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Seriatim 2
Seriatim 2 - Se tuer c’est se venger de ses parents (Patrick Cintas)

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 Article publié le 15 mars 2020.

oOo

« Se tuer c’est se venger de ses parents »

Dit-elle / à n’importe quel âge ? dit-il /

Même au seuil d’une mort naturellement

Admise / « tu n’aurais pas idée de vouvoyer

Un chien »

Je sors

Pour vivre

Ma vie

Sans toi.

Lisait sans ciller la débauche à laquelle la poésie

Est en train de se livrer sans que la populace se doute

Un instant ô un instant

De ce qui se passe dans son dos / « à l’Université ?

Mais tu n’y penses pas ! Je ne suis pas faite pour ça ! »

Courts volumes arrivant par la poste au moins une fois

Par semaine / avec les petits cadeaux de la fidélité /

Devant le miroir se jugeant imparfaite mais parfaitement

Désirable : « c’est fou ce que l’existence leur inspire / »

Pas une trace d’invention là-dedans : des adaptations

Purement bourgeoises : « le peuple ne s’amuse pas :

Ivresse, hallucination, shoot : le choix triparti des :

VITRINES : soulager aussi la douleur / penses-y avant

De partir. Les parfums de la boulangerie au matin

Des rentrées : pièce d’or en poche : tinte sur le verre

De la caisse : patronne peu désirable mais sa fille

Est destinée à un autre héritage que le tien : des

Chars d’assaut cliquetant dans les rues d’une ville

Imaginaire : « ces conards de muslims finiront par

Détruire ce que les cristos nous ont laissé après

Avoir réduit l’esprit à la mendicité intellectuelle »

// « des fois je me demande si tu as conscience

De la beauté de la langue / de toutes les langues

/// cette capacité à trouver du nouveau se nomme

Poésie : » mais (dit-il) ces proses courtes et ces courts

Passages du vers sur la page c’est joli c’est même beau

Mais : ça ne trouve pas : / » SURÉCRIVEZ SI VOUS VOULEZ

SURVIVRE

En fond les boucles de la boîte à rythmes programmée.

Dehors la mer s’en prend à la côte. « Où sommes-nous

Maintenant ? » Pas loin d’ici / et pourtant je ne reconnais

Pas les lieux : « tu as dû t’endormir : vieux rails aux soudures

Tenaces encore » / « je ne me suis jamais sentie aussi seule

Que dans cet hôtel »

Et pourtant quatre étages en-dessous

Des larbins promenaient leur destin

En laisse / tutoient leurs chiens alors

Que je te respecte comme si je t’avais

Créée de toutes pièces : nécessaire

Cohabitation du plaisir et de la conservation

De l’espèce : Ouah ! Ouah ! Fais ouah ouah

À ton papa / risette à ton petit frère et slurp

Au voisin qui écrit comme Bukowski.

Pléthore sous prétexte de bien commun.

 

« que conserverons-nous

En âme et conscience ?

Le bien social ou le savoir-

Faire des meilleurs d’entre

Nous ? » Question posée

En séminaire par ceux qui

Ne veulent pas mourir

Comme les autres mourir

Sans laisser de trace hors

Du cimetière municipal

Destiné à la revalorisation

Des biens publics un jour

Ou l’autre : appartements

Comme communs diviseurs.

 

Documents et non pas œuvres.

 

Tuning à tous les étages.

Et en marge les réceptions

Données par les fils et les filles

De famille (comme on dit) les

Sujets de sa Majesté que Dieu

Lui-même a désignés comme

Valetaille du principe fondateur.

« je n’étais pas là alors…

— rigole pas avec ça…

— rien d’autre à branler…

— j’ai pas demandé le prix…

— Affiché le prix / en bas…

— descends toi-même…

— suicidons-nous cette nuit…

— c’est papa qui va pas être

Content / maman pas contente

Non plus : tant pis pour nous…

— et pour eux c’est pas tant pis

Peut-être… ? »

 

Dehors la mer fouette les rocs entassés

En digue : « voiles et mâts sont rentrés :

Vous pensez : on sait prévoir depuis

Longtemps : le métier : prenez un peu

De chair avant de retourner dans votre pays »

Gouttes remplies de la lumière des rues.

Comme insectes des routes dans les phares.

Jamais voulu finir avec une inconnue-clé.

Moi aussi je participe à la débauche de

Loisirs conçus pour pallier l’ennui et les

Questions de type métaphysique comme

On s’en pose entre le bénitier et le prie-Dieu.

Invitation au voyage dans les barriques :

Sel et vin et les odeurs du levain en masse

Dans ces matins promis au recommencement.

Dans sa tête (je veux dire : pas sur le papier

Led) cherche encore des battements imitant

À la fin le dramaturge des temps anciens.

Dactyles et spondées à la pelle : et croit

Avoir atteint le minimum requis pour passer

Pour un Moderne : plus le temps de critiquer

 : « j’ai pourtant l’impression de venger papa

Pris au piège du ventre de ma maman : »

« Rigole pas avec ça » / qui finira de vivre

Avant l’autre ? / masse par vitesse au carré

Moitié requise : la vague emportant nos

Souvenirs : car c’était tout ce qui nous reste.

 

Ce que je peux aimer

Ces tours dans le ciel

Rose / et ces filles en

Robe de soirée déjà :

Attendant le véhicule

Qui les emportera elles

Aussi dans la nuit festive

Et peut-être pas aussi

Interminable que ça,

Les filles !

 

Ce que je peux aimer

Ces battements de peau

Imitée de la mienne /

Qui arrivera d’abord

Au contact de ce métal ?

« il faut partir d’ici (dit-il)

Avant qu’on nous en empêche »

Désignant l’horizon possible

De la nuit : dans un sens ou

Dans l’autre : ayant perdu

Le Nord /

 

Ce que je peux aimer

La possible aventure

Du présent au pays

Des solaires extases

Et de l’intuition mère

Des hypothèses nobé

Nobélisables / « retiens

Mon bras avant la

Fin » : ayant gagné

Un billet de retour

Sans elle.

 

« quand c’est pas la mer c’est toi ! »

Attente d’un premier rayon vitré.

Pendant un moment s’en tient

À la confusion lune-soleil puis la nuit

Passe à l’ombre : côté nord de la houle

 : les façades imposant leurs angles

Au ciel qui rougeoie : « combien

De morts cette nuit, dis-moi, Blaise ? »

« ceci est un roman : rien n’existe

Que le roman initié par le premier

Cri / votre poésie c’est de la zizique

 : qui croit au sacré tourne le dos

À la réalité : tous des prêtres je te

Dis ! Pas un soldat ici ni un poète

Sans langue ni patrie / ça croit

Et ça prie dans n’importe quel

Patois / nous irons vers midi

Une fois de plus : soleil ou pas

Pour activer les horloges.

 

Traduisent et retraduisent /

Croyant à l’infini comme

Moyen de ne pas se taire.

Mélange de services rendus

Pour mériter de se nommer

Soi-même : et des litaniques

Pressions exercées sur le cœur

 : n’importe quel cœur acheté

En boutique à condition d’avoir

Du crédit : temps passé à /

Débiter le fantôme en tranches.

 

« nous irons pique-niquer sur l’herbe des golfs :

Veux-tu m’accompagner pour que je ne sois pas seule

Comme tu le désires depuis que je t’ai menti… ? »

Véhicule de location attend (attendait) la queue

Basse et la patte au repos : « avoir à sa disposition

L’animal qui obéit au doigt et à l’œil : comme

En poésie universitaire : souda des croque-mitaines

Du personnage joué depuis la plus lointaine

ANTIQUITÉ.

Arrive nu sur la scène : asexué ni vieillard ni enfant

/ moulin à paroles des recherches : théseur

Des occitanies / « n’oublie pas le vin j’aime

L’ivresse sans vision ni orgasme : pas seringuer

Cette fois : ça nous coûte un bras cette excursion »

Vent chargé (comme on dit) d’embruns et de hâles.

Frisottis des rivages en attente : la montagne

Descend en métal : route serpente sans arbres

Mais avec terrasses aujourd’hui sans jardins :

« quand on pense à tout ce qui est déjà mort :

Papa : maman : le chien : et le voisin pédophile »

Ne pas se marrer en entendant ça : ça la tuerait.

Or nous sommes faits pour l’un pour l’autre /

Mais qu’est-ce qui ne l’est pas si on prend

Le temps : d’accoupler les détails : jusqu’à

Ce qu’il en reste un : l’impair qui n’a pas de mot

Mais qui s’impose à l’esprit au moment d’en finir

Avec « ce don du ciel » (selon ce qu’on en sait

Faute d’en savoir plus, mon enfant)

CRISTAUX

En phase liquide / « promets-moi de ne pas te donner

En spectacle comme la dernière fois : » mais ce n’était

Pas la dernière ô Hélène / je cherche l’épectase faute

De trouver une raison de t’aimer / ne cite pas en exemple

Ton enfance : je connais des tas d’enfances et pas une

N’arrive à la cheville de la mienne / question du genre

QU’EST-CE QUE JE VAIS FAIRE DE MA VIE ?

En phase ce que vous voulez si vous lisez un roman

Que je n’ai pas écrit à la place de ces coulures

De l’existence.

Qui se sent doué pour l’écriture se trompe de monde.

Et ça vient comme n’importe quelle autre substance.

Soumettant le livre à l’épreuve de la débauche.

Péripatéticiens des trottoirs gras de doubles.

Passe en vélo et salue la critique des ascenseurs.

« tu n’as pas autre chose à faire dans la vie ? »

J’ai commencé par le Satyricon un jour de pluie

Et de grands vents ah ! c’était de très grands vents

Et ils venaient de loin pour me décoiffer / vents

Dans l’axe sud-est nord-ouest / jouant à cache-cache

Avec les potagers et les fenêtres des chambres /

Feuilles des piments en été et des choux l’hiver

Déchiquetées par cette lutte constante : fatigue

À la fin : ralentissement des fuites : mais impossible

Arrêt des machines / contre les vents les machines

/ contre les raz-de-marée des équinoxes / Shanti

À l’abordage de son fauteuil / inquiétudes ceci :

« je dois aller jusqu’au bout » mais c’était l’heure

Du pique-nique / éparpillement d’enfants sans le sou

/ beau reflet sur l’aile / baissa (baisse) la visière

Sur son œil expert : il prend note : chaque jour

journée est un chapitre de ce roman : à la fin

Il meurt comme don Quichotte : avec beaucoup

D’illusions.

 

(j’aime bien ce roman / pas vous ?)

 

 

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