Retour à la RALM RALM no 102 - Catalogue du sériographe de Pascal Leray [Ecrire à Pascal Leray]
Chantier n°15 - Perspectives sérielles
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 Article publié le 19 septembre 2017.

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Années 2007-2008


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INDEX

Rencontre avec la Ral,m et « Espace d’auteur » - Grande série Aglaé - hyperbase : les anthologies sérielles


WEBOGRAPHIE

Anthologies sérielles - Revue d’art et de littérature, musique, 2006
Avec l’arc noir, espace d’auteur - Revue d’art et de lirrétaure, musique, 2006


BIBLIOGRAPHIE

« 10 000 nuits », « Le cou curieux », etc. (poésie) -
L’enfance, n° 3, 2006
« Fragments d’un carnet barré » (poème) – Cahiers de la Ral,m, n°4 : « l’étranger », 2007
* Carnet aphasique (poésie) - L’enfance, supplément au n°4, 2007

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DICTIONNAIRE CRITIQUE

Abstraction *** Association *** Caca *** Centrifuges (forces -) *** Dimension diagonale *** E muet *** Individualisme *** Jeu de mots *** Limite *** Monochrome *** Monstres mécaniques *** Mouvement *** Photographie *** Pièce *** Poésie expérimentale *** Sémiotisation *** Solitude (bourreaux de -) *** Sonnet *** Temps *** Théorie (la) *** Train (le)


DOMAINE DE DEFINITION DE LA SERIOGRAPHIE

Parler de "sérialisme" est toujours un peu abusif. J’avais un paquet de dossiers qui se rattachaient plus ou moins directement à cette idée de série et à l’idée sérielle.

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Il y avait une anthologie de la série qui avait vocation à rassembler en une base unique une quantité indéfinie de citations d’emplois du mot "série" par des auteurs généralement francophones, le problème de la traduction n’étant jusqu’ici pratiquement pas appréhendé par la sériographie. Ce projet a pris la forme des "Anthologies sérielles" qu’héberge généreusement la Ral,m depuis plus de dix ans.

Il y avait des essais musicaux, de plus en plus nombreux. J’avais à présent deux séries, l’une liée à Joe et l’autre à Aglaé, deux personnages polaires comme on peut se l’imaginer. Ces essais étaient loin d’être aboutis mais ils ponctuaient une pratique de la dodécaphonie qu’on pourrait qualifier de méditative, même si je n’en ai développé cette compréhension que trois ou quatre ans plus tard. Je m’essayais à de petites polyphonies. Je combinais logique sérielle et boucle séquentielle.

L’archéologie de la série, c’était le plus difficile pour moi. J’avais le sentiment de m’engluer dans des démonstrations sans horizon. Il fallait que je me débarrasse de toute un verbiage mais je ne savais pas comment m’y prendre. J’ai entamé des chronologies très lapidaires. Il manque encore une approche proprement structurale à cette sériographie dont j’ai surtout développé le cheminement diachronique (ou historique, comme on voudra).

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Il est assez logique que les chantiers poétiques qui se sont ouverts à cette époque aient été marqués par le gigantisme et la prolifération. Il fallait reprendre "Rien" pour le multiplier par l’espace de la page numérique, si l’on peut parler de "page numérique". Une page qu’on puisse indéfiniment dégrader, en fait.

Quant au poème d’Avec l’arc noir, il fallait le reconstituer entièrement, tant ses membranes en étaient restées dispersées aussi bien dans des archives mal entretenues que dans ma mémoire défaillantes.
Sous le coup d’une grande inquiétude, mû par un espoir immense cependant, je me pris à écrire un fascicule qui avait vocation à mieux cerner ces fameuses "perspectives sérielles".

Je ne l’ai pas repris, ce fascicule dogmatique. C’est la structure sérielle de la sériographie qui est en cause.

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CARNET APHASIQUE

Cahier intégral

Conduire un cahier

Ou encore "piloter". Je ne suis ni Ayrton Senna ni Michael Schumacher. Mais le bruit des moteurs, quelque chose qui relie Motorhead et Iannis Xenakis au même vrombissement (le corps est un roseau pensant) me pousse à reprendre le volant. Pour aller où ? Mais au mur, voyons ! Il faut accélérer à l’approche du mur. C’est une contrainte sérielle et de rigueur vénielle...

Ouvrir, fermer une action, un cahier – action cahier, quelle paradigmatique – s’ouvre, se ferme : séries croisées.

Journal, action sérielle. Du temps que je pilotais quatre, cinq cahiers simultanés.
« Brouiller les pistes », passer d’un cahier à l’autre – et dire : « la réponse à y se trouve dans le cahier n ».

Cahier n pas écrit, pas encore, balbutié-programmé. Pas le tempérament de n en ce moment.

Mais un cahier rotule, certainement. Parti pour les arcades, un cahier à dix balles (moins de deux euros).

Piloter un cahier comme une Formule 1. Tableau de bord : un cahier dit « pratique », où alternent des pages quadrillées et des pages blanches d’un papier granulé, comme si le texte et le dessin devaient avoir part égale.

« Mais il n’en sera rien ! Si tu dessines, tes figures seront pauvres, tu ne sais pas dessiner une Formule 1 ! »

Non, bien sûr. Je voulais essayer une série de dessins érotiques mais l’érotisme me fuit. Une bande dessinée « Avec l’arc noir ? » Voire.

On pourra toujours donner à penser (à croire) que les structures sérielles dans leur diversité remplissent le cahier des charges [quoi ? Encore un cahier ?] mais ça ne se voit pas, en fin de compte, donc l’image de la Formule 1 est la meilleure : tout va trop vite.

Comme une série de complexes sonores très chargés et qui se succèdent à une allure invraisemblable.

Quel « message » a voulu faire passer le conducteur ? Le pilote sort de sa voiture. Les techniciens examinent le bolide. Cette année-là, Michael Schumacher avait pris le pari de limiter ses pauses de ravitaillement à une série de trois. « J’en prends le prix. » J’avais en mains une interprétation ancienne de la Deuxième Cantate de Webern. Autrement dit, les conditions étaient réunies pour que j’écrive un poème qui découlerait d’un instant d’utopie sérielle stricte.

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Mais il me manquait un stylo, quel cahier entreprendre par surcroît ? Puis je n’avais qu’un embarras de structures sérielles sous la main, pas une théorie : des petites voitures, des figurines militaires, de petites secousses métaphysiques, une édition récente des écrits de Nono, des pages musicales écrites maladroitement. Une série de douze sons, je dirais : ré, do, mi, fa, sol dièse, do dièse, fa dièse, si bémol, mi bémol, sol, si, la. Une chanson, « L’enfer », la bien-nommée (« C’était bien l’enfer ! », ah !) La succession des phases du jour, celles de la semaine, la succession des années et la transposition annuelle des saisons, les agrégats circonstanciels variables qui font une « époque », une « période » de la vie, de petites boîtes percées, de l’eau.

L’eau s’écoulait du robinet. Je m’approchais, m’éloignais de l’évier, alternativement.
Je n’avais pas fait depuis plus de dix ans cette « expérience de l’eau », du robinet. J’avais le sentiment que ça swingait, c’était ma tête !

D’une stratégie de petits cahiers à une déstructuration lamentable des nerfs. Je tournais adroitement ma langue dans ma bouche. Adroitement, je n’ai pas écrit de sottises ! Je n’ai pas écrit du tout !

Maintenant ça va mieux. Je regarde le rallye d’Australie, un trophée ancien. Le bruit des moteurs me rappelle celui des guitares saturées de Motorhead mais aussi une pièce de Iannis Xenakis, que j’ai entendu il y a des années dans un centre culurel assez éloigné, à plus d’une heure et demi de chez moi.

Je sais que ce n’est pas le genre d’expériences que l’on peut faire quand on structure sériellement ses choses, ses affaires. Il y a eu un bogue idiot comme le bogue de l’an 2 000, je plains nos descendants de l’an 3 000. Je dois revoir toute série, l’interroger, l’amener au cahier comme on dit « mettre à la question ». Un cahier par série, ni plus ni moins. Et puis le radotage s’il faut : tout doit tenir, « fin de série / tout doit disparaître. »

Hé, hé.

Dans tel cahier, j’ai disposé une série de « ridiculaires ». Un ridiculaire est une action ou un fait de perception stupide auquel on va attacher une importance peut-être exagérée, du moins anormalement marquée.

C’est-à-dire qu’il y a eu une série de réflexes qui se sont enchaînés les uns aux autres et à moi pour la plupart et dont la fonction était de dégager non pas le vrai du faux mais l’idiot complet de sa silhouette charnelle.

Car j’étais hormis mon idiotie une silhouette charnelle. C’est en tout cas ainsi que la série voyait les choses.

Ou moi. Ou encore quelqu’un, qui vous savez. Donc les cahiers ont cette fonction de me traiter de crétin, en toute série.

En toute sérénité. J’ai repris les séries, les cahiers, les injures, comme on reprend le train. Après les avoir déjà pris. Et dépris, forcément.

Mais je ne dois pas dire que la seule fonction de ces cahiers était de m’insulter, même si cela explique que j’en aie déchiré, mutilé d’autres, cela aussi explique les pages restées blanches çà et là. Leur « sourire ironique »...


GALERIE

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2004/2018 Revue d'art et de littérature, musique

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