

- Tu n'es qu'un personnage de roman
Extrait de [L’oiseau aux oiseaux...]
tu n’es qu’un personnage de roman
à ce titre je te méprise
je te méprise du haut
de mon trône poétique  [...]

- Sur ta route d'adolescent
Extrait de [L’oiseau aux oiseaux...]
ta conscience, mon pauvre oiseau,
ta conscience
il y a vingt ans
c’était l’adolescence
et sur ta route  [...]

- Vertus du poète
Extrait de [alba serena...]
la première vertu du poète est l’honnêteté
la seconde vertu du poète est le mensonge
le reste est contraire à la  [...]

- Content de vous revoir !
Extrait de [alba serena...]
et je vois que vous vous portez mieux
depuis votre escapade vodo
je raconterai à mes frères l’histoire de la  [...]

- Jouet de la terre...
Extrait de [alba serena...]
jouet de la terre
mieux vaut un paquet d’algues surannées
que le jet d’eau sanglante de la mémoire
l’inertie  [...]

- Ça en fait, des poètes !
Extrait de [alba serena...]
le poète à l’écart de toutes les noces
le poète dans les jardins suspendus
le poète à l’aile légendaire
le poète au  [...]

- Tout à refaire...
Extrait de [alba serena...]
la coupe est pleine Alcinoos
tu n’as pas écouté
eh dis donc à ta pucelle
qu’elle arrête de branler
ta lyre ne  [...]

- Les fenêtres sont denses. Réduisez vos murs à la fenêtre...
Extrait de la [Chanson d’Ochoa...]
Les fenêtres sont denses. Réduisez vos murs à la fenêtre
Qui a le plus de chance de contenir les faits.  [...]

- Tu hantes les théâtres de l'attente rose de l'ombre...
Extrait de la [Chanson d’Ochoa...]
Tu hantes les théâtres de l’attente rose de l’ombre,
Couché dans le lit ou dans l’herbe, sous l’olivier
Ou  [...]

- Moins de poésie dans la piscine rose et bleue...
Extrait de la [Chanson d’Ochoa...]
Moins de poésie dans la piscine rose et bleue
De tes attentes, moins de mots pour l’évidence
D’un instant à  [...]

- Chanson de Lorenzo 60/63
Extrait de la [Chanson de Lorenzo...]
60 Qu’est-ce qu’il peut bien espérer de cette fugue d’oiseau pas trop loin de sa cage ? Un moment de  [...]

- Chanson de Lorenzo 115/121
Extrait de la [Chanson de Lorenzo...]
115 Je me suis toujours imaginé qu’elle était en train de préférer l’amour du dieu à la morsure du chien
116  [...]

- Chanson de Lorenzo 1877/1879
Extrait de la [Chanson de Lorenzo...]
1877 Mais comment ? Comment aimer cette image cette simple reproduction d’un certain sens de l’histoire ?  [...]

- La Chanson de Lorenzo 2573/2587
Extrait de la [Chanson de Lorenzo...]
2573 C’est toujours agréable à cette époque de l’année de descendre avec des amis vers la mer et d’y choisir  [...]

- La chanson de Lorenzo 2377/2385
Extrait de la [Chanson de Lorenzo...]
2377 C’est sa manie son jeu préféré sa manière de me condamner au silence
2378 Je ne reviendrai plus à  [...]

- Tout ce que je ne sais pas d'elle
— Nous sommes seuls ? Jette un œil dehors ! J’entrouvris le rideau. Nous étions bel et bien seuls. Je ne l’aimais plus. Un homme me salua, que je  [...]

- Nous partirons un jour
— As-tu oublié que nous partons demain ?
— Nous ne partons plus.
— Tu as changé d’avis ?
— D’avis, non. De femme, oui. Mais ça ne durera pas,  [...]

- En voilà une idée !
Ne pas revenir est une idée séduisante mais c’est un peu inutile d’y penser à cause du pouvoir de séduction d’un objet qui au fond n’est qu’un  [...]

- Exercice de l'invisibilité
La nuit tombée, nous nous rendions à la limite de ces lieux de prières où les voix humaines s’exercent à l’invisibilité.

- Le remplaçant
Il était au bord du précipice et il nous faisait signe de le rejoindre.
— Êtes-vous sûr qu’on les voit ? demanda mon épouse.
Il se jeta dans le vide.  [...]

- La brèche
Une fois engagé dans cette brèche, il était difficile d’envisager de renoncer à aller jusqu’au bout. Ce glissement n’avait qu’un sens. Ce qui  [...]

- Les autres
Qu’avais-je oublié en chemin ? Elle en parlait avec les autres.

- Témoins, les statues
Je ne voulais pas manger le poisson parce qu’il était cru. Elle s’exhibait et ravissait. On me proposa un fruit qu’on ouvrit d’un coup de couteau.  [...]

- La question du retour
Il y avait ce moment de la journée où nous n’avions plus rien à nous dire. Nous n’avions peut-être rien vécu. Nous avions seulement éludé la question  [...]

- L'or
Demain, le soleil ! nous cria-t-il du bateau. Il nous avait promis l’étonnement d’une culture. La pluie nous avait arrêtés à la lisière de la forêt.  [...]

- Ce qui arrive finalement
Revenir ne me tourmentait pas. Retrouver ne m’affecterait pas plus. Revivre était si improbable que je crus un instant que c’était justement ce qui  [...]

- Hamlet
Le lac rutilait sous la lune.
— Nous nous sommes perdus, dit-elle.
Je la rassurai. Le palais apparut au fil de l’eau à l’endroit que je lui  [...]

- Le fil d'une explication
Je n’espérais que des corps nouveaux, une autre initiation à mettre en jeu aux dépens des autres. Cris de détresse. Nous arrivions par mauvais  [...]

- Saluons nos passants
Nous n’étions pas encore partis, mais j’avais pris l’habitude de regarder le quai en passant. Nous ne prendrions pas le train. Je ne me souvenais  [...]

- J'étais... angoissé
— Vous la reconnaissez ?
— Ce n’est plus la même. Vous l’avez changée ? Je l’avais prévenue. Mais elle m’aura oublié. Lui avez —vous parlé de moi ?
—  [...]

- La cage
Elle marchait sous la pluie à la recherche de l’oiseau tombé du nid. C’était peut-être un oiseau, mais c’était une cage. Je n’ai rien dit. De la  [...]

- L'odeur du chasseur
Vous penserez à moi, je suppose, en termes de possibilité. Vous supposerez d’abord mon existence puis, revenant à l’idée que j’existe forcément  [...]

- Ne trahissez pas notre attente !
— Vous n’êtes pas encore partis ! Une question d’argent ?
— Nous avons payé le prix du voyage. Mais nous sommes à la recherche d’une autre raison de  [...]

- Souper avec toi
L’usure anéantit les effets du temps sur l’argent. Inventons une usure de l’existence. Et je t’en prie, pas de solutions imaginaires. J’en ai  [...]

- Parle pour toi
— Tu écriras ?
— Tous les jours un peu. Ce sera notre mesure.
— Parle pour toi.
Mais pour qui d’autre si tu n’es pas suffisamment moi  [...]

- Sur la berge
Vivre ce que les autres ont déjà vécu, au moins une fois ce voyage inutile, avec elle de préférence, pour éprouver sa patience. Le canot glissait sans  [...]

- Imaginer, exister
L’enfant était assis sur le perron, en plein soleil. J’admirais ses boucles rouges. J’écrivis son nom en haut d’une page du carnet, comme ça  [...]

- Ce que le monde lit
— Emportez des livres, mon vieux, comme monnaie d’échange. Vous verrez du monde. Et le monde lit ce que vous lisez. Jamais ce que vous  [...]

- Se donner au vent
N’exister que par rapport à ce désir de franchissement. À un moment donné, un peu comme une fenêtre qui se referme sous l’effet du vent, se vider de  [...]

- Chimie
Des livres et des voyages pour encercler l’existence. Quoi d’autre ? Rien d’autre que d’autres livres encore à l’état de textes et des voyages  [...]


- La question de ton visage
Demain. Nous y sommes. Le soleil ne s’est pas encore levé. Toi non plus. Ton visage est encore ouvert à la même page.

- Bavarde endormie
Je ne réveille pas la femme endormie de peur de voyager avec elle après l’avoir attendue si longtemps. Mais elle ne se tait  [...]

- La funambule
La réveiller, ce serait comme revenir à ce peu de réalité qui nous a donné une existence de couple. Elle trouverait les mots pour exprimer son  [...]

- Changer d'avis ?
Changer d’avis ? Non. Je n’y pense plus. C’est déjà demain. C’est demain chaque fois que je commence à y penser. Et encore demain, comme si tu  [...]

- Le bel azur
Où sommes-nous ? À la fenêtre. Chacun sa vitre.

- Après et encore après
Résister à la tentation de la promenade, même à la belle étoile, les lendemains d’anniversaire, le cœur connaît ces chemins, la raison s’y égare en  [...]

- Ce qu'il faut dire
(on ne saura jamais ce qu’il faut dire
à cet endroit du texte
qu’on est en train d’écrire
pendant que vous lisez)

- Une place dans la société
mon corps est à l’image de ma pensée
il va falloir que j’achète un vélo
je récupérerai les roues
et j’en fixerai une à chacun de mes yeux
je mettrai  [...]

- Personne n'a gagné aujourd'hui
— Personne n’a gagné aujourd’hui
quelqu’un gagnera demain
envoyez les tortues pour le générique
l’émission s’achève toujours avec les tortues !
—   [...]

- S'occuper l'esprit
Le petit garçon parlait tout seul
exactement comme s’il parlait à quelqu’un
ce n’était ni étrange ni inquiétant
il n’avait pas trouvé le coquillage  [...]

- Chants des enfants morts (juste le refrain)
Refrain (tambour) :
Les enfants n’aiment pas la mort
TATATA tatatataTA
Estribillo (laud) :
A los niños no les gusta la muerte  [...]

- Ce qui arrive aux morts
— Holà ! fit un mort qui n’appréciait pas
qu’un vivant donnât des leçons aux morts
pour leur apprendre à vivre, ce qui est insensé !
si tu veux faire  [...]

- Glissement masculin
— Les oiseaux sont de stupides bavards
ne les entends-tu pas jacasser ?
ce qu’ils disent de ta peau, de tes yeux
ce qu’ils disent de ton superbe  [...]

- Soleil
Le soleil comme le clou du spectacle,
là-haut vivace et clair.
Rien moins qu’un rite païen,
par exemple pour les vendanges,
ou la messe des fous  [...]

- Temple
Enfin, la lumière est jetée
sur la proximité menaçante du feu,
la présence indispensable d’une bouffée d’air frais,
la vitesse de croissance de la terre,  [...]

- Trajectoire
La trajectoire n’est pas un banal problème
de balistique ni de criminologie.
Il n’y a plus de bûchers sur la place publique ;
il y a des pigeons qui  [...]

- Chute
Du point de chute à l’homme,
l’obscène défilé des atrocités de la guerre,
d’un chant d’entrée à la bénédiction finale,
comme un mot, et l’air tremble ;  [...]

- Brumes
Vers une mort sans brumes,
mais fulgurante abréviation d’un jeu,
d’un trait en chemin
j’ai pu recomposer la moindre nuance,
du coup, elle s’est  [...]

- Je vis Dieu
Je vis Dieu.
Je vis un homme qui se disait tel.
Il me le disait. Il se le disait.
Il était seul à parler.
Il parlait de Dieu. Il parlait de  [...]

- La mort en est malade
Pour lui, j’ai cassé sa pipe.
Pour elle, j’ai violé le secret.
Pour toi, je me battrai avec un tigre féroce
— la mort en est malade.
Si le tigre  [...]

- Autres pluies
Pleut.
Soleil brisé.
Pleut.
Je ne me ressemble pas.
Papa joue à la mamelle.
Maman joue à cache-tampon.
Moi je suis un oiseau viol.
Si je joue  [...]

- Pluies
La pluie pleut.
Papa peut.
Maman meut.
Je jeu.
Je ne suis pas encore poète.
Je ne sais pas encore jouer avec les mots.
Je joue avec des  [...]

- Poète
Je suis rarement seul
quand je joue seul.
Je suis un enfant,
c’est-à-dire que je n’ai pas de souvenir.
Je remplis ma mémoire,
je ne m’en sers  [...]

- Larra et Sonoya
Larra et Sonoya sont bien copines. L’une vous assiste dans le travail que Dieu impose à l’existence et l’autre compense les lacunes de la vie  [...]

- Si j'avais du pognon
Si j’avais du pognon, je le dépenserais pas avec des Chinois russoconfucéens ni avec des Mexicains qui ont perdu la trace du Mescal. J’irais  [...]

- La Cité des sept collines
Et je m’projetais dans l’épisode suivant sans en avoir la moindre idée. Il était temps que j’me demande comment ça venait quand ça venait et pourquoi  [...]

- Sot saut
J’ai grandi dans un feuilleton télévisé sériel à souhait. Paraît même que je pratiquais la masturbation à distance alors que rien de tangible ne me  [...]

- Quelle envie !
J’ai toujours joué ! Ils ont inventé le je après avoir rendu tous ses jeux au père Noël. J’étais là quand ça s’est passé. L’Humanité était en pleine  [...]

- Plantes et plantes
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
— Moi je trouve stupide de s’habiller dit Jean en regardant le soleil je  [...]

- Mains et pieds
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
— Bonjour, monsieur je marche sur les mains mais il n’y a là rien  [...]

- Envers et endroits
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
Il vit alors un homme qui marchait sur les mains « Moi, monsieur le  [...]

- Chiens et oiseaux
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
il ne savait pas si les oiseaux étaient malheureux il supposait que oui  [...]

- Baleines et sardines
Extrait de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
il aurait pu monter sur le dos d’une baleine mais les baleines ne sont pas  [...]

- Poissons et oiseaux
Chanson extraite de La chanson de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
il jette les poissons dans la mer seulement voilà la mer n’est plus où  [...]

- Hé escargot ?
Reluque un peu ma limace hé escargot ? Tu te souviens Sa limace... Mon escargot... Tu te souviens ? Non je ne me souviens pas je chanterais si je le  [...]

- Et pourtant...
Et pourtant je l’ai si bien chanté cette douleur du temps qu’elle ne m’affectait pas si bien chanté cette douleur qui n’était pas la mienne j’en avais  [...]

- Moments
Je l’ai passé avec toi ce moment de ma vie je l’ai quitté sans toi pour un autre moment

- Homme ou femme ?
Quelle autre chose que l’amour ? avec toutes ces histoires je ne sais même plus si je suis homme ou femme c’est vrai que je suis un oiseau un oiseau  [...]

- Déclaration d'amour
Je t’aime, mon bel oiseau
pense que j’existe
et que tu me le dois.

- Trous
moi quand je n’ai rien à dire
je ne dis rien
ce qui convient
à mon silence
à mon trou de mémoire
et à mon trou de balle  [...]

- Le peintre
J’ai appris à écrire, à survivre, à aimer. J’ai écrit quelques livres que personne n’a lu Je dois beaucoup d’argent à de sots créanciers Et j’ai aimé des  [...]

- On a cassé la statue du Général (première partie)
Scène extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
Gosse — C’est pas moi !
Marette — Et qui veux-tu que ce soit !  [...]

- On a cassé la statue du Général (deuxième partie)
Scène extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
Gosse — J’ai rien fait ! C’est pas moi !
Garde — C’est qui  [...]

- On a cassé la statue du Général (troisième partie)
Scène extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
La Présidente —
Au secours de l’accès au Droit
J’accours  [...]

- Les doigts
Je te les mettrai dans le cul Qui est tout chaud, si j’ai vécu Ce que les roses nous promettent. C’est ainsi qu’on devient poète Et si on l’est  [...]

- Taruma
Taruma matura tara
ratama tu ratuma
ama tu ta ruta
rama mara arta
umata ramu mura
tuma tuma tuma
Taruma maruta ta
amar tu tura  [...]

- Le tatoué
Et tant pis si à Barcelone On ne lit pas sur ma personne Pour ne pas lire l’espagnol. Je ne suis pas le rossignol Qui dans les patios de lumière  [...]

- Les bonbons du gendarme
Scène extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
Gosse — Ouille ! Un flic ! Pas de chance !
Le gendarme — Viens  [...]

- Peut mieux faire
Poème extrait du Livre de Kateb.
Lecture du texte intégral [ICI]
— Vous ne savez pas ce que c’est une enfance studieuse
c’est délicieux
et je  [...]

- Rivière Noire
L’eau tranquille de mes rivières N’emporte rien de ma poussière. J’y demeure comme un enfant, Cet oiseau las de ses tourments Que quelquefois un  [...]

- Mon aliboron
Poème extrait du roman Les Huniers.
Lecture du texte intégral [ICI]
Ô mon aliboron qui âne fut fut fut Et âne n’est plus plus, capital d’un voyage  [...]

- Les genoux d'la fill' d'la Présidente
Chanson extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
Avec de si gros genoux Pour la photo c’est risqué Mais enfin si  [...]

- Chanson du colonel qui aimait les gros genoux
Chanson extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
Mon organ’ n’a pas de nom Il paraît qu’il faut un don Pour avoir  [...]

- J'aim' pas les oiseaux
Chanson extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
J’aim’ pas les oiseaux J’aim’ que les bonbons J’aime aussi les  [...]

- Chanson de la Présidente qui promet les genoux de sa fille à un autre que le colonel...
Chanson extraite de l’opéra Mazette et Cangetno.
Lecture du texte intégral [ICI]
Pour avoir tué des oiseaux Les avoir oubliés par terre Et fait  [...]

- Joli !
APPAREIL GENITAL DE LA FEMME
autrement dit le joli
on dirait un oiseau
que d’apparaux apotomiques !

- Elle pleure
elle pleure pour que tu existes
comme elle veut que tu existes
et tu existeras comme elle veut
si tu continues de  [...]

- On arrêtera...
— On arrêtera si on veut, dit l’oiseau
qui battait de l’aile avec plaisir
on arrêtera quand ça s’arrêtera
c’est comme ça l’amour
on ne peut rien  [...]

- Des œufs et du sperme
— Dis maman, comment on fait les œufs ?
— Il faut du sperme, ma fille, du sperme
beaucoup de sperme beaucoup de sperme !
— Dis papa, comment on  [...]

- Écrivain du dimanche
Serai-je à la hauteur ? Serai-je à la hauteur ?
répétait l’écrivain du dimanche
en serrant son manuscrit sous l’aisselle
si je ne suis pas à la hauteur  [...]

- Mon prochain livre
— mon prochain livre ne vous plaira pas
dit l’écrivain en se suçant le pouce
je vais donner dans le mauvais goût
juste pour voir ce que ça donne
et si  [...]

- L'Huissier
— Gauche ! Droite ! scandait l’huissier
il faut marcher de long en large
dans le sens de la longueur
et dans celui de la largeur
il faut marcher  [...]

- On comprend
Dehors il s’assit sur un banc public
un banc qui était à tout le monde
mais où tout le monde ne pouvait pas s’asseoir
à la fois
on comprend  [...]

- Je m'arsouille de vers...
Je m’arsouille de vers et tu n’existes pas Ton ombre m’apparaît, je ne vois pas ta bouche Je n’entends rien de toi et la lumière couche Dans mes draps  [...]

- L'omelette
On fera rissoler une omelette Sur un lit de lardons et de bon ail. Dans la poêle qui chante un air d’émail Et d’huile craquelant la cassolette.
On  [...]

- Les poètes
Les poètes sont d’étranges bavards Des menteurs soucieux de bien dire. Qu’on accorde mal le mot et la lyre Le temps ne souffre aucun retard.
Les  [...]

- Les mouettes me l'ont dit
Les mouettes me l’ont dit ; je crie et c’est dommage ; La vague n’entend pas ce que le sable dit ; La coquille est muette et l’oreiller détruit ;  [...]

- Café Papagayo
Comment pourrais-je dominer l’écœurement que m’inspire cette populace de misérables et de planqués qui se côtoient encore parce qu’ils font partie de la  [...]

- Ses épaules bleues
Je n’ai pas cette éducation de sinistre reluqueur
Chaque fois que je regarde ses épaules bleues là pendant qu’elle est triste à genoux le long de mes  [...]

- Tentative
Il n’a pas le courage de mourir
La tromperie est supportable le défi lancé à la justice des hommes est parfaitement supportable mais la mort lui  [...]

- Tueur
C’est un tueur
Il tuera ce qui l’épouvante
Il tuera d’un coup
Sans calcul
Il ne saura pas ce qu’il a tué
Il saura simplement qu’il l’aura perdue pour  [...]

- Je ne peux pas avoir d'enfant
— Je ne peux pas avoir d’enfant
on peut caresser mon joli
même si c’est interdit par la loi
mais je ne te donnerai pas un enfant
je suis trop petite  [...]

- Qu'est-ce que c'est que cette chose ?
Et le cheval se mit à galoper dans la pente
faisant sonner ses sabots sur les rochers
les morts s’approchèrent de l’énorme crotte
qui sentait l’herbe  [...]

- L'heure de l'exécution
L’heure de l’exécution approchait
« Bien sûr, dit Jean
il est encore temps de renoncer
personne ne m’en voudra
je peux toujours remettre ça
à une autre  [...]

- En temps de guerre
il y a des noms qu’on peut porter ensemble
par exemple Dominique
mais on se rencontre rarement de cette manière
il y a toujours un X et un Y  [...]

- L'arbitre des élégances
il y avait une grosse production d’élégances
dans ce royaume
et il fallait quelqu’un pour arbitrer
et c’est l’homme qui fut choisi
il dit :  [...]

- Qu'est-ce qui est donné à tout le monde ?
Qu’est-ce qui est donné à tout le monde ?
c’est l’esprit qui est donné à tout le monde
et le corps pour le ranger
quand on ne s’en sert plus  [...]

- Ète poêtre
Il faut bien s’arrêter quelque part
mais où s’arrête-t-on ?
Nulle part
se dit-il pour interrompre son inspiration
j’écris deux vers
et ça me  [...]

- Qu'est-ce qu'on pouvait faire ?
qu’est-ce qu’on pouvait faire ?
hein ? je vous le demande, qu’est-ce qu’on pouvait faire ?
pas grand chose vous êtes d’accord
et je n’ai rien fait  [...]

- Verve comique
il était en verve ce soir
et il faisait beaucoup rire autour de lui
et il expliquait qu’il n’avait aucun mérite
qu’il se contentait de dire ce qui  [...]

- monostique
Je sais écrire le nom des oiseaux : deux ailes.

- Promesse non tenue
promesse non tenue
« et mille baisers sur la chair de tes seins... »
mille baisers
rien que ça
ça en fait des chatouilles  [...]

- C'est ma lettre, dit-elle
— C’est ma lettre, dit-elle
et maintenant on dirait qu’elle a peur
elle fourre la lettre dans une poche
de la robe pas encore fermée
et elle  [...]

- La guerre n'avait pas commencé
La guerre n’avait pas commencé
elle n’était pas finie non plus
c’était une terrible menace
il fallait la prendre au sérieux
elle concernait les  [...]

- Plus tard elle saura lire dans tes yeux
plus tard elle saura lire dans tes yeux
mais tu ne l’aimeras plus
ce sera vraiment beaucoup plus tard
et les oiseaux vivront en cage
dans le  [...]

- Garde ! crie-t-elle dans la nuit
— Garde ! crie-t-elle dans la nuit
et aussitôt le garde entre dans la chambre
du président de la République
et de la femme du président de la  [...]

- Efface-moi, ce n'est pas difficile
Efface-moi, ce n’est pas difficile
je n’en mourrai pas
mes couleurs et mes traits répandus
entre le miroir et ta main
ta main qui recommencera  [...]

- Coupe le micro !
— Coupe le micro c’est le moment de la pub
on va pouvoir rigoler un peu tous les deux
ça ne t’embête pas de rigoler avec moi
j’ai vu à la télé tout ce  [...]

- Pornocacographie
bien sûr la littérature ne nous intéresse pas
je veux dire pas en soi
qu’est-ce que ça vaudrait une émission littéraire ?
rien pas grand chose ou très  [...]

- Théâtre - à Gilbert Bourson
à Gilbert Bourson
Qui avait bien pu déchirer la toile ?
de cette horrible façon -
et sans que personne ne vît rien
ni n’entendît le bruit de la  [...]

- L'ard et la maurt
On ne fera rien avant de mourir c’est plus simple ça ne complique rien on attendra que ça vienne on regardera les femmes peintes et on fera semblant  [...]

- Dieu le poil
moi les putes me font peur elles ont toutes un gros derrière et plein de poils entre les jambes moi tous ces poils ça me fait peur je comprends  [...]

- Deux oiseaux phénomérides
Deux oiseaux virevoltaient dans le ciel d’un autre pays c’était des oiseaux voleurs ils avaient déjà volé beaucoup de lumière beaucoup spéculé sur  [...]

- Le cul de ta mère - chanson
Dans la nuit le feu allumé
Ventre de bouc !
Avec les filles du village
Hibou la lune !
Et toute nue longtemps dansé
Ventre de bouc !
Autour  [...]

- Ma lyre et mon tambour
je suis accusé à tort d’avoir bleui les rouges du couchant
là le spectacle des diverses rencontres sur l’herbe sucrée de ton ventre
rends-moi ma lyre  [...]

- Paisible paisible paisible paisible paisible paisible paisible paisible paisible paisible
même au soir que désole l’ombre
entre le sommeil et l’insomnie
s’y vautre le vis-à-vis des jours avec les nuits
regards du dehors
vers un intérieur  [...]

- Livre des morts
Lequel mangea la cervelle de son fils à c’qui paraît à c’qui paraît Qui repose sous cette terre toute cette profondeur s’est perdue maintenant  [...]

- Par exemple le vieil EP dans sa cage à Pise
ars magna e poi la luna
et tu crois pas qu’c’est une vraie girouette
têtu comme une mule quoi têtu comme une mule
t’as c’t’idée orientale de  [...]

- Marro y yo
1 Marro est comme moi
2 Tous les sangs coulent dans ses veines phénicien grec berbère peut-être même arabe celte germain
3 Ce qui compte c’est  [...]

- Les miracles (pour les petits enfants futurs)
Pierre mangea ses mains ce qui était le meilleur moyen de se libérer du piquet auquel les petites filles l’avaient attaché avec un lien qui  [...]

- Ode à Cézanne
L’AUTEUR - Cézanne, la question est de savoir Comment tu as voulu qu’on se souvienne De toi - ces chemins aujourd’hui Disparus n’ont pas  [...]

- La guerre civile
Le soleil comme le clou du spectacle,
là-haut vivace et clair.
Rien moins qu’un rite païen,
par exemple pour les vendanges,
ou la messe des  [...]

- Bonavir
Embarquez valeureux matelots tous sur le pont du Bonavir
aspirez expirez la mer, mat’lot, c’est la seule santé
prédicant c’nabot-là !
o sang  [...]

- La mort malade
Comme ce vieux, très vieux, lequel avait cassé sa pipe, condamné à la mauvaise fumée pour le restant de ses jours, à coup sûr comme ce vieux-là,  [...]


- Eux et moi
[... On ne comprendrait rien à ce livre sans moi (Jo. Manna). Je tiens à préciser tout de suite que je n’éprouve rien devant l’art ni la littérature.  [...]

- Idéogramme à insérer dans un poème sur... l'humanisme.
Exemple de confusion provoquée par un esprit... raisonnable et raisonné... aux antipodes de la poésie. Partant d’une œuvre moderne...  [...]

- L'homme en valise
Les œuvres complètes d’Antonin Artaud s’ouvrent sur trois textes qui la cernent en même temps qu’elles les libèrent de toute nécessité de repère avec la  [...]

- L'habile singerie de l'homme
« Ce qui chagrine, ce n’est pas de quitter la vie, mais de quitter ce qui lui donne un sens. » « Une grande ferveur  [...]

- L'art des drapeaux
Alphonse de Lamartine Qu’on appelait aussi Cucul-la-Praline Parce qu’il avait le vin mauvais À cause d’une mauvaise cuvée Eut raison de la  [...]

- Toutes les odes de Gisèle
Poète ni compositeur de poèmes, il me semble, au fil du temps que j’y consacre va comme je peux, qu’il m’arrive de toucher sinon à l’instant de  [...]

- Alors l'homme extrait de Cancionero español.
Alors l’homme Patrick Cintas Chez Amazon.fr Alors l’Homme se met à fuir, à fuir et à parler, à parler Et à tuer autant qu’il peut le temps qu’il  [...]

- Ode à Cézanne - Collection djinns poésie
Rencontres avec Cézanne au cours d’une existence d’exilé et de fils prodigue.

- Extrait de Odes,odes en finir avec ce livre encore possible alba serena ****
Cliquez sur l’image
pour lire la présentation de Odes,odes en finir avec ce livre encore possible
Je vis Dieu. Je vis un homme qui se disait  [...]

- Extrait de Chant de désespoir avec les instruments de la douleur alba serena ***
Cliquez sur l’image
pour lire la présentation de Chant de désespoir avec les instruments de la douleur je suis accusé à tort d’avoir bleui les  [...]

- Extrait de Chant d'amour passé le temps d'aimer à aimer alba serena **
Cliquez sur l’image
pour lire la présentation de Chant d’amour passé le temps d’aimer à aimer
ce portrait de moi par moi pour vous belle  [...]

- Extrait de Fragments d'une conversation sans personnages alba serena *
Cliquez sur l’image
pour lire la présentation de Fragments d’une conversation sans personnages
les poux charmants qui peuplent ton esprit  [...]

- Ode à Cézanne
Chant premier de la Chanson d’Omero
On peut lire la première chanson du Cancionero español : Chanson d’Ochoa  [...]

- Sérénade
Terre de l’asphodèle et du lièvre, terre de femme au travail De l’enfant, terre des hommes cherchant des lois au partage Et trouvant des raisons de  [...]
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[ACTOR] - Le Désir. Commentaires du travail scripturaire, sous forme d'essais, mais aussi de page hypertextuelle. Confinent à une herméneutique conçue comme une recherche des sources de l'inspiration. Ersatz du poème initial qui n'a jamais été écrit.

[L'HÉMÉRON] - Le Festin. Catalogue du travail scripturaire, ensemble de chants et de récits formant roman. En constante évolution. Travail spatial, aliène du (étranger au) temps, sur le comportement de la matière littéraire soumise aux contraintes et aux déformations inhérentes à l'interprétation de l'écrit (rhéologie).

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