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Nouvelle
Revue d'art et de littérature, musique
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Revue en ligne
lundi 23 octobre 2017
Directeur: Patrick CINTAS
Éditeur: Le chasseur abstrait
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères

 

 

Sommaire :

Revue CORTO n32
 
[Le rouge et le blanc] par Stéphane Pucheu
Pascal Leray
 
[Dictionnaire critique et raisonné
du signifiant série et de la poétique sérielle]
'hypertexte
[Sélection du trimestre] ...le meilleur des textes reçus.

 

 Stéphane Pucheu

« Je suis réglée, monsieur. »

 

Les papavéracées à fleur rouge vif matérialisent la trajectoire, des deux côtés de la grand route, dans une ligne continue, dans une perspective comme sans fin, tandis que mes mains, tandis que les mains du narrateur sont posées sur le volant, et que la berline avance de manière rectiligne, les longues bandes blanches défilant continûment, à intervalles réguliers, à intervalles récurrents.

Dans ma tête, je me souviens avec une précision chirurgicale ou végétale de ces plaines recouvertes de ce même rouge vif, de ce rouge incandescent, de ce rouge sang. Des pans de velours rouge qui recouvre les plaines, des carrés devenant rectangulaires et dont la longueur se confond avec l'horizon, avec l'azur pâle, sans doute naissant.

L'air est quasiment absent. La végétation pousse en silence, de manière drue, drue et continue.

Au même moment, à l'intérieur des monts, les plaines sont recouvertes d'une épaisseur généreuse de neige, les plaines sont recouvertes d'un long manteau neigeux, les plaines sont recouvertes d'une blancheur omniprésente, d'une blancheur statique, d'une blancheur panoramique.

Le paysage est blanc, d'un blanc omniscient.

[Chez Le chasseur abstrait...]

Stéphane Pucheu dans la RALM >> [Produire du sens]

Stéphane Pucheu nous signale avoir atteint la 700e nouvelle ! La voici. Elle nous éclairera notamment sur l'usage que cet auteur prolifique fait des « unités lexicales » et du « concept de dédoublement » qui lui est cher.

700

Le rocher est là, sans la moindre identité adjectivale.
Sa présence comme immuable assure sa propre légitimité.
Si ma haute stature, celle du narrateur, a été maintes fois décrite ou suggérée et le sera sans doute encore, elle est essentiellement statique, là, maintenant, dans un espace-temps qui semble nouveau, sinon régénéré, oui, dans un champ narratif libre de la recouvrir à sa guise.


Stéphane Pucheu chez Le chasseur abstrait >> [ICI]
 

 

 

 Pascal Leray
Dictionnaire critique et raisonné
du signifiant série
et de la poétique sérielle

'hypertexte

ABSENCE (de la série) - L'absence de la série est un cercle vicieux. On sait que le vers français a ignoré ce mot de façon quasi unanime jusqu'à André Breton. L'unique exception repérée jusqu'ici est une chanson de la fin du XVIIIe siècle écrite par un certain Picard, chanson inventée pour égayer une comédie intitulée La maison de loterie.

JACQUILLARD

Rien de plus facile à comprendre :

Une maison qu'on ne peut vendre

A moins de la voir au rabais,

On en fait une loterie.

 

RIGAUDIN

Et, par une adroite industrie,

Comme quatre-vingt dix billets

Ne rempliraient pas vos souhaits...

 

JACQUILLARD

On en fait quatre-vingt dix séries

Qui font, quand elles sont remplies,

Quatre-vingt dix autres billets.

 

RIGAUDIN

En tout huit mille cent billets

 

Des grands poètes qui jalonnent le XIXe siècle français, aucun ne daigne employer le mot « série » dans un vers. Le mot n'est pas absent des proses d'Hugo, de Baudelaire, de Nerval bien sûr... Il apparaît dans une des « Conneries » de Rimbaud pour l'Album zutique. Verlaine invente même le mot « sériette » pour une courte suite de poèmes. Mais le mot ne franchit jamais le seuil du vers.

Cette absence d'un mot déjà courant dans le vocabulaire poétique sur une période de plus d'un siècle ne manque pas d'interroger. Mais l'absence de la série ne concerne pas le seul domaine poétique.


Pascal Leray dans la RALM >> [Dictionnaire critique et raisonné...]

Mon sentiment est aujourd'hui le même qu'hier : il faut remonter la lecture de Meschonnic à sa (ses) source(s). Que ne s'est-il, plus avant, consacré à la lexicographie, par exemple ! En entreprenant le projet d'un Dictionnaire critique et raisonné du signifiant série et de la poétique sérielle, je ne peux manquer d'avoir une pensée pour l'auteur de la critique du rythme qui, finalement, ne disait pas de choses méchantes sur le rythme. Si sa théorie du rythme m'a offert de solides bases pour penser la série dans l'ordre du langage, il m'est paradoxalement difficile aujourd'hui de m'appuyer sur lui. Dans le Dictionnaire, il est omniprésent, bien au-delà des articles qui relèvent directement de la poétique.

Pascal Leray dans la RALM >> [Catalogue du sériographe]

L'établissement d'un catalogue aussi complet que possible (il est nécessairement défectif) tient à la fois au désir d'avoir - et de donner - une vue d'ensemble sur mon activité littéraire des trente dernières années mais tient également, je crois, de la prise en compte de ce qu'on peut appeler « texte » aujourd'hui (en 2017) dans un ordre hybride qui en multiplie la volumétrie.

Pascal Leray chez Le chasseur abstrait >> [ICI]

 

 

« Pour respecter l'idiosyncrasie de chacun... » André Gide - Paludes.

2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

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