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 Article publié le 29 mai 2016.

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Soixante dix ans ! J’entrais donc dans ma soixante et onzième année. Pas fier. À cet âge-là, il ne reste plus grand-chose à espérer de la vie, sinon que le passé pourra servir d’exemple aux générations futures. Parle pour toi ! Avec dix ans de retraite derrière moi, j’en étais toujours au point mort : pas un livre, pas un arbre et des enfants qui ne me méritaient pas. Ma femme avait l’air d’une mémé. Et comme elle n’avait jamais conçu cette fin de vie sans petits-enfants, on n’en manquait pas. Seul un tremblement de terre pouvait me sauver de cet enfer. Mais les terroristes n’avaient pas dans l’idée de me sauver de l’ennui où j’allais vite dépérir sans laisser de traces de ma douleur. C’était le matin et on attendait le gâteau. J’avais opté pour un moka avec de la pâte d’amande sur le dessus. Je m’étais posté sur la terrasse pour avoir vue sur l’allée au bout de laquelle se trouve notre portail. Il était ouvert pour laisser le passage à la fourgonnette du pâtissier. J’allais tailler un brin de causette avec ce crétin d’héritier de la tradition française. Mémé ferait une apparition pour remplir nos verres. J’en avais déjà trois dans le coco, mais elle l’ignorait. Elle ne savait pas compter, cette bourrique que j’ai épousée pour sa situation. Enfin… celle de son père sans lequel… mais n’en parlons pas : il est mort et enterré avec sa femelle et trois ou quatre de ses proches.

Vous me verriez accomplir les rites catholiques comme si je croyais avec ces imbéciles que Jésus incarne l’Être suprême. Chaque fois que je regarde le ciel, qu’il pleuve ou que la nuit me tombe dessus, je me dis que j’aurais mieux fait d’aller en Amérique pour devenir Indien comme mon ami Walden. Mais je n’ai jamais voyagé qu’en classe touriste. Entre le pape et le président de la république, on fait la tranche de jambon de Chinaski. Et on se laisse manger par l’existence. Je m’en confesse une fois par semaine pour avoir le droit de communier. Et attention : notre curé a l’œil. Pas question de lui faire avaler des couleuvres. Il sait exactement ce qui fait de nous des pécheurs. Et pas question de se présenter devant la table de communion si on n’est pas passé aux aveux la veille. Je fais ça avec soumission apparente et un petit air d’enfant égaré dans le monde des adultes. Moi à qui ils ont confié leurs mômes au nom de la Nation et de la croix du panthéon. Vous me verriez lâcher une larme dans la paume du serviteur de Rome… Il me considère comme son fils. Heureusement, il n’a jamais lu ce que j’écris de lui. Sale race des domestiques !

À onze heures pétantes, Serrac manœuvre sa fourgonnette jaune entre les vantaux du portail. Les pneus écrasent le gravier pendant une longue minute. Je souris pour ne pas avoir l’air d’attendre qu’il s’en aille avant que je me mette à critiquer sa position sociale. Il freine, claque des portières et le voilà sur la terrasse avec le moka dans un carton fleuri comme le printemps qui commence. On échange des amabilités, Mémé se ramène avec le porto et on papote un bon quart d’heure de choses et d’autres. Pas un mot sur ce qui m’arrive : je me sens encore jeune et pourtant je suis vieux.

Le moka est réussi, du moins extérieurement. J’ai confiance en Serrac. On se connaît depuis l’enfance. C’était un crétin à l’école communale où je faisais figure de génie. Il a hérité et j’ai bénéficié de la générosité républicaine à l’égard des enfants pauvres mais intelligents et prometteurs. Tu parles d’une promesse ! Je l’ai tenue, mais au bas de l’échelle. Et si je n’avais pas épousé Mémé, je serais branleur dans un pensionnat catholique. La Nation m’a sauvé de la religion, mais pas de ses rites. On est ce qu’on est.

À midi, il y avait du monde sur la terrasse. Le soleil tapait dur sur la vigne vierge. Les insectes étaient au rendez-vous et énervaient tout le monde. On se posait déjà des questions sur la pertinence d’une table servie dehors. Il faut dire, à la décharge de ces invités soupçonneux, qu’un mien cousin du côté éloigné de ma femme est mort d’un œdème asphyxiant suite à une piqûre de guêpe sur la langue. Une mort atroce. Il paraît que le type avait gigoté sur la table pendant une demi-heure avant de s’en aller dans un long gémissement venu du fond de ses poumons. Avec de la bile, des sucs gastriques et du sang pour la couleur. La conversation, en ce jour anniversaire, repartit sur cette évocation barbare qui attira les enfants comme les mouches sur le cadavre du pauvre homme aujourd’hui enfermé dans le caveau familial. J’ai failli dégueuler mon porto et mes crackers. L’odeur du ragoût de mouton envenima mon atmosphère. Je me suis excusé et je suis allé chier à l’étage. De là, on peut ouvrir la fenêtre sans être vu et observer ce qui se passe sous la treille. J’en ai profité pour me caresser un peu, histoire de bander sans intention de donner. Il y a longtemps que Mémé trouve ça d’un autre âge. Ça ne nous rajeunit pas.

J’avais la queue sur le marbre rose de la cuvette, frémissante entre les cuisses, quand j’ai aperçu un changement notable dans la petite foule assemblée sur la terrasse. Il faut dire que je voyais les choses à travers la vigne encore malingre en ce début de printemps. J’entendais les abeilles bourdonner. Je voyais des papillons partout. Et comme j’avais emporté une bouteille de porto, je n’étais plus en mesure de trouver les mots. Je me laissais aller à des improvisations obscures. Je leur aurais bien envoyé quelques échantillons de ma crasse intérieure mais, comme je l’ai dit, j’étais presque un enfant de chœur à leurs yeux et puis, ils étaient venus pour fêter mon déclin existentiel et vital. J’en avais le gland gras comme un confit. Par-dessus, le ciel était bleu, avec juste quelques petits nuages blancs aux entournures, sous les branches. J’avais envie de vivre. Je commençais à m’accrocher. Jusque-là, je veux dire pendant soixante-dix ans, je m’étais laissé glisser en prenant garde de ne pas me jeter la tête la première dans le fossé. J’avais la technique, un mélange de savante hypocrisie et d’un sens de la jalousie à l’épreuve du soupçon. Mais depuis la veille, je m’accrochais. J’avais conscience que je pouvais crever à n’importe quel moment de cette attente forcément bornée par la peur et l’angoisse. Je n’étais plus moi-même.

Comme je le disais, quelque chose avait changé dans l’assemblée festive qui n’accordait qu’une attention relative à mon absence. Qui savait que je les observais ? Mémé. Elle se dépensait en paroles. Heureusement, je n’en entendais rien. Il n’est pas facile de ne pas l’écouter quand elle œuvre à proximité. Je suis toujours à la recherche du coin tranquille où on me foutra la paix, mais elle le trouve toujours avant moi. Passons sur cette lutte quotidienne contre la prétention de l’autre à comprendre votre propre mélancolie. Je n’en parlais jamais en confession. Je préférais m’inventer des aventures extraconjugales. Je me demande ce que ces amantes imaginaires en pensaient derrière la grille du confessionnal. À voix haute ou dans le secret de leur âme tourmentée par mes petites diableries fictionnelles.

Une robe se détachait nettement de la pochade collective. J’avais aperçu un bras particulièrement fin et ivoirin. Un reflet de chevelure m’avait inondé, me rendant momentanément inapte à l’observation tranquille. Je m’agitai sur mon trône. La féminité de ce corps était incontestable. Cependant, aucun genou, aucune tangente de sein, aucun galbe de fesse n’était apparu dans les plis de cette robe. Je me penchai, écrasant ma queue sur le marbre. La turgescence s’exalta. J’en avais la vue troublée. Un râle de porto remonta. Mon estomac se manifestait. Je dus me lever, à peine, le cul à dix centimètres (au jugé) de la cuvette. J’avais le nez à la fenêtre. Je prenais le risque d’être vu. Et moqué sans doute, car il y avait beaucoup d’enfants.

La robe traversa l’ombre puis s’immobilisa. Des yeux clairs perçaient cette grisaille de treille effleurée par un soleil oblique et timide. Je ne connaissais pas, disons, cette cousine. Vingt ans à peine. Que dis-je ! Quinze. Mettons dix-huit pour me mettre en conformité avec la loi. Elle était assise un peu à l’écart, jambes nues jusqu’à mi-cuisse, les bras reposant sur ces cuisses merveilleuses qui m’inspirèrent un quatrain.

Je remontai ma culotte en vitesse. Je dus me battre avec ma vieille queue pour la confiner. De profil, j’avais l’air d’un pot de fleurs. Je descendis, renonçant pour cette fois à me confier au miroir qui m’avait arrêté. Mon retour ne passa pas inaperçu. On m’applaudit avec humour. J’en avais mis du temps ! Et Mémé ajouta, sans être vraiment entendu, qu’à notre âge…

Caroline ne s’était pas levée. Elle m’avait regardé. Elle avait même souri. Elle semblait attendre que je la reconnaisse. Pendant cette minute d’angoisse, je lubrifiais mon slip. Ma queue jouait maintenant librement, de droite et de gauche. Je m’approchai d’elle. Elle décroisa ses jambes et se leva. C’était Caroline.

Je ne me souvenais pas d’elle. Pourtant, elle était intervenue dans mon existence, me dit-elle. Ses dents rutilaient entre des lèvres juteuses à souhait. Ses épaules nues invitaient au sommeil du guetteur. J’entendais un bruit de fontaine. Mon imagination, activée par tant de réelle beauté, prenait le chemin d’autres folies moins avouables. Mémé vint à mon secours :

« C’est Caro… La petite Serrac… La fille de Serrac… Tu sais… ? Le moka…

— Oh… ! fis-je en me pliant comme sous l’effet d’une douleur lombaire. Nous ne sommes donc pas cousins…

— Penses-tu ! »

*

Jusque-là, n’est-ce pas, rien de folichon sur le plan de la nouvelle, bonne ou mauvaise. Un vieux fonctionnaire en retraite, mais encore vert, tombe sur une beauté juste au moment où il en a besoin. N’allez pas en conclure que Caro n’était belle qu’approximativement. Ni que le fait de ne pas être mienne cousine me facilitait l’introduction morale de mon appendice causal dans sa fente explicative. Elle eût été ma fille que je n’en aurais pas moins réagi à son apparence nécessaire. Une éjaculation s’imposait. Mais la conversation de Mémé s’éternisait. J’en perdais le rythme, tandis que la belle, presque nue dans sa robe printanière, ne prêtait qu’une attention polie à mes gesticulations qu’elle liait peut-être à mon âge avancé. J’étais sur le point de perdre connaissance. Personne n’irait fouiller dans mon slip pour trouver une explication logique à mon malaise. On me tâterait plutôt le cœur et, qui sait, les entrailles. Mais la queue… pensez-vous !

Au bout d’un long moment de vertige et d’approche de l’orgasme, je compris que Caro était promise à Félix, un de mes fils. Elle était encore timide, mais le mariage la rendrait aussi critique à l’égard de ma paresse que les autres alliances, lesquelles, je dois le dire, me haïssaient un peu s’il s’agissait de ne pas trop approfondir le sujet. Mais Félix, retenu par une affaire urgente dans son service hospitalier, me l’abandonnait comme si on m’avait déjà vu tenir mes promesses. J’ai passé l’essentiel de ma vie à profiter de ma paresse innée. Félix aurait dû savoir que je ne changerais pas sous prétexte que j’étais plus proche de la mort que du rêve. En rêve, j’ai pris le plaisir sans retenue aucune. Maintenant, j’étais pressé. Voilà ce qu’un fils devrait savoir de son père. Mais Mémé (pardonnez ce triolet désagréable plus à moi qu’à vous) était aux anges. Pensez… un fonctionnaire hospitalier, de surcroît notre fils, épousant la fille d’un notable artisan de la paroisse… le rêve devenait réalité. N’avais-je pas moi-même épousé la fille d’un propriétaire agricole ? Moche, c’est vrai. Et bête par-dessus le marché. Mais riche. Voilà où nous en étions, Mémé et moi. Non, non ! Je ne vous révèlerais pas son petit nom. Pour vous, comme pour moi d’ailleurs, elle restera Mémé. Qu’elle aille au diable si je me trompe sur son compte !

Je ne sais pas au bout de combien de temps j’ai débandé. Ça demeurait terriblement sensible et je n’osais pas avancer sur mes jambes de peur de provoquer un frottement. Je suivis Mémé et Caro. Comme Félix était absent, Caro pris place à mon côté. Le gauche. Mon meilleur profil. Je parle de mon visage, parce que pour le reste, c’est de face que j’avais envie de la prendre, là, sur la table, devant tout ce monde réuni pour participer à mon malheur d’être aussi mort que vivant désormais. La robe remonta jusqu’en haut des cuisses, comme je pus le constater en me penchant pour renifler le cœur d’un artichaut. Elle n’avait jamais mangé d’artichaut. Elle savait que ça se pèle, mais dans sa famille, on n’en servait pas à table. On n’en parlait pas non plus. On passait en voiture au milieu des champs d’artichauts, mais sans en commenter la culture. Je lui enseignai (c’est mon métier) la manière de peler un artichaut. Ma cuisse frôlait la sienne. Elle sentait la fraise, je crois. Avec une nuance de rose. Elle m’enivrait.

« C’est bon, reconnut-elle en avançant ses dents sur la feuille qu’elle venait d’arracher.

— Il faut ce qu’il faut de sauce, ni plus ni moins. En mangerez-vous désormais ?

— On a nos habitudes chez nous…

— Mémé vous montrera. Elle est la reine des artichauts ! »

Je ne voulais vexer personne. Je ne sais pas ce que Félix me devait, à part le goût de la fonction publique, mais il ne méritait pas cette sainte beauté. Si la sainteté existe, pour l’homme comme pour la bête, c’est dans la beauté de la femme. Je me sentais très saint à ce moment-là. Et on me voyait très fier d’avoir pour future belle-fille la fille de Serrac qui était con comme un balai, mais riche jusqu’à posséder une fille bandante jusqu’à l’ivresse. Mais ce n’était pas la fierté qui m’habitait. J’abusai du vin. Je me mis à parler de tout ce qui me tombait dans la bouche. Elle m’écouta, riant quelquefois de mes audaces, ou ne comprenant pas le sens profond de mes caresses. Car je la caressais.

Ce n’était pas encore le frôlement profond que le désir met à l’œuvre de la chair nue et captive. On me regardait de travers. Nous en étions au dessert. Je bavais dans une mousse quand Mémé, écœurée par mes hardiesses, me jalousa au point de téléphoner à Félix pour le presser de rentrer. Je n’avais pas été plus loin qu’un baiser sur l’épaule de la belle. Mémé raccrocha son maudit téléphone sous mon nez. Félix n’allait pas tarder.

« Je n’ai jamais été aussi malheureux de ma vie, clamai-je soudain en levant mon verre. Vous ne serez plus là demain pour m’aider à surmonter cette terrible angoisse. Et Mémé aura fermé à clé tous les placards. Je n’écrirais plus rien sur la femme. Je n’en ai jamais écrit que ce que je savais. Et maintenant, je veux en savoir plus alors qu’on va me priver de boisson.

— Mais vous aurez soixante et onze ans l’année prochaine, Jean-Charles ! On sera là pour vous aider à souffler les bougies.

— Je n’en doute pas ! Mais Caro aura épousé Félix. Et elle et moi serons alors dans le péché. Mais bordel de Dieu ! Pourquoi ce maudit curé n’a pas voulu assister à ce repas ? Alors que j’ai besoin de lui. J’ai tellement bu que je ne sens plus ma queue. Caro, ma chérie, veuillez vérifier que ma queue est toujours dans mon slip. Et bien accrochée ! Ça m’embêterait beaucoup qu’elle se détache comme la feuille de la branche…

— Jean-Charles ! »

*

Quelle nuit ! Il s’est mis à pleuvoir en fin d’après-midi. Tout le monde est parti d’un coup, comme sous l’effet du vent. Encore des feuilles. L’arbre nous porte comme je porte ma queue. Mais dans mon slip, ce n’est pas le vent qui menace de l’emporter. Je me suis jeté dans mon lit. Ou Mémé m’y a jeté. Je ne sais plus. Il faisait nuit quand je me suis senti de nouveau apte à penser. Les idées s’assemblaient correctement. J’étais seul dans le lit. Mémé se couche tard. Des années qu’elle attend que je dorme pour se coucher au bord du lit, droite comme un bâton qu’elle entortille dans le drap pour ne pas se retrouver par terre. Je ne la regarde pas dormir. Je bouche mes oreilles pour ne pas l’entendre respirer. Elle n’a jamais été belle. J’ai plus souvent éjaculé dans ma main qu’entre ses cuisses. Dehors, la Lune répandait ses pâleurs. Le rideau voilait ces immobilités. Et je ne me levai pas pour le soulever. Mémé n’avait pas fermé les volets.

J’ai dormi. Un rêve qui finissait mal m’a réveillé. J’en ai perdu le souffle. Mémé n’était toujours pas couchée. Elle devait pleurer dans un coin du salon, devant la télé, le son coupé. La maison était silencieuse. Je me demandais à quelle étape de la poupée russe elle obéissait. Et si j’étais moi-même la poupée de quelqu’un ou de quelque chose. Je ne voyais pas l’infini autrement. Il faut nécessairement que le contenu soit contenu. Qu’est-ce que j’aurais donné pour jouer à la poupée avec Caroline ! Mais il faudrait que je l’aime comme ma propre fille. Voilà ce qu’on me demandait. Et en admettant que je m’en empare, j’en ferais quoi ? Je me voyais roulant en pleine nuit sur une de nos maudites routes de campagne, avec son corps sur la banquette arrière. Roulant en sachant que tôt ou tard le jour se lèverait et que ce n’est jamais comme ça que l’amour saute aux yeux de ceux qui ne l’ont pas connu et ne le connaîtront jamais.

 

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