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Les quatre filles du docteur Hupanart (nouvelle)
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 Article publié le 26 mars 2017.

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Elle n’était pas encore faite pour l’amour, mais promettait, comme disait son père, Balthazar Hupanart. Elle était couchée nue sur le dos à même la table de la salle à manger où nous nous étions réunis pour écouter et apprécier la nouvelle proposition du maître des lieux, Hupanart lui-même. Une légère toison rouge ornait le bas ventre, si légère que la fente laissait voir des lèvres tout excitées par les regards. Les seins s’arrondissaient sur une poitrine haletante. Je perçus le frémissement des membres, surtout aux épaules. La situation de ce corps livré à l’observation tenait à la fois du plaisir et de l’inquiétude. Je m’abandonnais à quelques pensées parallèles quand Hupanart, parlant pour ne rien dire, désigna du bout de sa baguette les endroits du corps de sa fille dont il était particulièrement fier, car ils étaient tout ce qu’elle avait hérité de sa défunte mère. Il ne dit pas « de mon épouse regrettée, » ce qui en choqua plus d’un. Et ce n’était pas tout :

« J’en ai trois autres, messieurs, » dit-il comme si nous ne le savions pas.

Je les avais si souvent reluquées de ma fenêtre que j’étais en mesure de les différencier même nues. Le jardin de Hupanart jouxtait le mien. Ils (nos deux jardins) descendaient vers la rivière qui alimente ici les enfances depuis toujours. Je vivais seul et désœuvré dans ma triste demeure. Je n’avais plus personne. Cette rue parallèle à la rivière (elle en suivait la timide courbe jusqu’à se jeter dans un fleuve) contenait à peu près tout ce que j’entretenais de relations. J’avais grandi avec tout le monde. J’avais compté les disparitions, les désertions et même les trahisons. J’avais, si on peut dire, l’étoffe d’un romancier. Mais je n’écrivais pas. J’attendais qu’une des filles du docteur Hupanart fût en âge de faire l’amour. La plus vieille, si on peut dire, n’avait pas seize ans. Celle dont nous appréciions en connaisseurs les promesses esthétiques en avait quatorze ou peut-être moins. Ces messieurs exhibaient la bosse de leur pantalon sans y toucher. Il était temps de passer à table.

Hupanart exhaussa alors un grand couteau de cuisine et le planta dans la poitrine de l’enfant. Curieusement, elle ne broncha pas. Nous nous regardâmes : était-elle déjà morte ? Qu’est-ce que c’était que ce mannequin si parfait qui, certes, ne saignait pas, mais paraissait en tous points conforme à l’idée que nous nous faisons de Lucille ?

« C’est du gâteau ! » exulta le docteur en tranchant nettement un sein.

Il le dévora aussitôt sous notre regard incrédule. Deux ou trois d’entre nous caressèrent prudemment les cuisses, puis ils se léchèrent les doigts. C’était bien du fondant. Je m’écriai :

« Une œuvre d’art ! »

On me regarda comme si je venais de prononcer une bêtise aussi grosse que mon ventre. Mais où était Lucille ?

« Voilà ce que je vous propose, mes amis… » commença Hupanart.

Nous nous assîmes après lui. Nous posâmes nos mains sur la table sans toucher à la pâtisserie. Lui seul mâchait. Nous étions tout ouïe, et pas que tout ouïe.

« Mes filles, dit le docteur, sont quatre comme vous le savez. Elles sont le spectacle de mon jardin, surtout autour de la piscine… »

Nous protestâmes.

« Si, si… Ne dites pas le contraire. Elles se donnent en spectacle et vous n’attendez que ça. Particulièrement notre ventru… »

Je rougis.

« Voici ce que je vous propose, » répéta le docteur.

Des cigares s’allumèrent.

« Mes filles, messieurs, se cachent… »

Nous ne comprenions pas.

« Je veux dire, messieurs, qu’il s’agira pour vous de les trouver… »

Nous commencions à comprendre.

« Elles se cachent… balbutiai-je, certes… mais quel est le périmètre des recherches ? Vous savez que je ne m’éloigne jamais de notre chère rue. Et je ne m’aventure pas plus loin que la rivière…

— Mais vous n’aurez pas à sortir de la maison, lourdaud ! »

Moi qui commençais à rêver de les poursuivre dans les prés et les vergers qui limitaient notre rue… Nous avions souvent joué à nous poursuivre. Ma corpulence naturelle prêtait à rire. Elles ne s’en privaient pas. Mais Lucille eut dix ans et nos fêtes disparurent comme par enchantement.

« Vous voulez dire que vous livrez vos filles aux recherches de sept hommes qui ne demandent qu’à retrouver le goût de l’enfance avec leurs langues d’adultes ? C’est en effet du meilleur goût ! Je m’inscris !

— Pensez-vous qu’un seul d’entre nous voudrait échapper à ce doux supplice ?

— Si… Moi ! »

Ce jeu ne me disait rien. Je fis la moue, n’osant toujours pas, à l’instar des six autres, toucher au gâteau. Hupanart était étonné par mon comportement.

« Vous avez une explication… ? me demanda-t-il.

— Où voulez-vous qu’elle se cache ? grognai-je. Dans une armoire ? Dans la cheminée ? Derrière une cloison ? Sous le parquet ? Allons donc, messieurs ! Ce jeu ne durera pas cinq minutes…

— Gros comme vous êtes, vous aurez le temps d’y perdre votre souffle… »

L’assertion n’était pas fausse, en vérité.

« Il y a de cela, avouai-je, mais ce n’est pas tout…

— Parlez ! rugit le docteur.

(Je ne sais pour quelle obscure raison, il avait besoin de sept hommes pour mener à bien son expérience dont l’hypothèse échappait sans doute à nos esprits plutôt enclins à réviser nos leçons d’amour.)

— Qu’est-ce qu’on gagne ? » roucoulai-je.

Mes six compagnons d’aventure éclatèrent d’un rire franc, mais pas dépourvu d’exigence. Le docteur s’était levé. Il occupait un bout de la table, ce qui me fit tourner la tête vers l’autre bout : le couvert y était mis, mais personne n’y était assis. Qui était ce huitième personnage ? Et à quel moment interviendrait-il ? Je vous l’ai dit : j’ai une âme de romancier.

« Si j’ai bien compris, dit l’un de nous car le docteur se taisait, il y aura deux perdants. Je m’explique : nous sommes six, elles sont quatre…

— Vous ne pensez tout de même pas… ! s’écria quelqu’un. Jamais je n’ai touché à un enfant ! De ma vie !

— Pourtant, dit le docteur sans élever la voix, votre dossier dit le contraire…

— Nos dossiers ! » nous écriâmes-nous d’un seul haut cri d’indignation.

Nous nous étions levés. Nos chapeaux étaient presque sur nos têtes. Et que dire de nos pardessus ? Le docteur souriait. Il nous fit signe de nous rasseoir et fit passer la bouteille. Elle fit deux fois le tour, mais je n’y touchai qu’une fois. Nous étions pris au piège. Il ne s’agissait pas de se laisser mener par le bout du nez. Où le docteur avait-il l’intention de nous mener ? N’avions-nous pas toujours évité la prison ? Et même l’humiliation publique ? Nous étions plongés dans un profond silence. La bouteille était vide. Hupanart en ouvrit une autre. Et nous recommençâmes. À ce train, calculai-je, je buvais deux fois moins que les autres mais, après cinq ou six tours (je ne sais plus), j’avais vidé le contenu d’une bouteille, ce qui est beaucoup, même pour un géant de mon espèce.

« Soit ! dis-je en serrant les dents. Nous jouerons. À votre guise, mon cher docteur. Ainsi, vos filles… Je devrais dire vos enfants… sont cachées dans cette maison… ? Nous ne nous égaillerons pas dans le jardin, ni dans la piscine…

— Je vais même vous donner le plan des lieux, dit le docteur d’un air satisfait. Je dois jouer franc-jeu.

— Mais enfin, dit quelqu’un, quelles sont vos intentions… ? Nous ne vous devons rien et, que je sache, aucun d’entre nous n’a jamais touché à vos filles qui, j’en suis sûr, sont aussi pures que…

— Je ne vous parle pas de pureté, moi ! éclata le docteur devenu tout rouge. J’ai sous le coude de quoi vous envoyer en Enfer ! L’Enfer sur terre, messieurs ! Le pire des enfers que l’esprit n’a jamais conçu. Que diriez-vous d’un engagement ad vitam aeternam dans nos troupes coloniales ?

— Nous n’avons plus de Colonies ! rouspéta le mieux informé d’entre nous. Et nous n’avons plus l’âge de jouer avec des armes…

— Le gros est jeune, lui… »

Quelqu’un avait dit ça. Ou je l’avais entendu. Peu importe. Il y avait cependant un hic dans le projet du docteur Hupanart : je n’avais jamais touché à une de ses filles et même jamais à un enfant. Il devait bien le savoir. Alors… me dis-je avant de risquer de me tromper, qu’est-ce qu’il attendait de moi ? Je suis assez gros pour porter ses quatre filles sur mes épaules. Et sans perdre haleine comme le prétendait je ne sais plus qui. Certes, le vin m’avait troublé les sens.

« Finissons ce repas, » dit le docteur alors que nous ne l’avions pas commencé.

Et nous nous jetâmes sur le gâteau dont il ne resta plus rien en moins de temps qu’il en faut pour le redire.

*

L’ami à qui je racontais cette médiocre aventure m’avoua qu’il avait du mal à en avaler le contenu à son avis peu crédible. Je lui demandai de m’en signaler les défauts. Ainsi, si sa critique était pertinente, je ne lui en raconterais pas la suite. Il bougonna.

« Achevez-la plutôt, dit-il. Ma critique ne serait pas complète sans votre propre conclusion.

— Vous oubliez, cher ami venu de loin pour savourer les fruits de mon expérience…

— …ou de votre imagination…

— Même toutim ! Faites confiance à mon génie. Vous oubliez, disais-je, qu’en interrompant le cours de la narration, vous en êtes devenu un personnage…

— Je ne vois pas les choses comme ça ! Vous vous défilez ! Votre histoire, véridique ou inventée, est une chose. Et l’opinion que j’en ai en est une autre ! Nous n’avons jamais procédé autrement. Ne mélangeons pas les genres. Continuez plutôt… »

*

Nous étions sous la table quand le jeu commença. J’avais la conscience tranquille, comme je l’ai dit. Je ne sais pas pour les autres. Et j’étais trop ivre de boisson et de sucre pour évaluer leur degré de culpabilité et me laisser convaincre par ce qu’il en résultait de conviction et de scepticisme. On me tira par les pieds. Tout le monde était prêt. Le docteur Hupanart nous compta, pointant le doigt sur nos poitrines oppressées par les commencements anarchiques de la digestion. Le compte y était. Qu’avait-il craint, ce vieux pervers qui soumettait ses propres enfants à une expérience pour le moins scandaleuse, surtout pour moi qui n’avais jamais fauté de cette horrible manière ? Nous échangeâmes des regards inquiets. La question était-elle de savoir par où commencer ? Le docteur étala le plan de la maison à l’endroit même où le gâteau avait subi nos assauts. Les lieux étaient beaucoup plus complexes qu’il y paraissait à première vue. Deux sous-sols et pas moins de trois étages au-dessus du rez-de-chaussée où nous nous trouvions. Le tout sur cent cinquante mètres carrés, soit neuf cents mètres carrés à explorer. S’agissait-il de se partager la tâche ? Autrement dit, formions-nous une équipe ? La question, que je posai, fit sourire le docteur et interloqua mes six compagnons.

« Je crains que ce ne soit chacun pour soi, dit quelqu’un. Nous finirons par nous battre. Je n’ai jamais séjourné en prison, mais je sais que c’est comme ça que ça se finit.

— Vous êtes bien pessimiste, Arthur !

— Ou vous en savez déjà trop… Si nous commencions sans nous bousculer ?

— Nous avons six niveaux et nous sommes sept !

— Huit avec moi ! » s’exclama le docteur.

Il tapota la surface tendue de mon ventre.

« Neuf ! » dis-je pour plaisanter, mais je ne fus pas compris.

Nous nous bousculâmes. Quelqu’un roula dans l’escalier qui menait aux étages. Prévenant, j’avais emporté un morceau du plan, ce qui n’échappa point à la vigilance accrue du docteur. Il me suivit. Avait-il lui-même abusé de ses enfants ? Son épouse était-elle morte de chagrin ? L’avait-il assassinée ? Je consultai mon morceau de plan. C’était le côté Nord du deuxième sous-sol. Dans l’escalier, je dépassai ce vieil Arthur qui se plaignait d’une vive douleur aux genoux. Le docteur me suivait toujours. Arrivé au deuxième sous-sol, il actionna l’interrupteur.

« Le Nord, me dit-il, c’est par là…

— Je vous crois ! » haletai-je.

Arthur nous vit disparaître dans l’ombre. Il ne nous revit plus jamais.

*

« Vous ne vous attendiez pas à celle-là, hein, mon ami ?

— Je m’attendais à ne pas m’attendre à quelque chose que vous êtes le seul à connaître… J’avoue que ce genre d’énigme me fatigue. Je pensais m’enfoncer avec vous dans les parages inspirants de la perversité…

— Votre critique me descendra le moment venu, dis-je. Vous savourez déjà cet instant…

— N’en croyez rien ! Je ne me décide jamais tant qu’on ne m’a pas révélé le pot aux roses. C’est bien souvent décevant… J’espère que le vôtre…

— En vérité, au moment d’abandonner Arthur à la souffrance de ses genoux, j’étais loin de m’imaginer que…

— Dites-le ! Inventez si vous voulez ! Ne me laissez pas dans ma souffrance !

— Vous riez… Vous avez raison de vous amuser de mon innocence…

— Innocence ? Rien ne dit que vous n’aviez jamais…

— Jamais ! Je dus m’en expliquer…

— Au deuxième sous-sol, côté Nord… I presume… »

*

C’était l’endroit rêvé pour y entretenir une énorme chaudière. Je compris instantanément que le docteur y avait enfourné ses quatre filles. Il s’assit sur un bidon et m’invita à prendre place sur un chaudron renversé. Il allait me faire des confidences. Mais croyez-vous que je frémisse à l’idée de recevoir ces ignobles aveux ? Pas du tout. Je pensais aux six autres.

« Quel est votre projet, docteur ? dis-je de ma voix la plus claire. Je veux voir les os. Il doit rester quelque chose de ces quatre corps…

— Prenez la pelle qui est là et fouillez le feu qui est en train de s’éteindre…

— Ils sont en train de fouiller les armoires, les cloisons, les parquets…

— Je sais ! Je sais ! Mais comme je vous l’ai dit, ils ne trouveront rien.

— Sauf si Arthur a trouvé la force de nous suivre ici… Il aura entendu vos aveux et remontera pour en informer les autres.

— Pauvre gros idiot ! Ils ne le croiront pas. Savez-vous ce que c’est que de désirer un aussi bel objet que le corps d’un enfant ?

— Vous savez bien que non… Qu’attendez-vous de moi ? »

*

« Ce serait donc là le nœud de votre histoire ? me dit mon ami. Au fait, avez-vous déjà touché à un enfant, oui ou non ? Soyez sincère avec moi…

— Le docteur Hupanart savait bien que non.

— Vous vous fichez de moi ! Ce serait là, d’après vous, la raison qui a fait de vous son confident ?

— Vous oubliez que les six n’avaient aucune chance de trouver les corps tant désirés…

— Et Arthur ? Avait-il entendu les aveux du docteur ? Êtes-vous revenus sur vos pas pour le retrouver et, éventuellement, le faire disparaître ? C’est facile… au deuxième sous-sol, sans doute secret, d’une aussi grande demeure.

— Plus tard, beaucoup plus tard, quand je me suis mis à écrire cette sinistre histoire, j’ai pensé comme vous. Et j’ai écrit plus de dix histoires sur le même sujet. Sans en tirer aucune satisfaction. La vérité n’avait rien de romanesque.

— Vous allez me décevoir… »

*

Il faisait encore chaud dans la chaudière.

« Le feu est éteint depuis une bonne semaine, me dit le docteur. Mais attention tout de même à ne pas poser le pied sur de la braise. Ces feux ne meurent jamais tout à fait. Signes avant-coureurs de l’Enfer. Tenez ! Est-ce un os ?

— Je crois… C’est horrible ! m’écriai-je sans oser y toucher.

— Il est encore tout chaud.

— Pourquoi les avoir réduites en cendres ? C’est stupide. C’est bon, la chair humaine. Surtout à cet âge. Vous auriez pu en conserver dans votre congélateur. Vous avez un congélateur ?

— Trop petit… Ah ! Si vous aviez été là !

— Je ne suis pas comme ces vieux cochons, moi ! Au fait, que deviennent-ils ? Avez-vous prévu de les… » 

Je fis le geste, sous le menton, grimaçant comme si je me suicidais. Le docteur n’avait pas envie de rire. Il se baissa plusieurs fois pour ramasser dans la cendre ce qui semblait être des fragments d’os calcinés. Il les observait attentivement à la lumière de la lampe que je tenais au-dessus de lui. Je suis un ogre. Je dépasse de plusieurs têtes le genre humain. Et c’était à moi qu’il se confiait, reconnaissant qu’il était la cause d’un gâchis. Comment allait-il expliquer la disparition de ses filles ? Les vacances d’été se terminaient. On les réclamerait à l’école. Je m’inquiétais. Ma lampe tremblait.

« Ils sont six, dit le docteur. Ils agissent comme des criminels, laissant leurs traces dans toute la maison. Ils soulèvent les lames de mes parquets, crèvent mes cloisons, balancent mon linge dans les airs. Comment expliqueront-ils cela à la justice ?

— Je comprends ! Mais… »

Oui… Mais. Ou plutôt : Et. Et moi dans tout ça… ?

« Vous êtes le seul à connaître la vérité, fit le docteur comme s’il avait tout dit.

— Je suis bien d’accord, bredouillai-je (pas tranquille du tout), mais à quoi cela sert-il que je la connaisse, cette vérité ? On m’interrogera…

— Certes. Vous raconterez une histoire. N’avez-vous pas une âme de romancier ? »

Ayant prononcé cette sinistre vérité, il se mit à fouiller les cendres avec plus de conscience. Il remplit ainsi le sac de toile que je tenais dans l’autre main.

« Qu’allons-nous faire de ces os ? demandai-je d’une voix d’enfant.

— Ils ne les trouveront pas.

— Pourtant, arguai-je, il ne serait pas mauvais que la justice trouvât aussi ce genre de trace. D’ailleurs, leurs mains, à la différence des nôtres, ne porteront pas de traces de cendre…

— Laissez-moi faire ! »

Je me tus, bien décidé à inventer autre chose pour me tirer de cette affaire. Mais il n’est jamais facile de penser en même temps à deux choses de nature aussi distincte que le mensonge du criminel et l’invention du romancier.

*

« Que s’est-il passé ensuite ? » me demanda mon ami maintenant aussi angoissé que moi.

Je fondis en larmes.

 

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