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 Article publié le 18 février 2013.

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La beauté des lignes, des lignes courbes, tendues vers l’arrondi de formes galbées : les seins, les hanches, les fesses, la naissance de la vie en son essor perpétuel : voilà qui occupe notre sensibilité quand elle est encore dans l’enfance de son art.

Aucune lassitude dans les parages d’une telle beauté. Simplement, le temps passant, la sensibilité s’infléchit vers plus d’humanité : c’est la personne qui importe autant que les formes qui la révèlent.

En sa maturité, le sens de la beauté se nuance de sourires et de tendresse.

Une femme n’est plus une icône, une image sainte, mais un être de chair qui n’inspire aucune crainte et qui inspire le respect, respect élastique que celle-ci s’emploie à moduler au gré de ses envies et de ses caprices : dans l’intimité la plus grande, respect et pudeur n’existent plus ni leur contraire : un autre rapport à soi s’impose dans la découverte de la chair amie.

C’est exactement en ce lieu de langage qu’homme et femme se rencontrent : à la pointe de leurs désirs.

Imaginez deux fines aiguilles, si fines que l’extrême pointe de chacune d’elle est comme inapparente : toutes deux convergent l’une vers l’autre dans un espace de mots virevoltants, un mouvement brownien de signifiants, et dans ce maquis a lieu l’improbable : la parfaite coïncidence des deux fines points qui s’ajustent, s’abouchent et donnent à voir un élan qui pétille dans leurs propos.

Il ne manquait à leur existence que ce manque de convergence initiale pour qu’elle tente d’avoir lieu, et c’est ce qui se produit : l’infime interstice qui laissait passer le jour du monde, occultait tout l’espace aigu de leur bonheur, voilà que, comblé par la convergence de leurs désirs, il accouche d’une monde rond, ferme, plastique et brillant dans lequel pudeur et décence sont abolies.

Monde qui n’existe que dans le jeu de leurs mots et le jeu de leurs deux corps. Les deux corps ont du jeu, comme deux pièces mal ajustées : liberté de l’écart, mouvement, branle du désir : la mécanique du désir ne connaît plus de raté, elle crée un espace de liberté, de joie et de saveurs sans pareil.

La rencontre heureuse définit un espace nouveau, un entre nous qui n’appartient qu’aux deux amants. Cet entre nous est unique.

 

Jean-Michel Guyot

9 février 2013

 

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