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Présomption de la poésie
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 Article publié le 12 mai 2019.

oOo

I

Un nuage est le seul vrai drapeau n’en déplaise aux cravates

il est au sommet des cratères qui bombent la poitrine comme à Pompéi dit le foutu charretier des mots qui a le nez en morve celle de Nerval en train de cuire sur la grille en crépitant dans l’odeur des gazelles

car sur ce barbecue on bâtit son hôtel de passe textuelle fredonne le couvreur en se faisant couvrir par de belles oreilles d’où sortent les abeilles pour y butiner les salopes sirènes

à petits coups de crimes fins cheveux coupants et bave de chevaux

pour astiquer les cuirs les plus évolutifs de la langue à écrire

comme on parle en cuisine de la viande à cuire et du fusil à pompe

ou du chat de Sylvie qui est un marcassin qui brigue l’éditeur

et le pilon masqué posté dans les semences des mots canapés sur lesquels on installe sa pisse comme sa dent en or de Salomon

tout un tas de machines folles de Charcot font les arches où passer

pleins d’arrières pensées aux aisselles et aux chicots des phorkyades 

avec la cape épée faustienne et en miroir de Méphistophélès

 

II

Cependant il se pointe en ce lieu neuf et ancien comme un steak

en chargeant le jeune âge dans sa mitraillette de chair triturée

cherchant la cible de sa présomption sous les jupons de sa mire

l’œil par-dessus la jambe devenue paupière son seau de Cosette

dans la nuit qui vient serpillier le pavé de ses fleurs maladives

l’homme ne quitte que s’il est quitté nous dit Pascal et des manières de quitter la ligne par excès de ligne et de reconnaissances à chaque bout de champ ce chemin des hauteurs où montent les prairies

parfois la ligne manque à nos souhaits étranges et aussi comestibles que les choux farcis et les rutabagas qui reviennent des guerres

avec la poésie des ventres affamés faute de maisons closes

où la géométrie se pourlèche les lèvres du suint vaginal de la raison

le poète s’esquinte à se tacher les ongles au grattage esquimau de l’iglou maternel qui a ses ourses rouges sur un vélin morse

et les matières fiscales de la langue mère dans sa propre langue se déclarent comme à l’eau se déclare la branche outrée de coudrier

plus souple que la règle indiquant la voie droite au seuil de sa matrice

 

III

Cette mangrove de notre intérieur le vagin de vénus anadyomène

il en rêve treize à la douzaine zodiacale et les gobe je parle de lui le poète bien sûr s’il en est les poireaux ne le sont et ne s’expriment pas

mais c’est que ces légumes ne sont pas poètes ne s’expriment pas et le font clairement à la façon Boileau ne font que dire à la terre :

« pousse toi je m’y mets » et la terre les pousse vers la verte lumière

qui est la tête coupée de la nuit par la guillotine du bourreau soleil

Gilles ou saint Donatien suçant ses fruits juteux et ses légumineuses

lui son poireau est cette chaise que l’on sent grincer sous les mots qui lui disent tu es ce moi qui fait des vers puisés dans le mot moi qui mène en transhumance son troupeau moisi de boucs savantissimes 

tout frétillant de balivernes plus savantes l’une que les autres et moins simplement solaire et sans carcan car rien n’est compréhensible ni incompréhensible mais est simplement

par exemple la chaise avec ses bouts des doigts et le clavier des sauts et bonds en vol plané parqueté du plancher

couché comme un fusil qui est une synthèse dégueulant sa thèse accessible à la mort champagnisée par l’art et la littérature

 

IV

Nez au vent de la camisole appelée diligence aux temps anciens

voyageur à main nue parmi les cochonnailles de saint Luc

tête et queue le poème avance avec lenteur qui sont les mailles le filet

et le homard d’Alice qui pue la marée laquelle est le miroir et son cul blanc

qu’on nomme son petit derrière par décence lorsque sa Ketty lui démange à midi le trouduc du lapin n’a qu’à suivre la ligne et se rapetisser en devenant tout grand stalagmite et fusée

styliste étique à poil dressé sur sa colonne ayant hissé le lac de misaine imprévu de son moi

stricto sensu se fait sucer le sang son bureau de tabac où se faire un lieu propitiatoire à la démolition volontaire et jouissive

tout entier serrure et clé de sol ou ré de l’infection perso et non l’infection du temps où la parole est le marteau et pas le charpentier

encore moins celui des morses et des huitres des filles madrépores

et patauger dans les mandorles obsolètes de l’orchestre latrines est l’acte religieux d’écrire au proxénète de sa came d’encre

seringas mélangés à la mélancolie de l’estomac des herses de Cypris

roule sa bosse au plat exigeant des lentilles foulées au talon récitant quelques vers obscurs et apocryphes de Coleridge

s’oxyde le sérieux de se satelliser autour comme un étron

 

V

Verveux entre les cuisses du vocabulaire et ses calculs rénaux s’enfile entre les apparences changeantes des choses de Lucrèce et page la résine de l’arbre des vagues en vers de wagons-lits

car plumard se dit page en argot de Custine et la motte une chatte

urine dans le sens du jet où dans le jet ne se cache aucun sens

inonder l’Albigeois ou la ville d’Utrecht c’est à l’aide de phrases

celles-ci du poème en train de se toucher le défilé d’images et branler la moquette des seins du lagon-laïus qu’est l’otarie

l’odorante sueur de toute poésie salope prie ses draps pisseux et comme la caque des sardines de l’Europe indue sent la curée

quel pavé dans la mare est le viol des virgules quel menu fretin

lui dire en murmurant syntaxe je t‘encule de mon Niagara

Voltaire versifie la pucelle en bandant qu’on le dise un poète

parfois madrigaux et sonnets ont comme un phimosis à les rendre modernes

lundi rue Christine Nadja prend le pied de l’autre pour le sien

sous le pont Mirabeau où flottent les carottes qui sont souvent trop cuites comme des baïonnettes

passe la saleté des amours prodigieux du seigneur circoncis des belles Andalouses

qui en fait sont les vignes mal taillées des zigues nucléarisés par leur académie libre comme un parfum corporel d’héliotrope 

 

VI

Comme Empédocle et ses piquants d’oursins ce qui se voit peut s’ouvrir

et c’est un aphorisme de marin qui prophétise la chair molle du mollusque avant dégustation à l’i s b n qui est le bar du coin

en touchant la pompeuse armada de ses idées plus rouges que cette cuisson que doivent subir bulots crevettes et langoustes 

déhanche sa vue toute imbibée d’embruns dont on fait les maillots syntaxiques la mer dans le dos à voile et à vapeur et ses flaques de mouettes rejoignant à pieds les canalisations qui sont ses cantatrices

la vue doit tomber comme un slip aux pieds nus de la comtesse idée

 plutôt comtesse Oui moulée dans son oursin suggéré d’Agrigente de par l’incipit survenu par surprise pour gober les mots et leurs déplacements

la vue n’étant que cette idée aveuglement cette source plus sourde course à l’étendue immobile à perpète et à autre niveau et autres positions de jambes décroisées croisées flux et reflux dans l’étroite étendue et large profondeur

et peut-être l’idée non la vue doit tomber aux pieds nus de son moi-comtesse-soi hanté d’allonges et abandons

moins savant que voyant moins Empédocle qu’Agrigente et sa mer et ses algues Vénus sa coquille Agrigente son ciel et son évocation femelle de chevrettes le caillé antique du blanc de la page tirée en arrière et proue à l’oxymore autrement dit à l’os de seiche ou de clairon

plongeon dans les éclats d’obus de ses abus se fait la poésie de même le plongeoir de ses palmes clouées au ressort de sa planche qui branle agrégeant l’acropole de l’air exhibant son acromégalie véloce et qui s’esclaffe sur son Icarie

 

VII

Des consonnes mal fringuées sont libres comme l’air de copuler

avec des voyelles plus jeunes à travers une dégringolade d’astres

bâtissant les ruines de leur télescope

et libre aux escargots de gérer l’évêché des arbres qui s’avèrent en fait être des jambes de femmes falsifiées en tout bien sans honneur par les mots enivrés d’antidotes

assis sur le plomb en fusion de son siège le poète fond ses cloches sans papier sur lequel il s’écroule

les arbres s’apercevant qu’ils se sont trompés frappent à l’obélisque de la synchronie pour demander asile comme des poivrots ou de grosses sauterelles changées en compas

lequel devient sextant tant sexuel est l’objet redevenu le mot

botté de ligne en ligne qui étend ses draps la chanson c’est la grande muraille de chine la phrase je me vois en amont en aval en fleuve pyromane qui charrie de très improbables gondoles pilotées non debout comme on fait à Venise mais se voulant la cuisse écartée de Venise son pont des soupirs

la poésie se pare des raisins de Corinthe de la peste noire et roses jarretelles de l’obsolescence aux odeurs de marée montante et descendante jusqu’à l’antidote suggéré plus haut qui s’appelle jouissance et de ses vœux écrits à son éternité

et son tout bout de champ sort du spray d’intervalles et largue d’insinuantes et turpides torpilles pour bien les étendre sur affinité et plus si phosphorique une canine d‘eau mouillant sa geste sèche son Carnac d’envie

et donc sa surenchère de vouloir conserver le sourire du char qui est celui du chat très nécessaire et gris et Persan du sarment langagier perce-oreille

et la Sorbonne de la neige hissera cristalline son hôtel de passes qui fera le livre d’or de son très bas qui file à tour de bras

 

VIII

Le Rien fait peau neuve sur les sables sortis de leur corset de verre dans lequel se reflète le visage de l’exil à face de rhinolophe car la nuit a l’odeur d’algues d’astres à lames de falaises et sent la pierre à feu et le barbecue d’ailes

la mer écarte en grand ses cuisses de tonnerre devant le coutelier des roches mal lavées et toutes couturées d’abimes en plein vol ou qui y nidifient comme les corps mourant de s’extasier du sol

et l’exil est vocable lâché par le vent sa porte grande ouverte et ses frondes casquées de signes fastueux

ses naufrages brassées et crawlés mis à flot son compost de varlopes de dents de requins fabuleusement chauves comme les névés

rameute ses pagodes qui changent en singes les fraises des bois et les lits de famines beaux comme des pelles roulées aux putains vérolées et baroques comme une moutarde sur un râble cuit de lièvre persillé 

Se veut dieu et orage sans foudre et sans slip et giboulées tatouées de vérandas laveuses de pluies plus étroites que l’étroit méat qui est la sacristie du bas clergé urique des incontinences

se sublime un donc d’amour voyant les choses dans les choses un donc à quatre points cardinaux en un seul 

un donc plus éphémère que l’éternité en un point invisible et inintelligible comme le poivron rouge et le gésier des joies géré par l’instant bref qui étire son seuil et crève la paroi qui fait barrage au songe par l’image dite

et brame son silence en rut dans la clairière oú dort la Lorelei

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