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Sapphô, fragments d'éternité - ultimi canti di Saffo
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RÉINVENTER SAPPHÔ

Réécrire Sapphô est une idée folle que nous avons tous eue plus ou moins et qui est restée dans nos esprits sous forme de points de suspension. Que faire d’autre face à des fragments intenses d’une œuvre éclatée et disparue ? Au silence de la poétesse, c’est notre propre silence le respect dû, cependant exalté par la volonté d’écoute rendue à sa fonction originelle qui est de détecter le moindre bruit, le plus petit signe venu du bruissement de la parole ou, mieux encore, du murmure, du soupir presque indiscernable, du chant muet des lèvres qui se touchent.

Daniel Aranjo a voulu briser le pacte. Le silence est d’or ? Peut-être, se dit-il, y a-t-il aussi de l’or dans le rêve qui reconstitue ce qui fut. Se saisir de l’ombre, traquer l’évasif pour lui donner un fantôme de corps, toucher à son tour la peau des lèvres et le ruissellement des épidermes, les brûlantes rosées de l’amour.

Sensualité et précision, attachement à la nuance la plus subtile au sein même d’un trouble diaphane, tel est le secret de la si pure expression saphique. On retrouve ces mêmes qualités sous la plume recréatrice de Daniel Aranjo.

Salah STÉTIÉ


Je dis qu’un autre aussi se souviendra de nous

Sapphô, citée par Favorinus d’Arles,
Discours aux Corinthiens, 47

- Épithalame d'hiver
Le givre dehors faisant crisser l’herbe nocturne,
telle une idée sourde ou un froid renard
lorsque, toute à son modèle,
la flamme en nous-mêmes  [...]

- Épithalame des roses d'octobre
l’Aphrodite plénière des roses d’octobre
puis la nuit soudain refermée autour d’un cœur de lampe comme un rond de brouillard
et l’abandon d’une  [...]

- Fragments (peut-être de fragment)
Chiffons de pluie d’un reste de verger
].[
sous l’ombre lente
d’un feu à travers
la nuée qui le farde

- Épithalame d'automne
et, de retour à la vieille villa, entre ses pauvres lys gris, mauves, humides et campagnards, sa vigne arasée et son haut cep tortueux (odeur  [...]

- Pomme
Il n’y a pas que la plus haute pomme de mon plus glorieux poème oubliée tout en haut de son arbre glorieux.
Il y a la pomme réelle d’aujourd’hui,  [...]

- Voyage de noces d'automne
laisser la râpe de bronze sur la table et aller prendre notre dessert sur l’arbre même, ombreux
(figue noire et violette, à chair vierge)
et sècher  [...]

- Épithalame saphique
ÉPITHALAME SAPHIQUE SIMPLE
Et puis longtemps après
moi mon rêve ce fut
le froid d’avril d’une cerise brune, lustrée et charnue
sur un  [...]

- Back to Black
BACK TO BLACK
et nous sommes souls de musique balançante et de deuil
de deuil balançant de musique et de deuil
noir vers le
noir vers le  [...]

- À une, quasi, silencieuse déité
Toi dont la voix de soie t’a valu un surnom de gemme et d’émeraude grise
et qui pleurais tristesse et joie, douceur de braise et même nos guerres  [...]

- À la mémoire d'une jeune voix juive
À LA MÉMOIRE D’UNE JEUNE VOIX JUIVE
Je ne comprends pas ce que tu dis et l’on me dit que tu es morte
mais je sais ce que tu chantes de tes  [...]

- Chanson arabe à demi rêvée
CHANSON ARABE À DEMI RÊVÉE
Voici ma nuit, le rêve de ma vie, entre futur et passé.
Tu es tout amour et espoir. Remplis la coupe ; donne-la.  [...]

- Jalousie
tiens, tiens tes noirs cheveux serrés d’un foulard de feu,
gardienne du mystère,
de la sableuse Cyrène longuement revenue jusque sur nos marchés à  [...]

- Diad[ème]
[…] l’amour décoiffé par l’amour […]
[…] toi, reine, découronnée par ta mère […]
[…] dont le sourire précède le […]
[…] même en dormant […]
[…]  [...]

- Scène
[…] lampe taillée dans une perle,
tel un acte fin de tragédie […]
[…]
lampe
taillée
dans
une
perle,
pâle,
tel un
acte
fin de  [...]

- À
À
ma petite et grande, sœur Olympia
dont même la beauté est heureuse, est sereine, comme son nom,
pour son anniversaire,  [...]

- Étrennes
ÉTRENNES
Bonne année, Sapphô. Regarde-toi, la première, au miroir,
et ajustes-y ce pur foulard autour de tes cheveux pour mieux en dégager  [...]

- Deux (ou trois ou quatre) fragments d'un autre poème perdu de Sapphô
Leçon I (manuscrit Vaticanus)
[…] sandale fine d’onyx, collier baroque
et poncé de billes rosies comme des astres
à vieux fer[moir… d’ar]gent  [...]

- Statue
STATUE
Comme on sculpte de chair tiède et de caresses et de baisers,
d’un double ciseau, une éternelle statue de baisers
Comme on  [...]

- Joueuse de flûte
JOUEUSE DE FLÛTE
double, mi-longue, argentée, en V,
accompagnant longuement du regard
le court écho et la longue dispersion,
par-delà  [...]

- Ode
Oh
et que je t’ai, alors, longuement regardée
(qui m’écartas, soudain puérile),
prête à te dire :
"marions-nous encore, partons, tu  [...]

- Après le volcan
Or tu oublies déjà cette inscription -
nul ne saura ton nom - et ni les lèvres ni le temps -
ni ce poëme - et moins que ce poëme - alors que  [...]

- Danse
(DANSE)
(non n’oublie pas,
danse de oui, danse de non, danse ! danse de danse,
danse de si et de lèvre et de cou, de diamant et de feu,  [...]

- Avant le volcan
AVANT LE VOLCAN
Oh non
ce n’est rien…
juste une incision ocre-rouge, à l’ongle, au mur :
Garde-moi la danse que tu m’as promise
 -  [...]

- Rêve clair
mêler les mètres comme un vin dans un cratère de claire demeure
selon la règle du plus grand diviseur commun
croiser les mètres comme les rames en  [...]

- Juste avant la comète
Si
je voyais
une comète noircie
de neige-feu orangé
fondre sur toi je
chanterais cette comète
ton amour la poésie danse
triste vieille  [...]

- Pensée de peintre
L. V. pinxit
L’énigme supérieure d’une femme qui se voulut peut-être désirable mais dont on ne pût se faire aimer
tant son silence fut incertain ou  [...]

- Feu noir
Yeux noirs, feu noir, qui brûle, en profondeur, suie fine et subtile de ton khôl qui me rebrûle
dès que j’essaie d’en cerner la brune puissance  [...]

- Rêve
femme à robe pouffante et fleurie seins ronds dépoitraillés attachée nue de dos, à la renverse, tête en bas, sur le dos d’un bouc à tête lie de vin, à  [...]

- Petit traité
PETIT TRAITÉ
non, la lesbienne n’est pas une femme
pensée femme, voulue femme par un homme
mais librement femme par une autre
sans penser  [...]

- Isola madre
toujours difficile d’écrire sur le motif
(plus facile d’inventer une mélodie d’après des mots et les mots païens d’une idée) :
le paysage venu de  [...]

- Chant de la réalité
CHANT DE LA RÉALITÉ
Tout va bien à une fille belle. Un rien t’illumine ; et c’est-à-dire tout : ce clair et long décolleté dans ton dos. T’y  [...]

- À une affranchie presque grecque
et quand tu parles même pour dire des riens adolescents (je ne t’entends pas, je te regarde),
c’est avec une grâce orientale de gestes et ton long  [...]

- Lettre
LETTRE
J’aime ta beauté. Aime ta, profonde, féminité mais quand pourras-tu y recevoir, avec ce poëme poli de statue (qu’un jour acclameront  [...]

- À une insituable beauté brune
Passée sur cette place nocturne à temples jumeaux (fermés) sans pouvoir y réentendre le souple son que j’en avais, d’un orgue, il y a un lustre,  [...]

- Coup de foudre
Non, ô brune brûlante, dont la beauté brune, proprement autochtone,
plus vieille que toutes invasions et neuves religions, et voire plus anciennes…  [...]

- Suse
Trois jeunes Perses m’aiment en Asie :
Tanit, Assia, Astarté
trois jeunes Perses à Lesbos d’Asie
sans tunique ni foulard d’Asie
Tanit,  [...]

- Jarre
non, tu n’as bu d’aucune des deux jarres
ni vu (fuir) parmi le vol grossi des oiseaux
ta courte jeunesse à vol fin d’oiseau
mais en sais  [...]

- Mytilène
Or - de l’œil de ta cendre, amie,
on fera, au mieux, un col de cruche ;
de toute ta poudre,
une pincée de poudre sur la poudre de toute la  [...]

- Fragment géorgique
Poire sauvage ; la plus haute ; comme toi.
Et cette autre, de jardin, chue dans la fougère d’or
pour la chevrière d’une dernière ombre de  [...]

- Fragment botanique
"- tu as joui trois fois !
au moins ! je n’ai pas compté !"
et moi donc de lui offrir une grosse touffe de fleurettes paysannes  [...]

- Fragment érotique
trop lu, trop bu
pour sentir le vieux suif de la bougie quand on la souffle s’effilocher en fumée parmi le bruit refroidi et le cri soudain des  [...]

- Chanson lesbienne à boire
fragment
(peut-être de la fin du précédent)
Ah et reverse, verse-lui donc, ici !
ce vin charmeur du nom de Danaé
(serré,
aux arômes  [...]

- Puisque
[…]
aussi bien,
les derniers vents, en nombre,
ici fraîchissants ne se souviennent de rien,
même d’un inaudible oiseau-feu
ni de nous,  [...]

- De l'éternité
Le jour n’est pas le jour,
la nuit n’est pas la nuit,
et l’abus point l’abus :
le premier jour,
nuit et jour confondus,
renversés tel un  [...]

- De l'éternité
Coup de ciseau d’un cri ardoisé d’hirondelle
plongeant au sol et le rasant à la vitesse, souple, d’un noir éclair infini
(cri, à nouveau,  [...]


- D'un chant mutilé de Sapphô
……….…..
…………...
Fortune, ou [nature] (qu’importe ?), et qui ne te vois point,
mais dont nous voyons […] vêture et subissons les coups […] :  [...]

- De l'éternité selon Sapphô, de Mytilène. I
autre poème
(ou fragment, peut-être de la fin, du précédent)
[…] et son chant qu’on redit
faisant du mot un soir, du soir un  [...]

- De l'éternité selon Sapphô, de Mytilène. II
[…] et son chant qu’on redit
faisant du mot un soir, du soir un matin
et, telle l’amie s’appuie contre une harpe amie,
nous  [...]
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2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

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