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 Article publié le 30 octobre 2016.

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Pierre Reverdy, dans la revue Nord / Sud développe la notion d’image : « L’image est une création pure de l’esprit. Elle ne peut naître d’une comparaison mais du rapprochement de deux images plus ou moins éloignées [...] PLus les rapports de deux réalités sont éloignés et justes, plus l’image sera forte ».

Ma réserve concerne la question du contexte, à la fois du contexte linguistique et du contexte de l’oeuvre.

Linguistiquement, la définition de Reverdy pose un problème : c’est simplement le fait que la langue véhicule un certain nombre d’expressions qui correspondent à sa définition de l’image et qui pour autant n’ont pas un impact tel. Cet idiome désuet mais charmant : « Il a le boyau de la rigolade en l’air », par exemple... En anglais : « It’s raining cats and dogs » (image moins triviale plus gracieuse qu’« il pleut comme vache qui pisse »).

Vaugelas remarquait combien les images les plus fortes se rencontrent sur le marché et non dans les salons littéraires. Il n’était pas le seul. Proust a développé une sociologie du langage sur cette base. Il était fasciné - et je partage sa fascination - pour les beautés du langage commun. Encore récemment, on me parlait d’amuse-bouche (pour « amuse-gueule »), ce qui m’est apparu comme un excès de correction sur le coup.

A l’opposé, on trouvera chez Apollinaire une quantité invraisemblable de clichés qui prennent chez lui une valeur prodigieuse parce qu’il a intégré ces mots dans son vocabulaire intime. J’insiste sur l’importance du contexte le plus large de l’oeuvre, qui me semble être la première donnée même d’une technique de l’image. A moins de ne voir dans la poésie qu’une récréation.

La définition de Reverdy elle-même laisse perplexe. Quand il parle de « justesse », c’est bien la comparaison qu’il restaure, sans avoir l’air de vouloir le faire ?

Je ne peux pas trancher : les questions de langage ne se ferment que dans des cas qui me semblent extrêmement limités : on peut déterminer les phonèmes d’une langue, la conjugaison d’un verbe... On peut décrire de grandes généralités (comme les principes de l’accord en genre et en nombre, par exemple). Bien souvent, pourtant, il serait sage d’évoquer le problème et les différentes réponses proposées, sans privilégier l’une ou l’autre.

 

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